PREFACE
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Le li!^ mars de TaDiiée dernière., je m'embarquais à Manâos, chef-lieu de la province brésilienne de TAmazone. Je revenais à Paris , après une courte visite à mon pays. Les derniers accents de la musique du 3® bataillon d'artillerie , venue pour me saluer, venaient de se perdre dans le lointain ; j'avais embrassé mes parents, mes amis, tous les camarades d'enfance que j'ai là-bas; le Baina levait l'ancre, et tous les passagers de première classe devisaient sur le pont, en contemplant les eaux noires et transparentes du Rio Negro.
On causait des habitants primitifs du pays. L'un des passa* gers émit une opinion hardie au sujet de la filiation des tribus indiennes de la rive gauche de l'Amazone. On parlait portugais, et l'accent de mon interlocuteur dénotait un étranger.
— 11 n'y a qu'un homme dans ces parages pour soutenir pareille opinion, m'écriai-je : c'est la thèse de M. Coudreau que vous nous apportez...
— Oui, Monsieur, me répondit le passager; je la soutiens d'autant plus volontiers que j'en suis l'auteur.
— Comment! vous êtes le Coudreau du Territoire contesté ^ le Coudreau dont j'ai demandé la tète... ou à peu près?
— C'est moi-même.
La connaissance fut bien vite faite. Rien ne lie davantage deux chauvins que le souvenir des coups qu'ils ont échangés, chacun pour sa patrie.
Nous fîmes ensemble le voyage de Manâos à Belem et de Belem h Paris. Pendant près d'un mois et demi , nous discutâmes tous