‹ La France depuis 1830Chapitre 28 sur 156 · FRANCE · texte numérisé non relu

FRANCE

Armée en temps de paix 310,000. .

Boaches à feu attelées.

Aimée en temps de guerre

Bouches à feu attelées.

llarécliaux ou feldmaréchaux. . . .

Gènèr. d'inf. ou de cav.

OSders généraux. .

GrfoDels ou officiers .

Entfetiens de Tarmée.

et des forteresses. .

12,000,000 d*ames.

sous les drapeaux.

de résenre de

guerre et landwehr du 1«' l>an.

dont

180,000 de réserve.

Ce grade

n*eiiste pas eu

France.

Bevenus de Tétat.

Grade de général d'armée à créer.

972 pièces ou 162 batteries

510,000 , décès déduits.

ou 2S0 batteries'

11 dont 1 à l'étranger.

228,000,000, dont 11,300,000 f.

pour le matériel du génie et 7,300,000 fr.

pour le matériel de l'artillerie.

lieateD. - |râéraux.

en 1837.

Maréch.-de-camp

en 1837.

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ARTICLE TROISIÈME

De la nollande.

Les Hollandais, soit par différcnee de mœurs et de caractère , soit par d'anciennes rivalités de commerce, n*ont jamais sympathisé avec les Français

L'invasion de la Hollande, en 1672, a encore augmenté ce sentiment d'aversion que le célèbre prince d'Orange, le plus implacable ennemi de Louis XIV , a converti, par ses guerres achaméet, en une espèce de haine héréditaire.

L'ancien statoudher, Guillaume de Nassau, si digne de tes en— cètres par son caractère obstiné et son animosité contre la France» devint on 1814, grâce aux tories, le souverain de ce pays aous le titre de roi des Pays-Bas ; la Belgique tout entière fut ani^nt^ A ses états, en échange des belles colonies hollandaises deDémenry» du Cap, de Ceylan et autres que l'Angleterre avait réunief i tes immenses domaines ; on y ajouta encore le duché de Luxemboufgt qui fait partie de la confédération du Rhin, dans un doubiebat politique combiné par les tories: d'abord, celui de donner une toîx déplus à l'Angleterre dans la diète germanique ; ensuite d*eDtntner le roi des Pays-Bas dans toutes les guerres que rAllemagiie aurait à soutenir contrôla Franco; cet état devait ètiedana le Nord ce que la Sardaigne est dans le Midi, une tète de pont jeté sur la France.

Ce qui revenait aux Pays-Bas dans les contributions énormes imposées à la France en 1815, ainsi que la majeure partie de l'indemnité de guerre donnée à T Angleterre, fut destiné A fortifier ks places de la Belgi(]uc pour, en cas de guerre, contenir les armées françaises et protéger la jonction des forces anglaises aux troupet hanovriennes et allemandes que soudoierait l'Angleterre; c'est dans ce but que les tories firent fortifier, à grands frais, Huy, Namur, Charleroi, Mons, Toumay et tant d'autres villes ; c'est aussi dans le dessein de rendre tout rapprochement impossibleentre les Paya-baset la France, qu ils firent céder, par ce dernier royaume, k la Hollande les anciennes villes françaises de PhiHppe>ille et de Harienbourg.

La construction des fortifications des places nouvelles était dirigée par l'Angleterre; chaque année le dur de Wellington venait inspec-

ter les travaux, et pour que l'Europe n'ignorât pas que le roi des Pays-Bas était un subdélégué de l'Angleterre comme un nabab de rinde, lord Wellington était généralissime dos armées belges et hollandaises et le prince d'Orange les commandait en second. Tels étaient les moyens si habilement ménagés par l'aristocratie anglaise pour tenir la France en échec dans le Nord ; mais la liberté et les peuples se sont jouéa, en 1830, de mesures si bien combinées, et en peu de jours tous ces obstacles élevés à si grands (rais ont été renverséset tournés contre leurs auteurs.

Preuve nouvelle (mais qui ne profitera pas) que dans les conseils des rois et les décisions des congrès, les intérêts et les besoins des peuples devraient être comptés pour quelque chose.

Leroi^Guillaume sachant bien que les seuls dangers qu'il avait âcraindre viendraient toujours de la France, secondait les desseins des tories de tous ses efforts ; il changea les monnaies et voulut imposer aux tribunaux et aux administrations belges le langage néertendais ; 0 essaya même d'asservir les prêtres catholiques; préoccupé de ridée de changer les codes français et de défranciser la Belgique, TobsUné monarque fit mille tentatives à peu prés semblables à celles que son allié, l'empereur Nicolas, pratique aujourd'hui en Pôlogpepour la dénationaliser. Prince libéral à sa manière, il donna mieooiiitîtution dont l'élasticité se prêtait à toutes ses volontés; ainsi, il avait voulu un budget décennal et ne faisait rendre aucun eompteaux chambres par ses ministres; système fort commode pour an prince constitutionnel; la liberté delà presse n'existait que par toléfince; point de lois pour en poser les limites et la défendre contre les envahissemens du pouvoir ; les juges étaient amovibles ; les ministres n'étaient responsables qu'envers le roi, etc., et, par une distinction outrageante pour les Belges, tous les hauts emplois étaient donnés aux Hollandais. Dans le corps du génie (waterstat), il n'y avait que deux ou trois officiers belges et encore n' occupaient-ils que des grades inférieurs.

Cest avec des moyens si impopulaires et si fragiles; c'est avec un système de gouvernement plus absolu que constitutionnel ; c*est après s* être attiré la haine violente d'une grande partie de ses peuplesy qine Guillaume de Nassau eut à supporter le contre-coup de la révolution de juillet .

L^ Belgique imita l'exemple de la France, elle brisa se^ chatnes et se sépara d'un gouveraement anli-national et oppresseur.

Si le gouvememont de juillet ne voulut pas exploiter à son profit les sympathies du nouveau royaume, en décrétant sa réunion à la France» il sut défendre T indépendance de la Belgique et faire re-^ connaître sa neutralité par TEurope.

Le traité obtenu par l'ambassadeur habile qui représentait alors la France à Londres, a donc garanti et renforcé nos frontières da Nord, situées à 55 lieues de Paris.

Au lieu d*un ennemi naturel, constant et invétéré, nous avons, pour voisins, un souverain allié qui commande à une arméo de ceiit mille hommes et un (>cuplo ami qui possède vingt boulevards, vingt places de premier rang ; et nous avons obtenu tout cela 9an$ guerre!,,. Ces résultats sont admirables 1 Tonvic aura beau se récrier, c'est un brillant succès, c*est un immense triomphe obtenu par la révolution de juillet et Thabiletéde la diplomatie française.

Maintenant les tories pourront réfléchir sur la vanité de leurs projets, et calculer ensuite si toutes les autres chaînes qu ils ont im-r posées, en 1815, à la France et à Témancipation des peuples, auront plus de force et de durée!

Toutefois, nous pouvons prédire à Tavance que si le roi Guillaume ne change pas de système, il Gnira par exciter en Hollande d'aussi grands mécontentemens qu*cn Belgique. Qu'il y prenne garde, le peuple hollandais est sage, économe, laborieux et instruit; long-temps il a été constitué en république, et de toute l'Europe,, c'est peut-être le seul qui pourrait être républicain par ses bonnes moeurs, ses idées religieuses, son esprit d'ordre et son caractère froid et réfléchi ; car là, on est républicain par nature et par principe, et non parce qu'on est mécontent ou ambitieux. Aussi pensons-noua que les Hollandais ne pourront long-temps encore consentir à s'épui— , ser en hommes et en argent pour seconder l'ambition de leur roi ;. en général, ils ne regrettent pas la possession de la Belgique, car ils. peuvent s'en passer aujourd'hui comme autrefois, et ils ressentent peu do sympathie pour les habitans de ce pays ; mais il n'en est pas de même du roi Guillaume ; jamais il ne se résignera à sanctionner la perte des deux tiers de son ancien royaume et de quatre millions de sujets; jamais il ne consentira volontairement i délaisser à un rival des palais magnifiques situés dans un pays ravissant»

t'i à renoncer à une capitale plus heureusement située, plus favoriséedu climat que les villes d'Amsterdam et de La Haye.

Mais 9 comment une population de 2,400,000 âmes trop adonnée au commerce pour être guerrière pourra-t-elle entretenir continuellement une armée de 50,000 hommes , que le roi dans ses projets contre la Belgique avait portée à 120,000! comment pourfft-t-dle supporter des charges qui coûtent annuellement au trésor 197 millions de florins, y compris 35 millions de dépenses extraordinaires pour les armées de terre et de mer , et 20 millions de dé- ^ penses locales et provinciales , quand le budget des recettes ordinaires et extraordinaires ne s'élève qu'à 72 millions avec les reoelleB communales !

Celle question des finances de la Hollande est aussi importante que compliquée ; les impôts qui pèsent sur ce riche pays sont acca- Mans y et pourtant ils sont loin de suflire à payer les intérêts de sa dette et de son administration. Aussi chaque année voit-on s'élever de nouTeaiix déficits, partant de nouveaux emprunts.*

Ces dettes ont commencé à grever le trésor hollandais dès l'époque des guerres longues et acharnées que le grand prince d'Orange a sonlenues contre Louis XIV ; et, tous les ans, elles se sont encore augmentées par les armemeiis si disproportionnés à ses ressources , que lé roi continue à entretenir contre la B4îlgique.

Le gouvernement hollandais a toujours fait un mystère de ses fioanoes ; il a cherché surtout à dissimuler par une foule d'expédiens Fétat de ses charges et le chiiïre véritable de sa dette. Le roi actuel a perfectionné ce système par T obscurité profonde dont il eordoppe les opérations du trésor et du syndicat ; ces précautions extraordinaires, dont on peut préjuger le but , portent à croire que la position financière de la Hollande n'est rien moins que favorable. Cette assertion est justifiée par les séances secrètes demandées par les ministres à la deuxième chambre, en 1837, pour lut donner des explications sur le budget et la position politique du royaume.

* Des sodscripUons onl été ouvertes les 10, 11 et 12 avril 1837 à Ainsterdaiii et dans les capitales des provinces, pour uo nouvel emprunt de 19 mllliODS de florins, hypothéqué iur Us coUmiet holiandaiset. Chaque coupon sera de 1,000 florins, et portera 5 p. 100 d'intérêts, ou donnera un escompte de h p.' 100; les premiers souscripteurs auront droit à fournir des hons de 4 p. 100 au cours de 93. (Kumit den journaux hollati*hit.)

Nous avons cherché a nous procurer des documens sur celte tuation, et après avoir surmonté une foule de difficultés, notif sommes parvenu à obtenir des renseignemens assez postlii, qui soulèveront un coin du voile épais dont on couvre les opéntionsda trésor et les comptes financiers de la Hollande.

Ainsi que nous Tavons déjà annoncé, le roi Guillaume t TouIoqiM ses ministres ne fussent responsables qu'envers lui, et ne rendiasenl de comptes qu'à lui et non [aux chambres. La constitution ordoonait qu'un budget décennal serait présenté pour les reoelteteC les dépenses ordinaires , c est-à-dire que celles-ci seraient Totéos pour dix ans.

Indépendamment de cette disposition , il y avait annueUemant un budget extraordinaire pour les charges et les dépenses impiénies.

Au mois de décembre 1829» un projet de budget ordinaire pour la seconde période décennale avait été soumis aux états-généraux; mais il fut rejeté , et les événemens de 1830 n'ayant pas pemis d'en proposer un autre ( dit le gouvernement dans son rapport), k Hollande est restée, depuis cette époque, sans budget décennal.

Ce n'est qu'en mars 1836 que les ministres ont présenté aux ét&ts-généraux quatre projets de loi pour régler ou organiser da nouveau les finances du royaume.

Deux de ces projets, (sous les lettres C et D) sont relatiti au budget décennal fixé en recettes et en déj^enses à 38,650,000 florin» des Pays-Bas , faisant 77,566,000 francs.

Il diffère des budgets précédens on ce qu'il semble présenter une réduction de 11,000,000 do Oorins environ. Mais comme ces réductions ne consistent que dans des articles qu'on s'est réservé de porter au budget extraordinaire , telle que les nouvdUs ékttaf de fétat contractées depuis 1830, le$ pemiont et la dette flottante , il est certain que les charges restent les mêmes.

Observons ici que pour rendre l'obscurité plus complète , et em- |)ècher tout contrôle , le budget extraordinaire ne sera présenté qu'en 1837.

Mais passons aux deux derniers projets de loi. L'un (celui sous la lettre B) est destiné à pourvoir, au moyen d'un subside fourni par le tréior des poêêesêiom fouire-mer, au l>aiement intégral des intérêts de la dette nationale pour 1836; c'està-dire de la dette belge , ou bien de la portion do la dette hollandais

|Mir la coniéreoce de Londres à la charge du royaume de Belgique; ellea*élè?e i 8,400,000 florins, soit 17,7n,7T7 francs.

Ces 89^)0,000 florins seront réprésentés par des obligations de 1,000 Àorinis portant 4 p. 100 dintérèU.

n iaui noter que cette somme augmentera la dette belge, lorsque le traité de la conférence de Londres aura été reconnu par le roi de Hollande.

Mais le plus curieux et le plus extraordinaire de ces projets de BiMiDces est celui désigné sous la lettre A.

D fùtid création d'une dette à la charge des possessions d'outrema^ en remboursement des dépenses faites antérieurement pour leg colonies.

Celte dette fixée à 140 millions de florins , sera hypothéquée $ur tmHUê k$ poeieuùms territoriales , et sur tous les revenus des Indes- Orimtaks « sous la gartuUie de l'état.

EDe sera divisée en actions de 1,000 florins , pour lesquelles on émettra jdes obligations portant intérêt à 4 p. 100; rémission de cm obligations (qui n*est autre chose qu un nouvel emprunt dégmsi) ne pourra avoir lieu (porte la loi] qu'en déduction des dettes de Vêtait ; en conséquence le gouvernement a oifert ces obligatlîonf de 1,000 florins à 950 florins, et, chose bien remarquable , eotto inmiense conversion ou cet énorme emprunt de 140 millions de florinSy soit 296,296,000 francs , a été rempli en peu de temps.

Ainsi» fi cela est bien digne d'attention dans Tétat où se trouve rEurope» le roi Guillaume tient à sa disposition personnelle prés 4e 900 millions de francs, qu'il emploiera en totalité ou en partie â payw les dettes de Vétat , dit le projet , ou bien à toute autre chose, 8*fl le juge convenable.

Ce n'est pas encore assez de ces deux dettes transférées aux colonies; l'article 4 du même projet dispose qu'il pourra être créé à leur charge une autre dette au capital de 55,000,000 de florins ou 116,402,000 fr. toujours en obligations de 1,000 florins et sous la garantie de l'état.

Ce capital servira a rembourser les dettes des possessions d'outremer envers le syndicatd'amortiss^nent et à rembourser à ce même syndicat les avances qu'il a faites au gouvernement pour assurer le paiement intégral des intérêts de la dette nationale. (Dette belge de 8,400,000 florins.)

Nous dirons plus loin ce que c'est que ce syndicat, trésor additionnel ou plutôt caisse noire du royaume de Hollande.

Il convient d'expliquer auparavant les motifs qui ont porté le gouvernement hollandais à créer une troisième dette à la charge de la grande colonie de Java. Ainsi on aura établi un troisième trésor royal.

i^ Celui du royaume de Hollande ;

S"* Celui du syndicat d'amortissement ;

3" Celui des colonies d* outre-mer.

Si on avait voulu porter de Tordre dans les finances du royaume, et mettre les états-généraux et les étrangers intéressés dans la dette de ce pays à portée de connaître ses ressources et ses dépenses, on aurait précisément fait le contraire, c'est-4-dire qu'au lieu de diviser les dettes et les charges en trois parties, on les eût réunies en une seule. Toutes les recettes de l'état, tous les revenus et les ressources du syndicat, tous les produits des colonies eussent été portés à un seul budget, celui des voies et moyens ; et toutes les dettes et charges de l'état, des colonies et du syndicat eussent été réunies tu budget des dépenses. Mais ce moyen si clair, si simple et si naturel ne convenait pas, parce qu'au lieu de porter les lumières sur la situation des finances hollandaises, on a besoin de masquer les déficits nombreux qui, chaque année, viennent ajouter aux charges qui écrasent ce pays.

Autrefois les Moluques et l'Ile de Javacoûtai^t plus au royaume néerlandais qu'elles ne lui rapportaient, mais aujourd'hui , graoe au nouveau système imaginé , on est parvenu i leur faire produire 12 à 15,000,000 de francs environ qu'on espère augmenter encore.

On demandera comment s'est opérée une si heureuse révolution dans les finances coloniales, et quel a été le système emf^oyé? Nous allons le dire.

C'est en Egypte que cette heureuse découverte a été faite ; c'est Méhémet-Ali qui a fourni le modèle d'exploitation que l'on a suivi à Java.

D'abord, on a commencé par soumettre complètement les naturels et leurs chefs, puis on a classé et parqué les insulaires comme des serfs et des esclaves sous les ordres absolus do leurs ancîeiis sultans placés eux-mêmes sous la dépendance et la survelllâiiee d'officiers hollandais; ceux-ci font cultiver par les indigènes sur des

espaces irè» considérables de terres domaoiales, et qu*fls agrandissent tous les jours, le riz, le café, la canne à sucre, Tindigo et autres productions des tropiques. Ces produits appartiennent aux Hollandais qui reçoivent ainsi les impôts en nature. Comme ceux-H;i ne paient rien aiix ouvriers, on peut avec raison regarder cette population comme des seris attachés à la glèbe. C'est absolument le système du pacha d'Egypte : les Javanais travaillent pour leurs maîtres comme les fellahs pour Méhémct-Ali.

Ainsi les Hollandais ont remplacé l'esclavage et le travail des nègres, autrefois si malheureux et si maltraités dans leurs colonies, par resclavage et le travail des infortunés Javanais!

C'est par cette œuvre d'humanité , de civilisation et de charité chrétienne que la Hollande est parvenue à tirer 12 à 15,000,000 de ses colonies orientales. Mais que de crimes il lui faut commettre , que de sang il lui faut répandre pour arracher de tels impôts !

Cest donc en raison de ces produits que Ton pourrait ajouter si facSementau budget des recettes du royaume, que le roi Guillaume a imagiDé l'expédient d'une troisième dette, dite coloniale , sous la garantie de la Hollande; mais comme cette troisième dette est garantie par l'état, c'est ramener les choses au même point que si elle realait directement dette hollandaise.

AÎDsi on a commencé par la charger provisoirement de :

Capital en florins. Intérêts en flor.

U0,000,000 en capital, à l'intérêt nominal de

k % (les obligations de 1,000 florins ont été données à 950 ), projet A. 5,600,000

168,000,000 En capital pour la dette nationale , projet B. 8,^00,000 55,000,000 auxquels il sera encore ajouté pour rembourser le syndicat de sesavances; obligations à (^ o/^. 2,200,000

Notons qu'on ne dit pas qui supportera la perte de 5 p. ^/q sur les obligations de 1,000 florins , livrées aux prêteurs â

960 et peut-être encore avec

ClapiUI en florins. InléréU en flor.

363,000,000 Report 16,200,000

des intérêts supplémentaires d'au moins ^/^ p. ^/q.

Mais dans cette opération fmancièrc, rien n'est claire-

ment établi, tout est dissimulé !

ToUl. 363,000,000 florins, en francs 768,253,000.

Intérêts de la dette coloniale 16,200,000 ou en francs 3!h,285,000.

Telle est la dotation donnée, pour le début, aux colonies d'outremer par le génie financier du gouvernement hollandais.

11 est certain que les colonies ne produisent pas, en revenu net, la moitié de cette somme ; on aura beau accabler la population javanaise de misère et de travail, on n*en tirera jamais 34,000,000 de francs au profit de la mère patrie , toutes les charges coloniales payées ; d'où il suit qu*il y aura un déficit annuel d'environ 17,000,000; mais comme l'administration de ces pays loiotains ne présente des comptes qu'au roi, on cachera long-temps au public le véritable état des choses ; et on aura ainsi trouvé le moyeo de diminuer, par un prestige et pour quelque temps , Fénonnité de la dette hollandaise , de cacher à l'Europe le chiflre croissant des déficits, d'abuser les états généraux et de tromper les étrangers porteurs de fonds publics hollandais.*

* I.e gouvernement hollandais répand le brait (et il doit agir ainsi) qae les produits de Java, dans la dernière année, se sont élevés de 20 A 25 millions. Nous ne le croyons pas.

ElTeclivement , quand on réfléchit n la position de la colonie de J«va,é ses ressources et aux charges énormes qu'on lui impose, on volt clairement que le gage donné aux créanciers de l'état repose sur les hases les plus fk'agiles.

Java est à 5,000 lieues de la Hollande ; sur celte ronle immense, la Néer* lande ne possède plus aucun lieu de relâche, aucun point d'appui; avant d*j aborder, ses vaisseaux doivent passer sons les feux des côtes d'Angleterre, de France, d'Espagne, des Açores, de Sainte-Hélène, du cap de Bonne-Efpèrance, de l'Ile de France, et non loin de Ceyian.

Cette grande colonie a déjà passé sous le Joug des Anglais, elle peut encore devenir leur conquête ou celle d'une grande puissance maritime. SI, pour toute autre nation que l'Angleterre, la conquête de cette Ile est difficile, do moins on ne saurait nier que l'insurrection de ses habitans ne soit une ehote fort possible. Certainement, une population que l'on a réduite aux plot durs travaux, et pour ainsi dire à l'esclavage, saurait répondre énergiquemeol à un appel de liberté que ferait une escadre ennemie apportant des armes et des troupes do débarquement.

Nous avoDf maittteoani â donner quelques explicationê sur l« syndical d'amorti«einent, trésor annexe du trésor public sous la direction immédiate du roi.

C'est une cais$e noire dont les opérations et tes comptes sont secfcto : elle ayait été dotée de valeurs diverses, entre autres de forêts domaniales qui ont été vendues et dont les acquéreurs ne pouvaient payer le prix autrement qu*en mandats ou rescriptlons du syndicat

La perle delà Belgique et l'occupation du duché de Luxembourg par les Beiges ont privé cet établissement d'une grande partie de ses

C*eil ce syndicat qui porte secours au trésor public dans ses besoins, an moyen de son crédit et des valeurs qu'il émet. AfaMi, H a prêté les 55,000,000 que l'on met à la charge des co-

BonaoB*

Ainsi, il a prêté des sommes considérables par la remise de ses eWigatlons.

De c^es à k ^/^ p. ^/q * il en reste encore en circulation pour mi ea]^ de 107,000,000.

De edies à 3 V2 P- ^/o * î' en reste pour 29,000,000.

Ainsi, sur les 5,000,000 de dette différée qui sont annuellement u» redis en dette active, le syndicat en prend 2,000,000 à sa charge.

Sur les 125,000,000 de dette différée amortie , il a retiré 30,788,000 florins.

Que signifient toutes ces opérations , tous ces reviremens, toutes ces créations de valeurs, tous ces prétendus amortissemens? Rien en réaUté. Selon nous , Ton complique la question par des manœuvres plus ou moins loyales, pour cacher à tous les yeux le triste état des finances hoUandaises et les déficits qui s'accumuledt continuellement^

Si on avait voulu agir avec franchise, on aurait porté en recette, au budget général , d'une part , tout l'actif du syndicat et, de l'autre,

* tm événemeoi lont vena§ confirmer la vérité de not asierlioDs. Le & man SS37, la deuxième chambre des élat»-généraux a tena une séance k huis clos, en présence des ministres des finances et des affaires étrangères ; elle a duré plas de quatre heores, et le ncret U plus absolu a élé imposé aux membres préscM. Les deux ministres ont donné des explications, aussi bien sar les de rétat en général et sur les projets de loi actuellement en déllbé-

au passif , tous ses ciigagemens ; car, en défiDitive , le syndicat n*agit pas pour un tiers étranger, mais pour le trésor hollandais ; ce qu*il possède appartient à l'état , comme ce qu'il doit retombe en déOnitive à la charge de F état.

Ce que nous disons du syndicat, nous Tavons dit avec la même raison pour ce qui concerne les revenus et les charges des possessions J'otUre-tner.

Mais rien ne peint mieux la politique du gouvernement et les projets du roi, que ce qu*ont dit les ministres aux états-généraux, à la fin de leur exposé des motifs de ces quatre projets de loi.

Ici nous copions littéralement des phrases qu'il est bon de commenter.

a En résumant les explications qui précèdent, on reconnaîtra » que , nonobstant la malheureuse durée des circonstances cala- » miteuses où nous continuons à nous trouver par suite de la vio- » LENCE ET DE LA FÉLONIE , uotre situatiou so consolido et s'amè- » liore do plus en plus , grâce à la bonté du Très-llaut; — - Que » r unanimité de la nation pour coiuerver, d'un commun accord D avec le gouvernement, ce qui peut seul garantir F honneur , la Ur- » berté et l'indépendance réelle d'un peuple est invariable ; — Que » l'on se trouve à même de prouver aux étrangers comme au pays » que la prospérité de nos finances est invariable ; — Que nos dé-: » penses ordinaires sont couvertes par les recettes ordinaires ; qu'il » est non seulement pourvu aux dépenses extraordinaires , mais » qu il y a même un excédant de recettes qui permet de réduire » de nouveau, pour 1837, les centimes additionnels d'une manière » assez sensible ; enfin, que nous avons la perspective de pouvoir » continuer successivement à alléger les charges du peuple.

» Tout en éprouvant , par conséquent , le désir le plus vif et le » plus sincère de voir régler notre situation politique extérieure » d'une manière équitable , nous savons néanmoins que la fermtli D du gouvernement , l'état de nos finances et nos espérances pour » l'avenir, sont autant de circonstances qui nous rendent plus tii- » dépendans de cet état d'incertitude qui marque notre situation » présente aussi bien que les événetneni futurs. En persévérant aiott » dans notre concorde et dans notre confiance, nous pourrons

raUoB, que sur les affaires politiques du pays. Plusieurs membres de la chambre doivent aussi avoir exprimé leur opinion sur les t^rojets de loi présealéa.

» jouir de notre état actuel avec un sentiment de reconnaissance, et » aller avec calme et tranquillité au devant de l'avenir, »

Crouyernemens constitutionnels , méditez ces paroles et tenezvous sur vos gardes. Il est évident, en effet, qu'on ne saurait attaquer plus ouvertement et plus énergiquement 1* origine des gouvernemens actuels de France et de Belgique.

Il parait du reste que le roi des Belges connaît bien sa position Tb-à-vis celui de la Néerlande, et que, mieux avisé que le gouvernement (rançais, il sait se mettre en mesure de résister aux tentatives de ses ennemis ; du moins, si Ton en juge d'après le projet de loi présenté à la chambre des représentans , le 11 février 1837, par le ministre de la guerre. Voici quelques phrases de son discours :

« Je vous ai dit que le peuple a toujours un ennemi en présence , » et après avoir pris connaissance de Tétat de Tarmée , je me suis » convaincu de rinsufTisance du budget de la guerre pour 1837. • Le tableau de Varmée hollandaise suffira pour vous faire parta- » ger mes convictions. — Défendue par ses boulevarts, ses rivières, » ses inondations et ses places fortes, la Hollande conservant , dans » ses cantonnemens, toute sa cavalerie et son artillerie et une partie » de son infanterie , pourrait venir immédiatement en ligne. La » HoUande a maintenu tous ses cadres ; outre son attitude mena- » Cante , le langage récent des ministres , au sein des états-géné- » raux, doit nous faire voir que leurs vues sont hostiles au pays, etc.»

De tout cela que faut-il conclure? Que Guillaume dit tout haut ce qae ses alliés du Notd pensent tout bas.

Pour compléter les tableaux que nous voulons donner sur Tétat des fnances néerlandaises , nous allons présenter l'état de ses dettes en 1836.

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