DE L'INDE
CHAIWERNAGOR
Pondichéry, le « Poudoutchéry » des indigènes, chef-lieu des établissements français de l'Inde, est une ville de 50000 âmes située sur la côte de Goromandel, à 143 kilomètres sud de Madras, dans le delta bas et marécageux du Pannar. Elle se divise en deux parties : la « ville blanche », bâtie à l'européenne, et la <r ville noire » , toute composée de cases
indiennes. Pondichéry possède une cour d'appel et une importante fabrique de guinées ou cotonnades bleues; elle n'a qu'une rade foraine et un pont- débarcadère , mais on y projette le creusement d'un bassin.
Le territoire de Pondichéry, extrêmement morcelé par des enclaves anglaises, comprend quatre communes : Pondichéry, Oulgaret, Viîlenour et Bahour, avec 234 <r aidées »
ou villages d'Hindous. Sa population est de 488 000 habitants, répandus sur une superficie de 29 000 hectares.
Karikal est situé à 100 kilomètres sud de Pondichéry, sur la côte de Goromandel et au milieu de l'immense delta du Gavéry.
Son territoire de 13 000 hectares se divise en trois communes : Karikal, Nédouncadou et la Grande- Aidée , comprenant 110 villages avec 60 000 habitants. Son commerce est assez important.
Yanaon, dans le delta du Godavéry, à 800 kilomètres nord-est de Pondichéry, n'est qu'un comptoir entouré d'un terrain de 1 400 hectares, avec une population de 5 000 habitants. Son commerce est nul.
Mahé, « Maïhi » des indigènes , est situé à l'embouchure de la rivière Mahé, sur la côte de Malabar, à 400 kilomètres ouest de Pondichéry. C'est une jolie petite ville, mais son port est presque inactif. Son territoire de 6 000 hectares comprend, outre la ville, quelques aidées avec une population totale de 9 000 habitants.
Chandernacjor, la « Tchandranagor d ou « ville de la lune » des Hindous, est située dans le Bengale, sur la rive droite de PHougly, bras du Gange, à 28 kilomètres en amont de Calcutta et à 1 600 kilomètres au nord de Pondichéry. C'est une ville bien bâtie, peuplée de 24000 habitants, dont 300 Français, sur un territoire de 940 hectares seulement. Son trafic,
Les territoires français de l'Hindoustan.
presque nul, à cause de l'ensablement du fleuve, se fait avec la capitale indo-britannique.
Outre ces cinq établissements, la France possède, en vertu des traités, dans sept des villes anglaises, des comptoirs ou loges, composés souvent d'une seule maison avec terrain avoisinant et quelques cases indiennes.
Ces loges françaises se trouvent à Balassore, Dacca, Patna et Jaugdia, dans le Bengale; à Mazulipatam, au sud de Yanaon; à Galicut, au sud de Mahé, et à Surate, grande ville au nord de Bombay.
Industrie et Commerce. — L'industrie de l'Inde française consiste dans les cultures de riz, légumes, ananas, etc., et la fabrication des tissus de coton bleus ou guinées, à Pondichéry. On a découvert de riches mines de lignite à Bahour. -
Le commerce intérieur dispose des canaux naturels, des chemins de fer, postes et télégraphes de l'Inde anglaise.
Le commerce extérieur s'est élevé en 1905 à 34 millions de francs, dont les quatre cinquièmes pour l'exportation. Il se fait pour la plus grande partie avec les autres ports de l'Inde et par vaisseaux anglais ; puis avec la Réunion, Maurice, Marseille et Anvers, par vaisseaux étrangers plutôt que français.
Les produits exportés sont : les arachides, pour 16 millions; les guinées, destinées aux nègres d'Afrique et du Sénégal; l'indigo, l'huile de coco, le riz. Les articles importés sont : les cotonnades indiennes ou anglaises, les soieries, vins et liqueurs de France.
Pondichéry, port franc, et Karikal concentrent presque tout le commerce, qui est à peu près nul dans les autres territoires.
En somme, le commerce de la France dans l'Inde s'exerce beaucoup plus avec les ports anglais qu'avec nos propres établissements. Ceux-ci conservent toutefois une certaine importance politique, bien que, en vertu des traités, il nous soit même interdit de les fortifier et de les transformer au besoin en positions stratégiques.