A I.A DIRECTION DU MUSÉE DES FAMILLES
RUR GAII.LON, l.
AYEUÏISSEMEJNT.
Ceci n'est écril ni pour ni contre des hommes et (ies opinions; les opinions et les hommes passent. C'est un exposé de faits généraux rattachés à une idée. Il n'y a point ici de récriminations contre le passé. A quoi bon ? Ce sont des vœux, des vues peut-être, pour l'avenir. On n'a plus le temps, dans ce siècle qui court, de regarder derrière soi ; il faut marcher en avant. Les événements nous poussent; la civilisation nous appelle. Que l'armée combatte, mais que le Gouvernement organise. L'époque des expériences s'en va ; le jour des résultats approche. La guerre aura bientôt fait son temps en Algérie. C'est le tour de la paix productive, c'est-à-dire de la colonisation.
On ne présente, dans cet écrit, qu'un point de vue général; on indique un système ; on fait entrevoir le but. Les détails sont partout ; chacun peut recourir aux publications spéciales. Il y a une bibliothèque déjà faite , il y en a une à faire encore sur l'Algérie, sur les moyens, d'en tirer gloire et profit. Militaires, marins, jurisconsultes, agriculteurs, économistes, financiers, industriels, commerçants, tous ont apporté le tribut de leurs lumières, tous peuvent éclairer les questions pratiques.
Ce (|ui surgira de toutes ces études, c'est la conviction (pie le moment viendra bientôt de substituer aux insti-
lulions provisoii'cs des quinze ans écoulés, nn ordre de choses régulier, permanent, définitif, un moyen d'action puissant pour le bien, une responsabilité pour les fautes. Nous ne ferons pas un cours d'histoire sur l'état ancien, sur les traditions historiques de l'Algérie. Cela est écrit partout '. L'Algérie date pour nous de 1830. Seulement, de temps à autre, quelques souvenirs sont éveillés par des rapprochements de faits, par des ressemblances de personnes. A qui de nous Salluste n'est-il pas familier? Qui de nous, depuis quelques années, ne s'est point rappelé Jugurtha?
Encore moins ferons-nous de l'érudition. C'est aujourd'hui trop facile. Nous avons là, sur un rayon de notre bibliothèque, comme quiconque s'occupe d'une question, tout ce qu'on a écrit sur, pour et contre. Nous pourrions aussi, de tous ces volumes, tirer des souvenirs, des citations, un résumé ^ Où est l'utilité d'un pareil travail? A ce siècle préoccupé, à des Chambres surchargées d'affaires, à une question tout actuelle, toute d'ur-
' Le ministère de la guerre distribue chaque année, à MM. les Pairs et Députés, un recueil volumineux : Tableau des établissements français (déjà parvenu au septième volume), dans lequel, à côté du compte-rendu des faits militaires et des progrès administratifs qui se sont accomplis dans le cours de chaque année, se trouve un exposé de l'histoire du pays, des événements dont il a été le théâtre, et de la succession des races qui l'ont habité.
* Nous avons distingué parmi toutes ces publications, celles de MM. Enfantin, Leblanc de Prébois, Buret, Fortin d'Ivry, docteur Bodichon ; d'excellents articles de MM. Carretfe et Varnier (dans le journal l'Algérie)^ de M. Peut (dans le journal l'Afrique) et de plusieurs écrivains dans le journal la Presse ; et nous leur avons emprunté quelques idées, que ces publicistesont su toujours présenter avec une parfaite connaissance de la matière et avec un véritable talent, dans rinlérèt des principes de gouvernement et d'adrainistiatiun, dont Tapplicalion peut soûle assurer l'avenir de l'Algérie.