‹ La France en alarmeChapitre 46 sur 79 · ES · texte numérisé non relu

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dances.

Il était naturel qu’ après les lécons de l'année rnible

y Fi de points, du système de la nation armée, tel que l’a décrit magistralement Von der Goltz. Mais en politique,

ee continua d'hypnotiser notre personnel au pouvoir. De-

puis Gambetta et Ferry, de sinistre mémoire, jusqu'à l'actuel M. Delcassé, en passant par MM. de Freycinet

et Hanotaux, tous les ministres, éminents, médiocres ou nuls qui se succèdèrent au quai d'Orsay ou à la prési-

| dence du conseil eurent cette seule préoccupation à

EC Ce prestige mystérieux et permanent a, autant que sa 44 ‘flotte et sa ténacité commerciale, assuré la suprématie de Dineieiee dans toutes les questions pendantes.

, S'adapter subsiste. Ce qui ne peut s'adapter s'élimine. Car un peuple, Comme un individu, a un tempérament % réfractaire à certains remèdes et enclin à certaines ten-

chose étrange, l’homme d'Etat anglais, whig ou tory,

- nons pas deux fois de suite aux mêmes, Celui qui exige

Donc, depuis 1874, l'influence anglaise, jadis prédominante, a trouvé chez nous une Hoale redoutable dans

contrer, dans les diverses formes de notre activité natio-.

notre organisation militaire se rapprochât, sur beaucoup

. «Que pense de moi le cabinet de Londres?... Quelle ‘4 idée se font de moi Disraëli, Sac Rosebery ou Sa- ;

force, puisqu'elle est l'empire de l'électricité. On &$ assez que sa marine marche à pas de géant et que les pro

Birmingham et l'article allemand envahit Paris. I n'y a guère que dans la mode masculine, le vêtement, la

le modern-style ait fait son temps, que le mouvement issu des préraphaëlites et des esthètes, de leur habileté. draperles étoffes, à mêler les styles et à affadir les cou leurs aboutisse à la confusion et à la bizarrerie.

des bahuts en forme de pains, des pupitres à tête hu

comique | Eteignez-vous momentanément, Ô sep nil m

tient la corde. À tous les: nie de vue elle pe

grès incessants de la Germania dottanté préoccupent vi vement l'Angleterre. C'est au delà du Rhin désormais qu l’on ira chercher les modèles de chantiers, cuirasses e tourelles armées. Il en est de même quant au commerce. La marque made in Germania épouvante Manchester et

bonneterie et l’article sport que l'Angleterre soit inexpugnable. Pour ce qui est du mobilier, il semble bien que

ch

Nous en avons assez, je crois, des fauteuils où l'on n peut s'asseoir, des tables losangiques à dix-huit pieds.

maine, des assiettes découpées en sphinx et de la verre rie symbolique où transparaissent des vers de Baudelair ou de Rossetti.-Là, comme ailleurs, l’outrance a tué l'ori ginalité. On se lasse vite de manger dans une salle ver d'eau sur les papiers et tentures de laquelle s’entre-. lacent des anges et des laboureurs, des Saint-Graal et : des potirons. Trop d'intentions et de significations ne … conviennent pas à l'usage quotidien. À nous l’acajou, la” bonne vieille chaise française et les tables rondes L dites de « famille ». Excuse-moi, grande ombre de R Ruskin, déformée par tes admirateurs et devenue un. peu |

in, de | jrs ue gaie 1 olutionniste sortie “ta travaux du LE Dar- ns

Cr

#7 ne ufpuithe el de prétentions infinies, Elle ati faisait l'esprit à bon compte, remplaçait la réflexion et. le laboratoire, démontrait l'univers en trente lecons.Je me rappelle notre maître Burdeau nous dictant, de Fan si accent sans réplique : « Grand À : origine de. l'âme... Petita: qu elle n’est pas distincte 4 COTpS.. : BeHE D: opi- nion des évolutionnistes anglais. | ha “ Aujourd' hui, l'opinion des nes anglais Ar cessé de nous intéresser. Il n’y a plus guère, en France, ; . un seul élève d' Herbert Spencer, M. Clemenceau, au- | teur. du Grand Pan - — ran-tan- plan - — où sont dévele Lee l'origine du monde, le sens spiroïde — si j'ose le direisr du progrès et la source des sentiments primordiaux. sk En quatre cents pages, pour trois francs cinquante, on gait comment tout est arrivé. Il n'y a plus à y revenir, On

ale bon Dieu dans sa poche.

#En revanche, voici Frédérie Nietzsche, dont contra- : ‘diction brumeuse, le lyrisme cruel, l'humour empoisonné et l'analyse sans frein supplantent, même chez les snobs, le fanatisme pour son ami, puis ennemi Richard Wagner. Au moment où j'écris, l'infortuné Richard Wagner a | perdu la moitié, sinon ‘A trois quarts de sa couronne, tombée dans le Rhin avec ses dieux, ses gnomes, ses : ondines, ses géants et ses indigérables livrets traduits 6h: - nn SE « De toi, Ô guerrière, pourquoi ne ei la

nte d'Andersen qui avait \ vu, , enfin, que We Roi était HE AE D à nous osons avouer lefrayanis féenes que laissent At

dans la forêt qui meurt. Nous ao un oiseau véri- ; table, que submergera moins la symphonie. vi Georges Meredith mis à part, la littérature anglaise 4 est, depuis vingt ans, absolument muette. On a bien | essayé de nous glisser, ‘dans la pacotille, Rudyard Kipling. Mais nous sommes devenus malins et nous avons de la résistance. | A Dans le vaste royaume de la science aussi, nous nous sommes assez bien tenus, nous sommes demeurés autochtones. Sans doute l’ Allemagne nous a, par l’entraînement, imposé quelques-unes de ses méthodes d’érudition, son scrupule critique, ses systèmes de force et de coercition dans la thérapeutique des maladies nerveuses; mais nous avons gardé, dans l’exposé et la dialectique des idées générales, une prééminence pure de tout contact. La science anglaise se tait, comme la poésie anglaise. … Nous ne saurions prendre d’ inspiration làoùiln'y apas de modèles. 4 En somme, ce rapide résumé nous montre que lin-

fluence allemande est, chez nous, depuis l’année terrible,

supérieure à l' influence anglaise et que, depuis quelques années seulement, l'influence allemande est, elle aussi,

en voie de décroissance. Nous nous révélons à nous- | mêmes, un peu plus chaque jour, dans tous les do- : maines ; nousreformons, lentement et pièce à pièce, notre

personnalité commerciale, industrielle,artistiqueetscientifique dissociée à la suite de la guerre. On peut consulter … avec fruit, à ce sujet, l'enquête récente de M. Jacques Morland. > 8

C’est, je crois, le propre des nations latines et catho- … liques de procéder ainsi par alternatives de lumière et d'ombre, de grâce et de sécheresse, par phases d'ascension et de déchéance. La race anglo-saxonne et germa- … nique et la religion réformée imposent un autre mode « d'évolution. C’est pourquoi de celles-ci à celles-là, en à

relative à l'intégrité de la Chine et au respect de son.

: : moins de réconfort, venant d’une nation qu'on ne précisé

ss d Le Le Dès que la vuerre effective a éclaté, avec L brusquerie: 4 ; que l’on sait, entre la Russie et le Japon, les observateurs renseignés se sont demandé aussitôt quelle allait être ‘ l'attitude de l'Amérique. Quelques esprits aventureux, et que nous voulons croire malintentionnés, présumaient | que le Japon, pour être aussi hardi et intraitable, devait

avoir recu des assurances, Sinon de renfort, tout au

sait pas. Depuis, nous avons eu la note circulaire de M. Hay, parlant au nom du cabinet de Washington,

entité administrative. Note bizarre, ambiguë, pleine de 3 périls, que les chancelleries européennes cherchent à à

« clarifier et simplifier », lisez « à éluder » actuellement, | D puisque la Mandchourie, théâtre de la guerre présente, doit rester forcément en dehors de la neutralité Chinoise. | 2

Derrière cette note de M. Hay apparait nettétent l'h 14 tention d'enlever par avance à la Russie les avantages qu'elle pourrait tirer demain de la lutte, de rendre vains ses sacrifices en hommes et en argent.\ Une pareille dé 1%) marche, située en dehors des usages, tout en ayant l'air

de s’y conformer, FOTERE une Lois, de plus de

ia du débat. Pétébnnellemient je n'ai que ration, je l'avoue, qu le formidable 1 pets |

d ouque qui meut cette masse é gigantesque, pour la ténacité, la perspicacité, l'intrépidité dé ce représentatif président Roosevelt en qui toute une race peut se mirer avec orgueil. Au déploiement d’ardeur virile que ent Américains, ii dde la grâce et.

| ées, qui S’ Autétéseent ï tous les gts, sont là parure d'e un Ne peuple de conquête. | C'est donc cette éventualité de cotquété seule que j'en= isage e et que je convie mes lecteurs et concitoyens a considérer sérieusement avec moi. S'il est vrai que, dans le temps moderne, la nécessité de vivre, de s'étendre et : de: commercer mesure la convoitise militaire, s’il est vrai que les armes doivent nécessairement, dans un laps détérminé, succéder aux ballots ét cargaisons pour faciliter leur écoulement et leur passage, l'Europe serait une o vieille folle de ne pas examiner d'ores et déjà les mesures de défense et dé préservation que commandent l’entre= k prise et les grands rêves des, us sujets du Pete : Roosevelt. À Rennes, est manifeste et sans ménagement: de

D Cpésbion de Ja ne 4 Béharia: qui a mis les chips à “ose en Lo du accompli. James Monroë, d

7 rique. Cette doctrine de Monroe fait des petits à à dents de rnassiers. Force nous est de reconnaître ici, adaptés u besoin de vitesse contemporain, les principes de la ma nière bismarékienne. En deux HAE et AU Mouve=

texte de ne et s'annexe la part. qui lu € vient At) Dr Les richesses conne lient accrues des États TA à autorisent et appuient toutes leurs prétentions. Cette … archi-milliardaire nation n’a plus d'autre frein que l'Océan. Elle y embarque aujourd’hui ses grands rêves. Si l'idéal de l'Angleterre est l'océan Indien, lac anglais, celui du second rameau anglo-saxon est l'océan Pacifique, lac américain. La politique d'expansion coloniale, la politique d'empire moderne, qui procède au partage de la planète, réclame impérieusement et impérialement les | routes de la mer. C’est sur ces routes, incessamment parcourues, que la métropole envoie ses marchandises, les missionnaires de son commerce, de ses tournures d'esprit, de son langage, les répondants et les garants de son énergie. Ces routes sont ses bras et ses muscles. Elles sont indispensables à son activité, à son avenir. Ces chemins humides de ip sont les conditions de sa durée. ne C'est cette politique de la mer qui donne une telleim- portance aux moindres îles, aux plus petits dépôts de charbon. Tout peuple qui ne se meut pas s’atrophie. Plus ce peuple est riche et pléthorique, plus son champ d’acti- 1 vité doit s'étendre. À cette heure, des milliers d'Américains de toutes classes et de toutes professions cherchent | ; sur la carte du globe les débouchés, les havres de ravitaillement, les ports de pénétration qui autoriseront de fructueux hinterlands. Car celui qui à un droit sur quel- o ques lieues de côte, acquiert un droit consécutif sur le: terrain qui succède au rivage. Le retour périodique des. mêmes combinaisons humaines et conquérantes nous ramène aux migrations des Phéniciens; nous essaimons par les comptoirs. à Cette formule que je réitère, parce qu'elle est tr de sens et de menaces, « l'océan Pacifique, lac américain », ce desideratum maritime et géographique vous expliquera présentement bien des choses. Le Japon est …

a que les metteurs au point, les ne de 7 pop politique d'empire. Les grands capi-

\ En done d'une telle impulsion, dune convoitise

a ssi bien définie, de moyens de réalisation aussi sûrs,

Les occupations que je viens de passer en revue

. hantent les cerveaux de tous les conducteurs de peuples. L'Empereur allemand, qui dit avec tant de fierté

«notre avenir est vers la mer », est renseigné sur l’étene due du péril américain, tout comme peut l’être l’amirauté

anglaise, tout comme l’est, mieux que personne, le Tsar.

Devant de semblables problèmes, les chancelleries

de

voie de croissance, comme l'Amérique, une race que ses lisières de la diplomatie et des traités. Ses engagements

6 ses vaisseaux neufs, à l'assaut du monde. :

d'Europe devant cet inéluctable adversaire. Nul ne sau- ” rait encore prévoir les surprises de cet engagement de

nt confusément qu il y à là comme le stade préliminaire un état nouveau, comme un avertissement à l'Europe. jus nous attendons quelque chose qui est dans l'air, elque démarche significative dont la note circulaire de

à sentent leur impuissance, aussi foncière, j allais écrire aussi risible, que celle des congrès de la paix et autres palabres humanitaires. Une race intrépide et qui est en

milliards poussent au dehors, fait éclater toutes les faibles

: Je suis persuadé, pour ma part, que de plus en plus, par la contrainte des faits, l'union va s’ imposer aux États

mêmes n’enraieraient point la fatalité qui la lance, sur

emière ligne entre la Russie et le Japon. Mais chacun

M. Hay n ii que l'essai, 1e. Ahtunaes ( Arthur qu'est la guerre, et les plus per.

la Corée par le Japon, l'abandon de la Mandchourie par les Russes deviennent, pour les États-Unis, . des préoccu-

vers New-York, assez soucieux de l'atti | it adopter, brusquement ou progressivement, les. Fi

maîtres du Pacifique. Pt te

Voyez la gêne et l'anxiété de la Russie qui à besoin, pour ses flottes de secours, des routes de la mer, AA passages de la Baltique et de la mer Noire, qui reconnait un peu tard l'urgence de la politique d’empire, à laquelle ses voies de communication terrienne, ses immenses. chemins de fer ne servent point. Les États européens È seraient atteints de délire, s ‘ils entravaient la libre circu- ne ï lation des croiseurs et cuirassés russes se portant à | l appui de l’escadre du Pacifique, car ils ne feraient ainsi.

- qu ‘encourager. les espérances des États-Unis, que délabrer

la puissance qui, sur l’autre rive du grand « lac » con= dt voité, lui fait contrepoids. ë 4 Quand un pays comme l’ Amérique esi lancé dans | une. | telle politique, il ne peut plus s'arrêter, le voudrait-il, et. les événements qui se succèdent dépendent non plus du hasard ni des circonstances accidentelles, mais bien de la continuité, de la connexité de ses visées. L’ occupation de

pations obsédantes, que les Japonais interprètent, ira. duisent à leur manière et selon leur barbarie particulière. ; Autour des belligérants, les flottes européennes s'oc-. cupent fiévreusement à préserver la neutralité. Qui nous. dit qu'un jour ou l’autre une flammèche, partie du foyer central ettombant sur un vaisseau des neutres, ne pros #4 pagera point l'incendie malgré les efforts des pompiers ?

Voici donc cette chimère des États- Unis d'Europe, qui faisait sourire les diplomates, en voie de s imposer aux 4 peuples rivaux, non plus comme utopie, mais comme . nécessité vitale. Ne doutez pas que les visites royales, “4 les tentatives de rapprochement, d'’oubli d'anciennes à querelles, les essais de concorde intereuropéenne, qui se. manifestent depuis quelque temps, constituent moins |

ar un grave péril. Les races cherchent Re

and June d'elles, par son expansion etses

ètem nts, menace toutes les autres à la fois, elle 1 e Le contre elle, elle faite passons au

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