I. — LES PREMIÈRES EXPLORATIONS
Les décrets. — Comme nous l'avons vu au chapitre du Sahara, l'accord anglo- français du 5 août 1890 a réservé à l'influence de la France les territoires soudaniens situés à l'ouest de la ville de Saï, sur le Niger. En conséquence, par un décret de M. Carnot, président de la République française, en date du 18 août 1890, l'administration du Soudan français est détachée presque complètement du Sénégal, et son siège est fixé à Kayes.
« La région, est- il dit dans le rapport du ministre, qui s'étend entre nos possessions de la Sénégambie et le Niger, et qui a pris successivement la dénomination de Haut- Sénégal et de Soudan français, n'était occupée, en 1881, époque de la première occupation, que par une ligne de postes reliant les deux fleuves, de Kayes à Bamako.
« Depuis lors, notre domination s'est successivement étendue sur les contrées environnantes, et nous possédons aujourd'hui entre le Sénégal et le Niger, ainsi que sur la rive droite de ce dernier fleuve, un vaste domaine, qu'il importe d'organiser et de développer.
« Nos possessions du Soudan relèvent actuellement, au point de vue politique, administratif et militaire, du gouverneur du Sénégal, représenté par un officier supérieur d'infanterie ou d'artillerie de marine, qui prend le titre de commandant supérieur.
« Or il n'est pas douteux qu'étant placé à une distance considérable de Saint-Louis et sans communications régulières avec le chef-lieu de la colonie pendant la saison sèche, le commandant supérieur ne soit obligé le plus souvent d'agir sous sa propre responsabilité et en dehors de l'action directe du gouverneur, etc.
Suivent les propositions du ministre des colonies , acceptées par le décret ci -après :
<r Art. 1er. — un commandant supérieur est spécialement chargé, sous « l'autorité du gouverneur du Sénégal, de l'administration du Soudan « français.
« Art. 2. — Il correspond directement avec le sous - secrétaire <T État « des colonies pour les diverses parties du service, etc.
« Art. 3. — Le commandant supérieur exerce dans le Soudan les pou- « voirs administratifs et financiers dévolus au gouverneur du Sénégal par « les décrets et règlements en vigueur.
« Le siège de sa résidence est à Kayes. « Carnot. »
Carte du Soudan français, avec les côtes de Guinée et le Dahomey.
Le Soudan français comprend les cercles militaires de Matam , Bakel, Kayes, Méd'me, Bafoulabé, détachés du Sénégal; ceux de Kita, Bamako et Siguiri, sur le haut Niger; enfin les cercles de Tomboiœtou , Goundam et plusieurs autres créés depuis 1894.
En outre, de nombreux États protégés : ceux du Macina, du Mossi, etc., qui peu à peu seront annexés.
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C'est donc l'histoire et la géographie de cette immense région qui s'étend du haut Sénégal au lac Tchad, et de Grand-Bassam à Tombouctou, que nous avons à faire dans ce chapitre.
Les explorateurs. — Les détails rétrospectifs sur l'histoire de cette colonisation comprendront ici les explorations de Mungo Park, René Gaillié, Mage et Quintin, Paul Soleillet, Zweifell et Moustier, réservant pour plus loin celles de Galliéni, Caron, Binger et autres.
Mungo Park. — L'Écossais de ce nom est le premier voyageur européen qui ait ouvert, par l'ouest, la route du Soudan et exploré le grand fleuve de l'intérieur, le Djoliba ou Niger.
Envoyé par YAfrican Association de Londres, il fit, de 4795 à 1800, trois expéditions sur le fleuve : les deux premières à Bamako et Ségou, la troisième de Sansanding à Boussa, descendant le Niger en bateau à voile sur une longueur de 2000 kilomètres, sans mettre pied à terre. Les Touareg attaquèrent l'expédition à plusieurs reprises. A la hauteur de Yaouri, Mungo Park fît remettre au chef d'un village bâti sur la rive du fleuve des présents pour lui et pour son suzerain, le roi de Yaouri. Le chef garda tout. Le roi, furieux de ne pas recevoir l'hommage du voyageur blanc, envoya une armée contre lui. Elle s'embusqua à Boussa, point où le Niger, encaissé entre des rochers, est très rapide, et quand les Anglais parurent, elle les écrasa sous une grêle de traits. Mungo Park, voyant tomber ses compagnons et ses esclaves noirs les uns après les autres , et ne pouvant plus gouverner son bateau , essaya de gagner la rive à la nage. Il se noya dans les rapides.
Tels sont les détails que Barth recueillit, en 1854, à Boussa, de la bouche d'un vieux Targui qui avait assisté au combat.
Nous avons parlé au chapitre du Sahara du major Laing , qui le premier parvint à Tombouctou, mais périt en sortant de cette ville, en 1826.
René Caillié1. — Le Français René Gaillié est le premier Européen qui atteignit heureusement le but qu'il s'était proposé et revint sain et sauf de son exploration à Tombouctou. Avant lui, les autres voyageurs avaient été arrêtés dans leur route, ou assassinés pendant leur voyage, comme le major anglais Laing.
Gaillié naquit à Mauzé, un petit bourg des Deux- Sèvres, en l'an 1800. Il était fils d'un pauvre boulanger, qui ne put lui faire donner qu'une instruction très incomplète. Dès son enfance, des récits de voyages l'avaient enflammé et avaient fait naître chez lui un ardent désir de découvrir des pays nouveaux. Il mit d'ailleurs à accomplir ce projet une opiniâtreté et une énergie remarquables.
A l'âge de seize ans, il partit pour le Sénégal à bord de la gabare la Loire, qui faisait partie de la même expédition que la Méduse, mais n'eut pas le triste sort de cette frégate.
1 D'après les Notices sur les Colonies françaises , publiées par le gouvernement , 1890.
Caillié, dès son arrivée à Saint -Louis, apprit qu'une expédition se préparait dans les Rivières du Sud, sous les ordres du major Gray; il demanda à en faire partie, mais on le trouva beaucoup trop jeune et on ne voulut pas de lui. Il alla alors passer six mois à la Guadeloupe; puis, en 1818, il revint au Sénégal, obtint de se joindre à une caravane qui partait pour le Bondou, sous la direction de Partarrieu, et alla ainsi jusqu'à Boulébané, capitale de ce pays. Malheureusement pour lui, il fut atteint de la fièvre et dut momentanément quitter le Sénégal.
Il revint dans la colonie en 1824; et l'année suivante, autorisé par le gouverneur, baron Roger, il se rendit chez les Braknas, où, durant une année, il apprit la langue, les mœurs, les coutumes arabes et les pratiques de la religion musulmane.
Lorsqu'il rentra à Saint- Louis, le gouverneur intérimaire (le baron Roger était en France) repoussa les demandes de subvention de Gaillié, espérant ainsi rebuter le jeune homme et le détourner d'un projet qu'il considérait comme dangereux.
Caillié gagna alors la colonie de Sierra -Leone, et, n'ayant pu y trouver l'appui qu'il espérait, il résolut d'exécuter le voyage qu'il avait projeté avec les seules ressources dont il disposait. Celles-ci étaient vraiment bien minces ; elles se composaient à peine de 2 000 francs économisés sou à sou depuis cinq ou six années. Sur cette somme, 1 700 francs furent employés à acheter de la poudre, du papier, du tabac, des verroteries, des couteaux, du corail, des ciseaux, des miroirs, des mouchoirs de soie, de l'ambre, des clous de girofle et trois pièces de guinée, le tout pesant à peine cent livres. Caillié emporta également deux petites boussoles de poche, les feuillets d'un coran et une petite pharmacie de voyage, dont quelques colons de Sierra -Leone, ses amis, lui avaient fait cadeau.
C'est donc avec une somme dérisoire que Caillié, ce modèle de volonté et d'énergie, accomplit le grand voyage d'exploration qui le rendit célèbre.
Il partit de Freetown, le 22 mars 1827, vêtu d'un costume arabe, et se fit conduire à Kakondy, sur le Nunez; le 19 avril suivant, il se mit en route pour le Fouta-Dialon avec cinq Mandingues, auxquels il se donna comme musulman. Il leur raconta en outre, comme il le fit partout, qu'il était né en Egypte de parents arabes, qu'il s'appelait Abd-AUah, et qu'il avait été emmené en France par des soldats de ce pays qui étaient alors au Caire. Depuis cette époque, ajoutait-il, il avait été envoyé au Sénégal par son maître, lequel, satisfait de lui, l'avait affranchi. Dès lors, étant libre d'agir à sa guise, il voulait retourner en Egypte pour retrouver ses parents.
En arrivant dans le Fouta-Dialon, il évita d'aller à Timbo, où régnait la guerre civile, et où il craignait d'être retenu prisonnier. Il passa le Bafing et franchit le Tankisso près du village de Cambaya, où il faillit être reconnu par des Mandingues qui l'avaient vu à Sierra- Leone.
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En quittant Cambaya (30 mai 1827) il se dirigea vers le sud -est, atteignit le Niger à Kouroussa, le traversa en pirogue, et se joignit à une caravane qui allait à Kankan. Il resta plus d'un mois dans ce village, attendant
Tente arabe.
l'occasion de pouvoir traverser en toute sûreté les forêts du Ouassoulou, qu'on disait infestées de brigands. Enfin, le 16 juillet, il put se mettre en route, gagna Sambatilika, et arriva le 3 août au joli village de Timé, où les fatigues endurées depuis le départ, les pluies persistantes, les privations de toute nature, lui donnèrent un violent scorbut; soigné avec
un réel dévouement par une vieille négresse, mère de son hôte, Gaillié ne put reprendre le cours 'de son voyage que cinq mois plus "tard.
Il partit de Timé le 9 janvier 1828, avec une caravane de Mandingues qui allait vendre des noix de kola, les uns à Sansanding, les autres à Dienné, où ils les échangeaient contre du sel en barre. Il traversa ainsi Tangréla , Bangoro, Débéna, Tiara, où la caravane se dédoubla, Toumané, Kouara et enfin Gallia. Le 11 mars, il entrait à Dienné, dont la population était alors de 9 à 10000 habitants; douze jours plus tard, il gagnait le lac Débo, dont les trois îlots reçurent les noms de Saint -Charles, Henri et Marie-Thérèse; et, le 19 avril, un an juste après son départ de Kakondy, il arrivait en vue de Kabara, port de la ville de Tombouctou.
Kabara n'était qu'un assemblage de misérables cases, mal construites, et servant seulement d'entrepôt pour les marchandises ou d'habitations pour les esclaves employés aux travaux du port. Le reste de la population ne se composait que de pêcheurs ou de charpentiers, formant en tout un millier d'individus.
Le lendemain, 20 avril, Caillié arrivait à Tombouctou, après trois heures de marche. «En entrant, dit-il, dans cette cité mystérieuse, objet des recherches des nations civilisées de l'Europe, je fus saisi d'un sentiment inexprimable de satisfaction ; je n'avais jamais éprouvé une sensation pareille, et ma joie était extrême... Revenu de mon enthousiasme, je trouvai que le spectacle ne répondait pas à mon attente. » La ville n'avait alors, d'après l'estimation de Gaillié, que 10 à 12 000 habitants environ, et n'était qu'un amas de vilaines masures construites en terre.
Caillié ne resta que quatorze jours à Tombouctou ; il craignait, en y séjournant plus longtemps, d'être reconnu et de subir le même sort que le major Laing. Il avait été toutefois parfaitement accueilli chez Sidi-Abd- Allahi-Chebir, le Maure chez lequel il habitait, et auquel il avait été recommandé par son hôte de Dienné. Le 4 mai, il quittait la ville avec une caravane de plus de 600 chameaux qui se dirigeait vers le Maroc. Cette caravane fut rejointe en route par plusieurs autres, et compta bientôi plus de 1 400 chameaux. On mit trois mois à franchir le Sahara ; on traversa successivement le Tadjakant, Tel Draah, le Tafilet, et, le 12 août, Gaillié entrait à Fez. Le 7 septembre, il se présentait au consul de France à Tanger, qui lui donnait les moyens de gagner Toulon.
Arrivé à Paris, Gaillié fut reçu par la Société de géographie, qui lui décerna son grand prix annuel, récompense bien méritée par ce vaillant et énergique explorateur ; mais il eut le chagrin de voir un peu plus tard émettre des doutes sur la réalité de son voyage, et fut défendu fort vivement à cette occasion par le président de la Société de géographie, M. Jomard, membre de l'Institut.
Ce n'est toutefois qu'un quart de siècle plus tard que les assertions de Caillié furent confirmées d'une façon éclatante par un autre explorateur,
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le Hambourgeois Barth, qui parvint, lui aussi, à Tombouctou (1858), et put vérifier ainsi l'exactitude absolue du récit de notre compatriote. Malheureusement, lorsque cette réhabilitation eut lieu, René Caillié n'était plus. Profondément atteint autant par les souffrances de son voyage que par les attaques dont il avait été l'objet à son retour, il était mort à l'âge de trente- neuf ans.
Par ordre du général Faidherbe, une colonne commémorative a été élevée en souvenir de lui sur les rives du Nunez, à Boké, situé non loin de Kakondy, point de départ de son exploration.
Un petit monument dans les Rivières du Sud , tel est le seul hommage rendu jusqu'à présent à la mémoire du Français qui, il y a plus d'un demi-siècle, a eu la gloire d'atteindre Tombouctou et de franchir cette immense et mystérieuse partie de l'Afrique : le Sahara!
Mage et Quintin. — C'est en 4 803 qu'apparaît nettement l'idée de relier le haut fleuve au Niger, et c'est dans le courant de cette même année que le général Faidherbe, gouverneur du Sénégal, chargeait deux officiers de la marine française d'explorer la ligne qui reliait nos établissements du bassin supérieur du Sénégal au bassin supérieur du Niger, en se dirigeant de préférence sur Bamako.
« Le but, disait la lettre du gouverneur, serait d'arriver, quand on jugera à propos d'en donner l'ordre, à créer une ligne de postes distants d'une trentaine de lieues entre Médine et Bamako ou tout autre point voisin qui paraîtrait plus convenable, pour y créer un point commercial sur le fleuve. ï En même temps, cette lettre donnait aux voyageurs l'ordre de pousser jusqu'à Ségou et de s'y mettre en relations avec El-Hadj-Omar.
Les officiers choisis pour cette expédition, le lieutenant de vaisseau Mage et le chirurgien Quintin, partirent de Médine le 25 novembre 1863, accompagnés d'une dizaine de noirs, laptots de la marine locale ou tirailleurs sénégalais. Ils remontèrent le Sénégal jusqu'à Bafoulabé, dont ils firent un levé topographique, passèrent à Koundian, et, après avoir traversé le Bafing, prirent la direction de l'est.
Le 15 janvier 1864, ils arrivaient à Kita, qu'ils désignèrent comme propice à l'établissement d'un poste, à cause de sa situation privilégiée. C'est là, en effet, que se croisent les routes qui mènent du Sénégal au Niger ou du Bouré à Nioro. Quelques jours plus tard ils franchissaient le Baoulé (que Mage appelle le Bakhoy) et pénétraient dans la magnifique, forêt de roniers du Marcounah. Le 22 février ils étaient à Nyamina, où ils s'embarquaient sur des pirogues, et le 28 ils arrivaient en vue de Ségou.
Mis en rapport avec Ahmadou, qui représentait son père El-lIadj-Omar, parti en expédition dans le Macina, Mage et Quintin, malgré leurs instances, ne purent plus franchir les murailles de la ville, soit pour pousser jusqu'à l'endroit où l'on disait que se trouvait le prophète, soit pour retourner à Saint-Louis.
Ils restèrent ainsi à Ségou jusqu'au 6 mai 1860, et finalement ne purent voir El-Hadj, qui avait péri au siège d'El-Hamda-Lillahi, à quelque distance de Bandiagara. Enfin, craignant de s'attirer des désagréments avec le général Faidherbe, gouverneur du Sénégal, qui lui envoyait courrier sur courrier, Ahmadou se décida à donner la liberté à ses deux hôtes.
Mage et Quintin, en revenant, suivirent une route différente de la première. À Nyamina ils prirent la direction du Kaarta, visitèrent Nioro, passèrent par Koniakary, et arrivèrent à Médine le 28 mai suivant, après une absence de trente mois et trois jours.
Paul Soleillet. — Quinze ans après, Paul Soleillet, accompagné d'un interprète sénégalais, entreprenait le même voyage, avec l'intention d'étudier une voie de communication entre le Sénégal et l'Algérie. Parti de Saint-Louis le 10 avril 1878, il arrivait le 1er octobre à Ségou, où Ahmadou lui témoigna toujours beaucoup d'égards, mais en s'opposant formellement à ce qu'il allât plus loin, ce qui obligea le voyageur de revenir sur ses pas. Il rentrait à Bakel le 2 mars 1879.
Zw eifell et Moustier — Ces deux voyageurs, l'un suisse, l'autre français, attachés depuis dix ans aux comptoirs de la maison Verminck, reçurent pour mission, à la fois géographique et commerciale, d'aller à la recherche des sources du Niger. Partis de Falaba, sur la Bokelle, le 28 août 1879, ils traversèrent successivement les pays des Timnés, des Limbas et des Kourankos. C'est près de Foria que le hasard les mit en présence du petit filet d'eau qui n'était autre que le Niger sortant du mont Tembi-Kounda. Ayant quitté cet endroit le 4 octobre, ils rentraient le 8 novembre à Botombo, à l'embouchure de la Bokelle (Sierra -Leone).
Mission Galliéni. — Le capitaine Galliéni avait pour mission d'étudier le pays entre Médine et un point situé sur le Niger, d'y reconnaître un tracé provisoire du chemin de fer, d'examiner les ressources de la région et de conclure avec les chefs indigènes des traités permettant le passage de la voie ferrée.
Outre quelques officiers, M. Galliéni prit avec lui une trentaine de tirailleurs et de spahis pour la défense, une escouade de laptots comme bateliers pour la traversée du Niger, et une centaine d'âniers ou de domestiques.
Ainsi composée, la mission partait de Saint-Louis du Sénégal le 30 janvier 1880 et pénétrait deux mois plus tard dans le Fouladougou, traversé jusqu'à ce jour par trois Européens seulement : Mungo Park, Mage et Quintin. Le 20 avril, elle arrivait en vue de la montagne de Kita, et le 25, M. Galliéni signait avec le chef Tokonta un traité qui plaçait tout le pays sous le protectorat de la France. Du 6 au 11 mai les indigènes des régions parcourues se montrèrent hostiles, et dans un combat la mission subit même de grandes pertes.
A Bamako, sur le Niger, où l'on arriva le 12, M. Galliéni ne fut pas
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reçu comme il l'espérait ; c'est pourquoi il fit marcher sur Nafadié , d'où l'on se dirigea vers Ségou, capitale du roi Ahmadou. Mais celui-ci refusa pendant dix mois de laisser approcher la mission, qui fut obligée de rester tout ce temps à Nango, situé à 40 kilomètres à l'ouest de Ségou. Ce fut seulement alors qu'apprenant la prise de Kita et de Koubango par le colonel Desbordes, Ahmadou se décida à signer un traité d'alliance avec le capitaine Galliéni ; l'expédition reprit ensuite le chemin de Saint-Louis, où elle rentrait le 12 mai 1881, après une absence de dix -sept mois.