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LÉ SOL ET LE LANGAGE

‘à .. d don a Es remai quer qu'à une x me rence où se trouvaient réunis, par les soins des autorités anglaises, sept cents instituteurs des Républiques sudfricaines annexées, lord Milner avait annoncé que l’instruction y serait désormais donnée en anglais. Seul, à enseignement religieux pourra être donné dans la langue nationale... L'orateur est d'avis que, pour lutter contre l’envahissement de l'anglais, le TAAL, dialecte des Boers, est insuffisant, parce qu'il n'a pas de littérature. La langue néerlandaise classique aurait . une force de résistance. Le considérable. » - ae Ici nous sommes sur le terrain des faits. Les nds ne Se creux des farceurs et des niais de l'humanitame, Vérité, Justice et Lumière, n'ont plus cours. Les

4 de la vache à Colas, de Colas à sa vache et au vu d’or, les larmoiements en deux cents lignes, les géements en cinq cents pages, les pleurs dans le e, les clameurs dans la Synagogue, les piétinements la Loge auraient tn une belle occasion de

| de He pour nations en re. nu s'avancer dans le champ clos, parmi les ruines fumantes, la Bible laïcisée sous le bras, les paupières baissées, ee cheveux huilés et collés, la face jaune, l'index brandi, et dirait aux Anglais de sa voix de prétoire : « Maintenant que vous êtes victorieux, soyez cléments, mes frères, et laissez à ce peuple boer son langage. Au nom de l'Equité, de l’Evolution, de la Révolution et de l’Involution, au nom des Droits de l'Homme, au nom du doigt du sage, par saint Calvin, soyez magnanimes! Négligez les profits matériels et moraux de là guerre. Emancipez votre Raison et celle des paysans qui vous combattirent. Donnez au monde ce grand exemple! »

Soyez tranquilles, les prud'hommes en lévite ne bougeront pas. Il se tiendra coi le raseur verni qui, sur tout événement de l'heure présente, promulgue son avis, son. conseil et sa loi. Ils se tairont les pharisiens de l'internationalisme, les bavards du laboratoire, les prédicants de la cité future, les racleurs de guitares sémites, les ra- . tiocinateurs du ghetto. Peut-être, pour sauver la face, organiseront-ils, dans un faubourg perdu, une jolie. petite réunion pluvieuse et terne, avec des vœux platoniques à la fin. Mais les foudres de carton seront remi-

sées. Elles ne sortent, je vous le dis, que pour les grands anniversaires, quand il est question du ARR et des. moyens d’avilir la France.

Lorsque, de par la loi du plus fort, un peuple a perdu

le droit de s'exprimer dans la langue qu'ont parlée ses ancêtres, il est en quelque sorte en exil chez lui. En le forçant à employer les mots et les tournures de style que lui-même emploie, le vainqueur exproprie le vaincu de sa pensée pour lui infliger la sienne. Il l’'en- serre d’un réseau plus profond et plus inéluctable que. tous les décrets, que toutes les charges et servitudes, que tous les impôts. Il va chercher le sens de la race là où il . est, dans ces vocables qu'a formés un long usage, perfec- } tionnés da assouplis dé nécessité ge 1 1918 °E

en sa , et il l'extirpe violemment.

et des ee les termes

métaphoriques qui font du verbe le frère de lebié à un frère aîné et souvent secourable, lequel guide son cadet -vers le patriotisme et la libération, lui prêche le sacripce lui préserve la sainte haine de l'oppresseur.

Vous constaterez que, chez tous les peuples, aux beaux moments de leur histoire, à ces tournants abrupts et dangereux qui décident de la destinée, l'enthousiasme foisonne en cris spontanés, en appels généreux, en locutions même régionales et de patois qui traduisent, d’une manière aisée et magnifique, les élans de l'âme natio= nale. st

De rôle no dl des poètes épiques et Iyriques est (d'inserire les fastes de leur pays.

L'antiquité les appelait devins comme ceux qui ont de garde des tables sibylines et tiennent, à livre ouvert, le umineux répertoire de l'héroïsme. On nomme écrivain le génie celui qui, comme Montaigne, Rabelais, Saintsimon, Pascal ou Chateaubriand, possède au plus haut point le. don de magnifier, d'exprimer l’ardeur amoureuse, guerrière, croyante ou satirique de la race, qui. ouvre, du bout de sa baguette, les sources jaillissantes si hors duterroir. 1e

Celui qui fournit une belle formule, une ornule fon- cière à son pays vient en aide manifeste à celui qui conserve à ce pays une province. Le militaire m'est toujours apparu comme la sauvegarde du penseur et je ne sépare point, dans la reconnaissance émue de mon esprit et de mon cœur, n0s grands capitaines de nos grands poètes.

. C'est vous dire que les vaniteux qui se targuent du titre d'intellectuels pour nier les devoirs du patriotisme sont pour moi que detristes sots, car l’affaiblissement notre défense serait, par la pénétration de mots ngers, l'affiblissement de notre US et notre Le

bouche, non point tant délicat el peigné comme véhément elbrusque..… Et que le Gascon y aille si le Français n'y. peut aller. » Pat cette dernière phrase, le sage et véhé-

parce qu il n'a pas de liltérature. C'est fort justement rai-

langägé disparatrait si folie atmée n s'était plus là le préserver avec nos frontières. ES Il yaen Provence un dicton fameux de Frédéric Mistral: hp Qui lient sa langue hent la clé qui de M chaînes le de : livre. ;

C'est parce que les Afiglais avant ces choses, que É

beaucoup de Français ignorent, qu ils interdiront aux |

petits Boers de parler léur pauvre vieux laal, de même

que les Allemands refusent aux pétits Àlsaciens le droit de s'exprimer en français, de même que les Russes re-

fusent aux petits Polonais celui de pratiquer l'idiome dé à

leurs aïeux. Il n’y a pas que des langues mortes. Ilest

aussi des langues mourantes, et celles: -ci sont les plus à

plaindre.

« Ce qu'il me faut, dit quelque part Montaigne, C est. | un parler succulent ef hardi, tel sur le papier qu'à la

ment auteur des ÆZssais rend bien l'étroit compaghon-

nage du discours et de la province, ce. mystérieux rap. f

port de la syntaxe au territoire, qui fait de la grammaire ; et du dictionnaire les deux ultimes citadelles d’une pa-

tion. Mais quänd les autres sont démantelées, celles- =Ci ë cèdent, hélas! d’elles-mêmies, et je ne vois pas trop, en

dépit de tous les congrès et paläbres, comment feront

les infortunés Boers pour récupérer leur taal où ne la langue néerlandaise classique. : e

Vous avez remarqué ce passäge : Le taal est snsiph 7

sonné. Le Dante, par sa poésie prestigieuse et rapide, Machiavel, par son jugement à la fois net et visionnaire, F ont plus fait pour l'unité de leur nation (cette unité qui, … dès le moyen âge, à toujours hanté l'Italie) que éent

congrès où conférencés. Grouper les mots, c'est grouper à

les hommes: S'il en fallait dé plus humbles exemples, je.

vous citerai le cas de l’argot, vocabulaire imagé et sau- : vage: issu du besoin de se sentir les coudes et Le s'en- *

nn.

els ut a s de la lu ee la vie.

n secrétaire de la République Sud- Africaine, Z, prononça ces paroles caractéristiques : « J'ai rs attaché une grande importance à la question du

AOL OMRR A langage « el elle semble capitale aujourd'hui. Sir Alfred

Milner a dit à un de nos généraux qu'il ne voulait plus

qu ’unè seule langue dans l Afrique du Sud. Je lui réponds que le plus puissant Lyran de la terre est incapable de réa-

hiser pareil projet contre nous. »

aboutit, après un stade plus ou moins long, à cette forme

‘ particulière d’exil que constitue le langage imposé. Sans doute il ÿ à d’abord des résistances. Les professeurs et

les élèves se font fouetter et torturer comme en Alsace-

temps, de l'oubli, de l'usage, a raison de cette protestation, si. longue, si persistante qu’elle soit. Même s’il poussa encore, parmi les décombres, dans les fers de l'esclavage moral, un grand poète animé du souffle pa riotique, il ne serait plus compris de personne; il passerait | méconnu et, pour ceux mêmes de sa propre race,

al serait, : Ô dérision, ainsi qu'un écrivain traduit, c'est-à-

dire sans force et sans gloire!. EME

4 s’ ils sont ete si {le tempérament Atlas faiblit, 11 tempérament catholique eède, c'en est fait à tout nais de la RES et de la littérature françaises.

e compte rendu du congrès | de Courtrai ee 4

L'honorablé M. Reitz se trompe gravement. Il est no-

oire, hélas ! que l'annexion habilement poursuivie.

k raine ou en Pologne. Puis l’irrésistible linceul du

Chateaubriand parle quelque part d’un très vieux dia- . des ve su mile plus parlé que par Lo rares et. à

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