‹ La France depuis 1830Chapitre 2 sur 156 · SONT TOUT · texte numérisé non relu

SONT TOUT

Nous voulons principal^nent qu'il ne soit plus possiUe de penser et de dire : Que deviendrait la France si nous avions le malheur de perdre tel prince ou tel gouvernement 1 Nous voulons, au contraire, que , tout en ressentant vivement la douleur de perdre l'homme qui aurait rendu à la nation des services signalés, les Français puissent s'écrier : Cette perte est grande et déplorable, sans doute , mais ce qui doit nous rassurer et nous consoler, c'est que nous possédons un grand nombre de citoyens aussi dignes ei aussi capables de nous gouverner.

Nous voulons encore que les institutions soient établies et implantées dans nos mœurs de telle sorte qu'en cas de minorité ou d'aliénation mentale du prince , le gouvernement puisse continuer à fonctionner avec la même puissance que s'il était dirigé par un roi sage, ferme et éclairé ; c'est ce que l'on voit en Angleterre dans de semblables circonstances.

Nous voulons surtout pour notre armée, base de notre sécurité let de notre indépendance , que sa discipline et son organisation soient telles qu'on ne dise plus : Les soldats français ne peuvent rien quand ils. ne sont pas commandés par des Turenne, des Villars , des Moreau , des Napoléon , etc., etc. ; il faut que , grâce à ses institutions, l'armée puisse produire dans tous les temps et dans toutes les circonstances des chefe capables et distingués.

A ce sujet nous citerons la marine d'Angleterre : supposons qu une maladie contagieuse enlève tout-à-coup ses amiraux et ses rommodores ; eh bien ! vienne une guerre , et cette marine se lancera sur les mers plus puissante et plus forte que jamais , et de

ses rangs sortiroiit eocore des Ndsoo , des lords Saint-Yinceot ,

des Rodney.

n bat qu'A en soit ainsi pour nos armées, il font qif an besoin elles paissent produire d'excdlens généraux et que ces généraux tirent d'eHes seules leur force et leur ^oire, mais jamais du hasard et des circonstances.

Notre seul but est surtout , nous le répétons , de chercher à cak* mer les passions , à éclairer les partis , à leur prouver leur impuissance; à démontrer également au gouvemem^t qu'il perd le secret de sa force quand il essaie de se jeter dans des yoies rétrogrades. Notre but, enfin, serait de hâter de tous nos efiforts le moment où tous les Français n'auront plus d'autre mobile, d'autre intérêt, d'aufare Toeu que la gloire, Findépendance , la liberté et la prospérité d'un pa^s qui tronyerait dans une pareille unanimité de sentimens tous les élémens d'une puissance incalculable.

Trq> heureux si dans notre traTafl on peut trouver quelque yérité utile à la France, à sa ^oire, à son administration et à ses finances.

Après avoir indiqué les causes qui ont dicté cet écrit, le but qu'il cherche à atteindre et l'esprit qui a présidé à sa rédaction, 8 nous reste à en tracer le plan et la divimon.

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