Ricoux, loc. cit
6 — 1,1 '. Au total, le bénéfice des naissances françaises sur les naissances étrangères serait, d'après ces chiffres, depuis une période de dix-huit ans, de 1,3 p. 0/00, par an. Ce résultat parait avoir une double cause : l'augmentation du nombre des enfants des familles françaises, une mortalité plus grande chez les étrangers que chez les Français.
Ces constatations, pour favorables qu'elles soient, ne doivent pas nous faire oublier l'importance du groupe étranger établi en Algérie à côté du groupe français. A certaines époques, on a pu craindre que l'élément français ne fût débordé par l'élément étranger, notamment en 1876, où les étrangers étaient 155 012, contre 155 363 Français. Depuis cette date, les Français ont heureusement pris l'avance : en 1881, ils dépassaient les étrangers de 14 064 individus; en 1886, de io 917, et en 1891, de 40 442. — Cette supériorité numérique de 40 000 personnes est-elle pleinement satisfaisante? IL est permis d'en douter, car il faut aller au fond des choses, rechercher comment, et par qui, elle est constituée.
Tout d'abord, si, enlre 1886 et 1891, l'avance des Français sur les étrangers est passée de 14 000 à 40 000 unités, c'est, on le verra plus loin, qu'une loi sur la naturalisation est intervenue, dont la conséquence immédiate a été de transporter dans la colonne des « Français » 7 à 8 000 individus soustraits à la colonne des « étrangers ».
i. Tableau comparatif de la natalité et de la mortalité des Français et des Étrangers en Algérie perdant les 6 périodes triennales de 1873 a 1890.