‹ La France coloniale illustrâeeChapitre 9 sur 79 · I. — CONFIGURATION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

I. — CONFIGURATION GÉNÉRALE

Situations et bornes1. — L'Algérie, avec la Tunisie qui lui est adjointe, forme au nord de l'Afrique une vaste contrée située à proximité de la France, dont elle est séparée par moins de 200 lieues de mer, et presque sous les mêmes méridiens.

Les bornes de l'Algérie, sans sa partie désertique, sont : au nord, la Méditerranée; à l'ouest, le Maroc; à l'est, la Tunisie ; au sud, le Sahara algérien.

1 Un chapitre spécial sera donné plus loin sur le Sahara français. Mais nous conserverons ici, nonobstant certaines répétitions, la rédaction des chapitres de* l'Algérie et de la Tunisie,, avec leurs parties sahari^nnos.

Position astronomique. — L'Algérie ainsi comprise s'étend de 30° (Chott-ech-Chergui) à 37° (cap Bougaroni) de latitude septentrionale, et de 4°40' de longitude ouest à 6°20' de longitude est. En y ajoutant la Tunisie, on atteint 37°20' de latitude nord, au cap Blanc, et 9° de longitude est, sur la limite de la Tripolitaine.

Alger se trouve à peu près sous le méridien de Paris, exactement à 0°44' de longitude est, et Tunis à 7°50' de même longitude. Alger est en ligne droite à 660 kilomètres de Port-Vendres, 780 de Marseille, 1400 de Paris.

Superficie. — Dans son ensemble, l'Algérie proprement dite affecte la forme d'un rectangle ayant en moyenne 1000 kilomètres de longueur, de l'ouest à Test, et 200 kilomètres de largeur du nord au sud. Ainsi envisagée, la superficie de l'Algérie est de 200000 kilomètres carrés. Celle de la Tunisie, sans la partie saharienne, étant de 70000 kilomètres carrés, nos possessions de Berbérie, colonisables par les Européens, ont une superficie de 270000 kilomètres carrés, soit la moitié de celle de la France. Quant au Sahara algérien, partie septentrionale du Sahara, officiellement « zone d'influence » de l'Algérie, il mesure approximativement 2700000 kilomètres carrés, formant les Territoires du Sud.

Le littoral algérien. — Le littoral algérien décrit dans son ensemble un arc très tendu, long de 1100 kilomètres environ, tournant sa convexité au nord vers la mer, et relevant son extrémité orientale à une latitude de deux degrés au-dessus de l'extrémité occidentale.

Le littoral tunisien, plus mouvementé, tourne sa plus grande face vers l'orient.

L'Algérie étant une contrée généralement montueuse jusque sur le littoral, il en résulte que ses côtes sont d'ordinaire élevées, rocheuses, inabordables en dehors des ports; ses baies, peu profondes, mal abritées contre le vent et ensablées, sont peu favorables à la navigation. Ce n'est qu'à plusieurs centaines de mètres du littoral que la profondeur de la Méditerranée atteint 10, 20 mètres et plus; mais elle dépasse bientôt 1000 et même 2500 mètres à 150 kilomètres de la côte d'Alger.

Description des côtes. — A 10 kilomètres de l'embouchure de la Malouïa, fleuve marocain, le chétif torrent du Kis ou Adjeroud est la première borne physique qui sépare l'Algérie du Maroc. Le premier cap français est la pointe Milonia, et le premier port, celui de Nemours; vient ensuite le cap Noé, où la côte prend la direction nord-est; on y remarque plusieurs îlots et caps volcaniques, l'île Rachgoun, en face de l'embouchure de la Tafna, le cap Figalo et les îles Habibas.

Le cap Falcon est suivi de la baie d'Oran ou rade de Mers-el-Kébir, entourée de collines de 600 mètres de hauteur, le meilleur abri de l'Algérie occidentale. Les caps Ferrât et Carbon sont des saillies d'un large pro-

montoire séparant la baie d'Oran de celle d'Arzeu, celle-ci plus large, mais moins bien abritée, et au fond de laquelle se jette la Macta.

A 10 kilomètres de Mostaganem se voit l'embouchure du Chéliff, le plus grand fleuve algérien; puis le cap Ivi, d'où la côte, élevée mais peu échancrée, s'incline vers l'est jusqu'au cap Ténès et de là se prolonge presque droite jusqu'à Cherchel. Elle est marquée faiblement par les pointes des contreforts du massif du Dahra et du petit Atlas algérien plongeant dans la mer.

A l'est de Cherchel , la côte s'infléchit un instant pour remonter ensuite jusqu'à la petite baie de Sidi-Ferruch , où l'armée française débarqua en 1830. Le promontoire de Sidi-Ferruch, terminé par les caps K'nater, Caxine et la pointe Pescade, marque à peu près le milieu de la côte algérienne ; il abrite à l'ouest la magnifique baie semi- circulaire d'Alger, large de 15 kilomètres et profonde de 7; le cap Matifou en détermine la partie orientale.

La mer reçoit plus loin les eaux ensablées de Tisser oriental, puis le Sébaou, près de Dellys, port médiocre, mais marché fréquenté. A partir de cette ville jusqu'à l'oued Sahel, près de l'embouchure duquel est Bougie, le littoral de la Grande-Kabylie est généralement très élevé, sans abri et hérissé d'aiguilles; on y remarque les caps Tedlès, Gorbelin, Sigli, puis le cap Carbon oriental, percé d'une voûte naturelle; la côte tourne ensuite au sud pour former la baie semi-elliptique de Bougie, fermée à l'est par le cap Cavallo. Plus au nord-est on trouve la pointe de Djidjelli, près de la ville de même nom; le Seba-Rous (les sept caps), plus connu sous le nom italien de Bougaroun (cap des Fourbes), large promontoire formant l'avancement le plus septentrional de la côte algérienne. A l'est s'ouvre le beau golfe portant le double nom de Stora, port déchu, et de Philippeville, port moderne ; il se termine au cap de Fer (Râs Hadid), pointe très saillante de la chaîne de l'Edough, qui s'étend le long du littoral jusqu'au cap de Garde. Celui-ci, avec le cap Rosa, abrite imparfaitement la large baie de Bône, où se jette la Seybouse; à l'est du cap Rosa se dresse, sur un rocher isolé, la Galle, dont le port est fréquenté parles corailleurs. C'est à 15 kilomètres plus loin, au cap Roux, que se terminait, avant l'établissement de notre protectorat sur la Tunisie, l'Afrique française, laquelle s'étend aujourd'hui jusqu'à la Tripolitaine.

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