‹ La France en AlgérieChapitre 18 sur 116 · Roches, loc. cit · texte numérisé non relu

Roches, loc. cit

la tcnlation et que tout culte soit celui du Dieu unique1. » — La mauvaise volonté à prendre part à la « Guerre sainte » est, le prophète Ta dit, un « péché majeur ».

Les Arabes avaient subi le joug des Turcs parce que ceuxci étaient musulmans; ils nous repoussaient parce que nous étions chrétiens. En 1838, le général Pelet écrivait d'Alger au ministre de la guerre : « Suivant moi, ce n'est pas une coalition que forme l'Emir, c'est une croisade qu'il prêche avec tout l'ascendant que lui donne son caractère fier et austère, sa position royale et sacerdotale. Il conquiert les peuples par sa haute position, par le fanatisme qu'il excite. »

M. de Neveu, dans son ouvrage écrit en 1846, ne doute pas que les khouan de la plupart des ordres ne se soient unis contre nous; ils aidaient Abd-el-Kader, ils suscitaient et soutenaient les chourfa, vrais ou faux partout où ils se levaient. Les congrégations faisaient, grâce à leurs membres répandus dans les trois provinces, une continuelle propagande contre l'infidèle; plusieurs d'entre elles furent ennemies déclarées : notamment les « Derkaoua », les « Rahmanya » et les « Taïbya » *. Ce dernier ordre, appelé aussi ordre de « Mouley-Taïeb », soutint de toutes ses forces l'insurrection de Bou-Maza.

Le tableau qui vient d'être fait de la religion musulmane, du droit qui en découle, de la vitalité des associations religieuses, du fanatisme qui est en germe dans le cœur de tout fidèle et qu'elles peuvent à leur gré développer, tout cela ne montre-t-il pas que la France en débarquant en Afrique n'entrait pas seulement dans un pays nouveau, peuplé d'indigènes braves et belliqueux, mais, ce. qui est plus grave, qu'elle entrait dans un monde nouveau, le monde musulmane

On verra plus loin 3 l'étendue de ce « monde » ennemi

Page 1