Basse-Cochinchine ... . S» à il'SON. 102«5'o5à 105'9'55'E
Cambodge 10«30'à i4«» 100*50' à iOi^hO'
Annam lO» à 20* i02* à 107»
Tonkin 47«30' à 25«20 lOl* à 105«40'
2. Cochinchine française (eo 4894). 67 000 km(q2) 2 03i i53 hab.
Cambodge 400 000 4 500 000
Annam UO 000 42 000 000
Tonkin 450 000 i 000 000
457 000 km(qi) 19 534 453 hab.
Mais ces chiffres ne pourront être fixés avec précision qu*au moment où nous aurons pénétré le pays et où nous aurons pu nous livrer par nous-mêmes à des travaux de statistique sérieux. •
lie liUoral. — La limite continentale du Siamet du Cambodge se trouve sur le golfe de Siam. Le littoral se dirige dans la direction du sud-ouest; on y rencontre les îles Kokong, Samit, la pointe Saniit, la baie de Kompong-Som, Tembouchure de la rivière deKampot et la baie de la Table,
Alors commence, vers Hatien, la Cochinchine française. La côte suit la direction nord-sud jusqu'à la pointe de Camau ou cap Cambodge; elle tourne alors brusquement dans la direction du nord-est et est coupée par les boucfies du Mékong et du Donmi au nombre de douze et dont les principales sont les bouches de CuaCo Chien, de Cm- Tien et de Can-Giau; cette dernière, véritable entrée de la rivière de Saigon, par laquelle pénétra l'amiral Rigault de Genouilly, en i858. Elle était autrefois munie d*un bateau-feu fixe blanc, élevé de 40 mètres au-dessus de la mer, visible à 10 milles. Aujourd'hui deux petits phares ont été élevés sur la plage. On trouve ensuite le cap Saint- Jacques, surmonté d'un phare de première classe, au feu blanc et fixe, d'une portée de 28 milles, construit sur une colline de 140 mètres et haut de 8 mètres. A la baie des Cocotiers, située au pied du cap Saint-Jacques, atterrissent les câbles télégraphiques qui mettent Saigon en communication avec Singapour, Hong-Kong, Hué, Haïphong, la Chine, le Japon et l'Europe.
La frontière de la Cochinchine et de la province annamite du Binh-Thuan est située près du cap Baké.
Peu après le cap Baké, la côte commence à décrire, jusqu'à l'entrée du golfe du Tonkin, un arc de cercle dont la convexité regarde la mer. On y rencontre la pointe Kéga, Vile Vache, la petite Poulo-Cécir de mer où s'élève un phare, Vile Soulier ou PoulO'Sapate, Poulo-Cécir de terre, le cap Padaran, les baies de Phan-Rang et de Vung-Gang, le faux cap Varela, la baie de Camraigne, un des plus beaux havres de l'Annam, \eport Vung-Ro, le cap Varela ou de la Pagode, la rivière et le port de Phu-Yen ou baie et port Xuanday, la plus belle de toute la côte ouverte au commerce étranger par les traités de 4883 et de 4884, le port de Qui-nhon ou de Thi-Naï, ouvert par le traité de 1874, le cap Batagan, la baie et le port de Tourane, occupé par nos troupes de 4858 à 1860 et ouvert par le traité de 1883, le cap
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Choumay, le mouillage de Thuan-An, à rentrée de la rivière de Hué, où atterrit le câble sous-marin, et les forts enlevés le 15 août 1883 et occupés depuis lors par une garnison française; le cap Lay et Tembouchure du Dong-Hoï. C'est au cap Lay, vers 470 de latitude environ, que commence le golfe duTonkin, dont le littoral a 650 kilomètres environ, sans tenir compte des irrégularités du tracé.
La côte du golfe présente le mouillage de Vile de Hon-Né^ le Cm-Banhy le Cua-Vich qui présente au sud le mont Trang (mont blanc) susceptible de devenir une forte position militaire, l'embouchure du Ngan-Son, la baie dé Vung-Chua, le Cua- Giaiigy le Cua-Tray, le Cua-Chinh qui peut donner passage aux barques qui suivent un canal de navigation intérieure commimiquant avec le Delta tonkinois par la brèche du Dien-Ho; le Cua-Day, qui marque le commencement du Delta.
lie Oelta. — Les principales bouches du Delta sont le Cua-Day, le Ctta-Ba-Lai-Name, le CuorBa-Lai-Donq^ le Cua- Traly, le Cua-Thai-Binh, le Cua-Van-Uc (ces deux dernières bouches communiquent avec HaT-Dzuong), le Ctui-Cam, entrée du port de Haïphong, le Cua-Nam-Trieu qui reçoit les embarcations pour Quang-Yen, le Lach-Huyen qui permet de remonter aux baies de Hong-Gay et Fitze-Long, la baie de Don-Song, laftattf d'Almg, V Entrée profonde ou baie de Lang Ha, et un grand nombre d'îles ou d'îlots calcaires qui bordent la côte jusque vers le cap Paklung, où se termine le Tonkin.
lien. — Dans le golfe de Siam, on rencontre plusieurs îles sur le littoral du Gamboge et de la Gochinchine. La plus importante est l'île de Phu-Quoc, plus étendue que la Martinique, habitée par un millier d'habitants, renfermant de belles forêts et quelques plans de caféiers. On avait pensé à comprendre Phu-Quoc parmi les îles destinées à la relégation des récidivistes. Ge projet ne peut avoir aucune suite, car il est impossible à des Européens de travailler manuellement sous cette latitude.
Au sud de l'embouchure du Mékong, à 180 kilomètres de la côte, se trouve le groupe de Poulo-Condore, composé de deux îles, riches en produits agricoles. Un pénitentier est établi à la Grande- Condor e on Connon; il reçoit les condamnes à plus d'un an et à moins de dix ans de prison. Le groupe, cédé à la France par les traités de Versailles en 4787 et de Saïgon en 1862, a été occupé dès 4864.
Les principales îles de la côte de l'Annam sont Poulo-Cécir
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de mer, Poulo-Sapate, PotUoCécir de terre, Hon-Dat, Peuk- Gambir, Culao-Cham, CulaoHany Bien-Son, Mé,
Les lies de la côte tonkinoise, depuis la province du Nghé- An, sont les lies Vung-Chua et Boissietix, Han-Né, Hun-Do ei, dans la baie de Don-Son, Norway; Tlle boisée de la Cac-Bal, à Tembouchure du Lach-Huyen : c'est la plus grande du Tookln; les Ilots de la baie à^Along, les îles Gow-Tow ou des Pirates, ei une longue chaîne d'iles, d'ilôts et de récifs de toute grandeur et de toute forme, dirigés parallèlement au littoral depuis la baie d'Along jusque vers la frontière chinoise. C'est dans ces dernières îles, alors peu connues, que la piraterie a trouvé un refuge contre les croisières françaises, car nos canonnières ne peuvent s'y aventurer sans pilote.
MonUi ynes. — Le nord et le nord-ouest de l'empire khmer sont couverts par les dernières ramifications des chaînes de montagnes qui se détachent du plateau central asiatique et traversent du nord au sud Tlndo-Chine, en séparant les bassins des grands fleuves. Les provinces situées sur le golfe de Siam présentent aussi des collines d'une certaine importance. Les montagnes et les collines sont le plus souvent boisées et renferment des richesses minérales, du fer, des grès, des calcaires. La plus grande partie du pays est une plaine d'alluvions et fournit des conglomérats ferrugineux, appelés bay-kriem (pierre d'abeilles) par les Cambodgiens et pierre de Bien-Hoa ^vks Annamites.
La Basse-Cochinchine ne présente d'autres collines que celles des provinces de Bien-Hoa et de Baria et quelques pics granitiques ; ceux-ci constituaient autrefois les îles du golfe, aujourd'hui comblé, qui s'avançait jadis jusque vers les fameuses ruines d'Angkor-Vat. Partout ailleurs, le sol est alluvionnaire : c'est comme le delta du Nil, un présent du fleuve, un pays conquis sur la mer. Sur certains points, le colmatage n'est pas encore terminé : de là l'existence de vastes cuvettes encore inondées, comme dans la presqu'île de Camau ou dans la plaine des Joncs.
Le Tonkin se divise en deux parties bien distinctes : d'une part, le delta avec ses grands fleuves, le Thaï-Binh et le Song- Koï, et les régions montagneuses du nord et du sud-ouest, d'autre part. La première forme un triangle isocèle dont la base est tracée par le littoral et dont le sommet se trouve à Sontay.
Au nord-ouest, les montagnes détachées du plateau du
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Kouang-Si forment la ligne de partage des eaux entre Jes fleuves de la Chine et ceux du Tonkin et séparent les vallées des affluents du Thaï-Binh. A Touest du fleuve Rouge, une chaîne de montagnes se détache du plateau du Yunnan et se dirige vers le sud-est ; elle paraît être la ligne de partage des eaux entre le Mékong, à l'occident, et le fleuve du Tonkin, à Test. Elle se prolonge à travers TAnnam jusqu'au Binh-Thuan; elle envoie alors ses derniers contreforts dans l'arrondissement français de Baria en Cochinchine.
Les missionnaires ont souvent traversé la chaîne séparative du Mékong et de TAnnam, soit pour aller prêcher dans le Laos, soit pour se dérober par la fuite aux poursuites des successeurs de Gia-Long. Ils y ont signalé Texistence de passages faciles qui ont été reconnus depuis et qui seront plus tard utilisés pour le commerce avec Tintérieur.
Flenires. — Parmi les fleuves de Tlndo-Chine française, nous ne citerons que le Mékong, les deux Vaxco, la rivière de SatgoUj le Donnai dans la Basse-Cochinchine, les rivières Phanry, de Phu-Yen, de Quang-Nay, de Fat-Fo, de Touran^, de Hue\ Viète, de Dong-Hoi, le Song-Gianh, le Song-Ca, le Song-Ma dans TAnnam, le Song-Koï et le Thdi-Binh dans le Tonkin.
Le Mékong * ou Cambodge (3500 kilomètres), la plus grande artère fluviale de Tlndo-Chine, prend sa source vers le 33® ou le 34® degré de latitude nord, dans les monts du Kouen-Louen, près du Khou-Khou-Noor, et recueille ses eaux sur un parcours de plus de vingt degrés en latitude. Dans la partie supérieure de son cours, dans le Laos,- le fleuve n'est qu'un torrent, coupé par plusieurs rapides et par des cascades quelquefois hautes de 45 mètres, profondément encaissé entre deux rives escarpées qui s'élèvent à plusieurs centaines de mètres au-dessus des eaux. Au sortir du Laos, dans sa partie moyenne, le Mékong se dirige au sud, franchit les rapides de Sombor et de Kraché, tourne brusquement à Fouest jusqu'à Stung-Treng, pour revenir au sud et au sud-ouest. Il arrive ainsi àPhnum-Penh, capitale du Cambodge, et se divise en trois branches.
Les deux premières, appelées l'une fleuve Supérieur, fleuve Antérieur ou Triang-Giang, et l'autre fleuve Inférieur, fleuve Postérieur oixHau-Giang, coulent d'une manière permanente vers
1. Mékong, en laotien, mère fleuve ; Tonlé'Thom,en cambodgien, grand fleuve; en tibétain La-Kio ou Da-Kio; en chinois, Lantzan-Kiang ou Kinhng-Kiang, fleuve du Grand Dragon (nom chinois du cours supérieur).
la mer de Chine. 1^ troisième, le Tonlé-Toch, large d'un kilomètre, communique avec le lac Tonlé-Sap (fleuve d'eau douce), situé au nord de la capitale du Cambodge. Pendant la crue du fleuve, les eaux de cette branche se dirigent vers le lac ; puis, le niveau du fleuve s'abaisse, le courant change de direction et alors les eaux, accumulées dans ce réservoir naturel, s'écoulent vers la mer. C'est à ce moment que se fait la grande pêche d'été.
Le fleuve Supérieur arrose Vinh-Long, Mytho et Rentré, le fleuve Inférieur Chaudoc et Longxuyen. Il se déverse dans la mer par plusieurs embouchures qui reçoivent le tribut des deux Vaïco, de la rivière de Saigon et dû Donnai.
Le Mékong est soumis à une crue annuelle qui commence en juin pour finir en février, et élève parfois le niveau des eaux à 12 mètres au-dessus de l'étiage. Les pays voisins sont inondés.
Une expédition française, dirigée par le commandant Doudart de Lagrée, a exploré le cours du Mékong, en 4866-i868. Ce chef remarquable, l'un des hommes qui ont le mieux préparé l'action de la France dans l'extrême Orient, mourut d'épuisement au Yunnan, le 42 mars 1868, et fut remplacé par le lieutenant de vaisseau Francis Garnier. Le monde savant voulut honorer les travaux de la commission française, qui reçut les félicitations et les récompenses de sociétés anglaises et de sociétés allemandes.
Tous les fleuves de la Basse-Cochinchine communiquent les uns avec les autres d'une manière permanente ou temporaire par des canaux naturels ou artificiels, appelés arroyos.
Le Song-Kot, ou fleuve Rouge, prend sa source en Chine dans le plateau du Yunnan, près de Tali-Fou, et coule dans la direction générale du sud-ouest ; il arrose Mang-Hao et pénètre sur le territoire tonkinois, près de Laokay, et passe à Hong-Hoa, à Sontay, à Hanoï et à Hong- Yen. Au-dessus de Hanoï, le fleuve se bifurque ^t son bras le plus important, celui qui traverse la capitale, va se jeter à la mer par le Cua-Balai-Dong, le Cua- Balai'Nam et le Cua-Lar. L'autre bras est le Song-Hat ou Song- Day, ou simplement le Day, situé plus au sud.
Deux ramifications du Song Koï, le Song-Gmu ou rivière des Mûriers, et le canal de Bac-Ninh, oucanal des Rapides, rejoignent au nord le delta du Thaï-Binh.
Le Song-Koï reçoit à droite la rivière Noire et à gauche la rivière Claire, toutes les deux sorties du Yunnan. La première rejoint le fleuve Rouge en aval de Hong-Hoa, la seconde en amont de Sontay; elle arrose Tuyen-Quan.
La navigation du fleuve Rouge est assez difficile au delà de Hanoï; le cours d*eau est souvent encombré par des bancs de sable ou par des rapides, et des pirogues de 4 à 5 tonnes peuvent seules atteindre Mang-Hao. Les transports doivent être suspendus pendant la saison sèche.
La crue de la saison pluvieuse commence vers la fin de mai et atteint 5 ou 6 mètres à Hanoï. Les eaux se répandent alors sur les provinces de Hanoï, Hong- Yen, Nam-Dinh et Ninh-Binh.
Le Thdi'Binh prend naissance vers le lac Babé, situé dans la région inexplorée de la province de Caobang. Il est connu sous le nom de Song-Cau dans la partie supérieure de son cours et passe à Thai-Nguyen. Il se ramifie dans les provinces de Haï-Dzuong et de Quang-Yen, et envoie au sud quelques arroyos vers le fleuve Rouge. Ses bras principaux sont le Lach'Huyen (branche de Quang-Yen), le Song-Kiem, le Cua- Cam (branche de Haïphong), le Lach-Tray, le Lach-Van-Uc et le Thaï-Binh qui baigne Haï-Dzuong. Le fleuve reçoit à gauche dans la partie supérieure de son cours, le Song-Thuong et le Loch-Ngan, descendus du nord.
liacs. — Le Cambodge renferme le Tonlé-Sap ou Grand- Lac, situé entre le 12» 25' et le IS» 20' de latitude nord, entre le 1010 20' et le 102» 20^ de longitude orientale. Son orientation est celle du nord-ouest au sud-est ; il est traversé par la frontière siamoise ; il a la forme d'une gourde.
La petite surface est désignée sous le nom de Petit-Lac et l'autre est plus particulièrement appelée le Grand-Lac. Au sud de cette vaste dépression se trouve le Véal-Phok ou plaine de boue, formé par les alluvions du Mékong; c'est le Véal-Phok, qui sera d'abord colmaté par les apports du fleuve. Le Tonlé- Sap est soumis à des tempêtes fort redoutées des pêcheurs. Pendant l'inondation, le Grand-Lac s'étend sur une longueur d'au moins 130 kilomètres et sur une largeur moyenne d'environ 25 kilomètres ; sa profondeur, à peu près uniforme, est de 12 à 14 mètres. Lors des sécheresses, le bassin, presque vidé, n'occupe que le sixième de la surface couverte par les grandes eaux; il est alors moitié moins grand que le lac de Genève.
Au Tonkin, dans la province de Caobang, se trouvent trois lacs, réunis par des canaux à la saison sèche et qui débordent pendant la saison des pluies pour former une seule nappe d'eau, appelée lac Babé (trois mers).
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Climat. Salubrité. — Les possessions françaises de l 'Indo-Chine, situées entre Téquateur et le tropique du Cancer, sont soumises au climat de la zone torride. Elles présentent, pour les Européens, les inconvénients inhérents à la chaleur, à l'humidité d*un sol en formation dans les deltas du Mékong et du Song-Koï, à des montagnes couvertes de forêts à mesure qu'on s'éloigne du rivage vers Tintérieur. Aussi ces contrées ne sont-elles pas et ne pourront-elles pas devenir des colonies de peuplement; elles seront toujours des établissements d'exploitation comme Tempire britannique de l'Inde.
Dans la Basse-Cochinchine, où la température moyenne annuelle est de 26®,98 centigrades, le thermomètre s'élève à 350 pendant la saison sèche et à 20® minimum pendant la saison des pluies. Au Tonkin, la moyenne annuelle thermométrique est de 240,49 à Hanoï; le maximum est de 34*,4 en juin, le minimum d^ 40,3 en janvier. Le climat de ce dernier pays est moins énervant que celui du bas Mékong, à cause des variations de la température. Des missionnaires habitant le pays depuis plus de vingt ans sont en excellente santé. Quand la Basse-Cochinchine ne connaît que deux saisons, celle des pluies et celle de la sécheresse, on distingue, dans le delta du fleuve Rouge, quatre saisons, plus ou moins rapprochées de celles de PEurope : Vété, de mai en octobre, avec des pluies irrégulières et de fréquents orages ; Vautomney en octobre et en novembre, temps très sec, très agréable et très sain; V hiver ^ qui apparaît brusquement après une bourrasque de nordest et dure de décembre à février, avec de grands écarts de température dans la môme journée; le printemps, intermédiaire entre Thiver et Tété, de février à mai.
Dans toute Tlndo-Chine les vents réguliers sont ceux des moussons; d'octobre à mars souffle sur le Tonkin et la Cochinchine la mousson rafraîchissante du nord-est venant de la mer, de mars à octobre, la mousson du sud-ouest.
Le climat du Cambodge est presque semblable à celui de la Basse-Cochinchine. La température moyenne est de 28* centigrades; elle tombe à 18® pendant les mois de novembre et de décembre; son maximum est de 36<*. Sur le Grand-rLac et ses abords, la température est élevée; le matin seul est agréable; dès dix heures la réverbération est insupportable et occasionne beaucoup d'ophtalmies.
Dans toute Tlndo-Chine, les restes de la végétation tropicale, soumis à une température élevée, dans des terrains inondés, ne tardent pas à se décomposer, en donnant nais-
L'INDO-CHÏNE FRANÇAISE 539
sance à des miasmes putrides et en favorisant Téclosion de parasites microscopiques qui sont autant de causes de maladies. Certaines affections semblent surtout frapper les Européens, d'autres les Annamites, comme les maladies de la peau, la gale, une espèce de lèpre, Téléphantiasis, la variole, le choléra, etc. ; elles sont dues spécialement au manque de soins hygiéniques les plus élémentaires et à la mauvaise disposition des maisons. D'autres font payer un douloureux tribut aux deux races, la dysenterie, la diarrhée chronique, la fièvre intermittente, la fièvre des bois, les maladies du foie, la phtisie et les maladies des yeux dues au refroidissement des nuits. La dysenterie est la plus redoutable maladie pour nos soldats ou nos colons, qui ont à craindre également les insolations.
Les Européens doivent faire la plus grande attention aux plaies les plus insignifiantes en apparence, aux écorchures, aux piqûres des moustiques qui peuvent dégénérer en plaies annamites très dangereuses et très longues à guérir.
Les deux grands ennemis des races indo-chinoises sont la variole et le choléra; ces affections sont attribuées par les Annamites à l'invasion des con-ma-dau, âmes des morts qui attirent les esprits des vivants. La médecine indigène, après avoir employé quelques simples ou quelques médicaments tirés du Céleste-Empire, a recours aux amulettes, aux incantations, à des processions solennelles avec un assourdissant accompagnement du gong et du tam-tam. La vaccine, introduite au prix de grands efforts dans la Basse-Gochinchine, demandée par les Cambodgiens, a considérablement diminué la mortalité provenant de la variole. Nous introduirons l'usage de l'inoculation dans les autres parties de notre empire. Quant au choléra, nous essayerons de juguler ses ravages en imposant aux indigènes, par des mesures de police, l'observation des prescriptions de l'hygiène.
Le bon choix des emplacements des postes, la construction de maisons saines, appropriées au climat, la réduction à deux années du temps normal de séjour dans nos possessions, la prudence dans l'usage des alcools, des boissons dites rafraîchissantes, des eaux crues, l'assainissement des villes par des travaux publics sagement conçus, la propreté maintenue dans les casernes, les hôpitaux, la construction de fosses étanches, la fuite des excès, l'emploi raisonné du régime quinique, de la ceinture de flanelle, du casque blanc réduiront considérablement la mortalité des Européens. Au début de la conquête de
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de la Basse-Cochinchine, la mortalité du corps expéditionnaire atteignait 11 0/0; elle n'est plus que 5 0/0. Les mêmes progrès seront obtenus au Tonkin. Ils le seront d'autant plus rapidement qu'on saura profiter de l'expérience acquise aux bouches du Mékong. L'année 1889, qui peut être considérée comme une année normale, sans grandes expéditions et sans épidémies cholériques, a donné une mortalité de 4,3 0/0.