ILE
meux ni capable d’intéresser beaucoup de personnes. Elle me rassura. Elle m'accueillit avec cette rare bonté.
dont elle possède le secret génie, âvec ce maternel sourire qui réconforta et releva tant d’âmes lasses ou débu-
tantes. Elle ne me fit aucune observation et'ne me pro. posa aucune correction, mais, au cours d'une pie | causerie sur les objets les plus ASeRsL elle m ARE avec -
ah la réputation de Paul amect elle ie :
he du succès et. de la ie RAI. ceux de 4
be où Fon ne Fate à londinane he refus a de ces maussades. | pour Son plaisir est de voir fleurir, d'aider au développe- ;l * ment des natures, de favoriser de mille manières l'éclo- sion d’une personnalité. Elle ne craint ni la nouveauté, . on ni l'étrangeté. Elle est plus hardie que les plus hardis. Seulement, elle enseigne à tous ces lois d'harmonie d'équilibre sans Ksquélles la plante pousse mal, s 'étiole et meurt.
17) dène parlerai : ici que brièvement du lettré merveilleux 0 > subtil qu'est Mme Adam, du prosateur poète de : Païenne, de Grecque, du Réve sur le Divin, de l'évocatrice si enfiévrée de tableaux d'histoire et de paysages. Cela ÉTÉ ‘entrainerait trop loin. Je veux surtout vous montrer la Francaise. ae Cette femme d’ une Culture encyclopédique et d’une in- 4 lassable curiosité intellectuelle, cet être d'imagination et : de rêve, cette voyageuse des libres espaces, des terres 2 inconnues, des horizons nouveaux, cette analyste éprise 5 de légende a une ligne de fougue, la Tradition; un axe “ immuable, le sens de la race; un guide qui n'hésite Lu l'amour dela Patrie.
Dansles yeux clairs de Mme Adam sont toutes Te Hicec claires de la France. Ils sonft, ces yeux, comme nos rivières, que leur limpidité laisse croire peu profondes | et qui recèlent de vrais abimes. Ils savent observer etrefléter; mais la réalité en eux se prolonge de toute l'in- -tuition, rejoint ce réseau mystérieux qui confine à la aute mystique, réseau où les images fixées prennent Ja
lueur et la bone e de Giles, commandent com elles à la destinée. LEA
Lorsque l’on cause avec Mme Adam, même d’une chose ‘ie banale et courante, subitement, après un petit silence de .sa part, où elle prend en quélque sorte son élan, le ton s'élève. Le particulier renforce le général. Une lecon … morale, légère, enjouée et haute, ressort d'un simple récit discursif, d’une anecdote ou d'un fait immédiat. L'on se rend compte alors de l'étrange pouvoir qui est en cette évocatrice, qu’elle relève d'une grâce émouvante. |
Frappée au cœur par nos désastres, elle a gardé de-sact blessure ce don miraculeux qu’eurent tous les nas qui crée en eux la clairvoyance.
Rien ne dévie jamais son regard sûr et droit. Ceux. qu cherchèrent à la duper, à lui raconter des histoires, à la lancer sur de fausses pistes, en furent régulièrement pour leurs frais. D'où beaucoup de calomnies, ue SOrnettes et de rancunes, | ;
Il n’est pas un événement de politique extérieure, pas une alliance, pas une mésalliance, pas un faux pas, pas une erreur dangereuse que depuis trente ans Mme Adam n ait prédits, annoncés, dénoncés. Sans nul souci des niais qui ricanent, des coquins qui conspirent, des faibles qui s’écartent, sans nul émoi devant les dangers innombrables que sèment sous les pas d’une femme isolée des luttes incessantes et sans rémission, droite, fière, souriante, pendant trente années, elle catéchisa son pays rebelle et répéta que la Patrie doit passer avant tout le reste, que le drapeau est le plus grand emblème, que les tenaces sont victorieux, Je. le victoire est néces- Saire. :
Autour d'elle, inébranlable et sereine, se multipliaient les abandons, les oublis, les apostasies, les fautes et les crimes. Elle voulait (EDARAGRIS comme l'a dit. DES libérer son âme. À
L'expansion de cette âme est très exactement marquée 3 par nos frontières. Il ya en Mme Adam cette synthèse sagace du Nord et du Midi, cette harmonieuse souplesse
fait de cette rm Et c’est « encore cette alternative
| qui lui permet de voir d’un même relief l'intérêt si divers . de son pays, de calculer le meilleur chemin par un jeu | prompt et juste de la probabilité intérieure. :
Je sais bien que nos hommes d'Etat, nos grands mi-
nn nos meilleurs maîtres, ont raillé souvent cette intrépide qui les génait dans leurs calculs. Cependant, le peu qu'ils ont réalisé leur fut suggéré par Mme Adam et,
en toute cordialité, pour donner à chacun son dû.
4 histoire effective de la troisième République, Mme Adam méprisa toujours, d’un superbe mépris, les politiciens.
jour-là elle rompit bruyamment avec ses amis de la toute compromission même d'apparence. Elle est de la du triomphe. 1 z
Lors d’une réunion solennelle et Ducs elle prédit à
débarrassée des intrigants.
une portée générale, que ce qui touchait à la Patrie. ; Cette passion du sol qui l'anime, cette ferveur natio-
Fa on écrira la véritable histoire de l'alliance franco russe, Hanotaux lui-même, que j'aime bien, sera forcé. de reconnaître qu ‘il eut en elle un précurseur. Ceci dit Habile aux choses de la politique, intimement liée à Le jour qu’elle vit clair dans la faiblesse de Gambetta, dans les honteux trafics de l'entourage de Gambetta, ce
veille, ses ennemis du lendemain, bien résolue à éviter 1.
race quonn ’amadoue pas, qu'on n’attache pas au char
quelques-uns des pilleurs d'épaves leur déshonneur et leur ruine imminente, puis, tranquille, continua saroute,
D: Quelques drôles, publiquement, l’attaquèrent, de céux à | ti n ont pas RÈRe des femmes. Is furent rares et restè- )
et de ne retenir, parmi tant de . que ce qui avait in
flamme qu ‘alimente le souffle du juge ceux qui l'entourent. Elle 1 |
fanal dans les ténèbres du temps présent. | Mais qu'on ne s'y trompe pas. Cett illuminée du Le (ui). PVO français, cette. patriote qui se souvient et sait se taire, peut mettre au service de sa foi les. plus prodi- gieuses ressources pratiques. Aucun obstacle n'arrêterait Mme Adam quand il s'agirait de son pays. Elle éventerait … tout subterfuge et déjouerait tout stratagème. Elle ne . donnerait dans aucun piège. Les postes les plus impor- tants seraient tenus par elle comme, par personne, tant elle a le sens aigu. des moindres détails .et de l'ensemble, s?
: dès que sa passion centrale est en jeu. | Ju Il faut la proposer à nos contemporains, ànos contem- H poraines comme le plus étonnant exemple de ce qu'une hérédité qui se concentre et grandit sans cesse peut former, au sein de la race, de génie représentatif. L harmonie de l'individu n’est qu un accord parfait entre les sur- F : vivances de ses ancêtres. Lisez, pour vous en rendre | compte, la Parole française à à E ranger or
os les origines du réalisme ; one 4. a, ad Ja ous le verrons, une importance morale. Quels furent les initiateurs du grand mouvement contemporain qui en- traînale roman français dans la rue, le faubourg, les antres ; de la misère et jusque sur la place publique?. Je réponds . hardiment : Les Goncourt. Zola ne fut que leur mauvais | imitateur. Il grossit démesurément et déforma leurs PF vigoureux procédés, leur scrupuleuse méthode. I mit
leurs fines remarques en caractèrés d'affiches et placarda celles-ci sur tous les dépotoirs du vice et de la dé chéance, sous couleur de manifestes littéraires. Il attabla de force le roman chez le marchand de vin, le grisa d'un alcool italien romantique et frelaté, lui suggéra de plates utopies, | Ja métaphysique de Boquillon et la pAolqele . de Homais, puis le fit choir dans le ruisseau. + Mais free suit ils était nes une PanRièe de taie ï
MN PE. », ce “ui Le nf à rien du tout, allait ‘spaRs parure « C'est moi qe posté la ban
Il fallut, us! étages presque vingt. cinq ans pour que la vérité — avec un petit v — apparüt, pour que la. lumière — avec un petit { — se montrât: Dans la préface de Germinie Lacerteux, écrite en octobre 1864, les Goncourt disaient en propres termes et, ce que ne devait pas imiter Zola, en termes appropriés : « Aujourd'hui que le roman s'élargit. et grandit, qu'il commence à être la grande forme sérieuse, passionnée, vivante, de l'étude
littéraire et de l'enquête sociale, qu’il devient, par l’ana-
lyse et par la recherche psychologique, l’histoire contemporaine, aujourd'hui que le roman s’est imposé les études etles devoirs de la science, il peut en revendiquer les
libertés et les franchises. » Voilà, en quelques lignes
sobres et nettes, l'essentiel de ce que l’auteur de V'Assommoir devait délayer en sept tomes d’une prétendue. critique qui tient tout entière dans ces trois mots : « Moi, moi, moi ». - |
Je demande à ceux de mes etes. qui auront été
applaudir cette extraordinaire Réjane dans le rôle âpre et douloureux d’une servante déchue et martyrisée, je leur demande d'ouvrir, au retour, le roman. Je ne crois pas que l’on puisse relever le moindre mot choquant, la moindre phrase basse ou plate, la moindre image licen- cieuse dans cette biographie terrible et lamentable qui part de la frénésie amoureuse pour aboutir à l'hôpital et au cimetière, par la dette, le remords et la souffrance. Un souffle chrétien anime ce livre où la pitié lave toutes les souillures. Par leurs origines et leurs attaches les Goncourt, ces innovateurs, se trouvaient être, comme le fut mon père, des traditionnels.
Ils étaient aussi des idéalistes, chez qui le sens exquis
de la beauté esthétique, passagère et fragmentaire, put quelquefois obnubiler le sens de la beauté éternelle,
immuable et morale, mais qui revinrent toujours et
éperdument à celle ci par leur naturelle horreur de la
vulgarité et de la malséance. Maiïntes fois la gendelettre 4
envieuse leur reprocha une aristocratie qui, naturelle et
foncière, les sauva de la ions Ils abordèrent les 4
ur
s rudes, les lis sombres sujets par le haut ns ; laissant ouvertes des soupapes sur l'air pur et les” étoiles. Ils suivirent la voie normale et légitime, qui va pe de. l'intelligence et de la sensibilité à l'instinct, non la voie inverse et monstrueuse qui raisonne d'après les appétits et instaure, sur la sensualité immédiate, je ne. sais quelle « philomanie » de la matière. Ve. Enfin, ces écrivains cultivés ne tombaient pas dans le Fi ridicule de découvrir Baruch tous les matins. Emile Zola crut de bonne foi avoir inventé Claude Bernard, et il l’accommoda à une sauce dont ce remarquable expérimen- tateur n’eût pas voulu pour ses cochons d'Inde. Comme il s’ennuyait seul dans son naturalisme, il tenta d'y atti- rer successivement ses confrères plus ou moins récalci- trants, divers savants d’ époques diverses, des sociologues plus ou moins fameux, puis, descendant l'échelle, des députés, des sénateurs, des ivrognes et des anarchistes. À force de se mêler à la foule, il ne put plus remonter chez lui, je veux dire dans son. talent d'assembleur, de e ravaudeur des idées d'autrui.
Pour ce qui est de la dohton exacte, jamais | Zola, ce poète forain qui invoquait sans cesse le docu- | ment humain, ne s’en préoccupa le moins du monde. Il se renseignait à coup de manuels, puis il construisait __ hâtivement, sur ses notions plus ou moins branlantes, en bon primaire, des théories habillées en ouvriers où ° en bourgeois, qui menaçaient le ciel de leurs poings de carton, mais n'avaient point de pieds. Il a semé son temps de ces mannequins sans forme ni visage, qui ne sont même pas des épouvantails et attirent présentement re de vilains oiseaux. | Or, ouvrez le Journal des Goncourt à l'année 1862 et vous y découvrirez, avec l'histoire de leur servante Rose, * la genèse de Germinie Lacerteux. Dans ce roman, comme dans Manette Salomon, Sœur Philomène, Charles Demailly | etce chef-d'œuvre, Madame Gervaisais, ils s’appuyèrent scrupuleusement sur l'observation directe et palpitante :
précipices où sombre le talent.
a jf PEN 7:
hontes ancilattés — nous doi. re 1e É grande commisération nous vient pot ‘elle, en nous rendant compte de tout ce qu'elle à souffert. » C'est cette étincelle de pitié vraie qui met le feu à la riche et jumelle imagination des deux frères, va illuminer ces régions profondes de l'âme, ensemencéés par les ancêtres, où sommeille-l'esprit des évangiles. C'est cette pitié vraie qui les sauve de la boue qu'ils traversent, qui les dirige et leur fait éviter les ornières où la finesse s'enlize, les Beaucoup de critiques et non des moindres saluent en Gustave Flaubert le fondateur de l’école réaliste. D'abord il n'y à pas d'école. Dans Chateaubriand, fils de l'Océan
et de la Foi — pour ne pas remonter plus haut quele
dix-neuvième siècle — dans le chantre d'Atala et de René, dans l’autobiographe des Mémoires d'outre-tombe,
on admire un don de prise immédiate sur la vie etsurles
gensqu'eutaussi, dans Chosesvues, Victor Hugo.Lemagnifique, halluciné de. Plein ciel, le médiocre halluciné de
La Fin de Satan, le vieux derviche tourneur des hyper-
boles et des métaphores sut, quand il daigna s'arrêter
quelques instants, observer et décrire avec acuité. Balzac
portait certainement en lui lunivers qu'il projetàa sur ses
contemporains sous le nom de Comédie humaine, mais parfois des voix du dehors pénètrent son dialogue intérieur et il les fixe, pour notre admiration. Stendhal
range, étiqueta et tailla: les merveilleux cristaux de son
intuition historique et psychologique où quelques Se d'expérience personnelle sont en suspension. ne
Donc les ignorants seuls parlent d'école. C'est néanmoins à Madame Bovary que remonte l'audace de franchir certains domaines jusque-là réservés, et de tout \: laisser entendre. C’est dans Madame Bovary aussi qu'ap- à paraît, pour la première fois, la curiosité éperdue’ de la vie courante, des perles qu'on trouve dans cette rivière quotidienne, banale seulement pour les ‘esprits frustes. : Mais, à y regarder de près, Madame Bovary, œuvre intermédiaire entre le romantisme et le réalisme comme ,.
Ion. | comparable . 5 nn a
4 id même io 7 mère réveil Ur. R
frir, qui ati. Movs hi -bte et voit de près, puis S ‘élève 5 à. % vision d'ensemble et oublie d’un coup d'ailes, puis retombe. n'a. pas pris son parti des tristesses et, Qu |
nfirmités de l'existence journalière.
Les Goncourt ont accepté cette existence et dont ins-
perspectives. Cette critique, méritée peut-être pour
Lacer teux. Oh leur a reproché d’avoir, dans ce livre- Jà précisément, employé un procédé de. chapitres courts, d’aspects rapides et changeants, qui morcèle le plan et le rend indécis. Mais si le réalisme n'agit pas ; ainsi, S'il ne s'assujettit pas à copier le mécanisme de la vie — où les ensembles ne ressortent qu'après coup de l’agglomération, en apparence discontinue, de petits. événements typiques — — s'il met la moralité au début et cloue le cadre au mur avant d'y avoir groupé les CTO= quis, il cesse aussitôt d’être le réalisme.
# à Je vois d'avance les objections, et je ne prétends pas ici prôner telle ou telle manière, telle ou telle doctrine
crite, notée patiemment au jour le jour. Telle est la grande nouveauté qu'ils apportèrent, la cause des résistances acharnées qu'ils ont rencontrées et que leurs ouvrages rencontrent encore. On leur a reproché d'être trop méticuleux, de ne pas ménager suffisamment les
d’autres œuvres, n’est pas méritée en ce qui concerne ae
L littéraire. Je tiens seulement à bien établir que les coups 0 bide grosse caisse naturaliste ne nous ont pas empêchés d'entendre la voix humaine et initiale qui sort de l'œuvre
des Goncourt. Je ne discute pas davantage la question
cœur ‘et: qui. a son ‘importance dans Cette formule de notation fidèle, les Goncourt l'a à 2 déjà employée dans leurs travaux historiques, quand als eurent l'idée de l'adapter au roman. Le génie de Taine s’en est inspiré dans ses Origines de la France contempo-
raine. Quand les médecins veulent étudier une maladie, ils groupent un grand nombre d’« observations » — c’est le terme consacré — prises, chaque matin et chaque soir, au lit du malade. Ils font une sorte de portrait com-
posite d’une multitude de photographies individuelles. Les Goncourt s’y prenaient ainsi pour décrire une passion ou un vice, une de ces tares progressives qui ramènent l'homme à l'animal, déchaînent en lui l'auto-
matisme de l'instinct. Il y a loin de cette méthode à dl application dE en à faite un disciple dégénéré. |
f PA
DTA