ARTICLE SEPTIÈME
De la Sardalsn®*
Un prince qui, en 1821, se fit révolutionnaire et voulut donner une constitution au Piémont ; un prince qui conçut un moment le projet magnanime d'affranchir rilalie, règne aujourd'hui sur les états qui composent le royaume de Sardaigne. D'après ses précédens on pouvait espérer (|ue, fidèle à ses anciens principes et i ses anciens amis, en parvenant au tréno, il exécuterait conune roi ab-
solu ce qu il avait tenté vainement comme princelit)éral ; il n'en a pas été ainsi, et soit que le roi actuel trouve plus doux et plus facile de gouverner par sa seule volonté et sans contrôle, soit qu'il redoute Vannée autrichienne dont les avant-postes se trouvent placés à une marche de sa capitale, il s'est placé , comme les princes ses prédécesseurs » sous le protectorat de F Autriche.
Pour le rendre odieux aux Italiens et faible dans ses propres états, on a détruit la république de Grènes qui a été confisquée â son profit; et pour le rendre adversaire de la France, par position et par intérêt, on lui a fait repasser les monts et reprendre deux provinces, peu importantes â la vérité, mais qui convenaient à la France â cause de leur position en-deça des Alpes. Les mœurs, les habitudes, les relations commerciales et même le langage rapprochaient des Français les habitans de ces provinces, surtout les Savoisiens qui sont plus Français qu'on ne Test dans beaucoup de départemens de Tancienne France; nous n'entendons parler que des ci-devant départemens des Alpes maritimes et du Mont-Blanc qui ont si longtemps appartenti à notre pays et qu'on lui a arrachés après nos désastres.
La Savoie est un pont jeté sur la France dans le sud-est, comme la Bdgique Test sur le nord. La Savoie est un poste important et fort avancé qui permet à celui qui T occupe d'empêcher ou de retarder une invasion en Italie, tout en lui permettant de faire une irruption en France; ainsi partout on a cherché à affaiblir , à découvrir nos frontières et à faciliter les moyens de pénétrer dans le cœur de notre patrie.
Les sentimens des Italiens de toutes les classes ne sont pas douteux; tous forment des vœux, non pour vivre sous le joug de la France, que cependant ils préféreraient cent fois au despotisme autrichien , mais pour FalTranchissement et l'indépendance de leur belle patrie. Aussi, quand nous nous présenterons dans l'Italie, nos succésseront certains si, en y pénétrant avec des forces imposantes, nous déclarons hautement que notre but est désintéressé et que nous venons rendre leur nationalité et la liberté à des peuples qui en ont été si long-temps privés.
Alora, nous occuperons facilement l'Italie entière; alors seulement les Italiens combattront pour eux et pour nous, et doubleront nos forces. Par suite, leur nouveau gouvernement pourra changer
desystèmo ei tourner son ambition vers Test, au lieu d'être toujours en garde contre la France. Qu on le sache bien , si les peuples comme les hommes passent facilement du côté du plus fort, ils restent toujours du côté du plus juste.
En attendant ces événemens qui sont fort éloignés et fort hypothétiques f ne voyons que ce qui existe maintenant, et prenons acte que le royaume de Sardaigne est au nombre des gouremémens absolus» dans le système de la sainte-alliance, et, de plus enoore, sous le protectorat autrichien.
Comptons-le donc au nombre de nos adversaires.
Son armée se compose de 25,000 hommes en tempd de paix et de 60,000 hommes en temps de guerre dont W>,000 peuvent tenir la campagne.
La population du royaume est de {^,500,000 amed; le revenu de 45,000,000.