INVALIDES
La législature ayant manifesté l'intention de ramener à l^eflectif de 4,000 hommes le nombre des invalides entretenus dans l'hôtel et sa succursale, M. le ministre promet que cette opération sera opérée à la fin de 1838.
Pour 4,050 soldats et 249 officiers la dépense est portée au budget de 1838 à 2,860,000 fr.
C'est-à-dire pour chaque soldat annuellement à. . 610
Pour chaque oflicier à 1,095
Par individu : officiers et soldats compris. . . . 670
Sans doute il est bien d'encourager les vertus militaires et de prouver aux hommes qui ont prodigué leur sang pour la patrie que, dans leur vieillesse, une honorable retraite et un noble asile leur sont réservés ; mais il faudrait aussi penser que, dans les longues années de paix, c'est un devoir d'alléger les charges du trésor pubUc, tout en faisant quelque bien aux familles pauvres répandues dans les campagnes.
Par ces motifs, nous estimons que l'efTectif des invaUdes entretenus dans l'hôtel pourrait être réduit à 2,500 au plus, et que les 1 ,500 autres devraient être placés successivement dans le lieu de leur naissance avec une pension de 400 fr. ; cette mesure, favorable aux familles peu fortunées, produirait par homme une réduction de 210 fr. et pour 1 ,500 hommes une économie de 315,000 fr. Considérons encore cette mesure sous un autre aspect : avec 400 fir. un soldat retiré dans ses foyers, sous le toit paternel , sera plus riche, plus à l'aise qu'avec i ,000 fr. à Paris ; il pourra même procurer quelque aisance à sa famille. Cet exemple répandu dans 1,500 villages de France produira l'eflet le plus heureux pour le gouvernement, car il prouvera que l'état sait réronipenser généreusement les braves qui se dévouent à son servici*. Kn outre , ces hommes dispersés dans les provinces pourront y être <l«» qui^hpic utilit/» on se livrant, selon leurs forces, aux travaux des
rliam))» ou, selon leur convenance, à quelque industrie. Ainsi te canton ou la commune profitera des dépenses de leur entretien et de leur nourriture. Il faut aussi apprécier l'influence morale que les vieux soldats peuvent exercer et exercent réellement sur les gens do la campagne. Leur bon sens et leur vieille expérience seront quelquefois appelés k juger une foule do contestations qui, sans une intervention conciliatrice, iraient souvent jusqu'aux tribunaux. I.eur avis sera tort utile dans les discussions du conseil municipal, quand il s'agira d'amélioration aux ponts et aux routes. Hs feront natlre au milieu des jeunes gens, par leurs récits et leur uniforme, souvent par une glorieuse décoration , des idées militaires qu'il ne faut pas dédaigner. Ordinairement ce sont les vieux soldats qui président à l'instruction do la garde nationale rurale, et, dans les momens de danger, ils sauront la diriger et pourront rendre d'émincns services, etc.. etc.