RÉPONSE DES UNIVERSITÉS FRANÇAISES
non, auxquels il leur paraissait bon de s'adresser, nos Français, avec grande raison, n'ont point jugé qu'il fût besoin de discuter. Point d'argumentation, au sens classique du mot, nulle trace de dialectique, aucun débat. Les faits, tout nus, sont d'une si convaincante évidence qu'il n'y a point de place pour la discussion. Je ne crois pas que jamais l'esprit français ait plus clairement élucidé, en quelques lignes, un ensemble de questions sur lesquelles tant de cerveaux confus s'étaient acharnés d'une si belle ardeur à faire l'obscurité.
Il ne suffit pas, en effet, d'avoir reçu le don d'un intellect fuligineux et de se tenir ferme dans le parti pris de mentir pour porter la conviction dans les esprits. Les Allemands, même, commencent peut-être à découvrir que cela peut tourner à désavantage lorsqu'on se trouve en présence de gens qui ne s'en laissent pas imposer par des affirmations violentes, évanouies au moindre éclair de vérité. Un cousin du président Roosevelt, qui arrive de New- York, me disait récemment que ce qui a fait le plus grand tort à l'Allemagne, dans l'esprit des Américains, depuis le commencement de la guerre, c'est l'attitude de ses apologistes, qui prétendent faire accepter leurs vues sans exa- . etn'admettentpasque leurs dires aient besoin, comme tous autres, d'être contrôlés. L'esprit américain, positif avant tout, se plaît aux libres investigations qui sont la condition première de toute connaissance. Rien ne le pouvait donc plus durement heurter que l'insolente infatuation des représentants de l'Allemagne, proclamant qu'il n'y avait plus rien à dire lorsqu'ils avaient parlé.
Oh ! ce n'est pas ainsi que procèdent nos « intellectuels » des U niversités françaises. Non seulement ils estiment qu'il y a quelque chose à dire après eux, mais, ce quelque chose, ils le sollicitent de quiconque, et ne réclament, pour euxmêmes, selon la méthode socratique, que le droit d'accoucher les intelligences en posant le plus simplement possible des questions élémentaires... Quand ils demandent, par exemple : Qui a voulu cette guerre ? et plus loin : Qui
s'est ingénié à trouver aes formules de conciliation ? et, Qui. au contraire, a refusé toutes celles quont successivement proposées l'Angleterre, la Russie, la France et V Italie? on peut laisser à tous les esprits de bonne foi — et ceux-là seuls comptent — le soin de faire la réponse.
Lorsque nos amis se contentent de demander, sans aucun commentaire :
Qui a violé la neutralité de la Belgique, après V avoir garantie ?
Qui a déclaré, à ce propos, que neutralité est un mot, que les
traités sont des chiffons de papier et qu'en temps de guerre on