‹ La France depuis 1830Chapitre 107 sur 156 · BOUCHES A FEU · texte numérisé non relu

BOUCHES A FEU

Elles doivent être divisées en deux classes :

V L'artillerie de campagne ;

2^ L'artillerie de position ou de siège.

Le nombre et le classement de ces pièces une fois fixé, il restera à savoir s'il n'y aurait pas une grande économie i obtenir sur celte partie de notre matériel.

Pour nous, la question n'est pas douteuse, et quoi qo'il nous en coûte de nous trouver encore en opposition avec le comité d'artillerie, nous n'en devons pas moins soutenir notre opinion, et surtout développer les motifs qui l'ont fixée.

On évalue à une somme de 40 millions environ la valeur de Tarmcmcnt des places fortes et postes de la France; cechiflTren'est aussi élevé que parce que nos bouches à feu sont presque toutes en bronze. Il serait possible cependant do le réduire de 25 millions^ sî l'on voulait diviser ce matériel en deux classes.

L'artillerie de campagne qui serait toute en bronze , et dout la valeur peut s'élever environ au quart de celle du matériel d*artillerie.

L'artillerie de position et de siège qui serait toute enfer, et dont la valeur actuelle est d'environ 30 millions.*

* On lit dans les comptes rendus en f S37 par les ministres, poar rannée 1835, à )*arlicle des Comptes maiièreg du mimil^ de la guerre , p. 54, qu'an Zt

Uoe pièce de 3i en fer , du poids de S,500 kil. » à 55 fr. lei 100 kil. , revient i , . . 1,375 fr. » c.

Une pièce de 2^ en bronze, du poids de 2,800 kil. environ , i 262 fr. 80 c. les 100 kil. , revient , pour la matière seulement »

à . 7,358 fr. 40 o. \

Pour la façon , prii de ( 8,258 40

rentrepreneiir 900 n )

D*où suit une économie , par pièce , de. . . 6,883 fr. 40 c. C'est-à-dire qu'avec une pièce en bronze, on aurait six pièces en

décembre 1835, nos arsenaui renfermaient , tant en ancien qu'en nouveau modèle :

3,948 canons de siège, place et cAte d'une Tal.de 21,024,870 r., par pièce 6,tS6

2,056 mortiers de 4,855,497

794 obusiers de 2,582,984

6,798 bouches i feu en brome, d'une Taleur de 28,462,851

Il 7 avait de plus, en pièces de campagne :

3,498 canons d'une valeur de 5,592,156 fr.

1,706 obusiers de 2,771,369

5,204 bouches à feu de 8,363,525

6,798 — de siège, etc. de 28,462,851

12,002 bouches à feu de 36,826,376 fr.

Comme il y avait en magasin pour 1,396,000 f. de bronze en bouches i feu hors de service , on doit croire qu'en 1836 et 1837. il a pu être fabriqué, avec les achats nouveaui de cuivre et d'éUtn, pour 3,174,000 f.

environ de pièces d'artillerie. Il e listait encore dans les arsenaui :

Modèle conservé

1,872 canons de place et rôle en fer. d'une val. de 1,978,321 f., par pièce 1,057 :i22 — obusiers, mortiers, ancien etnou*

veau modèles , d'une valeur de 380,085

14,196 bouches â feu de 39,184,782 fr.

De ces documens il résulte que le prit commun d'une bouche à feu

de siège, place et cAle. en bronze, est de 5,il6

et que celui d'une pareille bouche à feu. en fer, est de 1,057

li en résulte encore qoe chaque pièce est approvisionnée pour 550 coupa, car il 7 a dans les arsenaui 7,770,000 boulets, bombes , obus, boites à far et balles â fer pour boites.

5fai« si nous sommes riches en artillerie de campagne , nous sonmei fmt

fer; c* est-à-dire qu*on obtiendrait uoeécouoinie des 5/6", et qu tu Heu d'aroir un capital mort de 30 millions, pour les pièces de siège et de position , on le réduirait à cinq millions.

Cette différence appliquée proportionnellement i toute rartillem de siège , présenterait donc une économie de 25 millions , somme qui se double tous les quatorze ans, en capitalisant les intérêts au taux de notre dette 5 p. ^/q ; somme réellement perdue , puisque ce capital est improductif.

En conséquence , nous demandons que les pièces en bronze , de position et de siège soient vendues et échangées contre d'autres en fer. Les 25 millions provenant de cette conversion seront appliqués à des achats de fusils pour compléter rapprovisionoemeot nécessaire , ou à toute autre dépense utile.

Le comité d'artillerie s'opposera peutr-ètre à ce projet; car» depuis vingt ans , il fait des expériences , des recherches et des enquêtes qui, jusqu ici, n'ont apporté aucune modiflcation dans son système. 11 répétera des objections bien connues ; il dira que cette artillerie est difficile à transporter , que les pièces en fer se détériorent avec le temps, que, malgré les épreuves, on n'est jamak sûr de la qualité de la matière , qu'elles éclatent souvent et que » par cette raison , elles peuvent inspirer aux canonniers des craintes capables de nuire au service , etc., etc.

A cela il est facile de répondre :

La difficulté des transports ne peut entrw en ligne de compte , puisqu'une pièce en fer pèse moins qu'une pièce en bronze.

Les pièces en fonte ont sur les pièces en bronze un avantage immense , celui de résister au tir huit ou dix fois davantage.

Un lieutenant-général d* artillerie a écrit qu'au siège de Saint- Sébastien, une pièce de fonte anglaise avait tiré plus de b,000 coups sans avoir été hors de service; tandis qu'une pièce en bronze ne peut tirer communément que h à 500 coups ; après quoi , il fiiut la refondre.

D'après des expériences nouvelles , une pièce en fer peut fournir à plusieurs milliers de coups , si on a eu soin de garnir la lu-

pauvres en bouches à feu de siège, de places el de cMes, car si Kod angacate es places , si l'on fortifie Paris , Lyon , il manqaera ploaiears nllHert de bouches à feu.

Raison de plus pour en fabriquer en fer.

mière ou de faire U lentille en cuivre ; sans cette précaution , la lumière s*élargit trop.

Relativement au danger que peut faire courir aux canonnien l'éclat possible de ces bouches à feu , noua répondrons que coulées avec soin , avec des matières bien choisies , telles que la France en possède avec abondance , il n* y a pas d'explosion à redouter.

Les épreuves que la nurine fait subir i la fonte employée aux fonderies de Saint-Genrais et de Ruelle , consistent en 58 coups que Ton tire avec des canons de 8 ; les derniers chargemens sont faits i outrance ; on met dans la pièce , chargée jusqu'à la bouche, 16 livres de poudre et 13 boulets ; et pour être reçus , les canons d'épreuve coulés avec ces fontes, doivent résister i 3 ou à 4^ charges pareilles.

A ce fait nous ajouterons que toutes les pièces anglaises de marine , de place et de siège sont en fonte ;

Qu'en Suède , où le cuivre est en abondance et d'un prix peu élevé , l'artillerie de place et même celle de campagne sont en fer ;

Enfin, nous dirons que toute notre artillerie de côte et de marine est en fonte.

Or , les canonniers gardes-cétes et ceux de marine sont tout aussi français que ceux de terre ; et si les premiers bravent les dangers que le service des pièces en fer peut faire courir ( si danger il y a ) , les canonniers de terre seraient-ils plus timides ? Personne ne peut le supposer.

Il y a donc des préjugés à vaincre ou de mauvaises habitudes à réformer ; c'est ce préjugé , c'est ces habitudes que nous combattons et que la législature doit détruire.

AAM£S POaTATlVBS.

/WtYi, carabinée et mouttiwtone.

SU

Nous avons eipliqué comment, dans le cas d'une nouvelle coa* liiion, la France devrait porter son armée de terre à 750,000 soldats de ligne et à 750.000 gardes nationaux mobilisés, sans compter la garde nationale sédentaire que Ton ne saurait évaluer à

moins de 5 à 600,000 hommes. Voilà donc deux millions d'hommes qu'il faudrait équiper au besoin, et à rarmement desquels noos derons pourvoir immédiatement, si nous voulons être tespectés et peser de tout notre poids sur les destinées de l'Europe.

On calcule qu'il est nécessaire d'avoir trois fu^ls pour un sd* dat, en raison des pertes et détériorations qui surviennent pendant la guerre. A ce compte, il faudrait , pour 600,000 soldats de Farméede ligne 1,800,000 fuaOs,

Et no comptant que deux fusils seulement pour 600,000 gardes nationaux mobilisés, tl

en faudrait* . 1,900,000

Et un fiisil pour 500,000 gardes nationaux sédentaires, ci 500,000

Il faudrait donc à la France un approvisionnement constant, au minimum, de 3,500,000 fusils.

et, au maximum, de &<,500,000

Cela posé, voyons maintenant ce que nous en possédons:

Dans le budget de 1838, nous lisons, à la note qui précède le budget de l'intérieur, qu'environ 750,000 armes, d'une valeur approximative de 30 millions , ont été distribuées à la garde nationale , ci 750,000 araies.

Dans lé même document , page 509 , le ministre annonce qu'il existait dans les arsenaux ,

au 1*' janvier 1836 1,295,000

Plus, en distribution à l'armée active 300,000

Total des armes de guerre. . . . 2,3i5,000 Si l'on croit que les 750,000 fusils distribués, depuis sept ans, à la garde nationale sont encore en état de service ; ce qui nous paraît fort douteux.

Par conséquent, il manquerait pour compléter cet armement, d'après notre système , au moins 1,155,000 fusils.

ToUl. . . 3,500,000

* M. Ymbert.dans l'ouvrage que nous avons déjà cité, évalseâS miUioBs au moins le nombre des fusils nécessaires pour armer les gardes mUonalef .

Nous croyoDS donc qu'au lieu de De demaïKler i nos niauufaolures que 50,000 fusils par au, on deyrait en commander 100,000 ; avec cette quantité, on tiendra les établissemens dans une activité convenable, et il sera possible d^obtenir un rabais sur les pfrii. Si le fusil ou la carabine avec la baïonnette revient à 38 francs , ces i ,155,000 armes coûteront 38 millions, soit, pendant onieans, une somme annuelle de 3,V65,000 fr.

Le budget de 1838 porte 2,190,000 fr. pour cette dépense.

Nous avons indiqué une économie de 25 millions sur le matéiM de rartillerie ; avec cette économie, il y aura de quoi pourvoit' i l'excédant de dépenses que nous demandons, tant sur oetartiola que sur plusieurs autres.

Espérons aussi que les épreuves ordonnées par le comité d'«r- Ullerie auront obtenu d*beureux résultats , et que les fesils net* veaux seront à percussion.

Prenons â ce aDjet la libeité de représenter que l'Aiitriehe et FAngleterre possèdent chacune dans lewrs arsenaux -phit du 200,000 fusils A percussion .

En 1836 , les arsenaux renfermaient 11 millions de kilog. de poudre qui, â raison de 2 fr. 30 cent, fim, repréêmiaient un capital de 25 millions *. Aujourd'hui, cette matière revient à 1 fr. 62 c. par kilog.

A quelle quantité approximative s'est élevée la consonunation de poudre dans les années de guerre de Fempire? En raoyenne, â 870,000 kilog.; disons 100,000 kilog. par an.

Maintenant, pour combien d'années la France doit^leèire approvisionne^ de poudre, afin d'être en mesure de parer i toutes les chances? Pour 8 années, ou 8 millions de kilog.

Il y aurait donc dans les magasins de Tétat un excédant de 3

* Tnudrf df guerre en tiariU 9.3&&,000 kilog.

en manillont confectionnées 1,363,000

10,718,800 au 81 lier. 1S36 CompUi rendiff par tet Mii#if«frr< en I8^^, psfe 643/

millions de kilog., représentant , au prix actuel de 1 (r. 62 c. le kilog., la somme de ^,860,000 fr.

Quelle quantité l'administration peut-elle fabriquer annudlement avec les procédés actuels et les moyens naturels que posaôde la France, en supposant que la mer soit fermée à ses vaisseaux, et qu'elle ne puisse tirer, ni du salpêtre de l'Inde, ni du nitrate de soude d'Amérique? 2 millions de kilog., au moins.

Ces éclaircissemens ont été donnés à la chambre des députés , dans la discussion qui a eu lieu, le 5 mai 183Q, sur la réduction do droit d* entrée sur le salpêtre ramené de 52 fr. 50 ceqt. i 15, 30 et 25 fr.; mesure contre laquelle un lieutenantr-général d*artiUerie s est fortement prononcé, prétendant qu'elle compromettait b défense du pays, en ruinant l'industrie des salpêtriers indigènes, et qu'elle nous mettrait, pour )a poudre de guerre, à la discrétion dei étrangers, etc., etc.

£h bien I ces craintes, très honorables sans doute, mais sans aucun fondement, et cette persistance à nous isoler dans nos rèlfttions avec F étranger, ont coûté fort inutilement 1 million, par an, à la Franco, depuis une bien longue période d'années.

Peu do temps ( l'espace de 10 à 12 mois ] a suffi pour détruire les fausses prévisions et pour justifier complètement le gouvernement de son habile et libérale proposition.

Nous avons trop peu souvent l'occasion de le louer de ses efforts et de sa marche progressive, pour ne pas saisir avec empressement celle qui se présente aujourd'hui. *

* A cet eflTet, nous copions litléralement la note placée en tète da chapitre des poadres et salpêtres {Budget de 1838, pages 699 et 700.)

» Une question d'une haute gravité, celle de la réduction du droH d'entrée f sur le salpêtre eiotique , avait été Tobjet des délibérations de plofleafs » commissions. La loi de douanes du 5 juillet 1836 en a hâté la loluUoii, et

• par la réduction de ce droit de 52 Dr. 50 c. A 16 fr., on a été forcé d'avoir

• recours à de nouveaux moyens d'approvisionnement. Au premier aspect, f cette mesure paraissait avoir pour conséquence la suppression delà flabrica-

• tion indigène et l'obligation de recourir eiclusivement , pour les approvl-

• sionncmens de salpêtre , aui ressources toujours éventuelles du commères

• eitérieur. Il était à craindre en outre qu'après avoir sacriQé noa iniMIt

• industriels à l'avantage momentané d'obtenir de l'industrie étrangère la «matière première à meilleur marché, et avoir ainsi détruit notre propre » concurrence comme producteurs , nous ne fussions voir les prii s'élever » successivement  l'étranger et la spéculation s'emparer exclusivement du » soin de fournir à notre consommation, il devenait donc Indispensable de > rechercher immédiatement s'il étaU possible de fabriquer à moindre pris

Pour faire ressortir les avantages obtenus par ces perfectionncH mens et cette sage innovation, nous allons comparer quelques articles du budget des poudres et salpêtres pour 1838 avec ceux du budget de 1836.

Salpêtres indigéDes et fr. Diffër.

exotiques pour 1838. 1,007,000 k. à acheter, prix princip. 960,000 \ [Budget, paaelOi) ioit^i^

Salpêtres indigènes et > 862,000

exotiques pour 1836. 1,014,000 k. achetés, l,8?2,000)

{Budget, page 690.)

[Nota, En faisant la même comparaison avec 1830, la différence serait de 1,154,000 fV.)

A la vérité , il y a 7,000 k. de plus en 1836 qu'en 1838.

Poudres indigènes et ( montant

exotiques poqr 1838. 1,404,000k. à fabriquer! total du Economie.

r budget.. 2,284,000 \

Poudres indigènes et (îl^,^"n*J?î iaàtiMti

exotiquesen 1836... 1,420,000k. '«^m'M*»- jdefaSri* >8««'.«w

(caUon... 3*133,000/ (Nota, Pour 1830 l'économie seraitde 1,297,000 f,)

On a livré k la guerre en 183G 400,000 k. de poudre à 2 f. 20c.

prix. 880,000 On lui livrera en 1838. 270,000 k. de poudre à 1 f.OO c.

prix. 432,000

Economie obtenue dès la première année seulement. 0,81 c. par k. sur 1830. 0,60 c. — sur 1836.

Nous désirons que ces résultats fassent ouvrir les yeux à nos

» ainsi que quelques données le faisaient espérer. Des essais nombreux ont

• été faits simultanément par la direction du service des poudres et dans les

• ateliers des principaux fabricans de produits chimiques de la capitale ; et » les résultats presque identiques de ces essais ont prouvé la possibilité d'obte-

• nir, par des procédés autres que ceux qui sont réservée aux salpéiriert commis - » sionnis par la loi du 10 mars 1819, des salpêtres indigtnes à un prix très

• rapproché de celui des salpêtres exotiques. Une combinaison bien entendue

• dans les achats de ces deux espèces de salpêtres pour rapprovlsionDementde » 1837, jointe à des réductions de dépenses qui en ont été la conséquence, a » permis d'abaisser de 30 p- 0/0 le prix de revient des différentes espèces de

• poudres, comparaUvement au prix de 1836, ce qui produira conséquemment,

• en faveur du trésor, sur la vente des poudres de commerce, un bénéfice bien

• supérieur à celui des années précédentes : ce bénéfice pourra s'élever 4 •• 3,00'),000 de francs environ.

» La nouvelle vole dans laquelle on est entré donne l'espoir d'une améllo- » ration plus importante encore. Elle conduira A rétablir le commerce d'ei- » porta lion des poudres fhmçaises qui, ramenées A un prix égal ou même In-

• férieur, sont déjà pour quejques espèces et vont être Incessamment pour

• toutes d'une qualité supérieure à celles des poudres étrangères. »

modernes conservateurs, et décident le gouvemement à «Btrerdaos !a Yoie du progrès sous tant d'autres rapports ; eo iboUflattot, ptr exemple, les droits d'entrée sur les houilles et les siatîèreB pr»mières ; en réduisant les droits d'entrée sur les fontes, éL «b dimîiiuant les droits exorbitans qui pèsent sur la consommation du sel, etc., etc.

Ainsi, il est constaté, par Texpérience, que nous ayons obtenu des salpêtres indigènes à un prix très rapproché de celui des BalpéiRs exotiques ; que les nouveaux procédés ont amené déjà nne diminution de 30 p. o/o dans le prix de revient des poudres , et qa*ib procureront au trésor un bénéfice annuel de 3 millions sur la vente des poudres de commerce ; bénéfice qui s'augmentera enoora par le perfectionnement de la fabrication et par la Tente qui, an raison de cette circonstance , pourra se faire à l'étranger.

Mais il ne suffit pasque le trésor profite decetteamélioration, il finit que l'armée y gagne aussi en instruction , conséquemment en force.

Il est un fait certain et bien reconnu, c'est qu'en raison du prix élevé de la poudre, l'armée en brûle dix fois trop peu en temps de paix ; en revanche, elle en consomme dix fois trop en temps de guerre, cela, sans doute, par compensation et pour se dédoDunagir de la réserve imposée en temps de paix ; aussi nos soldats tirent-ils fort mal et presque toujours hors de portée.*

Nous croyons qu'il y aurait avantage et même économie i les exercer plus souvent à la cible ; le degré d'adresse qu'ils atteindraient par Texpérience serait d'un avantage incontestable, et l'économie serait dans l'habitude qu'ils contracteraient de ne tirer en campagne qu'à une distance raisonnée et calculée.

D'un autre côté, la poudre se détériore avec le temps» et puisque la poudre fabriquée actuellement est d'une qualité bien supérieure à l'ancienne, il y a moins d'inconvénîens à consonuner oelle^iy surtout quand on songe que nous avons un excédant d'approvi* sionnemens considérable.

Cependant, par des motifs d'économie fort mal entendue, on i réduit de 60 à 40 le nombre des cartouches à balle que l'on distribue par année à chaque soldat ; faute très grave, selon nous.

' K une sorUe de la gamison française de Luiemboarg en 1814 , 10,000 carlouches ont été brûlées par elle ; de son côté rennemi a fiiUà pea près la même consommation, sans qu'il y ait eu un blessé de part nt d*anlre.

C'est pourquoi nous demandons que, pour les eiercicet A feu» il soit distribué annuellement un kilog. A chaque soldat d'infaiH* lerio et du génie.

Ce qui fera pour 190,000 hommes 190,000 kil.

A chaque cavalier armé de carabine ou mousqueton, un demi kilog.

Ce qui fera pour 30,000 hommes 15,000

Aux 400,000 hommes de réserve, un quart de kilog. , soit 100,000

Et, à la garde nationale, un quart de kilog., soit pour 4.00,000 hommes 100,000

405,000 kil.

Si à ces 405,tK)0 kilog. on ajoute 05,000

pour r artillerie et la marine, la consommation de

poudre, en temps de paix, s élèvera à 500,000 kil.

qui, au prix de revient actuel, coûteront une somme de 800,000 tr.

l^ïais comme les bénéfices du monopole sur la vente de la poudre produisent déjà trois millions et en produiront, avant peu, quatre ou cinq, on doit considérer qu'après avoir formé les soldats au tir et augmenté ainsi sa force militaire, le gouvernement conservera encore un bénéfice de 3 à 4 millions.

Nous demanderons en outre que, pour la troupe de ligne, fl soit donné un prix par escadron ou bataillon, et un grand prix par régiment au plus adroit tireur. Il faut savoir encourager les hommes et exciter l'émulation par des récompenses.

ARMES BLAMCBES, S IV.

Avant 1817, la France ne fabriquait que des aciers bruts, et tirait de l'Allemagne les aciers raffinés dont elle avait besoin pouf ses arsenaux , et de l'Angleterre les atiers fondus nécessaires à ses Mi et à «on industrie. Pendant les guerres de l'empire, Faciel' fimdu valait 6 fr. la livre.

C'est en 1817 que la fabrication des aciers raflBnés a été importée eo France et qu'une manufaoture a été fondée à Saint-Etîeone. Les créateurs d'industrie ne réussissent pas toujours , el quoique Fauteur de cet établissement ait reçu la croix-d'honneur et deux médailles d'or, il n'en a pas moins été ruiné. Toutefois, cette industrie si importante devait résister à la chute de son créateur; aujourd'hui , il y a en France une quantité suffisante d'adérîes; leurs produits s'améliorent chaque jour et les prix des aciers diminuent chaque année.

L'acier raffiné est descendu i ISM) tir. les cent kilog., et Fader fondu i 200 fr. les cent kil. Ils pourront descendre plus bas encore

Nos armes blanches sont très bien fabriquées et, sous le rapport de la façon, elles sont pariaites; mais, sous celui de la matière première, il n'en est pas de même ; elles sont les plus mauTaises de l'Europe.

Il y a dix-huit mois environ que , sur le désir maniiesté par on officier supérieur d'artillerie qui reconnaissait le vice radical de nos armes blanches, un aciériste envoya à Chitellerault dea maquettes d'acier fondu pour des essais de lames de sabres. L'expérience réussit à merveille, et le ministre de la guerre écrivit au Ch bricant que si ses prix n'étaient pas trop élevés , il lui sertit envoyé des commandes. Mais le comité d'artillerie qui s*oppoaaU secrètement à cette mesure commença avec le fabricant une véritable guerre par la discussion des prix. L'aciériste qui savait bien que cette chicane n'était qu'un prétexte et que la difficulté gisait tout entière dans le désir qu'avait le comité de ne pas Cdre d'innovation, proposa en définitive pour ses aciers fondus un prix égal à celui des aciers raffinés , faisant observer toutefois que Facier fondu valait au moins un tiers en sus de Facier raffiné. Eflectivement , malgré la décision du ministre de la guerre, on ne voulut donner suite i cette fabrication qu'après de nouvdles épreuves qui, nous devons l'avouer, n'ont pas eu tout le succès qu'avaieot obtenu les premières ; en dire la cause nous est impossible ; ce que nous pouvons affirmer, c'est que Fentrepreneur de la manufaoture d'armes a fait au fabricant des commandes d'acier fondu pour les lames de sabre qu'il fournit au commerce et aux officiers; ce que nous pouvons affirmer encore avec toute sûreté, c'est que, tét ou tard , peut-être vingt ans après les autres, on se servira en France

de canon0 en fer, de fusils i percussion, de carabines se ehargeant par la culasse, et de sabres fabriqués avec de l'acier fondu, car r expérience et le temps sont en définitive plus forts que l'opiniâtreté et les habitudes de quelques hommes.

BOIS DB SBRYICB , BUIVDAGBS, PAUSSADBS, POBTBS DBS FOTBBHBS

BT DBS CHBMINS COUYBRTS.

Voilà r approvisionnement le plus difficile, le plus cher et celui qui manque constamment dans toutes les places et dans tous les pays.

Les Autrichiens eux-mêmes, tout méthodiques qu'ils sont, ont manqué de bois lors du blocus qu'ils ont subi à Luxembourg en 1795, et ont été obligés de découvrir des édifices publics pour avoir des combustibles.

Si l'on savait ce qu'il faut de corps d'arbres pour les blindage»» les portes , les palissades et autres approvisionnemens indispensables d'une place , comme Metz ou Strasbourg, on serait vraiment eflrayé de l'énorme quantité de bois qu'il est nécessaire d'abattre et de transporter ; il faut observer en outre que des bois verts se gâtent vite et sont bientôt impropres au service , tandis qu'un vieux corps d'arbre est excellent et vaut une ibis et demie un corps d'arbre vert.

Par ces motifs , nous estimons que les officiers du génie et de l'artillerie doivent dresser simultanément l'état des quantités de mètres cubes de bois qui sont nécessaires i chaque place , pour les blindages, ponts-levis, portes , arsenaux , palissades, chemins couverts, et que ces bois doivent leur être livrés chaque année, ou par le commerce ou par l'administration forestière, dans le nord ou dans l'est ; le transport seul serait i la charge du génie et de l'artillerie.

Nous n'insistons pas sur le mode que nous proposons ; peu nous importe celui qu'on adoptera, pourvu qu'on fasse l'approvisionnement.

I^rs évaluations fournies par ces deux corps savans , indiqueront

les sommes à dépenser pour effectuer ces approvisioniieiiieiift et k temps nécessaire pour les compléter.

Ces bois de service seraient placés et conservés sous dea hangars ; on s'en servirait successivement pour taire toutes les portes de poternes, de forts, do chemins couverts et les palissades qui seraient nécessaires à chaque place. Les corps d*arbres restant serviraient pour les blindages et les approvisionnemens de réserve.

Les hangars où ces bois seraient déposés auraient un double avantage : conserver ces matériaux en temps de paix et servir, au commencement d'une guerre, à recevoir les bestiaux destinés i former T approvisionnement du siège ; c'est pour n'avoir pas eu de constructions semblables qu'en novembre 1813 les bestiaux destinés à l'approvisionnement de Maycnce ont presque tous péri.

On nous répondra, sans doute, que ces approvistODoemens auront l'inconvénient d'être un capital mort ; à cela nous répliquerons que les sommes qu'ont coûté les places , le matériel et autres (dbjets, constituent aussi un capital improductif; et c*est priadpaîement parce que ces places ont coûté fort cher qu'il but savoir les armer et les approvisionner pour les bien défendre, et les empêcher do tomber dans les mains de l'ennemi.

Nous ajouterons que les palissades , si on croit nécessaire de les avoir toutes en magasin , pourront être échangées avec avantage contre des bois neufs ; quant aux corps d'arbres pour blindaget , ils rapporteraient un grand produit , car à cube égal » le coomerea donnerait toujours deux corps d'arbres , fraîchement coupés» pour obtenir un corps d'arbre séché et conservé depuis douie ou quinae ans.

MÉTAIX , PROJECTILES , AFFUTS , CAISSONS, OTC»

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