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ces problèmes qui nous intéressent à un si haut degré. Nous étions rarement d'accord.
Depuis, nous avons eu d'autres polémiques ensemble, et il est probable que nous en aurons encore de nouvelles. L'une des études de ce volume a même été longuement discutée par moi. Mais je n'ai jamais cessé d'estimer chez H. Coudreau le courage, le patriotisme et le talent. Il m'attire par l'audace de ses aperçus, par la nouveauté de ses inductions, par la singularité de ses aventures, par l'énergie de son patriotisme.
Toutes ces qualités, — et tous ces défauts, disons-le, — ressortent dans ce volume, qui sort de la banalité courante des récits de voyage, faits par les explorateurs académiques et compassés. 11 a plus vu que ses devanciers; il a vu autrement, et il raconte avec plus de charme personnel.
Dans la région qu'il a parcourue il a eu de nombreux prédécesseurs. Au seizième siècle, l'infortuné et élégant Walter Raleigh, qui explora la Guyane (1595), et Keymis, un autre Anglais, qui courut le pays depuis TAraguari (1596). Au dixseptième siècle, trois autres Anglais, Harvey, Michael et Robert Harcourt (1608), qui firent des excursions à travers les territoires de l'Araguari et du Maroni. Au dix-huitième siècle, Silva-Pontes (1781), Simon et Edme Mentelle (1782-83), Gama-Lobo (1787), Abreu (1791-94), dont les uns explorèrent le bassin du Rio Branco, et les autres voyagèrent dans les alentours de l'Amazone. Au dix-neuvième siècle, enfin, Thiébault de la Monderie (1819- 47), Leprieur (1831-33), Adam de Bauve (1833-34), Carneiro de Campos, Pedro Taulois, Vellozo-Pederneiras (1843-44), et Peyron (1857).
Je parle là des inconnus, dont quelques-uns sont, cependant, de premier ordre. Il y en a d'autres, dont tout le monde sait les travaux.
Tous ces explorateurs de l'Amazonie et des Guyanes se divisent en deux catégories.
Les uns ont visité ces régions à une époque de barbarie ou de demi-civilisation, et il a fallu toute leur perspicacité pour en
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prédire les hautes destinées. Tel est le cas de Charles-Marie de la Condamine et d'Alexandre de Humboldt.
Les autres les ont parcourues alors qu'elles étaient en plein enfantement, comme Herndon, Gibbon et Louis Àgassiz.
Les uns et les autres se sont contentés, presque toujours, de relever des détails topographiques, de décrire par oui-dire les mœurs des aborigènes, d'indiquer les curiosités hydrographiques, de signaler sommairement les matières premières exploitables, etc.
H. Coudreau, lui, nous donne la note actuelle, la sensation du jour, le progrès de l'heure présente §t le bulletin de victoire de demain.
C'est là son premier mérite, alors surtout qu'il s'agit d'un pays qui, il y a moins de cent ans, efifectuait encore ses payements au moyen de pelotes de coton, et qui aujourd'hui enregistre une exportation annuelle de plus de 120 millions de francs.
Pénétré du véritable rôle de l'explorateur contemporain , il accorde une large place aux considérations économiques, au mode d'exploitation des produits forestiers, à la mise en valeur des ressources naturelles du sol. Par cette méthode , il répond aux préoccupations du temps présent , pratique avant tout, et ses chiffres sur le commerce du bassin de l'Amazone , ses données sur les richesses des Guyanes, aideront puissamment à l'essor des transactions entre la France et ces pays.
C'est par ce côté qu'il se distingue peut-être davantage de tous ses devanciers, même des plus récents, et la Société de Géographie commerciale, de Paris, en lui décernant sa grande médaille d'or, a voulu sans doute récompenser l'économiste qui a fourni une si belle contribution aux études dont elle s'est fait une spécialité.
Ce qui frappe surtout dans ce livre, c'est la forme vivante, originale, primesautière que l'auteur sait donnera ses idées. On sent qu'on a affaire à un penseur et à un écrivain.
Aucun lien apparent ne rattache les différentes parties de ce