‹ La France en alarmeChapitre 47 sur 79 · ÉDOUARD DRUMONT · texte numérisé non relu

ÉDOUARD DRUMONT

La personnalité des polémistes, même célèbres, est toujours partiellement méconnue. La brume du combat les environne. C’est ce qui m'autorise à pes anous d'hui d'Edouard Drumont. |

Edouard Drumont fut un ami de jeunesse d Alphonse Daudet. Je le connais et je l'aime depuis ma toute petite enfance. Sa personnalité valeureuse est mêlée à mes plus chers souvenirs. L'accent si humain de sa voix, de feu de ses regards me sont chose douce et familière. La suite des jours et des heures m'a appris à admirer davantage mon grand ami et à le comprendre mieux àmesure que s'étendait ma culture. Mais pour ce quiest de ma joie à le retrouver, à converser et discuter avec Lui, j'en suis demeuré à mes impressions déjà lointaines, à Ë hospitalière terrasse de Champrosay d’où a vue 5 'éten-

des causeries, on tout le domaine moral di lecnet et a cœur. LITRES J'entends le rire de mon père assis, sa couverture sur les genoux, sa petite pipe à la bouche; de temps. en temps il la retire, l'écendre et l’inspecte d’ un œil attentif; st sur son sérieux visage incliné passe la lueur rose du crépuscule. Edmond de Goncourt marche à see pas, ! fa

Hola d’un ton armonen es ént, in conte une légende de la vieille Provence; Drumont le guette avec un sourire d’'admiration, heureux de constater, à la source même, les forces vives et RE de la race. ee

La race. Elle est le génie du pamphlétaire comme elle est le génie du poète. C’estelle, c’est son miroir tendu qui reflète le maigre visage de Don Quichotte et le gras

es leur indignation, la libèrent à côté de la vie, en et: ont du drame commé dore de us fantaisie

} DAT Tr ce qu 'était notre pays en 1885, Sn

tronquée. Le Youtre insolent régnait partout. Il menait + 5 en toute sécurité, insultait les prêtres, les sœurs de cha- rité, les écrivains conservateurs, imposait sa philosophie ‘. matérialiste, son jargon stupide, son aplomb de bouc,

dans les salons aristocratiques. La France, dans son ensemble, ressemblait à une de ces représentations de gala à l'Opéra, où les meilleures places sont ace po

aux étages supérieurs, près du lustre.

ions de Sancho, Los allégorie de Gulliver, la fièvre |

Panurge. Il est deu sortes de satiristes : ceux qui sym-

Du de la France Juive : le pâturage de la race

’opinion et le Parlement, ravageait la fortune nationale

son odeur. Il trônait à la Bourse, dans les Re .

Frs CM

re lente, cri d'un cœur captif, d'une poitrine longtemps

uni tatdiér hébraïque, le jacobini avait trouvé là son terrain de choix, ferment.

ie one Un éclai de vérité dé l'horizon. ne livre vengeur venait de paraître. Livre de jugement et à d'histoire, tout resplendissant d’une colère lucide. Livre fatal, OIt par la circonstance, élaboré par l'oppression

contractée, d'une conscience qui n’en pouvait plus. Livre audacieux et divinatoire. Il se levait, parmi les esclaves tremblants et courbés, un maître du style qui brisaitles chaines. Un homme, enfin, n'avait pas peur ; il désignait à haute voix les maudits et les marquait effroyablement. Eveillée de son cauchemar, la Gaule se souleva, pesante bn encore, les paupières lourdes, les yeux embués; elledistingua à son chevet, d’une manière d’abord difforme ERA 'doHEuse: les souilleurs, les empoisonneurs et les voleurs qui se répartissaient la besogne. Elle ne devait plus “SE rendormir. SAN Suivirent, à de courts intervalles, la Fin d'un onde, la A Dernière Bataille, le Testament d'un Antisémite. Drumont : marchait devant les événements, d’un pas victorieux,assuré, tranquille. Il prédisait puis allait plus loin et, derrière lui, tout s’effondrait dans les formes annoncées par ce son verbe et selon des ruines précisées. 2) Il avait dit : « Le Juif vous ruine. Petits boue à | paysans, attention ! On vous leurre avec de grands mots, uné facade de démocratie mensongère. Vous êtes pros des faiseurs d’ affaires aux ordres de la race Re

de ses constructeurs, les trois nie Fo Re de Reinach, Cornélius Herz et Arton dit l'intermédiaire. 4 Mn: La Dernière Bataille, parue en 1890, deux as

« «Le Juif vous trahit : il est un ani-

avait ait:

le !de ce Cut le fait ricaner. n in vos nces | pour des préjugés, vos enthousiasmes pour cs Le mot de a n'a pas de sens pos lui,

que, dés on DA à un formulaire étioat n se

: er. me £eite Dre nier pour ses prospectus financiers.

“Hlantét sibrhalt lubaire Dreyfus, puis le ministère

dal, l'avocat Waldeck plaidait la cause contre la France. Toute la Juiverie, Reinach en tête, marchait à fond, comme une seule truie, contre cette armée que nous adôrons, cette religion qui fut celle de nos ancêtres. La anaille de l'or et du chèque prétendait nous imposer son

voulait plus entendre parler de guerre, de revanche, de frontière, ni même d'expansion coloniale. Elle nous re-

de prier: Elle nous vouait, à tout jamais, à la politique dela Maçonnerie, dela Banqueroute et de la Trahison. Nous ne pouvions plus contracter d'alliance sans Re - risation de la Haute Banque.

d pates eb de pores déclarèrent qu il était un pour et une correction peut. être excessives. an

on peut affirmer, sans forcer la note, que la ance it UE vomnit le Juif. Partout sue por où

ju premier au cinquième et de ke Dre aux Rotiéeus He fureur, identique et SAS gronde, bouil-

des souillures. Suivant l'admirable parole d'Albert Van- ve

talmud, sa loi nomade et corruptrice. Cette vermine ne

fusait le droit de nous battre. Elle nous refusait le droit

A ce moment, ceux mêmes qui taxaient jadis Drumont

morés, les cu ni Or, ee que un te génie Révélateur, il faut bien qu’une. pareille haine, pour

faire ainsi manifeste, soit nourrie par les circonstances.

Oui, certes, l’auteur de La France Juive a été, dans ee pays, un prophète. Et ce n'est pas fini. Ecoutez-moi, vous. qui me lisez et savez bien que je n'ai aucune mauvaise raison, aucun grief personnel pour vous parler comme je vous parle : cela ne fait que commencer. Dans le danger, 4 le Juif perd la tête. Il voudra remonter le courant, lutter. contre l’irrésistible. Il ne fera qu'entasser les gafes, les insanités et les crimes, que creuser l’abime entre lui et nous. Les temps de l’ aveuglement sont révolus. Le voile

d'Isis est déchiré, qui nous cachait le louche sanctuaire.

Chaque outrage à ce que nous respectons sera relevé désormais d’une main robuste et implacable. Sur notre. sol nous serons les maîtres. Déjà, comme pour la mort de César, les chiens et les oiseaux donnent des signes. Edouard Drumont, et ce sera sa gloire, nous aura appris à lire la vie contemporaine, à deviner, ‘derrière la parade et le boniment, ce qui se passe, au fond de la ba: raque de, foire parlementaire, entre Israël, Cartouche et. Homais. C'est Israël d'ailleurs qui mène ses deux compères, qui les commande et qui les münit. Pour quiconque connaît bien La France Juive, les événements de ces dernières années sont clairs, netset compréhensibles. Tant de faillites et de hontes, une dégradation si rapide

sont le fait de la race de Sem, de sa mainmise sur notre .

commerce, notre industrie, notre politique intérieure et4 extérieure. Notre légende était prisonnière. Le Directeur de La Libre Parole l’a libérée. Ce que Taine fit pour ie jacobinisme et les crocodiles d'autrefois, il l’a fait pour | l'époque actuelle, avec une méthode aussi sûre. cs Car ce pamphlétaire est un érudit. Celui qui s’est ainsi 7

lancé tout seul, voici quinze ans passés, dans la bagarre, … est sorti, tout armé, de sa bibliothèque, de la vie la plus modeste, la plus paisible, la plus studieuse qui soit. Les Se trois passions secondes de Drumont sont, après. son Fe

Échôn, qui uit l'Httotre. de Va si . unie des

boues à face humaine, des manieurs de l'or et du fumier, et des Francs-Macons à leur solde ne lui avait rendu l’âme opprimée, la retraite amère et le silence intolérable. Il était de ceux qui de bonne heure ont mâché l'herbe de véhémence, laquelle rend toute iniquité odieuse, toute Jâcheté inadmissible. Il était de ceux par qui les ancêtres suscitent une descendance avilie et morne. nil était du 1 on des vengeurs. a Sa voix forte et bien timbrée fut entendue de tous dès

Le début. Il y eut là cette stupeur joyeuse qui marque

l'arrivée des héros et délabre à l'avance les monstres qu? ils vont combattre. Comme dans la fameuse toile du Carpaccio, le dragon juif, installé dans l'ossuaire de. France, rongeail à pleins crocs un charnier de victimes, quand apparut celui que la tourbe hébraïque traitait mérisamment de « petit journaliste ». On peut dire que le petit journaliste leur donna un joli fil à retordre. Ah! peuple de Judas, pauvre peuple ! Ignoreras-tu toujours ceux au milieu desquels tu vis, détesté, puant et hilare? Ne comprendras-tu pas que cette bonhomie francaise, qui condescend parfois jusqu'à la veulerie, est suivie de redressements terribles et que tes relations, tes alliances, ni tes chèques ne te sauveront d'une juste vengeance, pete forgée et rejointe ?..

Que vous dirai-je de l'écrivain que vous ne soyez à :

même de constater chaque jour. La vigueur du style e

de Drumont se relève d’une sorte de familiarité épique.

Sa colère se meut, comme celle de Saint- Simon, à travers üne richesse. verbale étendue et nombreuse, un réseau l'images simples et vives qu'elle arrache en passant, pour franchir. C'est une colère venue de loin, du seizième siècle par la verdeur, la foulée des grappes satiriques, le ferment HsDisque et ARHNER une colère ressai-

et le grand romantique Barbey dAUrR fils du rêve.

homes et bien due chez nous pin De cide et tranchante. Elle ne fatigue jamais, « car, par elle consent à rire, comme riait Jupiter dans | Olymp l’occasion d’un tremblement de terre. Elle s’apaise, arri- : vée au but, puis, la main pendante au long du glaive, Fe considère de haut, avec une chrétienne indulgence, ce Le nemi terrassé et écumant. . Dr : 2 L'éloquent pamphlétaire de La France Juive m "appa- à rait, dans notre littérature, comme fort supérieur à ses émules. Hello se projette trop dansl'abstrait. Il raffine en dehors du monde. Veuillot est sujet fréquemment à une crispation sèche et voulue, dans la manière du dix- ee tième siècle, sans la maîtrise de cette grande époque. Blanc de Saint-Bonnet enfin se complaît dans ses belles périodes jusqu’à une redondance harmonieuse qui tient du prêche et de la dissertation. Je mets à part Joseph des Maistre, merveilleux tacticien desidées, mais qui mène une Campagne glacée dans les soirs de Saint- Pétersbourg, :

et de l'invective. :

* Il y a chez Edouard Drumont, comme on Mohaer cher: to les réformateurs, l'abondance plébéienne jointe au goût aristocratique du terme juste et solide. Son verbe a une : fraternité, une moiteur. Il se fait aimer en convaincant. FH vaticine à à la bonne franquette, sous forme de causerie. I a sa main sur votre épaule. Ceux qui ont le privilège de son amitié savent à quel point chez lui l'homme et lauteur coïncident. Causèur exquis et renseigné sur tout, il, fuit la EE comme la pere Ce me défublant 4

des amis et qhi ne donne que de sages conseils. Modéré et intrépide, voilà les se termes qui définis-

tée par hi. s'acharne vainement à dépeindre comme un. > énergumène. Je souhaite aux Juifs, le jour du règleme t: <

on

4 le

de comptes, DV comme président du tribunal de

dk \S k EL Ter

gnettes "4 1e: te:

s di Ye

OA

à L'ARGENTIER 2

M. Maurice Rouvier possède une si merveilleuse capacité financière qu'il donne l'impression, à ses amis comme à ses ennemis, d'un homme, RhIGAS RER PA à lant, capable de tout. °\ dr Ilest l’Argentier incontesté etindispensable régime. | C’est dire qu'il en sera, vraisemblablement, un jour ou l’autre, le fossoyeur. Il est, d'autre part, le grand agent | de change et de courtage de la Juiverie. Il paraît disposer pleinement de la confiance du Roi-Fumier, et vous savez que les princes d'Israël et les barons de Waterloo ne placent point celle-ci à l aveuglette. Il accomplit, en collaboration avec son souverain, avec le maître effectif de la République, les opérations les plus sournoises et les plus ténébreuses de notre temps. Ceci le rend à la 10186 suspect et vénérable à ses collègues. - | Tandis que d’autres, comme Jaurès et consorts, dan-\ sent et trépignent sur le devant de la baraque, s'époumonnent à jouer de la trompette el à ameuter les badauds, tandis que Loubet, au concours d’enseignes, obtient le grand prix Elyséen pour Au f'inaud de Montélimar entre son chien, sa pipe et son garde, tandis que Waldeck plaide et navigue, visite les rois et les empereurs et noue au loin les intrigues, futures, il y a dans le fond de . la boutique les compteurs de recette et les MÉAUES en. =

Ie ai 1 Ra Au premier us de ceux-ci : fonctionne et agit Maurice Rouvier.

… Ilest de la race dangereuse qui ne tient pas à la vedette. Il se moque de toute préséance autant que du ‘‘qu'en dira-t-on? ” . Les puissants réalistes sont ainsi. Il a subi tant de Jâchages, tant d'abandons, tant de trahisons, depuis qu'il faconne et pétrit la boue parlementaire, que rien dans l'apparat de l'assemblée, nihonte ni gloriole, ne peut plus l’émouvoir. Un mot d argot . exprime cela. Il est « blindé ». ; Il connaît tous ceux qui l'entourent, qui le AU te et dont il joue. Dans cette extraordinaire étude historique, Leurs Figures, qui met mon ami Maurice Barrès sur le même rang littéraire et de pamphlétaire que Saint. Simon, lisez la page immortelle où l’Argentier nous est montré faisant tête aux chiens, lors de la fameuse curée panamiste du 20 décembre 1892. ne . Rouvier est cité sur les chèques. 11 monte à la tribune Fe et s'écrie dans un adroit délire de franchise: « Oui, je . n'ai pas trouvé dans les fonds secrets, pour les appeler par leur nom, les ressources dont j'avais besoin, et Ja fat NS appel à la bourse de mes amis. Quant à ceux qui m'inter- | rompent, s'ils avaient été PR défendus et servis, peut-être à cette heure ne seraient-ils pas sur ces bancs. » Cela est d'un beau cynisme débraillé et cela ne déplait point. A côté d'une larve comme Antonin Proust, un tel Jutteur dut faite bon effet. Barrès ajoute : « Sans doute il sentit la chute complète, car longeant, pour regagner sa D piace. le banc des ministres, il leur dit : ‘ AU os à VOUS N’ALLEZ PAS ME FAIRE COUCHER A MAZAS.

Vous comprenez que, quand un gaillard de ce de rament a passé par une telle suée, qu’il est remonté sur sa bête financière parle poil raréfié du budget et que, dix. ans après, ilse trouve de nouveau ministre et. s’ ge, 1

appelle ‘ une personne avertie” et ne se done ae Fi.

C est ce qui, Ne ce. régime, DA la tu eur ‘de l'a Rien n’y peut tuer les énergiques. Il y a dix ans, chat s’accordait à considérer Rouvier comme fini. C'eût é vrai s’il avait été un leader de parade, un héros de déco

€ Fi une pièce montée. Or, il était une pièce peu démontable,

une vis, une cheville ‘essentielle du mannequin Macçon-. nique à tête juive qui domine le champ du gogo francais.

Il fit le gros dos, reçut la bourrasque, amorca des entre- >: |

prises particulières, histoire de garder le contact et de ne. pas perdre la main. Aujourd'hui notre débrouillard, notre Samson des colonnes de chiffres est déjà acceplé comme

le chef de la prochaine combinaison ministérielle.

C'est le secret de polichinelle que les jours de Combes.

sont comptés. Maintenant qu'il a fait sa vile besogne, on.

n'a plus besoin du mauvais prêtre. C'est un outil sali 0 démanché qu'on jettera demain dans le trou où fermen-.

QE

tent les déconsidérés, les déchus et les périmés. D'autre 2

part, le Roi-Fumiér et les Barons larrons ne souhaitent

pas que des imbéciles, par simple fureur anticléricale, purgent la France de tous ses capitaux disponibles et. LA ainsi saccagent leurs récoltes. Larace tronquée veut bien asservir la race française et tuer en elle toute initiative.

Mais elle exige qu ‘elle donne de l'or, que la tonte coutu=

mière ait lieu en temps opportun. Que ferait- elle d'un

peuple définitivement appauvri ?

Voilà pourquoi Rouvier sera. prochainement le FE

veau préposé par Israël à la garde des grenouilles parle-

mentaires. Voilà pourquoi les vieux rongeurs du grand”

ghetto ont modéré la chute de la rente. Ils ont pris un.

gage en échange, et ce gage est la remise des affaires, de toutes les affaires aux mains expertes du levantin. Je dis ‘* du levantin ”, car l'Argentier a bien l'aspect

d'un portefaix embauché à Marseille comme gas à tout

faire et à tout tenter. Grand, massif, voûté comme S'il

portait la balle de son passé sur son dos, il tangue et

roule ainsi qu un corsaire descendu à terre pour la dé-.

bauche un soir. On sent que, sa besace à nouveau rem

plie et ses appétits soulagés, il reprendra la mer sans.

1 aut un fameux ne 0, devenir commis de

Us és, ontun fau étonnant. do : je renconiré + je Songe à l’antithèse de cette masse de chair ent violente, que mène et bride un esprit de congestif derrière un guichet doit apporteràses 5e à ses Poe à ses Ares une

ne masque d’ écumeur ést poiaué sur un . se | farci de us dé Rue et d os Ce

RSR aux onu que Hate n est pas mort, comme son ancêtre barbaresque de jadis dut an- . noncer que Pan était mort, il à beau cambrer ou accen- VEN

: de Goya on sent qu il n arrivé. pas à à se N idée et qu qu | | 4 trop-plein bouillonne en lui. Il est guetté par le scandale.

4 sent je qu iltienne tousses auditeurs étlessecouedeses Re bras trop longs. Au reste, c’est le cas, et les nouveaux, ue ic bleus ” , considèrent avec admiration cet ancienque ‘adversité a apu abattre, et qui jongle avec les milliards. À maintes reprises, de connivence avec ses maitres, He 3 se donna des airs héroïques et: sauva le marché. Quand ©) ( produisit, ils ÿ a quelques années, l'aventure du Comp- nt ir d'Escompte, il réunit les chefs des principaux étaissements financiers, leur démontra à quel point leurs par ntérêts seraient lésés par une déconfiture complète, les | suada et empêcha un désastre. Il était là, et magnifiment, qu son rôle d’ SAGE ressource, de dernière

re ÿe

LAD2 à IS RUN TS LAN 9 AND EST 5e

Vous comprenez A AbR que, pour 1 un pareil m: nœuvrier, les compromissions antérieures ne compter

pas. La situation fiduciaire de Maurice Rouvier est présentement telle que, s’il paraissait désespérer, le régime tout entier s’effondrerait, Au moins ce seraient un aléa et un malaise où les pires excès seraient à craindre. Car la France supporte les exactions morales, mais le jour où

les intérêts seraient trop vivement, trop immédiatement menacés, le jour où la dégringolade continue de la

rente présagerait la banqueroute, ce radeau pourri des parlementaires de la Méduse disparaîtrait dans un cyclone.

On dit un peu partout que de grandes inquiétudes et de

vastes soucis plissent actuellement le front audacieux de Ds l'Argentier. S'il en est ainsi, il ne fait que traduire l’in-

quiétude et le souci de ses patrons de la Haute Banque. ; L'alliance avec le socialisme n’est pas une opération de

tout repos. Le moment où les farceurs seraient débordés so par les sincères marquerait le brusque divorce entre l’in-

ternationale des riches et les meneurs de l’internationale

des pauvres. Le Roi-Fumier veut bien de Jaurès, mais il ne voudrait pas de Guesde. Des larbins, soit, mais pas de gêneurs. L’ascension brusque du prolétariat jetterait,

n’en doutez pas, Israël dans une réaction violente et armée. C’est pour le coup, mes chers amis, qu'on ne cra-

cherait plus sur les militaires. 2

En dépit de ces perspectives, Maurice Rouvier m'ap-

paraît plutôt comme l’homme d'un coup de sang que comme celui d’un coup d'Etat. Non que je lui eroie aucun scrupule. Il a la cruauté inconsciente de ceux qui ‘ chiffrent ” continuellement la vie humaine, en tout envisagent la valeur et l’équivalence métallique. Mais il est fatigué, las de la lutte, incapable de réveiller belliqueusement en lui le vieux pirate ancestral. Et «c’est tant mieux. Il serait déplorable que celui qui a commencé en vaudevilliste du Palais-Royal, finît en traitre de Re bigu.… hébreu.

coursintitulé : Action républicaine et sociale. Ce remar-

ï de le ne même où paraît de lui un recueil de dis- : Fe

our is ne nous en voudra pas si nous :

ES et, hu du tbe. F4 ( FN __ : Décidément, ces fameux tacticiens du parlementa- ; risme ne supportent pas la lecture. Qui diable s’avise-

rait d'ouvrir aujourd’hui les tomes ennuyeux et vides où

querait à troubler le vaste silence de ces catacombes, où retentirent jadis tant d'échos. Dites-moi où, en quel pays, sont les palabres de Jules Ferry! Or voici le troi-

sième mannequin de la troisième République étendu

des caractères d'imprimerie. Comme tous ces tapageurs

et les boîtes des quais! Fe

; Nous ne supposons pas que l'Académie française S' avi-

isse jamais jusqu'à admettre en un de ses fauteuils ce.

pourvoyeur de Haute Cour, ce proscripteur gelé, cet

omme sans gestes ni vergogne. Si une pareille éven= nu : “jé é

sont figés les beuglements de Gambetta? Nul ne se ris- ; s

lui-même, les bras repliés, dans le cercueil prématuré ,

de l'actualité deviennent modestes dans les Roue .

écrivains dépend ile qui n re emploi offi

ni sinécure administrative et ne convoitent pas la roset B," avilie se chargeraient du « De profundis ». Mais au cas. où le parti de la servitude l'emporterait, il suffirait de quelques extraits judicieusement choisis parmi les œuvres du récipiendaire pour mettre aux esclaves le nez. dans leur honte. ‘ : . La pauvreté intellectuelle. celui qui ramassa le fouet dans le fumier Dreyfus, pour mener la chiourme de la. majorité gouvernementale, apparaît aux yeux de tous les

lecteurs. Comment se fait-il donc que ces pâles clichés,

que ces poncifs de développement, que cette argumen-!

tation sans feu ni lumière de l'avocat qui, selon le beau mot de Vandal, « plaidait là cause contre la France »,. aient déterminé un plan de combat, entraîné et main

tenu des votes, provoqué tant de polémiques ?

La réponse est facile : maître Waldeck- Rousseau | aurait peint à la tribune un de ces paysages où il excelle, la tête de son comédien préféré, le portrait du plus joli monsieur de la société, imité la sirène de son yacht, le chant du cygne Loubet ou le braiement assermenté de Jaurès, que le résultat final eût été le même. Le travail était déjà fait dans la coulisse, quand il abordait le guignol aux harangues. Ses palabres représentaient une

formalité, un usage courant. Quand il montait Le petit

escalier, son pas automatique etson visage. blafard montraient assez qu'il sacrifiait à une routine, # Maître Waldeck-Rousseau sait corrompre. IL à le flair du gibier à point. C’est ainsi qu'il fait la cuisine, dans une casserole bien étamée, relevant les manches de sa toge. Depuis le temps qu'il est aux affaires, qu'il fréquente les juristes et les sénateurs, les députés. et les! intermédiaires, qu’il jauge et pèse les. convoitises, qu'il : « fait la tare », dans les deux sens du mot, il a eu le loisir de se perfectionner dans le mépris de Lhumanité et l'art d’accommoder les restes de ConÉGIen Ge Le

Re LE

l nt lui contre une supposition déshonoil di avec l’accent du cœur : « Pourquoi l’eussiezen somme, puisque vous n° aviez pas d’ intéret

ieux eb qui peint le rêveur. For cet accou- Ca ie ti Re il n Les em que de

IÈTE a je son. nes abs qui ue. Fr ibe une L renchère, celui qui se reprend. Quand mourut, laissant un. Jourd ‘héritage, le fidèle Demagny, maitre Waldeck- Rousseau eut un re réel, ne 4 il ee là son

l le niveau Pt cu il a, au cours de sa FAR carrière, défendu des clients si/« maussades » ir employer une sorte d’euphémisme) et de si tristes intéet au trafic comme d'autres en Dieu et au drapeau. omme, pendant une séance sauvage, un député de

m En. .« pa mais ba n' : dat pas de are l»

voitise et accumule de la passion torve, Tout dilete du scepticisme devient, sur certains points, le pire pe le Ars sans rs etsans éclat 2: s ‘entoure

Celui qui ne croit qu'à Fhypocrisie, qui refrène incesment en soi la sincérité, fabrique forcément de la

e de ca nt bèe) 4 4e un qui se

rêts, que, généralisant son observation, il croit à Pachat

l'opposition pl be à son SE i: Hein, deux Lau 3

+ se

blement, c’est le pile de Trlysée, Les rusé : Loubet ie cela. Il a bien compris, le rusé Loubet, que l'entrevue accidentelle avec Guillaume IT Sur le fameux yacht en chocolat, que l’entrevue avec le roi d'Italie ne sont que les prolégomènes de toute une diplomatie ténébreuse, que l’art de représenter la France, sans permission et sans mandat, plus brillamment que ne peut le faire un vieux joueur de boules de Montélimar.

Il sait aussi, le subtil Loubet, que les affaires Hubert ne poussent pas toutes seules dans un parc aussi bien gardé que la Défense républicaine et qu'il faut cirer le Parquet, si l’on veut qu'il devienne glissant. Il connait le nom du frotteur, les projets du navigateur; mais il a dans sa gibecière de quoi répondre au Macbeth morne qui va consulter les sorcières en Norvège; et je crois que la forêt de Rambouillet va se mettre en route pour Dunsinane avant que les faiseurs de rois ne reprennent Le É chemin de Versailles. | 5

Nous allons assister à une belle lutte. Pour qui pariezvous, mesdames et messieurs ? Pour le matois du Midi ou pour l'homme sans gestes? Parodiant un mot fameux du sagace Clemenceau, je parie pour Loubet ou, à son. défaut, pour Fallières. Lord Macbeth demeurera tane de Cawdor, c’est-à-dire président du conseil éventuel, ce qui est déjà bien joli. Apprenez, monsieur l'insatiable, que posséder un dossier sur chacun de ses collègues n’est :

pas toujours le moyen de les faire marcher. Il devient ‘ aisément rétif celui qui eut plus de peur que de mal.

Je n'oublierai jamais l'attitude de maître Waldeck, dans la galerie des Bustes, le jour de l'élection de Félix Faure. Alors, il était candidat à la présidence, mais comme défenseur de l'ordre social et non, ainsi quille serait aujourd’hui, en qualité de protecteur des Juifs et des meneurs i collectivisme. Raynal, non Jaurès, ouvrait sa route. Il jouait sur le tableau de droite et pers encore sur celui d'extrême gauche. | F4

Autour lui, immobile, attentif uniquement à Le

s, comme autour d'un personnage

Mo

qu’ à fon escient, n cn point de sympathie inutile. “rai sa ie à son silence, à ses émissaires, à ses

0 RE le vent sec de l'âpreté ete Il était, comme Clopin-Trouillefou, le roi de cette Cour : des Miracles, et la vanité de sa fonction m n'apparut dans une lumière blessante.

À Quel métier, réfléchissez-y! Proscrire et persécuter sans haine, parce que l'on a besoin des voix des persé- cuteurs et des proscripteurs. S’astreindre à la fréquentation d’ imbéciles, de subalternes et de goujats, parce que ce sont les seuls qui gardent, dans la fortune, le goût des basses besognes. Etre un grand homme pour parvenus,

un puits de science pour ignorants, un épate- nigauds. Se donner par surcroît des airs d'artiste, d'ami dela mer et

de visiteur de musées. Jouer celui qui aspire au repos quand on aspire à la plus misérable, à la mieux rétri- . buée de toutes les fonctions officielles. Ne jamais enten= “5 Le une parole sincère, ne jamais serrer une Main qui ne

: pièce de vingt francs. Vivre, comme un paria doré, dans . un prestige de carton, méprisé par tout ce qu'il pa. de

fier et de libre dans son pays... Il n’est pas, à mon is, de pire misère, de plus De destin.

Page 1