‹ La France du LevantChapitre 4 sur 11 · L'ALLIANCE AVEC L'ISLAM · texte numérisé non relu

L'ALLIANCE AVEC L'ISLAM

la première prise de Jérusalem et à celle de Constaiitinople, accompagnaient le début et Tachèvement de la conquête. Quand, à la fin du xif siècle, notre royaume latin de Jérusalem était tombé, deux ordres religieux, ceux de Saint-François et de Saint-Dominique, fondés depuis peu, avaient consacré leur jeune courage à secourir la constance des catholiques, et les Franciscains s étaient assigné la garde des Lieux Saints. Pour tous, la vie était sauve d'ordinaire, mais leur sort dépendait du maître immédiat qui, partout où il représentait le Sultan lointain, pouvait interpréter et détruire en fait les plus solennelles promesses. Eux surtout étaient à la merci du Turc, menacés à la fois par sa cupidité et son fanatisme. Ces deux passions se satisfaisaient contre eux, tour à tour par des exactions et par des violences ; et 1 art de faire servir la haine au profit, de maltraiter, d humilier et de dépouiller, poussé à sa perfection sous le nom d' « avanies », rendait insupportable 1 existence des chrétiens.

Soustraire à cet arbitrage les intérêts matérielset la foi religieuse des Français était particulièrement difficile. Il ne s'agissait pas en effet d'obtenir que le Turc rendît lui-même justice aux chrétiens, et les traitât comme des musulmans. L'Islam a

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pour loi unique la loi religieuse : elle ne peut donner 1 équité à linfidèle, puisque 1 équité est un rapport entre les croyants ; elle ne peut lui garantir même la sécurité dans son esclavage, puisque la destruction des infidèles est Tacte le plus méritoire de la foi. Il n'était donc qu'un moyen pour changer la condition des chrétiens ; il fallait les soustraire à l'autorité musulmane qui reconnaît des droits aux seuls musulmans, il fallait créer pour les étrangers un bénéfice d'exterritorialité, obtenir que sur le sol ottoman la loi du souverain ne leur fut pas applicable, qu'ils restassent soumis à leurs propres lois, à des autorités désignées par la France pour faire régner sur eux ces lois, et compétentes pour appeler au sultan lui-même des injustices commises contre eux par ses propres sujets.

Cette abdication de la souveraineté islamique au bénéfice de « giaours, " ces îlots de civihsation chrétienne, élevés au milieu de la mer musulmane, et que sa stérilité et ses fureurs ne submergeront plus, voilà le caractère, l'originalité, la victoire des traités obtenus par les Valois et les Bourbons.

Ces traités furent appelés par l'orgueil ottoman « capitulations » , comme les clauses accordées aux

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