SATELLITES DE MADAGASCAR
Mayotte, dont le nom indigène est Mahoré ou Moueté, est la plus orientale du groupe des Comores, que découvrit en 1527 le Portugais Ribero. Longtemps délaissée et presque inhabitée, le commandant d'un navire français y reconnut en 1840 la magnifique rade de Dzaoudzi, et traita pour l'acquisition de l'île avec le chef sakalave Adrian Souli, expulsé de Madagascar par les Hovas. Louis-Philippe accorda à ce chef une pension de 3000 francs et fit prendre possession de l'île en 1843. — Mayotte, d'environ 600 mètres d'altitude, a une population de 10000 habitants. Dzaoudzi, résidence du gouverneur, a sa rade fermée par l'îlot Pamanzi. — A l'ouest, Msapéré est le centre commercial de l'île, qui, étant la plus ancienne colonie française du groupe comorien, en est aussi la plus active économiquement.
Les autres Comores, protégées depuis 1886, sont devenues possession française en 1896.
La Grande-Gomore, la première au nord-ouest du groupe, est la plus considérable en étendue et en élévation, comme en population. Ses montagnes atteignent 2 600 mètres au volcan actif du Kartal ou Karadalla, « la Marmite de feu. » Le sol, toujours sec, quoique très arrosé, est fort salubre. Les côtes ne sont abordables que sur trois points, aux villages de Mouchamouli, Itzanda et Maroni. Ce dernier est la résidence du sultan principal, auquel sont soumis les autres chefs de l'île. — 25000 habitants.
L'île Mohéli, la plus petite et la moins élevée, compte deux villages principaux : Fomboni, résidence du sultan , et Numa-Choa, plus favorisé comme mouillage et comme position stratégique, — 6000 habitants.
Anjouan, que les Anglais appellent Johanna, est remarquable par sa forme triangulaire ; son point culminant s'élève à 1 578 mètres. Elle renferme deux villes murées, Pomosy et Msamoudon : cette dernière est la capitale de l'île et la relâche habituelle des navires qui fréquentent ces parages. — 15000 âmes.
Les deux grandes productions végétales des Comores sont la canne à sucre et la vanille, puis viennent le café, le cocotier, les bois d'ébénisterie et de construction, sans parler des autres cultures ou végétaux des tropiques.
L'industrie, aux mains des étrangers, consiste principalement dans la fabrication du sucre et du rhum, ainsi que la préparation de la vanille, utilisée dans la chocolaterie, la confiserie, la pâtisserie et la liquoristerie.
Le commerce de ces îles s'est élevé en 1906 à 3870000 francs, dont plus de 3 millions à l'exportation. Il se fait surtout avec la France, la Réunion et Madagascar. Il consiste dans l'exportation du sucre, du rhum, de la vanille, du café, et dans l'importation de produits manufacturés européens, de vins, de riz et de bestiaux. Le transport et le service postal des Comores et de Nossi-Ré se font régulièrement chaque mois par un paquebot des Messageries maritimes ou par steamer anglais.