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DE LA CAVALERIE

Elle se compose de 53 régimens, dont 50 sont en France et S Afrique, répartis par armes, comme il suit :

Carabiniers 21 i . ^ ,

Cuirassiers jO r*^^^™ ^« '*«^-

Land^re* ['///,'/.'.'//. ^j Cavalerie de ligne.

Chasseurs U\

Hussards 6 [ Cavalerie légère. .

Ciiasseurs d'Afrique 3)

**53 Régimens.

* Depnlf 1B38, on a Cail passer dans l'arme des lanciers deux régimens d^ chasseurs.

" La Prusse compte 38 régimens de cavalerie à 10 escAdro^-.

Nous ne nous occupons que de la cavalerie qui est stationnée en France ; les 3 régimens de chasseurs d'Afrique devant être longtemps encore nécessaires dans la régence, si toutefois on la conserve.

D'après notre système, il est indispensable d'augmenter cette arme de 6 régimens au moins, savoir :

2 régimens de grenadiers à cheval cuirassés, 2 régimens de cuirassiers, 2 régimens de lanciers, ou chasseurs/

Ce qui portera la cavalerie, en France, à 56 régimens, dont 16 régimens de réser>'e formant k divisions.

20 de cavalerie do ligne ). ^^,

20 de cavalerie légère ]formant20bngades.

légèi

Chacune de ces brigades, avec 2 batteries d'artillerie légère et 1 bataillon de tirailleurs, serait attachée à un des 20 corps d'armée.

Les 2 régimens de grenadiers à cheval porteraient le casque au lieu du bonnet à poil , cette dernière coiffure étant plutôt un objet de parade qu'un équipement utile; en outre, le bonnet i poil est lourd, incommode et gène extrêmement les mouvemens du cavalier, qu'il garantit assez mal des coups de sabre. Ils formeraient avec les 2 régimens de carabiniers la deuxième division de cavalerie de réserve, à laquelle seraient attachées 2 batteries d'artillerie de réserve, composées chacune de 6 pièces de 12 et de 2 obusiers de six pouces.

La première division serait formée de 4 régimens de gendarmes, forts chacun de 750 hommes. A cet effet, les k inspecteurs-généraux de gendarmerie (seule arme pour laquelle il soit nécessaire d'avoir des inspecteurs-généraux ) établiraient, dès cette année, la composition de ces k régimens ; ils choisiraient dans les brigades les gendarmes non mariés , les plus jeunes et les plus en état, de faire la guerre ; ils désigneraient également des sous— officiers et officiers pour les commander et les organiseraient en sections, com-^ pagnies et escadrons. Les gendarmes et officiers qui feraient partie de ces régimens, porteraient toujours le casque et la cuirasse.

Il y a en France (budget, page 558) 10,483 gendarmes à cheval; sur ce nombre, en cas de guerre, on pourrait facilement en prâe— ver 3,000 pour former ces k régimens.

Un double des livres matricules sur lesquels s'opéreraient lea

• Voir la noie ci-conlre.

mutations annuelles de ces corps, serait déposé au ministère de h guerre.

A cette division de cavalerie seraient attachées deux batteries d'artillerie de réserve ; de plus le général de division, les 2 généraux de brigade et les k colonels qui devraient commander ces régiihons, seraient toujours chargés de les passer en revue.

Les 12 régimens de cuirassiers formeraient les 3 dernières, divisions de la cavalerie de réserve.

Ainsi, la France aurait 20 régimens, 10 brigades et 6 divisions de cavalerie de réser^'e, appuyés de 10 batteries de réserve, et pourrait au besoin réunir dans les plaines du Palatinat, de la Champagne et de la Belgique 22,000 cavaliers d* élite, qui, à eux seuls, dans une grande bataille, décideraient souvent du sort de la campagne. Le gouvernement exécutera cette organisation, s*il veuthiea se rappeler que Temperour a dû ses plus grands triomphes i ces hommes de fer. C'était ces magniûques régimens de cavalerie qu*il se faisait gloire de présentera Alexandre dans Tentrevue d*£rfurt; c'était eux aussi qui avaient inspiré tant de terreur auxRusaes, depuis qu'ils avaient écrasé la garde impériale à AusterUtz.

En temps de paix, comme en temps de guerre, ces corps seraient réunis en brigades, en divisions, et commandés par dea nu* réchaux de camp et des lieutenans-généraux.

Un escadron de chaque régiment serait armé de lancea , ainsi que l'ont déjà demandé plusieurs généraux de cavalerie » et que cela se pratique en Russie où le premier rang de cuirassiers est pourvu de cette arme.

II serait à désirer sans doute que la France pût former et eatretenir une cavalerie proportionnée , d'après les règles de l'art, i ses masses d'infanterie. Mais comme ses ressources naturelles ne le permettent pas, elle doit chercher à compenser ce défaut ou ce manque de puissance par la bonne organisation et la qualité de sa cavalerie, par la formation de bataillons de troupes légères, de tirailleurs adroits et de corps francs.

Si les prêcheurs d'économie quand même ne nous faisaient pas plus de i>curquo les Cosaks, nous aurions proposé encore la création de 12 régimens de cavalerie légère, pour remplacer les dragons et pouvoir organiser aussi les 12 régimens de cette arme en 3 divisions do cavalerie, indépendantes des 20 corps d'armée, avec

2 batteries de réserve à chaque division. L'arme des dragons, telle qu elle est conçue en France, est en quelque sorte de rinfanterieà cheval ; car le dragon est armé d*un fusil de fantassin et doit savoir manœuvrer à pied comme à cheval. Or, dans combien de circonstances, de pareils corps conduits habilement ne rendraient-ils pas des services immenses et souvent décisifs, soit en tournant rapidement r ennemi, soit en allant occuper des passages, des défilés, etc., etc.

Mais il faut abandonner, malgré les plus vifs regrets, cette augmentation si considérable de nos forces qui serait rejetée suivant toute apparence, et reprendre l'examen de Torganisation de la cavalerie telle qu elle existe aujourd'hui; cependant, il eût été digne d'un grand peuple, digne de la France de juillet, do répondre à la revue de Wosnesensk par la revue au Champ-de-Mars, d'une cavalerie de réserve de 5 divisions de cuirassiers et de 3 divisions de dragons appuyées de 16 batteries de réserve I... et si, comme cela est certain, l'empereur Nicolas a dit à l'archiduc d'Autriche* : Voila une armée au service de quiconque voudra faire la GUERRE A LA France ; OU pourrait lui répliquer : a Nous en avons » une qui ne craindrait pas de se mesurer avec elle. »

Poursuivons notre exposition :

Les tacticiens posent en principe que la proportion de la cavalerie doit varier entre le quart et le sixième de l'infanterie ; c'est beaucoup si, en France, elle pourra s'élever au huitième.

La Russie a donc sur les autres puissances des avantages incalculables, non seulement pour la défense do son territoire, par les nuées de cosaks et de troupes légères nationales qu'elle peut lever, mais encore pour ses attaques au dehors, par les cosaks réguliers et la cavalerie de ligne et do réserve ** qu'elle peut porter en avant.

Or, comme il n'y aura plus de grande guerre en Europe que par les excitations de cette puissance , ou plus de grande collision dans. laquelle elle ne veuille intervenir. Il faut se préparer à la combattre.

* Il a mcrue ajoulé et ce (ait est eiacl : « MeUernich esl un lâche, il D*oêer«

• jamais se mcUre à la léte d'une croisade contre la France. •

" Voir les <l<^tails sur la revue de la cavalerie de réserve à Woznesensk, en îtcpl. 1817. pl la comp<)Sition de retlc cavalerie à l'arUcle de la Hume, Ut. I".

— Ui —

Frédéric-le^rand avait poussé la préToyance plus loin ; il avait établi le rapport entre son infanterie et sa cavalerie de 1 à 4 eo se fondant sur ce principe :

« La supériorité en cavalerie, si elle ne donne la yictoire, peut » seule la rendre complète.»

D'après les théoriciens et les hommes les plus distingués, les idées de tactique de cavalerie se résument ainsi :

« 1° L'organisation, en corps de cavalerie, de masses de cavilerie B réunies.

» 2"" Leur emploi, au moyen de colonnes de manœutres, i desat- » taques successives.

<K S*" Attaques en masse et par surprise.

a Le manque de cavalerie affaiblit, dans une armée, le principe D du mouvement, interdit toute tentative hardie et oblige de cob- » duire les opérations avec plus de lenteur et de prudence ; sans » cavalerie une victoire est rarement décisive et plus rarementen- » core peut-on en retirer quelque fruit; sans cavalerie le service s de sûreté et de garde d'une armée est en souffrance et rensemUe A prend un caractère d'inquiétude et d'incertitude.

» Napoléon perdit l'initiative d'action dés que la supériorité en » cavalerie eut passé de lui à ses adversaires. Açetégar4» ilsTei- A primait clairement à Saint-Hélène,

» Les victoires de Lutzen et de Bautzen dlas-mémes qu'il gsgpa » par sa supériorité en infanterie et en artillerie, ne lui valureol » aucun trophée , n'amenèrent aucun résultat décisif. A la bataille » de Lutzen, Napoléon avait liS^O,000 honunes d'inbnterie et à » peine 5,000 chevaux. Si, selon la proportion la plus raisonnable » entre les différentes armes, il avait eu les 30,000 honmiesdeca- » Valérie qui lui manquaient, combien ne se seraient pas accrues » pour lui les chances de la victoire? et ne peut-on se demander » si, en admettant qu'il ait eu 30,000 chevaux de plus à cette bt- » taille, sa destinée n'eût pas été toute différentel...»

Par ces motib, nous demandons qu'en temps de guerre, les 16 régimens de cavalerie de réserve soient portés à 1,200 hommes chacun, soit 19,200

Que les kO régimens de cavalerie de ligne et légère soient élevés chacun, en temps de guerre, i 1,500 honunes, soit. 60,000

A reporter 79,200

Report •/9,i00

Et que les k régimeiis de gendarmerie restent portés à 5 escadrons et 763 hommes seulement, afin de ne pas trop affaiblir le corps de la gendarmerie dans les départemens 3,000

Total, 82,200 hommes de cavalerie pour 560,000 honunes d*infanterie, le septième environ. (Voir les tableaux placés A la suite de Torganisation des corps d'armée.)

Nous ferons observer que, d* après notre plan, les 20 régimens de chasseurs et de hussards devraient donner chacun une demicompagnie en vieux et habiles cavaliers, pour former le noyau de la cavalerie des corps francs, lorsqu*on les organiserait.

En résumé, nous proposons pour la cavalerie Torganiflalion, en temps de paix, de k régimens de gendarmes cuirassés et la formation de 6 régimens nouveaux qui, à raison de 762 cavaliers, forme» raient 4^,572 hommes.

D* après le budget de 1838, un caralier coûte annuellement 928 fr . ; c*est donc un supplément de dépenses de 4,242,816 fr. que nous proposons. Afin de ne pas surcharger de cette somme le budget d'un seul exercice, on pourrait effectuer cette augmentation de forces dans Tespace de deux ou trois années.

Comme on ne saurait trop ménager de bons soldats et surtout des hommes d* élite si difficiles A former et A remplacer, nous devons indiquer le moyen d*éviter des pertes nombreuses A Tannée.

On a remarqué que, dans la cavalerie, les trois quarts des bles^ sures provenaient de coups de sabre sur les bras ; c*est pourquoi nous demanderons qu'une chaînette en acier noir trempé garnisse la manche de 1* habit du cavalier, depuis le haut de l'épaule jusqu'au poignet ; on pourrait encore placer une pareille chatnetle sur la lisière extérieure du pantalon et adopter cette précaution pour toute la cavalerie.

Il serait également avantageux que les jugulaires des casques el des schakos fussent tûtes en chatnettesd' acier trempé. Le pourtour des schakos des chasseurs et des hussards, ainsi que celui derinbntcrie, iraient aussi garnis d'un cercle d'acier.

- recette dépense sera très faible, car F acier ordinaire^ vif et résistant ne coûte pas, aujourd'hui, plus de 150 fr. les 100 kil., soit 15 sous la livre; avec une livre, on ferait bien des chaînettes, et au moyen d'une dépense de 15 ou 20 sous, on épargnerait des blessures qui coûtent bien cher à guérir dans les hôpitaux ; avec ce léger sacrifice enfin, on conserverait dans les rangs un bon soldat de plus.

Notre prévision irait plus loin encore: elle s'étendrait au rheyal, animal si brave, si utile et si difficile à remplacer eo temps de guerre, même à grand prix d'argent. Le haut de la bride sur la tète serait couvert d'une chaînette, le devant du front et de la poitrine le serait également par de grandes plaques d'acier bronzé au lieu des plaques de cuivre en usage aujourd'hui.

Que le brillant cède à l'utile.

Si nous insistons pour (pie les 20 nouveaux bataillons de chasseurs dont nous avons demandé la formation, soient armés de carabine se chargeant par la culasse à plus forte raison insisteronsnous pour que les dragons et les autres régimens de cavalerie reçoivent de pareilles armes.

Voici nos motifs :

Il est fort difllcile à un homme i cheval de charger un mousqueton ou un fusil d'ancien modèle, de le passer à gauche, de le bourrer, de l'amorcer ; souvent , par le mouvement du cheval, ou la faute de l'homme, la cartouche n'atteint pas ou ne reste pas au fond du canon, et l'arme éclate.

Avec une carabine se chargeant par la culasse, on érite d'abord ces inconvénicns; ensuite, cette arme est bien plus commode et bien plus sûre pour la cavalerie ; ici , l'on ne pourrait reprocher la facilité et la rapidité de la charge, puisqu'elle sera d'un avantage incontesté. Du reste*, nous allons donner une raison qui nous parait déterminante.

Quand l'Autriche, la lente et lourde Autriche nous a précédés dans cette amélioration , quand fouie sa cavalerie a dee arme9 qui m chargent par la c%ila$ee, la France peut-elle rester en arrière?...

- U7 — ARTICLE QUATRIÈME

DE L*AKTILLERl£.

La réputation de nos deux corps sa vans, T artillerie et le génie, est tellement bien établie en Europe, que nous nous permettrons fort peu d'observations à leur sujet. Pourtant, nous avouerons que nous ne pouvons concevoir pourquoi ces deux armes ne sont pas réunies enunc^eu^, ainsi que Ton t demandé souvent plusieurs généraux dont quelques uns sortaient de F un de ces corps. En effet, les jeunes gens, à leur début dans la carrière, reçoivent la même instruction à l'Ecole Polytechnique ; adnfiis ensuite à l'École d'application de Metz, ils se trouvent suivTe encore les mêmes cours et les mêmes travaux. Ce n'est donc qu'après avoir passé quatre ou cinq ans sous les mémos professeurs qu'une fois admis dans les rangs de l'armée , ils doivent se séparer et poursuivre leur carrière dans des corps différens. Si un officier d'artillerie doit connaître la construction des ouvrages de défense et de campagne, un officier du génie ne doit-il pas aussi connaître la construction d'une batterie et surtout la portée et la justesse du tir? Dans un siège, les deux armes opèrent ensemble ; souvent même ce travail commun, au lieu d'exciter l'émulation , introduit, entre les deux corps, des germes de rivalité qui nuisent au bien du service.

Le génie a son arsenal particulier qui forme, pour ainsi dire , double emploi avec celui de l'artillerie. Le bataillon de pontonniers est attaché au corps de l'artillerie. Il semblerait pourtant que le soin d'assurer le passage des rivières dût appartenir plutôt à Farme du génie qu'à celle de l'artillerie. Si l'artillerie a ses com|Nignie8 d'ouvriers et du train des parcs, le génie possède de son côté deux compagnies du train et une compagnie d'ouvriers, etc.

Par la séparation des deux armes, il y a donc augmentation de dépenses, superfétation de magasins, de trains et souvent désaccord nuisible au service de l'armée ; cette séparation nécessite en outre deux comités et deux grands étatfr-majors, au lieu d'un seul.

Toutefois, ces considérations n'ayant i)as décidé Napoléoo A changer cot état de choëes, il faut penser qu'il présent» piuf d'avantages (pie d'inconvéniens.

L'organisation des régimens d'artillerie est trop parfaite aujourd'hui pour que nous ayons quelques observations i foire sur lé personnel; mais il n en est pas de même sur le matériel.

Les ik régimens forment ensemble 129 batteries à pied et 32 batteries à cheval. Nous désirons qu'outre les batteries de montagne, de siège, de réserve et de fusées à la congrève, les batteries de campagne soient portées en temps de guerre i 200, savoir : 160 à pied et hO à cheval. Cette augmentation est proportionnée à cell« de l'armée en général. Les compagnies d'ouvriers et celles du tcain des parcs recevraient également des augmentations proportionnelles en temps de guerre.

Quand l'armée firançaise sera organisée avec ses réserves de guerre et celle do la garde nationale, soit d'après le système que nous proposons humblement, soit d'après tout autre qui paraîtra meilleur ; quand on aura enfîn arrêté un plan général de fortifications à élever et à joindre à celles qui existent , il faudra bien alors songer aux moyens d'armer les masses, de défendre les places ; il faudra bien ensuite pourvoir à tous les approvisionnemens nécessaires. Cette partie essentielle de la défense d'un peuple est toujours abandonnée ; en France, aucun gouvernement, même dans les circonstancesdi(ficiles,n'a songé à la compléter, soit par né^Ugeoce, soit par imprévoyance, soit par défaut de temps et de ressources. Pourquoi donc ne pas s'y prendre long-temps à l'avance et ne pas préparer lentement en temps de paix tout ce qui, dans le matériel et les approvisionnemens, peut se conserver facilement , tout ce qu'il est diflicile d'obtenir et de transporter en temps de guerre.

Cet objet important de la défense du pays sera traité plus amplement à l'article 2 du chapitre Y, concernant les approvisionne^ mens des arsenaux et des places.

Pour plus de garantie , nous demanderons qu'outre les comptes particuliers que remettront annuellement les directeurs d'arsenaux et les gardes-magasins, le ministre de la guerre soumette aux chambres un compte d'ensemble présentant, d'une part, Tétat des magasins et des arsenaux, comparativement aux quantitées filées par une loi pour les approvisionnemens, et, de l'autre, les mouvomens qui se sont opérés dans ces arsenaux, par entrées et sorties, pendant le cours de Tannée expirée.

Les com)|)tes rendus par MM. les ministres sont très régtilielrs, mais ils ne suffisent pas. Cette insuffisance sera démontrée au chapitre V et à la fin du livre 3*.

Tant que cet ordre ne sera pas suivi et ponctuellement exécuté y les chambres ne pourront juger avec pleine connaissance de cause les budgets, les comptes et les dépenses du ministère de la guerre ; ce ne sera qu'après avoir reçu Ces documens qu*elle8 pourront empêcher un ministre de favoriser certains fournisseurs et de dépenser, sans aucune nécessité, des sommes considérables pour encombrer les arsenaux d'armes inutiles * et de projectiles qui s'oxident et se perdent en temps de paix ** ; approvisionnemens d'autant moins nécessaires qu'en peu de mois les forges de la France sont en état de les compléter suffisamment. Le suppléa ment au Moniteur du k mai 1836, p. 10, prouve qu'en 1833 le budget de la guerre a été dépassé sur ce chapitre de 594,000 fr.

(( Dans la même année, ce ministère a commandé aux manu- » factures royales 59,000 fusils de moins que la quantité autorisée » par la loi, au prix de 28 fr., pour dépenser 1,330,000 fr. au-delà ft des 4.,064,000 accordés par le budget, en achat d'armes fournies D par des compagnies au prix de 32 à 35 fr. l'une, o

* Voir la discussion qui s'est élevée k la chambre des députés en 1837 au sujet des sabres-poignards.

Outre 116,000 sabres distribués à l'infanterie, Il y avait dans lesarsenaui, au 31 décembre 1835, 983,422 sabres de troupes à pied (sans doute de sabres-poignards) de la valeur énorme de 7,867,000 tr. C'est donc prés de 8 millions dépensés pour encombrer les arsenaui d'armes inutiles et mauvaises; millions qu'on aurait pu employer si utilement en achats de fusils ou en reprise du matériel des lits militaires qui coûte par an 4,&0],000 tr. de location.

Et les chambres ont toléré une pareille prodigalité de la fortune publique ! cet abus de pouvoir, de la part du ministre qui Ta ordonné, prouverait, à lui seul, la nécessité de fixer par une loi les quantités exactes d'armes de toutes sortes , de munitions et d'approvislonnemens qui doivent garnir nos places et nos arsenaux, d'après les propositions qui seraient faites aux chambres par le gouvernement, [f^oir la note, p. 463.)

** La France possède (en somme ronde) 14,000 pièces d'artillerie et 7,770,000 projectiles, soit 550 coups par pièce. La valeur de cet approvisionnement est portée, dans le compte rendu par le ministère de la guerre pour 1835, à 24,335,000 f. Par les raisons que nous avons déduites plus haut, il est trop considérable , si ce n'est de moitié, au moins d'un grand tiers , soit 8 millions.

Voilà donc , sur cet article et celui des sabres-poignards, 16 millions à peu près qui auraient pu être employés é des approvisionnemens d'objets indispensables et qui manquent à nos arsenaux.

C'est d'après ces bases que nous allons eiaminer pluMcurs objets d*approTisionDeinent comme :

§ 1. Les bouches à feu ; § 2. Les fusils de munition et carabines ; S 3. Les poudres et salpêtres ; § k. Les armes blanches ; § 5. Les bois de service , blindages, etc. ; § 6. Les métaux , projectiles , affûts , caissons , etc. , etc. ; Le S 7 sera relatif au corps de pontonniers.

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