SEA
confuse ( que la tyrannie d’un seul. Mais les déchets de la lâcheté, de la décomposition nationale, de la convoitise
plate et de l’agio sont pires que ceux de la vaillance et de ;
r pose patriotiques. . Si nous nous évadons du romantisme qui eut, lui aussi, une île néfaste et un havre sans miséricorde — par abus
des termes miséricordieux — Si nous renonçons aux
poncifs déclamatoires que monnayent aujourd’ hui les rhéteurs socialistes, nous constatons que le conquérant,
onscience d'elle-même et lui permet d'espérer encore, € and viendront les heures d'affaissement et de retrait. Le conquérant sème de l’héroïsme et il enorgueillit la
sont morts pour et par lui. Il n’annonce pas l'avenir, omme le prophète, il ne le forme pas toujours, mais il Jui laisse, en dépôt, son image.
Image directrice, mère de vaillants, d'événements et
d idées et qui exaltera désormais tous les passionnés du ‘drapeau, depuis les poètes sublimes jusqu'aux humbles
victimes du devoir patriotique. Regardez : aujourd’ hui,
hélas, nous courbons la tête et le doute envahit les 4 âmes.
Mais le nom du grand capitaine, qui étonna le monde par sa rapide fortune et ses foudroyants succès, est sur toutes
les scènes, dans tous les livres, prononcé en toute occasion par ceux-là mêmes qui le maudissent ou feient de le mépriser. Il continue toujours de combattre,
Fa d’ outre- tombe, sons devenue débat, nous est,
tyrannie en obcdtue est ue laide et plus
maître et guide de la race expansive, donne à la race
mémoire. Son laurier refleurit sur les tombes de ceux qui
lustre vainqueur d’Austerlitz, le tragique vaincu de aterloo. Luttes plus ténébreuses, moins éclatantes, ais qui n'ont pas moins d'importance quant à son
ronne, se Monge au id ne nos Hi
mort.
de vie qui était en fee na pas été
En d'autres ne “1 su at quoiqu' nn siècle ne soit pas écoulé depuis cette prodigieuse histoire accomplie, Napoléon Bonaparte est devenu personne légendaire. Il fait partie de ce patrimoine obscur
et actif où se ravitaille la tradition quand elle languit et
dépérit. Malgré tous les efforts de ses détracteurs, même
apitoyés, il ne Fat plus être, à nos yeux, un pauvre
homme, fe Sans doute nous savons qu'il nt ie pieds, Pr mains, un cœur, la faculté de souffrir et de pleurer
comme tout le monde. Sans doute, grâce à tant d'histo-
riens et de commentateurs scrupuleux et consciencieux, nous n ’ignorons rien de son entourage, de ses parents, de ses amis, de ses amours et de ses haines. Mais la légende, une fois établie, dévore incessamment l'analyse. L’ analyse et la glose ont cette grande infériorité qu ‘elles s'enchevêtrent el se perfectionnent. Les textes combattent les textes. De stériles discussions s'engagent. Le royaume des critiques est cacophonique. I n'y à pas de document qui ne soit sujet à à contestation, qu'un autre document contradictoire ne puisse détruire et. supplanter. Bientôt cette muraille de papier, qui granditautour d'une si haute mémoire, l'étouffe et la défauts par zèle excessif de la préciser. à
Au lieu que la légende simplifie. Elle garde rs Fratolédn dà l’étonnement ef la possibilité du rêve, Sans doute, elle participe de l'amour avec ses errements et ses défaillances, mais elle a aussi sa sécurité, sa certitude, l'art d'éliminer le secondaire et de saisir le trait principal, celui qui emporte tout. Son éclairage est vrai comme l'instinct, splendide comme la lumière de Rembrandt, qui ne s’éparpille.et poudroie qu'après une coulée de feu et une nappe d'or. Que cette nappe d’or formé une auréole, une couronne où ne sont RES mentionnées les