‹ La France coloniale illustréeChapitre 32 sur 80 · II. — EXPÉDITIONS MILITAIRES. — LA CONQUÊTE · texte numérisé non relu

II. — EXPÉDITIONS MILITAIRES. — LA CONQUÊTE

I. — Campagnes du colonel Borgnis-Desbordes (1880-1883). — Le but de la première campagne de cet officier était d'assurer l'occupation du pays entre Médine et Kita, d'y faire construire des postes et de procéder aux premières études relatives à l'établissement d'une voie ferrée.

Le colonel partit de Médine le 9 janvier 1881, à la tête de 830 hommes, dont 420 combattants, marcha sur Kita, dont il prit possession le 7 février, puis s'empara du village de Koubango, qui se montrait hostile envers lui, comme il l'avait déjà été envers la mission Galliéni. Le 7 juin, on repartait pour Médine, après avoir laissé à Kita un fort suffisamment achevé, avec 135 hommes, 4 canons et d'abondantes munitions.

La deuxième campagne eut pour fin de ravitailler les forts de Bafoulabé et Kita et de construire un ou deux postes entre ces points.

La colonne, composée de 350 gens d'armes et de 640 non combattants, arrivait à Kita le 9 janvier 1882. Les travaux du fort venaient d'être repris quand on sut que Samori, puissant chef malinké, s'avançait vers le Niger et mettait le siège devant Kéniéra, ville importante du Ouassoulou. On lui envoya Alakamessa pour parlementer en faveur de la cité assiégée ; mais cet officier ayant été maltraité, le colonel Desbordes se vit obligé de marcher contre Samori pour venger cette insulte. Il arriva le 26 février devant Kéniéra, que l'ennemi tenait dans un vaste camp retranché, bien défendu par des sagnés, sortes de redoutes. Les sagnés furent bientôt enlevés, mais il était déjà trop tard ; la ville était déserte depuis cinq jours et l'émir s'était honteusement enfui.

Le colonel crut toutefois prudent de se retirer sur le Niger, et après avoir achevé le fort de Kita et construit celui de Badoumbé , il rentrait à Kayes le 14 juin.

La troisième campagne, en 1883, avait pour programme de s'établir à Bamako et de relier ce point à Kita.

Le colonel Desbordes, à la tête de 542 combattants, marcha donc sur le Niger, en détruisant sur sa route le village hostile de Mourgoula, et en

s' emparant deDaba, également indisposé contre nous. Le 1er février, il arrivait à Bamako, où fut aussitôt construit un fort; puis il se porta à la rencontre des troupes de Samori, qui se dirigeaient vers la même ville, leur infligea plusieurs défaites, et reprit le chemin de Médine, où il rentra au commencement de mai.

L'année 488i fut marquée par la construction du fort de Koumdou, entre Kita et Bamako. Au commencement de 4885, le commandant Combes éleva celui de Niagassola et s'empara du Boundé, que Samori avait .abandonné; mais celui-ci ayant repris l'offensive, la colonne lui livra une dizaine de combats, après lesquels elle rentra à Médine le 29 juillet.

L'année suivante, 4886, le lieutenant-colonel Frey eut aussi à combattre Samori, qui demanda enfin la paix ; puis le prophète sarracolet Mahmadou- Lamine, qui, après avoir été notre ami, du moins en apparence, avait soulevé le pays contre nous.

De 4886 à 4888, Galliéni, nommé commandant supérieur du Soudan français, donna une impulsion nouvelle aux travaux de la voie ferrée du haut Sénégal ; il termina la guerre contre Lamine , et par des traités plaça sous le protectorat français les pays situés entre le Bondou et la Gambie, ainsi que les États d'Ahmadou et d'autres plus au nord.

Nos possessions du haut fleuve furent alors divisées en deux sections : le Soudan français proprement dit, réparti en un certain nombre de cercles administrés par des officiers, et les États de protectorat. En même temps, autour de chaque poste, furent fondés des villages dits de liberté , où les esclaves pouvaient s'établir en toute sécurité et recouvrer leur liberté par le fait même de cet établissement.

II. — Campagnes du colonel Archinard (4888-4894). — Le commandant Archinard, successeur du colonel Galliéni, combattit successivement les sultans Ahmadou , de Ségou ; Samori , de Bissandougou , et Aguibou, de Dinguiray. Tiiiéba, sultan de Sikasso, fut son allié contre Samori.

Au début de ces trois campagnes, il enleva la forteresse toucouleure de Koundian, qui, avec Bafoulabé, achevait de couper toute communication entre Nioro, où se trouvait alors le sultan Ahmadou, et le Dinguiray, où commandait son frère Aguibou.

Ahmadou, peu belliqueux de sa nature, laissait cependant ses sofas et talibés ravager nos territoires anciens ou nouveaux. Le commandant, après l'avoir inutilement averti, marcha contre sa capitale, Ségou-Sikoro, située sur le Niger, à 40 jours de Médine. En l'absence du roi, elle était gouvernée et défendue par son fils, Madani. La petite armée française ouvrit un feu de canonnade sur les tours et les remparts. Bientôt Madani prit la fuite, laissant ouvertes les portes de la ville, que l'on s'empressa d'occuper, ainsi que le diomfoutou (château) d'El-Hadj-Omar, où était le trésor, et le château d'Ahmadou.

Après cette conquête, qui eut un prodigieux retentissement parmi les

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populations bambaras et celles du Markadougou, le commandant marcha sur le tata d'Ouosséboiigou, forteresse avancée d'Ahmadou sur les limites du Kaarta et du Bélédougou. C'était la place d'armes et le refuge de bandes pillardes qui rançonnaient le pays d'alentour. Il fallut non seulement franchir le mur d'enceinte , mais s'emparer de chaque maison après une lutte corps à corps. Le chef des assiégés, Bandiougou-Diara, un

Titi, chef de Bamako, et Dionké, chef de Ségou - Sikoro.

héros noir, couronna cette défense à la Saragosse en se faisant sauter avec une partie du diomfoutou.

Par la prise de Ségou et d'Ouossébougou , le sultan voyait ses États réduits au Kaarta, et pour l'y resserrer plus étroitement, le commandant s'empara de la forteresse de Koniakary.

Alors Ahmadou, réunissant ses notables guerriers, leur dit : « Je ne suis plus rien; j'ai perdu ma famille, la maison de mon père... Hier j'ai défendu aux griots de continuer à chanter mes louanges et à m'appeler le Casseur de têtes. Je ne suis plus qu'un musulman comme vous. Je ferai ce que vous déciderez. » Ils décidèrent qu'on tâcherait de reprendre

Koniakary , mais ils échouèrent , puis ils furent battus au combat de Oualia (décembre 1890).

A ce moment, M. Archinard, qui revenait de France avec le titre de lieutenant- colonel , reprit la direction des opérations. L'objectif était la prise de Nioro, capitale du Kaarta, où nos troupes entrèrent le 1er janvier 1891. Dès lors la destruction de l'empire musulman fondé par El-Hadj-Omar était complète. Presque partout, dans ces nouveaux États vassaux de la France , le pouvoir fut rendu aux héritiers des anciennes dynasties de race bambara et de religion fétichiste.

Cette même année 1891, le colonel Archinard tourna ses armes contre Samori. Cet almamy, qui régnait à Bissandougou, avait autour du pays d'Ouassoulou constitué un vaste empire, qui ne subsistait que par les razzias et les enlèvements d'esclaves dans les villages incendiés. L'almamy, après tant de luttes contre nous, comprenait fort bien que notre domination et nos principes étaient incompatibles avec les siens. Trois fois il avait signé des traités reconnaissant notre protectorat sur ses territoires de la rive gauche du Niger, et cependant il laissait ses sofas enlever des captifs sur lesdits territoires, et travaillait à soulever contre nous Ahmadou, Aguibou son frère, et les almamys du Fouta-Dialon.

Le colonel pénétra dans ses États et s'empara de Kankan , puis de Bissandougou, sa capitale, simple village de noirs que les sofas avaient déjà en partie détruit.

Pendant ces campagnes, on fit une connaissance plus particulière du sultan Aguibou, dont le petit État de Dinguiray fut annexé au Soudan français.

Quant à Thiéba, roi du Kénédougou, qui était lui-même en guerre contre Samori, le colonel lui envoya des secours en hommes et en munitions, avec le capitaine Quiquandon. Celui-ci était chargé de le diriger dans ses opérations militaires, autrement dit d'exercer à son égard les droits et les devoirs du protectorat.

Le roi Thiéba, très brave de sa personne, reçut au siège de Loutana sa dix-septième blessure. Sous Kinian, il pointa lui-même notre unique canon, et quand le premier obus tomba au milieu du village, il eut <r une joie d'enfant ». Il a fait des conquêtes, entassé des ruines, mais quand un village est conquis, il se borne à en transplanter les habitants dans sa capitale de Sikasso , qui a, de cette façon, atteint une population de 7 à 8 000 âmes. Il disait au capitaine Quiquandon : « Tes conseils seront toujours suivis; si j'ai demandé au colonel de m'envoyer des blancs, c'est pour apprendre d'eux à être vraiment un grand roi. » Quand le capitaine prit congé de lui, le 25 mars 1891, il lui donna sa propre lance de guerre et lui fit des adieux touchants : « Salue bien le colonel, lui dit-il; salue les vieux bonshommes de France. »

En résumé, le colonel Archinard, aidé du colonel Humbert, a détruit

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l'empire d'Ahmadou, soumis son frère Aguibou et conquis le Macina; il s'est fait un allié de Thiéba , mais n'a pu vaincre Samori , contre qui une expédition s'organise, en 1895, sous la direction du colonel Monteil.

III. — Descente du Niger, par Caron. — Voyage de la canonnière le Niger à Koriumé, avant-port de Tombouctou, d'après une lettre du lieutenant-colonel Galliéni :

C'est le lieutenant de vaisseau Caron, commandant de la canonnière le Niger, qui, par une exploration de trois mois, a gagné à la science géographique la vallée du haut Niger, qu'aucun voyageur, depuis Mungo Park, n'avait parcourue aussi loin.

L'expédition quitta son mouillage de Manambougou (50 kilomètres en aval de Bammako), le 1er juillet 4887. La canonnière remorquait un canot Scharpee et un chaland de 10 tonneaux, appelé le Manambougou, du point • où il avait été* construit. Ce chaland servait de logement à MM. Jouenne, médecin de 2e classe de la marine, et Lefort, sous -lieutenant de l'infanterie de marine, que M. Galliéni avait adjoints au chef de la mission.

L'équipage comprenait six Européens pour le service général et pour celui de la machine, et huit laptots et chauffeurs indigènes.

La machine marchait au bois, et c'est à grand'peine que l'on avait pu expédier au commandant Caron 8 tonnes de charbon, transportées à dos de mulet et qui ne devaient servir que pour les cas d'extrême urgence. Aussi la question de combustible fut-elle la constante préoccupation du chef de l'expédition. Le Niger ne consomma pas moins de 400 tonnes de bois, dont la moitié au moins fut coupée, chemin faisant, par les quelques hommes de l'équipage.

La canonnière était à Sansanding le 11 juillet, et deux jours après à Diafarabé, au confluent du marigot de Diaka. Jusqu'à ce point, les populations bambaras ne lui avaient pas ménagé leurs marques de sympathie ; mais à partir de Diafarabé elle entrait en pays inconnu, et en même temps dans les États de Tidiani, le chef du Macina.

Ce neveu d'El-Hadj-Omar, l'ancien adversaire du général Faidherbe, partage les méfiances des Toucouleurs à notre endroit. 11 opprime ses sujets et craint que notre arrivée au milieu d'eux ne donne le signal de la révolte parmi les Peuls et les Bambaras, conquis autrefois par son oncle Omar.

Le 17 juillet, on jetait l'ancre devant Mopti. Les Peuls qui habitaient ce village voulaient monter à bord, mais les Toucouleurs les en empêchèrent. Il fallut attendre l'avis de Tidiani, lequel avis n'arriva que le 21 , invitant le chef de la mission à se rendre à Bandiagara. M. Caron n'hésita point, et, laissant le commandement de la canonnière au sous-lieutenant Lefort, il prit, avec le docteur Jouenne et une petite escorte, la route de la résidence du chef toucouleur. Il y arriva le 24, après une route des plus pénibles, faite entièrement au soleil et en dehors des villages habités.

L'accueil de Tidiani fut en tout semblable à celui que son parent Ahraadou avait fait jadis à Galliéni. Il pourvut abondamment à la subsistance de nos compatriotes, mais il les fit surveiller de près et les tint, pour ainsi dire, au secret dans les cases qui leur servaient d'habitation. Il voulut bien admettre les ouvertures que fit le commandant Caron pour établir avec lui des relations de commerce; mais il mettait de telles entraves aux opérations de nos commerçants et traitants que celles-ci devenaient absolument impossibles. M. Caron n'insista pas davantage, mais il se heurta alors à la mauvaise volonté, à l'hostilité même des Toucouleurs, qui voulaient l'empêcher de continuer sa route sur Tombouctou. Son attitude énergique imposa à Tidiani, et, le 31 juillet, il reprit la route de Mopti, plein d'appréhensions sur les suites de son voyage.

Bandiagara est, dans le Macina, le centre le plus important du fanatisme musulman. La ville ressemble à un vaste couvent , où l'on n'entend que les cris de muezzin et où l'on ne voit que des gens en prière. Pure hypocrisie, car les Toucouleurs, sous ces dehors austères, ne sont rien moins que rigides dans leurs mœurs.

On se remit en route, le 6 août, avec l'intention de regagner Diafarabé et de descendre ensuite sur Tombouctou par le marigot de Diaka; mais le courant était tellement violent, qu'il fallut renoncer à prendre cet itinéraire et se diriger vers le nord par la route qu'avait parcourue en 1828 René Caillié. Les bords du fleuve étaient inhabités, tous les villages s'étant retirés vers l'intérieur. Cette circonstance enlevait au chef de l'expédition toute préoccupation au sujet de l'hostilité des habitants, mais le gênait considérablement pour ses approvisionnements de combustible.

Le 9 août, la canonnière entrait dans le lac Dibbie , en aval duquel le Niger prend le nom de Issa-Baro. Les rives de ce dernier sont garnies de villages populeux, surtout sur la rive droite. Pour éviter tout acte d'hostilité, on mouillait toujours à l'écart des centres habités. Tidiani avait d'ailleurs donné partout le mot d'ordre, et nulle part les Toucouleurs ne souffrirent que les Peuls et les Bambaras, écoutant les paroles de paix et d'amitié que leur adressaient les Français, se rendissent à bord.

Le 15 août, la canonnière était parvenue au point de rencontre des deux branches du Niger et pénétrait dans l'Issa-Bara. Elle avait quitté les États de Tidiani.

Un indigène consentit à aller porter à Rhiaia, chef de Tombouctou, la nouvelle de l'arrivée de la canonnière et l'assurance de nos intentions pacifiques. Le Niger arrivait dans les eaux de Tombouctou , mais la hauteur insuffisante du fleuve le força à prendre le mouillage de Koriumé, où se trouve l'entrée du petit canal artificiel menant à Kabara et à Tombouctou. L'eau n'arrive guère à Kabara que vers la fin de septembre. Dans les grandes crues, les pirogues peuvent monter jusqu'à Tombouctou, d'où la canonnière se trouvait d'ailleurs à quelques kilomètres à peine.

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L'anarchie était grande alors au pays de Tombouctou. L'ancienne djemmaa ou association des marchands n'existait plus depuis deux ans. Rhiaia, le chef actuel, soutenu par les Touareg, l'avait chassée et s'était mis seul à sa place.

Il était aisé de prévoir que l'accueil fait à la canonnière serait peu hospitalier. Elle excita d'abord la plus grande surprise chez tous. Les campements touareg des bords du fleuve s'éloignèrent, et Rhiaia se borna à envoyer prendre la lettre que le colonel Galliéni adressait à la djemmaa, au nom du gouvernement français.

En attendant la réponse , le commandant Caron prit toutes les précautions nécessaires pour éditer un guet-apens.

La canonnière n'eut avec la terre que les communications indispensables ; tout le monde veillait à bord. Se rappelant la perfidie bien connue des Touareg, M. Caron refusa d'envoyer qui que ce fût dans l'intérieur, tant que ceux-ci n'auraient pas laissé à bord en otage un de leurs principaux notables, ce qu'ils ne voulurent pas faire.

On voyait d'ailleurs dans la plaine de nombreux détachements de Touareg armés de lances; le village de Koriumé se remplissait de gens à cheval et à chameau. Des captifs, conduisant des ânes, stationnaient au bord du fleuve, semblant attendre quelque événement. Tout cela n'indiquait pas des dispositions bienveillantes de la part des indigènes.

Le commandant fut bientôt fixé par les renseignements que lui apporta un Marocain, avec la réponse de Rhiaia à la lettre qui lui avait été adressée. Rhiaia, à l'instigation des Maures commerçants, prétendait que son pays n'était pas libre et que les Français n'avaient rien à y faire. Fait curieux, sa lettre ne portait aucun cachet, ce qui est bien rare pour les lettres envoyées par les chefs indigènes.

Des pourparlers directs, entamés avec Liouarlish, le chef touareg, n'eurent pas plus de succès.

M. Caron reprit donc la route du retour, emportant avec lui une ample moisson de renseignements sur le pays de Tombouctou et des données certaines sur la meilleure manière de nous ouvrir ces régions nouvelles. Il s'était conformé aux instructions du colonel et avait su ne pas se départir de la ligne de conduite pacifique qu'il lui avait tracée, et qui était la meilleure réponse aux excitations hostiles des Maures et des agents de Tidiani.

Des résultats importants étaient obtenus : une canonnière aux couleurs françaises, méprisant les obstacles semés sur sa route, a parcouru le Niger, portant à tous les paroles de paix et d'amitié que nous adressons aux populations; elle a mouillé à quelques kilomètres de Tombouctou, a affirmé sa présence, a observé et vu ce qu'elle désirait voir, puis est rentrée tranquillement à son point de départ, le 6 octobre, sans autres difficultés que celles suscitées par les éléments, le manque de combustible, etc.

Dès lors, la voie de Tombouctou était connup. Bientôt après put lieu

une seconde expédition des canonnières le Niger et le Mage sous les ordres du lieutenant Jaime (1890).

Mais avant de reprendre le récit d'autres expéditions, il est nécessaire d'établir la situation géographique et administrative de la contrée en l'année 1890.

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