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Er ee … flexions me NÉE EU en foule que je voudrais vous com- 7 muniquer.
Jde me rappelais d’abord les paroles divinatoires de
mon père qui le connaissait de longue date, qui laimait et disait de lui: « Un sceptique, Jules Lemaitre, allons donc! Pas plus que moi-même. Il est un merveilleux cri- tique. Il a la vision claire. Il sait déméler l accessoire et rire de l'accessoire. Mais voyez sa bouche si nette, et si
bonne, Drésque Candide 1e jour qu il tel, cette bouche-là trahit une âme d’ ap.
» Lemaître est parfaitement capable de ciao sa 43 4
à une idée dont il aura a après jugement, la: supé-
riorité sur toutes les autres. : a C’est la plus haute et la DU noble idée, après os 4
Vie
Dieu, celle de patrie, quis’est chargée de Falisér la prédic- ; é
tion d’ Alphonse Daudet. Elle a fait la somme de toutes les. puissances de finesse et de pénétration qui distinguent : l'auteur de l’Aînée et de Æévoltée. Elle a donné, au régime intérieur des aspirations et des images, cet ordre. ‘souve-
rain, cette hiérarchie qui conjoint la maîtrise du cœur à
alé del intelligence. Elle à mis l’écrivain en face
de ses origines, de la source de tous ses dons et elle Fu a.
tenu ce langage : LES « Je suis ta mère. Tu me dos tout. C’est de moi que tu
tiens cette clarté qui te permet de te guider dans da forêt des opinions littéraires et philosophiques, ce discernement qui s'élève au-dessus des humeurs et des modes, cètte sagacité avertie par laquelle tu échappes aux
tentations du préjugé, aux pièges du paradoxe et de da
révolte facile. Je t'ai confié l'ironie de mes meilleures provinces, où le passage pesant de l'Histoire a laïssé des
. marques directrices, des avertissements, des bornes, des garde-fous. Je t'ai placé dans ma meilleure lignée, celle és de Montaigne et de Sainte-Beuve. Je t'ai appris à bien
sourire et à t'indigner à propos... Maintenant, mon fils,
à mon aide! Défends-moi avec mes Pre armes, Ô Loi
que j'ai si complètement armé. » à Du moment qu'il avait entendu cet appel, ce grand ‘es-
prit, si juste et lucide et qui saît l’exacte valeur des mots, a
ne pouvait plus lui résister. Il y avait là désormais pour lui le double attraït de la beauté, car la patrie commande le verbe, et d'une tâche austère à remplir. Gelüi qu'on
croyait un hésitant, parce que dans chaque conflit d'opi-
nions il pesait sagement l'alternative, déploya soudain une énergie et manifesta une persévérance, dont ses
adversaires mêmes furent émerveillés. Tant 4 est vrai ,
Lu ouiee Sénat je | ules Lemaître était adorent préparé à ation de soi-même, au rôle glorieux que lui 7 destinaient les événements. Dans cette extraordinaire série d'études -qui fit sa réputation de critique, les Contemporans, ils attachaîit surtout aux écrivains qui mirent. au service d'une grande cause leur individualité et leur génie, à Lamartine et à Louis Veuillot, pour ne citer que ces deux-là. I les jugeait selon leur idéal, selon leur ligne de faîte, et par là se rapprochait d'eux, il échappait ce travers bien moderne qui traite la légende par l'ana- | lyse ‘etprétend nous dessiner un visage, sans ombre, en En A pure es : uns : tes se os . |
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de ii qui forment la cour dinde ‘da .
paria comblé. Le pitre en bâ, bâ, bâ, se tord de rire, attendant une décoration, et le ferblantier familier tombe à terre..: Regardez cependant, Ô Waldeck, votre actuelle situation à tous deux. Shui
Nous entourons d'affection Jules Lemaïtre qui n'a absolument rien à nous offrir. Nous l’admirons. Nous le vénérons. Il nous est un maître et un chef.
Vous, lâché par un Parlement qui n’a plus besoin de vous, étant assez grand pour se rouler tout seul dans la boue, renié par vos anciens zélateurs qui n’espèrent plus. de vous ni pâtée, ni Croix, ni prébendes, vous apparaissez aux yeux de tous, ainsi qu’un ambitieux gelé et dégarni: « Tu me donnes froid », vous dit la fortune. . Non, détidénent, mon garçon, Vous ne réussissez pas VOS aquarelles. 1e
Ce sera, devant la postérité, l'étérnel honneur de Jules Lemaiître de n'avoir pas-été un homme politique. Il a visé plus loin etplus haut qu'une intrigue de circonstance et d’assemblée. Il sait, mieux que quiconque, toutes les vilenies, tous lesreniements, toutes les concessions basses que nécessite le fait de « mettre la main à la pâte ». Par la pureté de son âme, la dignité de sa vie et l'envergure de son intelligence, il échappe à cette sale cuisine. Ila voulu généreusement restituer courage et confiance à ceux qui paraissaient s’abandonner, offrir l'exemple d'un sage, vivant à l'abri, et qui renoncçait aux temples sereins pour se lancer dans la bagarre. Le cri impérieux de sa conscience indignée l’a arraché à sa bibliothèque, à ses songes ornés, à son ironie. Cet homme, simple pt bon, marche à la lutte comme à un sacrifice allègre.
Mais que ses adversaires, qui sont aussi ceux de son . pays, ne s’y trompent pas. Il est d’un entêtement invincible. Il suffit de considérer son beau front, solide et. bombé, son droit regard, ses gestes déterminés; il suffit d'entendre sa voix, si humaine, si chaude et persuasive, j où chaque mot prend son accent et sa couleur, pour être
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ia secouez trop de vos langues avides. Vous la briserez tout à l'heure et ses morceaux vous estropieront. | «Union, avant tout, de tous les bons Français !... » pro- clamait l’autre soir Jules Lemaître. Sa parole sera écou- Stée él. Son: conseil sera suivi. La maison brûle présente- ment et les incendiaires sont à l'œuvre. Les sauveteurs n'ont qu'à les inonder, sans s'inquiéter des différences de parti qui nuiraient au salut commun. Une seule chose est certaine, dans le désarroi général : tout vaut mieux que ‘ce que nous avons. C'est par la Ligue du désintéressement que triomphera l'intérêt supérieur de la France!
Pour avoir compris cette grande vérité, Jules Lemaître à mérite autant LA lauriers qu s'il avait déjà la victoire.