SECONDE PÉRIODE
DKPriS LES GUERRES DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE JUSQU'AUX TRAI- TÉS DE VIENNE ET DE PARIS EN 1815.
18 février 1795. — Alliance défensive contractée entre la Grande- Bretagne et la Russie; elle ne fut appuyée d'aucun envoi de forces*.
12 septembre 1798. — Une alliance offensive et défensive est formée par les soins de l'Angleterre entre la Turquie, la Grande-Bretagne et la Russie.
* Nous ferons remarquer que le troisième pai:tage, ou plutôt raoéaotiflsemenl de la Pologne a été opéré le 24 octobre i795 par la Russie, la Pruite et rAntriche. C^ grave éfénement, en rendant la Moscotie Voisine de TAIteBiagne, renversait Tnn des plus grands obstacles élevés contre son ambition; et pourtant, cette baute Iniquité a été accomplie, un peuple tout entier a été dénationalisé, sans que le cabinet anglais ait fait la moindre remontrance. Les teries sont restés impassibles, comme à l'époque des premier et deuxième démembremens.
m âécembre i7d6. — ConcliMiOD d'un traité d'àUiaiice et dfi mcours entre la Grande-Bretagne et la Russie contre la Franee.
22 juin 1799. — Seconde coalition contre la France entre la Grande-Bretagne, les empereurs d'Autriche et de Russie, les rois deNaples, de Portugal, etc., etc.
Ces traités fiu^nt passés dans le but de chasser les Français de rSgypte, et d'obtenir delà RussieTappui de ses années en ItaKe et en Allemagne. Outre les subsides considérables donnés par le eabimian^ais à cette puissance, il lui EvraCorfou et les lies loniemies, ei installa , peur ainsi dire , la marine russe dans la Méfiterranée.
Cest d'après ces stipulations que le cabinet rosse enToyaSouwarroff en Italie, et plus tard, Korsakow en Allemagne et en Suisse, avec des armées fortes de plus de 70,000 hommes.
Un troisième corps russe com^KMé ^e 10,000 honunes fut mis à la disposition de l'Angleterre, et débarqua avec l'armée anglaise prés du Texel.
Après avoir obtenu de grands succès en Italie, Souwaroff se vit battu dans le Valais et les Grisons, et korsakow entièrement écrasé à Zurich. Tous deux se retirèrent en Russie avec moins ée 30,000 hommes.
D'un autre cété l'armée an^aise était forcée de capituler à Alkmaer, et de se rembarquer avec le corps russe de 10,000 hommes qui l'avait accompagnée.
L'Autriche , vaincue à Hohenlinden et A Marengo, avait à peine •igné la paix de LunéviUeavec laFrance, le9 février 1801, que le cabinet anglais s* empressa de renouveler son alliance avec U Ruiaie, le 17 juin 1801.
8 avril 1805. •— Traité pour une troisième coalition centra la Fraiioe entre l'Angleterre, la Russie et l'Autriche.
Gelie guerre, dont la durée a été d'environ deux mois, fut aussi hMleiiie pour la coalition que glorieuse pour la France. An bout twmmoà de campagpe» l'armée autrichienne presque toute antfèfe était prisonnière de guerre; et Napdéon gagnait la bataiHe d'Ànsteriita sur la grande armée russe forte de plus de 120,000 homnet commandés par Tempereur Alexandre. Coupée dans ses communications, cernée par Tarmée française, elle dut son salut à
l« générosité de Napoléon, qui lui permit de retourner en Russie par journées d'étapes fixées d'avance. C'était une iaute énorme de la partdeVempereur, car, en se montrant grand et généreux envers ses ennemis, il ne se battait pas à armes égales.
6 octobre 1806. — C'est à cette époque que fut formée la qua^ trième coalition contre la France entre l'Angleterre, la Russie et h Prusse.
La bataille d'Iéna livra aux armées françaises la presque totalité de la Prusse. Plus tard, les Russes se présentèrent dans la Pologne prussienne et résistèrent assez long-temps. Vaincus enfin à Friedland, ils signèrent la paix à Tilsitt. Napoléon, toujours généreux , rendit au roi de Prusse la moitié de ses états.
24 mars 1812. — Par le traité d'alliance entre la Russie et la Suède, passé à Pétersbourg le 24 mars 1812 , Rernadotte s'engage à prendre part à la guerre contre la France, sous la condition que la possession de la Norwége lui sera concédée.
1*' août 1812. — Les tories s'empressent de faire la paix avec la Russie, et le 1" août 1812, ils forment une nouvelle alliance avec elle contre la France^ en garantissant à la Suède la cession de la Norwége par le traité d'Orébo du 6 juillet 1812.
C*e8t encore au commencement de cette année que l'Angleterre oblige la Turquie à signer la paix avec les Russes.
A cet effet, une flotte anglaise force le passage des Dardanelles, s'embosse sous les murs du sérail, et contraint le sultan à signer la paix de Bucharest, et à céder â la Russie la Bessarabie et la Moldavie jusqu'au Pruth avec les forteresses de Bender, Kilia, Ismaël ; par cette mesure violente, elle met à la disposition du czar Tannée russe du Danube pour marcher contre les Français.
14 juin 1813. — Après les désastres essuyés en 1812 à Moscbw par l'armée française, une alliance offensive et défensive est conclue entre l'Angleterre, la Russie et la Prusse. Un peu plus tard; l'Autriche et la Bavière se joignent à cette cinquième coalition.
Malgré de brillantes victoires, Farmée française, vaincue à Leipzig, te retire en désordre sm* le Rhin ; là, le typhus adiève de détruire le reste de nos soldats puisés par des fiitigues trop grandes pour leur extrême jeunesse et par des misères et des privations au desmi» des forces humaines.
Enfin, en 1814, la France épuisée et désarmée, Napoléon trahi
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ei abaDdonoé, après avoir lutté glorieusement pendant trois mois, avec kOyWO hommes seulement,coDtre toutes les forces de la coalition y sont vaincus , et Paris voit les Cosaks camper dans les Champs-Elysées I
l*' mars 181^. — Toujours entraînés par leur ^haine implacable contre la France et contre la liberté , sacrifiant i cette passion insensée l'avenir et Téquilibre de l'Europe, les tories ne virent jamais qu'une chose à craindre et à combattre, Tambition et la puissance de la France épuisée et même subjuguée; en conséquence, ils signèrent, le 1*' mars 181&, le fameux traité d'alliance dit de Chaumont, entre la Grande-Bretagne, la Russie, l'Autriche et la Prusse.
30 mai 1815. — Convention signée à Zurich entre la diète, d'une part, et la Russie, la Prusse, l'Autriche et l'Angleterre de l'autre. Par ce traité, la Suisse passe implicitement sous la protection des quatre grandes puissances.
23 mars 1815. —A la nouvelle du retour de Napoléon de Ttle d'Elbe, un nouvel acte passé à Vienne entre ces quatre puissances confirme le traité de Chaumont.
20 novembre 1815. — Et, pour plus do sûreté, après la bataille de Waterloo et le traité de Paris, les mômes puissances ratifièrent, le 20 novembre 1815, les traités de Chaumont et de Vienne.
L'empereur Alexandre avait ramené en 1815 les armées russes contre la France ; elles s'élevaient à plus de 260,000 hommes, dont 120,000 pénétrèrent dans l'intérieur de ce pays ; le reste , après la journée de Waterloo, reçut ordre de faire halte sur l'Elbe.
Récapitulons sonunairement les principaux actes de ces deux périodes.
Pendant la première, de 1741 à 1763, les troupes russes , et encore en nombre peu considérable, n'avaient apparu en Prusse et dMB la Saxe seulement, qu'avec des corps de 8 à 10,000 hommes d'abord, et ensuite de 50 à 60,000 au plus.
Dans la seconde, de 1796 à 1815, leur influence s'étend, leurs masses augmentent progressivement, grâce surtout aux instances et aux subsides de l'Angleterre.
Les Russes prennent pied dans la Méditerranée par l'occupation lies lies Ioniennes.
En 17d8, 70,000 de leurs soldats se rendent en Italie et en Suisse; 10,000 autres débarquent en Hollande.
En 180^ une armée de 120,000 hommes, commandée par la czar en<personne, vient avec la garde russe au secours de TAutriche^ et se tut battre à Austerlitz.
En 1806, les armées russes arrivent trop tard au secours de laf russe ; mais 150 à 200,000 Russes combattent vivement en Pologne depuis la fin de 1806 jusqu'en 1807.
Enfin, après la destruction de Vannée française, en 1812, parles frimats de la Russie, 200,000 Moscovites pénètrent en Allemagne au commencement de 1813, et finissent par arriver à Paris le 31 mars 181<k.
Ils reviennent encore en 1815 au nombre de près de 300,000.
Telle est la progression constante de F influence moscovite en Eurq)e,dansle court espace de soixante-quinze ans,et pendant deux périodes diflérentes. Tune de vingt-deux, Fautrede dix-sept années.
Nous ne saurions trop répéter que les Russes ont été appelés par l'Angleterre dès 17i^l, qu'ils ont été soutenus et encouragés par elle dans toutes leurs conquêtes et leurs tentatives sur l'Europe et sur l'Asie.
11 nous reste à examiner si, dans la troisième période que nous avons à parcourir, ce système d'envahissement s'est modifié.
TROISIÈME PÉRIODE, De 1815 à 1833. — (18 ans.)
DEPUIS LES TRAITÉS DE 1815 JUSQU'a CELUI d'UNKIAU^SEÉLESSI,