L'HISTORIEN DE NAPOLÉON
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he joute d’ To a eu. lieu à à l'Académie tabs caise a mis courtoisement aux prises deux des hommes | “qui. honorent le plus la pensée et la critique contempo= + Faines 2 MM. Ferdinand Brunetière et Frédéric Masson. A propos des études napoléoniennes du second, le pre- mier à parlé savamment et éyoQuE, non sans malice, € 14 ; grande histoire ». : : NES Ona reproché, en effet, à M, PhD. Mage. d'atots: a des son œuvre magnifique et patiente, étudié Bonaparte à par le menu, dressé l'inventaire du génie, expertisé plus qu’ iln expliquait, ‘en un mot d’avoir morcèlé la Statue. ; : Reproche injuste et, en tout cas, prématuré, Car. cet. immense travail n’est point achevé. Il arrive présentément cette chose curieuse, que l’analyse aiguë de M. Fré- déric Masson aboutit, De eo aux conclusions dé: + h Lésender cn à | sé RE Voici, en eflet, ce qu écrit l'auteur de da récente Û introduction de Napoléon el son fils, le dernier tome. paru : « De l'enquête que j ’ai menée avec la plus entière. + bonne foi, où je n'ai rien laissé dans l'ombre des passions É moins généreuses et des ambitions moins hautes qui, surtout au début, ont jeté leur. ombre sur les actes de Fr Empereur, ressort, en dernière ue une histo
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que César ou Bonaparte, n’a pas encore périé- 1e où ses intérêts et son ambition personnelle se
avec les intérêts et la destinée de son pays, il | joe on individuelle, po
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‘Sans: doute, dans ré de es ommes de génie Tr | élément demeure ‘incompréhensiblé : le principe de force ou d'autorité par lequel ils s’imposèrent à leurs contem- “HOtAinE. la fascination, si vous préférez. PRES
On arriverait à reconstituer, heure par. heure, la vie. matérielle et morale de Napoléon, depuis ses occupa tions précises jusqu’à ses idées fugitives, à ses moindres projets; on dresserait une semblable liste qu'on n'en serait pas plus avancé quant aux causes secrètes qui font progresser un tel homme, à travers. la multitude des
he compétitions et des convoitises, jusqu ‘au premier rang
et qui le portent tout à coup, seul et fier, en avant de la race. Non seulement pourquoi fut-il le chef, mais encore. comment parvint- il à l'être? Voilà ce qui, malgré tant d’études ingénieuses et prudentes, demeure plongé dans le brouillard.
En d'autres termes, les historiens les plus qu et. les mieux documentés s'arrêtent toujours au seuil de ce temple qui s'élève au point d’entre-croisement de a fatalité individuelle et de la fatalité de race. C’est à l'in-. térieur de ce temple que $ accomplit le plus grand pro- dige. Une petite fille qui, mêlée à la masse du peuple, se trouve sur le passage du cortège et voit défiler l’ Empereur en personne, sent, éprouve, par la commotion, le contact, l'inclinaison de la lumière et le branle donné de tout l'organisme, quelque chose que les historiens de l'avenir les plus compétents ne sauront pas. Elle aura eu. . Sa part du mystère. Nôus autres, venus st Fun on toujours séparés du mystère.
La gloire est. peut-être, comme on l'a formulé, le. des morts, mais elle nous réchauffe sans nous | éclairer. Elle est un soleil enfoui dans les tombeaux, dont les émanations permettent à peine de déchiffrer les épitaphes. : | 1 Frédéric Masson fait’ encore cette remarque : « Ce à Napoléon, la pensée, la sensation, le sentiment ac- quièrent, à chaque fois qu'ils s'exercent, une. amplitude À qui. passe à ce point la commune mer URE a ils. F3
oques, 4 do inies D becat qui onUnE, jour la politique, le rôle de directrices. La pater- . a été, de celles-là, la plus persistante, 1 plus active, la plus féconde en résultats moraux. » IL est , difficile de marquer, avec plus de précision, le point de - . rencontre de la petite et de la grande histoire. Une fois
ques Bonaparte est devenu Napoléon [°', ses passions
foncières se répercutent sur la France, et la France
réagit : sur ses passions. | :
Dans le domaine de la pensée, l’homme de génie, à mesure qu'il s'élève, est plus seul. Dans le domaine de ve à mesure qu'il s'élève, il est multiplié. Tant de cœurs qui se règlent sur le sien renforcent les battements
rie cœur. En outre, le sentiment de la responsabilité, … quiest le grand modificateur des êtres et leur régulateur le plus puissant, s'impose à lui avec une énergie, une im- placabilité que nous ne pouvons soupçonner. Les poètes ont noté ce-changement d’âme qui saisit le consul dans le moment qu’il devient empereur, le cardinal qui vient d'être élu pape, ou, beaucoup plus modestement, l’héri- tier dans le cabinet du notaire. Des charges nouvelles, des devoirs nouveaux amplifient aussitôt l'horizon et | bouleversent les perspectives.
Quand Macbeth eut entendu les Sorcières lui proait pour le lendemain, la couronne, il fut transporté hors de lui-même, accessible aux images héroïques ou Sanglantes, sublimes ou criminelles. Il eut le choix. C'est ce choix que ne peut expliquer l'historien de 1402 grande histoire et que le chroniqueur nous révèle sou-
vent par l'influence d'une lady Macbeth. ee Si vous voulez comprendre tout ce qu'il est sale d'atteindre par l'enquête chez un héros tel que le grand Empereur, cherchez la femme, cherchez l'enfant, cher- chez la famille, cherchez le projet. Ils vous permettront de reconstituer le visage. Ils ne vous donneront pas la clé du rêve. eee a eu ce mot Pen : Mon
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| Quel brel tt no ou mém L ‘pouvoir de la ressusciter? de Ce qui me parait le plus rare, dns Jæ œuvre de Frédéric Masson, c'est précisément cette part laissée à l'inconnu, ce domaine accepté de la conjecture. J1 descend quelquefois au petit détail, parce qu'en ce genre de récits, l’écrivain ignore si ce petit détail, dans les temps futurs, ne prend pas une importance majeure. Les grands hommes se dispersent et se dépensent inégalement, et chargent de leur personnalité des objets souvent infimes. Des débris d'os guidaient Cuvier vers la reconstitution d'animaux entiers. Telle pièce: méprisée d'une garderobe peut être révélatrice d’un trait de caractère. AC Mais, en somme, l'auteur de Vapoléon et son fils semble nous dire : « Je vous transmets un répertoire, aussi complet que j'ai pu le dresser, des vestiges matériels et moraux de l'Empereur. Une centaine d'années, c'est, en histoire, une bonne distance pour voir, recueillir et grouper, après la mort des derniers témoins, J'assoupissement des dernières passions. J'ai saisi les épaves, au moment même où les eaux s'apaisaient, dans le sillage du grand navire, Maint secret est encore inclus et vivant en ce musée des reliques. À ceux de l'avenir de les déchiffrer, s’ils le peuvent, Je leur en aurai fourni es moyens, » | | o EU
elle faiblesse, comme champ d’ expériences pour cette
préten due internationale des pauvres qui serait le masque
cobine obéit aux ordres du ghetto d'or. Voilà toute olitique actuelle. Mais il en découle, par l'égout juif, u 1 certain nombre d'idées générales. De celles-ci vous ouverez un répertoire très suffisant dans le récent livre s Sémite Naquet sur l'idée de patrie. |
1 Sémite Naquet, bien entendu, l’idée de patrie.
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foule de nigauds qui reprennent à à la tierce, de conla complainte aigre de l'Hébreu et de ses pareils. u. nombre de ces crasseux poncifs créés et mis en | lation par le peuple aux yeux obliques, au nez plon-: à l'âme d’ intérêt, de ruse et de luxure, au nombre ar EM de synagogue, dd en bonne
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main crochues de nomade il saisit Ja guitare buma de
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dune. lenta do en vain | d'engourdir les se s où elle avait élu domicile. Ceci donne le la à une ;
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supérieur au courage militaire. Vous connaissez J'antienne : le courage militaire est une griserie. Il a besoin, pour se surexciter, du clairon, du tambour, des panaches, d'un décor. Tout héros de la guerre est un cabotin. C'est ainsi que l’effronté Jaurès arrive à traiter Jeanne d’ Arc de cabotine. Au lieu que le héros de la paix, qui prépare un explosif dans son laboratoire, qui s’inocule une toxine pour en juger les effets par lui-même, qui risque la con-
, tagion au chevet d'un malade, est, à l'abri de toute
parade et de toute vanité, un vrai martyre de l'idéal, un apôtre de la religion de demain, laquelle sera, sans autels ni fanfares, la religion de l'humanité. La doctrine est spécieuse. Elle séduit. même nombre de bons esprits. Elle sert d'argument à un tas de farceurs qui ne s'exposeraient pas plus dans un laboratoire qu’ils ne S "exposeraient en duel ou sur un champ de bataille,
mais qui préfèrent le sacrifice libre et soumis à la vo-
lonté au sacrifice commandé par l'honneur et la discipline, pour cette bonne raison que le premier ne les menacera jamais directement. Il demeurera pour eux un objet de vitrine, une curiosité qu'ils admireront les pieds au chaud, dans la bienveillance de la digestion. |
Je songeais à ces choses, en apprenant que le docteur Garnault venait de s’inoculer la tuberculose pour vérifier cette affirmation de Koch que la terrible maladie n’est pas transmissible de l’espèce bovine à l'espèce humaine.
On sait que le savant allemand joint à un indéniable génie une déconcertante outrecuidance et une faiblesse de caractère qui lui font avancer, par ordre, les hypothèses les plus contestables, si celles-ci lui paraissent de nature à augmenter sa propre réclame ou le prestige de. son souverain. De l’aveu de tous ceux qui le connaissent, Koch est un impulsif à froid, un illuminé de l’obéissance. L'empereur a besoin du parti agrarien. Le parti agrarien est fort gêné par la surveillance hygiénique du. bétail. Koch, bactériologiste génial, mais chambellan de laboratoire, cherche à condiler de son mieux l'épizootie et la haute politique. Il n’en est que plus méritoire au
t mis en doute: par personne. ire Re î douloureuse, va Le suivre jusqu'au bout d’une expérience que tous ses compatriotes souhaitent de tout cœur Done dût l'Allemand, par son salut, triompher.
: Ca dau. à cet héroïsme nous préférons celui d’un Bayard, d’un Jean Bart, d’un La Tour- -d'Auvergne ou d'un Bobillot. Il ya en nous quelque chose que remue l'acte militaire et que, si méritoire qu'il apparaisse, ne remue pas l’acte civil. Malgré tous les efforts des pacifiques, l'histoire assure, aux héros guerriers, la préémi- nence sur.ses frontons. Leur exemple, pour être plus à découvert, plus en exergue, plus en vedette, nous parait plus profitable et mieux garanti.
Lx conquête et la mort par les armes et pour la patrie oulèvent. dans notre chair, si liée au plus intime de tre esprit, un frisson que ne suscite pas au même legré la conquête par la science ou. pour l'humanité. Dans le second cas, dans l'alternative pacifique, la mémoire est moins frémissante, l'émulation moins transmissible. |
J'entends Don nos de enedn affirmer que l'obseu-
4 rantisme agit en nous, que nous sommes les victimes d’une superstition, des sortes d’ aveugles tâtonnant pas routine autour de quelques fétiches démodés. Gun On nous reprochera aussi d'avoir besoin, pour concevoir le beau, d' apparat.
C'est un cliché d’origine très ancienne, et que la Réforme a remis en honneur, de préférer la vérité âpre, dénudée, presque rebutante, de se méfier de l'élan et de la fougue et de qualifier de théâtrale toute magnificence ns le dévouement, le sacrifice, l'abandon de soi. Les élateurs du laid et du triste sont plus nombreux qu'on ue le croit. Is n mentent la Aou .que AÉRoRIE de
Cette réviviscence 48 l'ascétione l époques dé jouissance, qui ne sont pas és époq
joie, et chez les peuples qui déclinent. Ils s'efforcent
alors de donner à la restriction du beau des raisons. nobles. Joignez à cela que l'esprit de lucre et de trafic est gêné par l'esprit guérrier, préservation et sauvegarde de l'esprit patriotique, au lieu que l'esprit scienti= fique ne peut en rien le contrarier. C'est pourquoi lhu-
manitarisme est si précieux à la Haute Banque.
: Or, l'amour de l'humanité est plus loin de nous que
“celui de la race. L'amour de la race tient tout l'arbre
vital, dépuis les racines de l'instinct jusqu à a tige de
la raison et au frémissant feuillage de la sensibilité.
Sitôt menacé, il se met en défense, il âcéüse ses re. liefs, et comme c’est par lui, par son intermédiaire, que .
nous sommes en relation avec l'amour plus vague ét
plus lointain de l'humanité en général, celui-ci dispaæ= rait momentanément, S’amoindrit et s° éclipse, comme s’'amoindrissent et s’éclipsent dans la passion les FER
ments de la logique ou de l'intérêt.
Ïl en résulte que les apôtres de l'humanité, es mar tyrs de la science, les victimes du courage civil laissent des marques moins fortes dans notre mémoire, des effi=. gies moins persistantes, moins constantes dans nos. cœurs que les martyrs de la patrie, les victimes du cou-
rage militaire, les héros par qui dure la race et notre légende est transmise.
. À y regarder de plus près, c'est notre idée, € "est notre. langage, c'est le droit d'exprimer notre idée “dans notre langage et de perpétuer nos tempéraments et nos formes d'esprit que garantissent les héros de l'épée ; ils veillent
sur ce patrimoine moral qu'augmente sans cesse de son
côté le talent ou le dévouement des civils. Mais ils font, partie du plus grand cercle, et les champions de T'idée de patrie priment les champions de l'humanité pure.
Je sais bien qu’en parlant ainsi je vais à rebours de.
ce que lès badauds appellent le mouvement moderne mais que chacun de mes lecteurs F IMLÉDEOBER êt il e
nus don je is à
un | aSSaut, dan une le nr à la de ie à l'avenir une silhouette nettement décou- .
C ts Lis Has limites où se satisfait le . 7 la conscience. Il nous offre, dans l'infini, la joie per-. | manente du défini. Il n’aide pas au soulagement de l'in- . dividu de l'avenir, mais il satisfait l'instinct de race qui ritera le groupement de demain et fait corps avecle groupement d'aujourd'hui. Il bénéficie , pour se propager
en beauté et en gloire, de la formidable poussée des an- 0 | êtres. Le petit anneau de la longue chaîne obscure