MARINE
L'esprit de la restauration s'est manifesté dans l'organisation de la marine d'une manière plus prononcée encore que dans celle de l'armée de terre. Pour plaire à l'Angleterre et reconnaître ses services , tous nos braves marins , tous les oflDciers supérieurs qui s'étaient distingués dans des rencontres avec l'ennemi, furent impitoyablement réformés ou mis à la retraite , avec des traitemons qui suflisaient à |)eine A leur oiistence. Par compensation , on remit en activité de service des hommes qui n'avaient pas navigué
depuis vingt-deux ans, mais qui étaient restés fidèles. De là le naufrage de la Méduse et autres expéditions semblables. D* ailleurs à quoi bon conserver une marine? On voulait la paix el, loin de songer à faire la guerre, on aurait volontiers confié la garde de nos ports et de nos chantiers aux Anglais , comme on avait confié aui alliés la garde de nos places fortes du nord et de Test.
Ce n est qu à partir de 1820 que la restauration a commencé à s'occuper plus utilement de cette branche essentielle de la fonce publique et de la sécurité du commerce maritime.
Pendant les dix années qui se sont succédé,
depuis 1821 à 1830, les dépenses de la marine et
des colonies se sont élevées à 6T7,ôOO,000 fr.
auxquelsil convient d'ajouter 30,000,000
pour les dépenses des colonies, à raison de
7,500,000 fr. par an , attendu que , pendant
les années 1826,-27,-28,-29, elles ont été
comprises dans le budget du ministère de la
guerre. ■
Total pour dix ans 707,500,000
Mais il convient de déduire de cette somme 7,500,000 francs dépensés extraordinairement pour les expéditions d'Alger et de Morée en 1830. —Ci 7,500,000
Reste pour une période de dix ans. . . . 700,000,000
Moyenne par année 70,000,000
Quoique, pendant les années qui se sont écoulées de 181{h à 1890, les dépenses de ce ministère ne se soient élevées que de 4^ à tô millions, nous no regardons pas cette faible allocation comme une diminution de dépenses ; et en voici les motifs : On faisait peu d'armemens et d'approvisionncmens, on construisait peu de bâtimens de guerre à cette époque, parce que la France était foulée par l'occupation étrangère et par les tributs à payer aux puissances alliées. Nous pensons donc que les mêmes vices d'administration et le» mêmes prodigalités ont existé dans cette période de sept ans, comme dans celle des dix années à partir de 1821 jusqu'à 1830.
Toutefois, pour ne pas nous écarter de notre système de réserve
el d'impartialité , nous ne ferons peser les réductions que sur la dernière période de dix ans ; et nous nous appuyons à ce sujet sur ee que, depuis 1830, les anpemens pour le Levant et les colonies d'Amérique , et l'escadre à entretenir pour la colonie d* Alger, exigent bien autrement de frais que les armemens insignifians de la restauration ; c^>endant nous admettons légalité de service» et nous disons :
La marine et les colonies, ainsi que les travaux hydrauliques et les constructions navales, ont coûté sous la restauration, dans une période de dix ans, terme moyen 70,000,000 fr.
Après la révolution de 1830 , pour faire un aervice au moins égal , si ce n'est bien plus considérable, le même ministère ne dépense que. . 62,000,000
De ces deux sommes il résulte une différence ou une économie de 8,000,000
qui , multipliée par dix années seulement au lieu de seize comme nous l'avons fait pour la guerre, fait ressortir une charge nouvelle frappée sur le
pays par la restauration, de 80,000,000
Poursuivons notre tâche.
ir> 4.
LISTE Civile et famille roValb.
Les charges imposées à la nation par cette nature de dépenses s'élèvent à des sommes considérables, ainsi qu'il va résulter de la différence entre Tancienne et la nouvelle liste dvile.
La nouvelle est fixée à 13 millions par an, soit 1,068,333 fr. par
mois.
D'après cette base, nous allons relever nos chiffres. En 1814, la liste civile a reça. 19,510,000 Aa tiui de la nouvelle liste, il lai revenait pour neuf mois, à 1 ,0S3,33a par mois 9,750,000 fr.
fr.
Différence 9,760,000 ci 9,760,000
En 1815, elle a reça 30,700,000
au lieu de 13,000,000
Différence 17,700,000 ci 17,700,000
A reporter 17,460,000
DifféreDce. fr.
Âeport 27,460,000
Ea 1816, elle a reçu 34,000,000
niaig le roi a accordé 1 1,000,000 poar secours yersés au
trésor.
Reste 23,000,000 au lieu de 13,000.000 — 10.00,000
Ed 1817 34,000,000
En 1818 id.
En 1819 Id.
En 1820 id.
En 1821 Id.
En 1822 Id.
En 1823 id.
En 1824 id.
En 1825 avec supplém. pour les
obsèques de Louis XVIII 38,000,000 — ^
En 1826 32,000,000
En 1827 id.
En 1828 Id.
En 1829 Id.
En 1830 18,666,667 pour 7 mois.
niui revenait 7,583,333 id (à 1.083,333)
id.
id.
id.
id.
id.
id.
id.
Id.
id.
id
Id.
id.
Id.
Trop perçu 11,083,000 id. ci 11,083,000
TolAl 317,543,000
dontll convient de déduire ce que la nouvelle liste
civile a reçu de trop.
En 1830^9,000,000 pour 5 mois , au lieu de 5,417,000 fr.
à raison de 1,083,333 par mois, différence... 3,583,000 En 1831—17,911,000, au lieu de 13,000,000 diff. 4,911,000
ToUI à déduire 8,494,000 cl. . . . 8,494,000
Reste 309,049,000
dont la restauration a surchargé la France pour la liste civile pendant seize ans quatre mois.
A cette somme de 309,0^9,000 fr.
il convient d'ajouter 30 millions votés en
ISH , pour payer les dettes du roi à l'étranger. 30,000,000
Frais do mariage du duc de Berry 1 ,500,000
Secours en 1816 et 1817 aux émigrés restés en Angleterre 1,800,000
De plus 16 millions de domaines retirés de ceux de Tancienne liste civile, en 1831, pour les faire passer dans le domaine de F état (mémoire).