UN CONTEMPORAIN
La nouvelle série des Discours de Combat, de M. Ferdinand Brunetière, nous est un intéressant prétexte à examiner une des figures les plus ROBES, les ie Carac- | téristiques de ce temps.
Iya, semble:t-il, en M. Frdiuaud Doha Ja cohaà bitation d’un logicien et d'un réaliste, C’est dire que l’auteur des Z'iudes critiques sur l'Histoire de la littérature vis rois participe à la fois du dix-septième, du dix-neu- vièmeet encore mieux du vingtième siècle. De Descartes, ‘il tient et applique le précepte fameux : « Diviser le 4 difficulté en autant de parcelles qu'il se pourra pour la mieux résoudre », le discours persuasif et la stricte méthode; Port- “Royal lui a’légué de sa rigueur et de
naire contraste, nul ne fut plus de son époque et de son
e- Sage habile à dégager les beautés secrètes du vieil - axiome : « Tout change, excepté cela même hr change. » FRS . Aussi) estime ce contemporain comme le mieux doué des penseurs. Il est armé d’une dialectique savoureuse, celle même qu'utilisa, au siècle de Louis XIV, le langage Fo le plus clair etle plus circonspect qu'on ait
son goût des nouveautés. Mais aussi, par un extraordi-
heure que ce pénétrant admirateur de Darwin, que ce
nes plus. | devantles ones des He et Le unie ds nn. ; ratoires. Il s’est proposé le but admirable de concilier ces deux principes que seules croient irréconciliables la foi médiocre et la mauvaise foi : la religion et le progrès. Il est, dans le domaine du raisonnement, le champs de l'Eglise militante. ; Avec cela, ce traditionnel de haute allure est indépen- k: dant comme pas un. Je erois que nul, parmi ses pires et. à nos pires adversaires, ne lui refuserait cette vertu. Pour les honneurs qu’il a lentement conquis, il s’est imposé, on ne l’a pas choisi. Je ne me permettrais pas un LES éloge, étant moi-même ami de l'indépendance, si M. Brunetière ne savait que je n’ai rien à attendre de rien que l'agrément de le lire et de l’écouter. 7 Cette horreur de l'intrigue et de la sournoiserie, il la porte dans son AE Re Celle-ci n'est pas touffue, comme le croient “quelques détracteurs qui ne le lisent | point. Elle n'est pas souple, ni ondoyante. Elle aborde les obstacles de front, les contourne en stratège, les conquiert de haute lutte Si vous n'avez encore eu ce plaisir, -hâtez-vous d'assister à une conférence de M. Brunetière, le meilleur oratéur de ce temps, à mon avis. D'abord” parce quil ne parle que quand il a quelque chose à dire. Ensuite parce que le ton äpre, le style abrégé, la véhémence du débit et du geste même témoignent d'un constant effort à serrer, étreindre la sincérité... la sincérité qui est, plus loin et plus humainement que la vérité et que la justice, tout ce dont nous puissions témoigner ici-bas. es M. Ferdinand Brunetière est un de ces privilégiés que leur passion des paroles sincères, telle qu'une projection immédiate de l’âme, entraîne irréstehiblamont dans tout le domaine de la critique, depuis celle des genres litté raires si des formes d'esprit, des personnalités et des 4