PRODUCTIONS AGRICOLES. I I
ameubli les savanes, pour peu que les routes et les canaux facilitent les communications, le colon trouvera les plus grands avantages à se livrer à la culture. Des cultures vivrières les plus humbles aux cultures industrielles les plus savantes, il trouvera de quoi donner carrière à son esprit d'entreprise.
Nous n'étudierons ici que les productions principales, renvoyant à la nomenclature pour les productions secondaires.
Cultures alimentaires.
Dans la culture des plantes alimentaires, le colon ne devra pas se proposer seulement de se procurer une assurance «contre la famine et quelques douceurs pour augmenter son bien-être. Il pourra réaliser, dans les cultures vivrières de consommation locale et d'exportation, des gains considérables. La culture vivrière, qui est une culture de début, est en même temps une des plus lucratives auxquelles on puisse s'adonner.
Le pairij base de son alimentation en Europe, fera défaut au colon. Car en Guyane le blé pousse en herbe et donne rarement d'épis.
Le colon ne devra pas non plus pensera faire du vin. Il pourra cultiver quelques treilles, mais le raisin mûrit trop mal et trop irrégulièrement pour qu'on puisse songer à l'utiliser autrement que comme plat de dessert. Il parait cependant que jadis on cultivait la vigne A2iï\% l'Ile-de-Cayenne. On la taillait au lieu de la cultiver en treilles, et on arrivait ainsi à faire deux récoltes par an d'un vin qui, disent les vieux auteurs, n'était pas sans qualité. Quelques Missions de la Guyane anglaise auraient, à ce qu'on assure, produit un vin aussi bon que le Madère. Malgré ces faits, plus ou moins
bien vérifiés^ nous croyons sage de ne pas trop compter sur les vignes delà Guyane.
Le Macs, qui pousse bien jusqu'à 4o° de latitude nord et sud, pousse mieux encore dans les pays chauds. La Guyane est une de ses régions de prédilection. 11 donne trois mois après avoir été semé et fournit trois et quatre récoltes par an. Il n'est pas bien rare de trouver dans les bonnes terres des pieds de maïs de 4 niètres de hauteur.
Dans certains cantons, on peut cueillir Tépisix semaines après avoir semé la graine. La culture du maïs est destinée à prendre dans la colonie une grande importance. On sait qu'aux États-Unis le maïs est la base de l'alimentation d'une population pourtant bien vigoureuse. L'Amérique du Nord récolte 7 à 800 millions d'hectolitres de mais, d'une valeur totale de deux ou trois milliards. Pourtant aucune terre de l'Union ne fournit plus d'une récolte par an de la céréale nationale. En attendant que la culture en grand du maïs révolutionne la Guvane française, les créoles font de la bouillie et des galettes avec la graine précieuse. Ils la pilent dans un mortier pour la convertir en farine, car il n'existe pas un moulin dans la colonie.
Le Mil, excellent pour l'alimentation des basses-cours, sert actuellement de base à divers aliments créoles.
Dans l'Amérique équatoriale, la plante alimentaire par excellence est \è Manioc, il est là dans son pays d'origine et de prédilection. Cette terre a pour ce produit un monopole naturel. Les diverses espèces de manioc sont venues au boutd'un an ou dedix-huit mois, et donnent jusqu'à 3o kilogrammes par pied de fruits énormes de la grosseur d'une betterave. Ces racines une fois râpées, pilées, puis pressées et boucanées, ce qui les débarrasse de leur principe vénéneux, donnent une farine grenue, le couac, farine nationale de la Guyane et de l'Amazone. La partie la plus finedecette farine