‹ La France devant l'AllemagneChapitre 72 sur 133 · FAIT COMME ON PEUT · texte numérisé non relu

FAIT COMME ON PEUT

Qui tient pour non avenues les conventions internationales par lesquelles les puissances signataires se sont engagées à n'user, dans la conduite de la guerre, d'aucun moyen de force constituant une « barbarie », ou une « perfidie », et à respecter les monuments historiques, les édifices des cultes, des sciences, des arts et de la bienfaisance, sauf dans les cas où l'ennemi, les dénaturant le premier, les emploierait à des fins militaires ?

Bans quelles conditions l'Université de Louvain a-t-elle été détruite ?

. Bans quelles conditions la cathédrale de Reims a-t-elle été brûlée ?

Bans quelles conditions des bombes incendiaires ont-elles été jetées sur Notre-Dame de Paris ?

Il n'y a qu'à laisser répondre les faits pour confondre irrévocablement toute la prétendue « intellectualité » de l'Allemagne, invoquant, pour excuser un crime contre la foi jurée, l'hypothétique danger résultant de ce que Padvcr saire aurait pu se trouver capable du même attentat. A de telles allégations, les enfants même de l'école ne pourraient que hausser les épaules.

Mais le point décisif que le manifeste des Universités françaises met admirablement en relief, c'est la pleine solidarité réclamée par les dignes représentants de la pensée allemande avec le militarisme prussien, dont le but avoué est la brutale domination du monde. Despublicistes étrangers avaient cherché, dans l'intérêt même des intellectuels

allemands, à distinguer leur cause et celle du militarisme brutal qui se donne pour mission d'imposer sa volonté, par le fer et le feu, au reste des humains. La réponse ne se fit pas attendre, nette et catégorique, la pire condamnation que des hommes de culture puissent prononcer contre euxmêmes : « Nous sommes indignes de voir que les ennemis de l'Allemagne, l'Angleterre en tête, s'efforcent de créer, à notre désavantage, une opposition entre l'esprit de la science allemande , et ce qu'ils nomment le militarisme prussien. L'esprit qui règne dans l'armée est le même que

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