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CHAPITRE II

GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE

Situation fféoKrapblqae et topo^rapltloite. — La

superficie totale des établissements français de Tlnde est de 50 803 hectares, décomposée en cinq territoires principaux et huit loges. En voici la nomenclature :

i^ Sur la côte de Goromandel, le territoire de Pondichéry, dans la province du Sud-Arcate; — celui de Karikal, dans le Tandjaour;

2o-Sur la côte d'Orissa, le territoire de Fanaow, aux bouches du Godavéry, et la loge de MaztUipalam;

30 Sur la côte de Malabar, le territoire de Mahé et la loge de Calicut;

4<> Dans le Goudjerate, la loge de Surate;

50 Au Bengale, le territoire de Chandernagor et les loges de Cassimbazar, Joitgdiu, Dacca, Balassore et Patna.

La plupart de ces possessions ont été concédées par des princes indous ; c*est ainsi que Surate a été acquis en 4668, Pondichéry en 1683, Chandernagor en 1688, Mazulipatam en 1724, Mahé et Calicut en 1726, Karikal en 1739. Seuls Yanaon et Cassimbazar ont été conquis parles armes en 1750 et 1756.

Territoire de Pondlcliéry. — Le territoire de Pondichéry, qui comprend le chef-lieu de nos établissements, esl situé dans la province (ancienne soubabie) du Sud-Arcate, dans la nababie de Carnate (gouvernement actuel de Madras), à 143 kilomètres environ de Madras, et sur les rivages du golfe de Bengale. Il occupe une superficie de 29 145 hectares, soit les trois cinquièmes environ de Tensemble de nos possessions dans rinde, et se divise en quatre communes (Pondichér^^ Bahour, Oulgaret, Villenour), subdivisées elles-mêmes entre 93 aidées principales et i Ai villages secondaires.

Ce territoire est bizarrement composé d'une série d'enclaves formées au sein des possessions britanniques. La plus grande renferme Pondichéry, Oulgaret et Villenour, et longe la rive supérieure de la rivière Pambéar, dont elle franchit le cours sur deux étroites bandes de terrain, dirigées assez avant vers le sud. Deux autres enclaves assez importantes se remarquent au sud, sur la rivière Ponéar (commune de Bahour), etàrouest,

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sur le Pambéar et la rivière de Gingy. On compte huit autres enclaves principales : deux au nord, une àTouest, cinq au sud. Des négociations ont été, à plusieurs reprises, engagées avec les autorités anglaises pour parvenir à rectifier ces frontières ; on proposait l'abandon des enclaves occidentales, contre cession du district de Valdaour, sis au bord du Gingy, près de son confluent avec le Pambéar, district qui n'a été détaché de nos possessionsqu'en 1783, et que Ton avait, dèsl750, érigé enmarquisat en faveur de Dupleix. 11 est en effet très difficile de surveiller exactement la perception de nos octrois de terre à travers ces parcelles souvent fort éloignées de communes ou d'aidées.

Le régime des eaux est assez compliqué sur ce territoire. La rivière de Gingy Tarrose dans sa partie septentrionale; elle se grossit du Pambéar, dont elle prend souvent le nom dans son cours inférieur, et se sépare près de ses bouches en deux cours d'eau (rivière d'Ariancoupom et Chounambar); le Chounambar lui-même, ou bras inférieur de la rivière de Gingy, reçoit le Coudouvéar; enfin le Ponéar, venu de la chaîne des Gâths, arrose la commune de Bahour et ses principales aidées, et, tandis que ses branches les plus fortes vont se perdre vers Goudelour, il lance au nord deux canaux de décharge, dont l'un, le Maltar, va rejoindre le Coudouvéar, et dont l'autre, YOupar, tombe directement dans la mer. Somme toute, notre établissement est compris dans un vaste delta, où se mêlent les eaux de la rivière de Gingy et du Ponéar, reliées entre elles par un système de voies continues et d'étangs, ces derniers au nombre de 59, entre lesquels on doit noter ceux d'Oussoudou (au nord du Pambéar) et de Bahour, Le Ponéar, qui a un cours de 100 kilomètres environ, et la rivière de Gingy sont navigables pendant quatre mois de l'année, sur une étendue de 25 kilomètres, par de petits bateaux à fond plat seulement. Neuf grands canaux ont été établis pour la dérivation des étangs; cinq barrages règlent les rivières, et l'on connaît dans la colonie l'existence de 202 sources et 53 réservoirs d'irrigation. Le pays est périodiquement soumis à des crues; elles ont été quelquefois terribles, et l'on signale parmi les plus funestes celle qui se déclara aux mois de novembre et décembre 1884.

Le sol de l'établissement de Pondichéry consiste presque uniquement en dépôts d'alluvions, où les sondages ont mis à .jour de profondes couches de sables alternant avec des couches d'argiles grises ou brunes. Les forages artésiens ont donné partout de bons résultats. Une chaîne extrême de collines

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affleure au delta du Gingy et du Ponéar; elle est connue sous le nom de montagne rouge ou de Gondelour; c'est un banc rocheux de terrain crétacé, un conglomérat de calcaire jaune et grisâtre contenant des débris abondants de bois fossiles. Il faut rapprocher de la présence de ces fossiles Texistence d'un vaste gisement d'excellent lignite, constaté en 4882 sur le territoire de la commune de.Bahour.

Territoire do Karikal. — Le territoire de Karikal est situé, comme celui de Pondichéry, sur la côte de Coromandel et dans l'ancienne nababie de Carnate, province de Tandjaour. La ville s'élève presque au centre de l'établissement, à un mille et demi * au nord des bouches de VArselar, un des bras du fleuve Gavéry. Karikal est à 26 lieues au sud de Pondichéry, et ses aidées occupent une superficie de 43515 hectares, divisée entre trois communes {Karikal, la Grande-Aldée au sud, Nedouncadou au nord-ouest) et 140 villages.

L'Arselar s'y ramifie en une infinie variété de cours d'eau, au nombre desquels on signale les huit rivières de Nandalar, Natiarmikalar, Vanjiar, Noular, Arselar, Tirmalérasenar, Moudinecondane, Pravadianar, et les cinq grands canaux de Coudirecouttiji Taléganivdikal, Servévatkal, Kanganymkal Naravivaikal.

La ville de Karikal est elle-même située à quelque distance de la mer. Le sol de cet établissement, toujours irrigué et périodiquement inondé, est couvert de sédiments alluvionnaires (argiles et humus noir) sur une couche de sables alternant avec des argiles nuancées ; les sondages ont rencontré de nombreux bancs de sable quartzeux agrégé avec des débris fossiles par un ciment ferrugineux calcaire. Les nappes artésiennes, moins abondantes qu'à Pondichéry, offrent un degré assez élevé de salure, ce qui marque une plus entière pénétration de la mer.

Territoire de Yanaon. — Le territoire de Yanaon, situé à 140 lieues nord-nord-est de Pondichéry, dépendait de l'ancienne nababie de Golconde, en partie annexée au gouvernement actuel de Madras, et de la province de Hadjamandry. Il s'étend sur une superficie de 1 429 hectares le long du fleuve GoDAVÉRY, dont il occupe les rives sur une longueur de deux lieues et demie ; sa largeur varie entre 350 mètres et 3 kilomètres. Il est partagé en deux sections inégalement distribuées,

i. 2 kilomètres 278 mètres.

par l*un des bras du Godavëry, appelé rivière de Coriiiguy ou Coringah. C'est exactement sur ce cours d'eau qu'est sise la ville de Yanaon. A trois lieues environ du territoire, le Godavëry et la rivière de Coringah se jettent dans la mer; mais les chenaux souvent obstrués du fleuve ont fait renoncer à son usage, et c'est par Coringah que les navires remontent jusqu'à notre établissement. Un canal mené entre ces deux cours d'eau borne au nord-est le territoire de Yanaon, dont le sol est presque exclusivement alluvionnaire.

Entre Yanaon et Pondichéry, aux bouches du fleuve Kbichna, dans la province des Circars du nord, est située la ville anglaise de Mazulipatam, qui nous a appartenu pendant près de cinquante ans. Elle est à 110 lieues de Pondichéry, à 30 de Yanaon. Nous y possédons encore une loge et, près de la ville, une aidée, dite Francepett, ou le village français, habité par 200 Indous. Notre drapeau flotte sur la loge et l'aidée. La côte, sablonneuse, est fort boisée.

Territoire de Mabé. — Le territoire de Mahé, d'une contenance de 5 909 hectares, est situé sur la côte de Malabar, à 104 lieues à l'ouest de Pondichéry, dans la province de Calicut (présidence de Bombay). Il se compose de deux territoires reliés entre eux par une route qui traverse l'aidée anglaise des Coloyes, longtemps disputée entre la France et l'ancienne Compagnie anglaise des Indes. Le plus petit de ces territoires est borné jpar la mer et la rivière de Mahé et forme une sorte de péninsule protégée par un rang de collines calcaires. Le second est situé plus à l'est et se divise en quatre aidées {Chambara, Chalakaray Palour et Pandaqtiel), dont la dernière est rattachée aux trois autres par une mince bande de route et de terrain. Le sol de ces aidées est assez mouvementé; des collines d'une moyenne hauteur, premiers contreforts du puissant massif des Gâths de Mysore, y présentent une série de mamelons boisés; les fonds sont en général sablonneux.

La loge de Calicut^ située dans la ville du même nom, et peu importante, se trouve à 13 lieues au sud-sud-est de Mahé, en suivant la ligne de la mer.

La loge de Surate, berceau de notre colonisation dans l'Inde, appartient au contraire aux régions septentrionales de la péninsule indoue, puisqu'elle se trouve dans la ville de ce nom, aujourd'hui fort déchue, sur le golfe de Cambaye et dans la province de Goudjerate ou Guzerate, à 35 lieues au nord de Bombay. L'une et l'autre occupent un étroit emplacement, sur-

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veillé par un gardien. De tous les établissements de J'Inde cilérieure, Mahé a donc seul conservé quelque valeur; sa rivière offre encore un sûr mouillage et peut être remontée durant deux ou trois lieues par des bateaux de 60 à 70 tonneaux ; la barre, malgré de hauts bancs de roche, peut être aisément franchie à marée haute, et protège suffisamment les quais de la ville.

Territoire de Chandemaffor. — Le territoire de Chandernagor occupe, au milieu des terres, la rive droite de VHotigiy ou bras occidental du Gange, à 7 lieues au nord de Calcutta, capitale des Indes anglaises, dans la province de Bengale. La superficie est de 940 hectares, et ses dimensions les plus grandes sont de 5 kilomètres 487 mètres de long sur 1 kilomètre 877 mètres de large. Chandernagor n'est qu à 35 lieues des bouches du Gange, mais la navigation directe lui est interdite jusqu'à la mer. Entourée de nombreux jardins, la ville est surtout un séjour de plaisance, et les aidées qui en dépendent n'ont pas d'importance commerciale.

Les cinq loges du Bengale sont réparties en trois régions : Balassore^ sur la mer, au sud des bouches du Gange ; Cassimbazar et Patna, sur le Gange, au nord de Chandernagor; Dacca et Jougdia, aux bouches du Brahmapoutre, c'est-à-dire en dehors de l'Inde antique, sur les confins de l'Indo-Chine. — Aucun de ces établissements n'a à l'heure actuelle de valeur commerciale, mais on ne saurait se dissimuler quils ne manquent pas d'une certaine importance politique.

Cilmat. — L'année est divisée en deux saisons, dont l'une est dite saison sèche et l'autre hivernage.

La première va du l®' janvier au 15 octobre pour Pondichéry, et la température moyenne est de 31<> à 42^ le jour, 270 à 29» la nuit. Durant l'hivernage, les moyennes de jour sont de 25° à 32», et celles de nuit de 13» à 20«.

A Mahé, au contraire, l'hivernage commence vers le 15 septembre pour finir le 15 mai, et la température y suit un cours plus régulier (22^ à 26» en janvier-mars, 25<> à 30*> en avril-septembre, 23<* à 27» en octobre-décembre).

La température de Karikal ne diffère pas sensiblement de celle de Pondichéry. Celle de Chandernagor est particulièrement fraîche et saine, mais variable, allant de 8» et 7» en janvier à 43® en mai, se maintenant à 22® environ d'octobre en mars. Yanaon (20° à 26o en novembre-janvier, 27» à 36o en février-

avril, 36» à 52^ en mai-juin, 28<> à 34® en juillet-octobre) présente une sorte de moyen terme entre le climat de Pondichëry et celui de Chandernagor.

Des pluies non périodiques, torrentielles et accompagnées d'éclats de foudre, tombent à Pondichéry en juillet-août et octobre-décembre ; la moyenne annuelle des quantités tombées est de 675 millimètres. Des sécheresses prolongées ont été parfois signalées; Tune des plus graves, celle de 1877, précéda la famine si tristement célèbre qui dévasta Tlnde pendant plusieurs mois.

Le régime des pluies est le même pour Karikal, dont le territoire, régulièrement submergé par les eaux de TArselar, est moins soumis aux périls de la sécheresse. A Chandernagor, et par suite du voisinage relatif des hautes chaînes de l'Himalaya, les pluies sont fréquentes en mars-avril, et presque continues en juin-octobre ; leur violence est grande au mois d'août. A Yanaon, il pleut en juin-novembre, d'une manière constante. A Mahé enfin, comme à Chandernagor et par suite du voisinage des Gâths, il y a des pluies périodiques en mars-octobre, avec une intensité remarquable durant les mois de juillet et d'août. L*Inde est, dans son ensemble, soumise à deux puissants courants aériens, dits moussons du sud-ouest et du nord-est. On sait que leur centre de collision doit être cherché dans les régions occidentales du golfe d'Oman, aux abords du cap Guardafui. Ces courants régnent alternativement sur l'Inde : la mousson du nord-est domine du 15 octobre au 15 avril, après une période de transition (septembre), dite saison des calmes, durant laquelle les chaleurs deviennent intolérables.

A Pondichéry, la mousson du nord-est souffle en fortes brises de l'est, du nord-est, du nord-ouest, avec quelques directions accidentelles d'ouest en est, et pendant qu'elle sévit, les courants marins font 1 à 3 milles du nord au sud. La marche de la mousson du sud-ouest est totalement inverse ; la brise chaude ou vent de terre de la côte de Coromandel est aussi réglée d'ouest en est, et se fait sentir en mai-août. A Yanaon, la -mousson du nord-est ne règne que d'octobre à février. A Chandernagor, que protège TinQuence des montagnes enserrant le Bengale, sa durée est limitée aux mois d'hiver, avec quelques brises du nord-ouest vers le début du printemps. A Mahé enfin, la mousson du nord-est est presque inconnue, ou plutôt elle semble affecter une direction du nord-ouest, sans qu'on puisse exactement la distinguer de la mousson d'ouest et sud-ouest.

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Des ouragans ont lieu aux renversements de moussons, lis n'atteignent guère nos établissements de Pondichëry et de Karikal, leur tendance obliquant d'ordinaire vers le nordouest, et ne s'y indiquent que par le passage d'une assez forte brise; mais en mars-avril ils éclatent, accompagnés de grêle, sur Ghandernagor, et les bourrasques qui s'abattent sur Mahé au mois de mai, en mer calme, ont la môme origine. Des cyclones se forment parfois au large, à proximité de Pondichéry, et jettent sur la côte des paquets de lames hautes de près de quatre mètres, dont l'effort imprime au rivage de profondes dénivellations bientôt réparées.

Les marées sont dans Tlnde moins hautes et plus désordonnées qu'en Europe. La moyenne à Pondichéry est d'un mètre, à Karikal de 1™,624, avec une amplitude maxima de 2™,50 à 2™,60 en temps anormal. L'heure de la pleine mer, aux nouvelles et pleines lunes, est 1*^30°* à Pondichéry et 9 heures du matin à Karikal. Dans la rivière de Mahé, en mer morne, le flux atteint environ six pieds.

Enfin la durée du jour est peu variable ; elle oscille entre 12H2" (juin-juillet) et llhl3™ (décembre-janvier).

Faune. — La faune de nos établissements n'offre pas un grand intérêt, en dehors de quelques espèces fauves, dont les représentants sont en nombre très restreint. La famille des serpents est représentée par de nombreux types, et les mesures de préservation contre les morsures souvent fort dangereuses de ces animaux ne sont malheureusement pas exécutées par la plupart des Indous, adonnés au culte des reptiles. Les espèces sociables n'offrent aucun caractère assez déterminé pour mériter un examen ou une nomenclature spéciale.

Flore. — La flore, au contraire, est d'une richesse et d'une variété infinies. Citons, parmi les bois d'ébénisterie, l'aloès, dit encore agalloche ou bois d'aigle, et le callambac, que la parfumerie utilise aussi ; la corne fétide, l'ébène noir, le bois de fer ou de naghao, le gayac, jadis employé en pharmacopée, le marronnier d'Inde, le santal citrin, le teck, le sal, le loon, le satin, etc. Parmi les bois de teinture, le caliatour, le bois jaune et le santal rouge. Parmi les arbres fruitiers, le bananier, le grenadier, le manguier, le papayer, le goyavier, le tamarinier, le jacquier, le pamplemoussier, l'ananas, l'atier, le dattier, le dattier bâtard, le mûrier cambouliparon, le palmyra, le palmier, le cocotier, le jambosier, l'oranger, le citronnier, la vigne, etc. Parmi les essences gommées ou analogues aux

gommes, Téléphantine, Tacacia arabique, dont trois sortes sont connues, Tacajou, razédarac, la laque, le bombax, le moringa. Parmi les sucs et jagres, ou sucs fermentes d'essences spéciales, le tabaxir (suc des nœuds du bambou), le sagou (suc des moelles du bambou), le callou (suc des spathes du cocotier), le jagre du palmier qui, mêlé à Técorce de Vacacia lettcocephalia, produit Tarrack-patté, Tavoira (suc des fibres du palmier), le toddi (vin du palmier), le coir (suc des fibres du cocotier), le cachou et le coury (résidus de la noix d'arec), le bétel (résidu du périsperme de la noix d'arec mêlé avec de la chaux), le bangui (mélange de jagre de palmier, de feuilles de ganjah ou cannabis indica, et de cardamome), l'arrow-root (résidu du maranta indica et du jatropha manihoi). Parmi les essences huileuses, le coton (cotonnier herbacé), le sésame, le myrobalan, le belleric, le nelly ou huile d'emblic, Thuile d'azédarac ou margousier, l'huile et la noix de touloucouna, le ricin, le gingelly (variété du sésame), les arachides, Tillipé, la noix de coco, l'huile d'anacardion, de palme, de pavot, de jatropha. Parmi les essences tinctoriales et tanniques, l'indigo (10 variétés), le curcuma, le sayaver, la noix d'arec, la casse, la laque (tasar-lac ou lac-dye des Anglais). Parmi les matières diversement propres à l'industrie, le rotin, le bambou, le schœnanthe ou jonc aromatique. Parmi les céréales, le froment, le cholom {holctiê sorghum), le cambou (holcus spicatiis, penicellaria spicata), le natchani (elemine coracana), le varagou (paspalum frumentaceuin), le riz (benafauli ou gondoli; 30 variétés réparties en deux espèces, sàmba et kàr), le coUou, le nelly, les pois verts dits gram, la guinea-grass, le horse-gram. Parmi les épices, le poivre blanc dit de Tellichéry, la cannelle, le gingembre, les clous de girofle, etc. Parmi les produits médicinaux, la casse ou caneficier, la rhubarbe plate ou persique, l'huile de cajepout ou bois blanc, etc. Parmi les textiles, le gaujah, le jute, le sunn, l'ouatier, le lin, le coton. Parmi les arbres propices à l'élève des vers à soie, le sàl, le baer, l'ésan, l'eria et le ricin, où vivent six espèces principales de vers. Parmi les légumes, l'aubergine, un grand nombre de cucurbitacées, le lablad, et la plupart de nos produits d'Europe, pommes de terre, choux et choux-fleurs, radis, oignons, aulx, navets, etc., joints à ceux des tropiques, tels que les ignames, etc. Enfin, parmi les grandes cultures industrielles, la canne à sucre, le caféier, le tabac, la vanille, le cacao, etc.

Mine» de li^nUe de Badioar. — Nous avons sommai-

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rement indiqué la composition des terrains autour de Pondichéry. Mais il est nécessaire d*insister sur la présence d'an vaste dépôt de lignite, dans le circuit de la commune de Bahour. Le lignite peut donner lieu à de grands travaux d'extraction. Le 28 mars 1882, un puits artésien se forait à Bahour, lorsque Ton rencontra à 73", 38 une couche de lignite que Ton traversa sur une épaisseur de 10*°,65. Ce lignite renferme en moyenne 53,97 de matières volatiles et 46,03 de matières fixes. Des recherches furent poussées activement. Le 17 mai 1883, on retrouvait la couche de lignite à Arranganour. à 3 kilomètres à Test de Bahour, à 53™,60. A Javalacoupom, elle se révélait à une profondeur de 73™,50 (à 8 kilomètres au nord -est de Bahour), et les échantillons étaient supérieurs à ceux du premier gisement. Le dépôt tout entier présente, d'après ces reconnaissances, une masse à peu près compacte, occupant 4 000 hectares environ, pouvant donner lieu à une exploitation de 250 millions de tonnes. Le lignite a un pouvoir calorifique, équivalent à 0,66 de la houille de GardifT, et à i ,52 du bois de filao, considéré comme le meilleur combustible local. La valeur commerciale du produit ressort de trois chiffres; la houille vaut 45 francs la tonne, à Pondichéry, et le bois de filao 12 francs le stère; le lignite reviendra sur le carreau de la mine à 9 fr. 72. La transformation en briquettes pourra s'effectuer, en éliminant les poussières de quartz (dont la proportion est évaluée à 10 0/0), grâce à la colle de farine de fèves de tamarin ou de farine de quèvre, deux produits très abondants et peu coûteux. Une compagnie s'est formée pour exploiter les gisements de Bahour.

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