COTE DES SOMALIS
notre possession de la côte des Somalis. Fondé en 1880 et déjà peuplé de 40 000 âmes, il a pris un développement rapide, grâce à sa situation géographique et à son excellent port. C'est une importante escale de nos lignes de navigation et un point d'appui pour notre flotte de guerre sur la route de Madagascar et de l'Australie, des Indes et de l'Extrême-Orient : les navires y trouvent un dépôt de charbon et , ce que ne possède pas Aden, de l'eau douce et des vivres frais, viande et légumes. C'est en môme temps le débouché de l'Abyssinie méridionale. Une ligne ferrée, traversant le désert, atteint à Dire Daouah, pour se continuer bientôt par Harar jusqu'à Àddis-Abéba.
Quant à Obock, l'ancien chef-lieu, sur la côte nord de la baie, il est presque entièrement délaissé. Entre les deux, Tadjoura, accessible pour des bateaux à fond plat, est un bourg de 1500 Danakils, où les Français occupent, ainsi qu'à Sagallo, un ancien fortin.
Le commerce de la côte française des Somalis s'opère presque entièrement par Djibouti , qui exporte surtout des produits d'Abys-
sinie
or, encens, ivoire, cire,
La Somalie française.
gomme, peau, café, bestiaux; en
retour, il lui expédie des tissus de coton, de soie, de laine et autres articles manufacturés d'Europe ou des Indes. En 1905, ce trafic était de 30 millions de francs, dont les trois cinquièmes à l'exportation.
Le territoire de Cheik-Saïd, formant la pointe sud-ouest de l'Arabie sur le détroit de Bab-el-Mandeb, a été^endu en 1868 par le cheik Tabatt à deux négociants de la maison Rabaud, de Marseille. Le sultan de Constantinople protesta plus tard contre cette vente, et, depuis 1885, une garnison turque de 250 fantassins et 50 artilleurs occupe la forteresse construite sur le sommet principal. Il est regrettable que le gouvernement français n'ait pas encore pris cette position stratégique de premier ordre, qui compléterait admirablement notre possession de Djibouti. En effet, une colline de 240 mètres y domine complètement l'îlot fortifié de Périm, haut seulement de 70 mètres, lequel serait facilement réduit à l'impuissance. Cheik-Saïd, ainsi nommé d'un marabout, est un territoire de 1650 kilomètres carrés, comprenant un groupe de hauteurs volcaniques et, en arrière, une plaine sablonneuse.