NATIONALITES
Français
Israélites algériens..
Musulmans
Marocains-Tunisiens
Espagnols
Italiens
Anglo-Maltais
Allemands
Divers
Totaux . .
deux causes principales : l'arrivée des nouveaux venus ei l'excédent des naissances sur les décès dans les familles déjà installées? S'il avait été vrai, comme on le disait au lendemain de la conquête, « que les cimetières étaient les seules colonies toujours croissantes en Algérie », la France aurait dû désespérer de l'avenir de sa nouvelle possession. Un démenti devait être heureusement donné aux esprits chagrins.
Toutefois l'acclimatation de la race française fut assez lente; les premières statistiques favorables aux Espagnols, aux Italiens, aux Maltais, montraient les Allemands exterminés par le climat et les Français presque aussi éprouvés.
Pendant vingt-six ans, nos décès ont surpassé nos naissances; l'immigration était alors indispensable pour combler le déficit, et la France paraissait conquérir l'Algérie pour les habitants de l'Europe méridionale. Vers 1856, la situation s'est enfin retournée : les naissances des Français ont été supérieures à leurs décès f.
Depuis cette époque, l'augmentation de la population française a une quadruple cause : l'excédent des naissances, 'es croisements amenés par les mariages, la naturalisation et, enfin, l'immigration.
L'excédent des naissances sur les décès a été successivement, dans les six périodes triennales comprises entre 1873 et 1890, de 3,7 p. 0/00 — 3,1 — 4,5 — 4,8 — 4,7 — 5,4. Ce sont là des résultats satisfaisants, surtout si on les compare à ceux observés en France où, durant les mêmes Périodes, les naissances n'ont excédé les décès que 3,5 — 3,3 2,4 — 2,3 — et 2 p. 0/00.
Ces résultats permettent assurément de conclure que la Population française d'Algérie doublera, par le seul fait de * excédent des naissances sur les décès, dans un temps sen-
1. D'après les travaux démographiques de M. le Dr Ricoux de Philippe-
yîlle. — M. Ricoux a, pendant plusieurs années, publié des brochures très
intéressantes sur le mouvement de la population européenne en Algérie.
*-* esprit d'économie des Chambres a malheureusement fait supprimer le
Crédit qui assurait son service; il serait grandement à souhaiter u'il fût
^établi.
siblement plus court que la population de la métropole \ Encore convient-il d'ajouter, d'une part, que parmi les Français d'Algérie, un certain nombre s'exposent, sur les Hauts Plateaux et dans le Désert, à un climat dangereux; d'une autre, que l'avenir se présentera certainement dans des conditions plus favorables : la race française n'a d'abord pu résister au climat d'Afrique, elle s'est ensuite acclimatée; elle est aujourd'hui en progrès; ce progrès s'affirmera, tout le fait espérer, dans les années prochaines.
Deux traits confirment, dès maintenant, cette opinion. Le premier : c'est en 1884 que Ton a pour la première fois observé chez nos compatriotes du sexe masculin, l'excédent des naissances sur les décès; jusqu'à cette époque, le sexe féminin avait été seul à contribuer à l'accroissement de la population française s. Le second : il résulte des statistiques algériennes, si elles sont exactes, que, contrairement aux observations faites pendant longtemps, l'excédent absolu des naissances sur les décès est légèrement inférieur chez les étrangers à ce qu'il est chez les Français. En effet, tandis que, de 1873 à 1890, les progrès étaient chez nous, ainsi qu'il vient d'être dit, de : 3,7 — 3,1 — 4,5 — 4,8 — 4,5 — 5,4 p. 0/00, ils étaient chez les étrangers de 5,5 — 1,9 — 3,4 — 5,8 —
1. Tableau comparatif db la natalité et de la. mortalité des Français en Algérie et en France pendant les 6 périodes triennales de 1813-9L