‹ La France équinoxialeChapitre 39 sur 57 · TRIBUS DE L'INTÉRIEUR · texte numérisé non relu

TRIBUS DE L'INTÉRIEUR

1° A l'ouest de l'Oyapock. — Nouragues. — Selon Biet , les Nou-

ragues, qu'il appelle Nolaohes, habitaient entre rOyapock et la rivière de Kaw, dans Tinlérieur, jusqu'à 50 lieues dans les terres. Ils avaient, dit-il, les oreilles percées, et ils se passaient dans le lobe des plaques d'or comme ornements.

Quand Grillet se rendit chez les Nouragues par TOyac et la Comté, il trouva leurs premières malocsis aux sources de la rivière qu'il appelle la rivière des Nouragues, un affluent de la Comté que Carpentier présume être la Rivière Blanche. II en trouva aussi dans l'A* rataye , dans le moyen Approuague, et dans un grand affluent de l'Approuague qu'il remonta pour se rendre chez les Acoquas, le Ténaporibo affluant de droite. Ils étaient, selon Grillet, doux, affables, patients, respectueux, bien qu^anthropophages ( ils venaient, quelques années avant le voyage de Grillet et Béchamel, de manger trois Anglais qui s'étaient aventurés dans le Ténaporibo). Les Nouragues parlaient à peu près la même langue que les Mercioux et les Acoquas, une langue dure, gutturale en même temps nasale et sifQante. Cependant, en 1673, l'idiome galibi commençait à se répandre chez les Nouragues. Les piayes faisaient aux pères Grillet et Béchamel, l'effet de a tromper les femmes et les filles avec leurs charlataneriès). » Les Nouragues, remarque Grillet, sont d'autant plus traitables qu'ils habitent plus loin de la côte et du contact des blancs. D'après Grillet, les Nouragues étaient 3 à 600 environ.

En 1808, Noyer rencontre des Nouragues dans l'Approuague. Et en 1834, Leprieur en cite quelques-uns au bas Oyapock parmi les Pirious, les Arouargues et les Maraouanes.

Il en existe encore aujourd'hui à l'Approuague.

Mercioux. — D'après Grillet, les Mercioux habitaient à la hauteur des sources de la Comté, à sept jours par terre du confluent de l'Arataye , entre l'Arataye et l'Approuague , à l'ouest des Nouragues. lis étaient de 5 à 600.

Toneyens, — Les Toneyens étaient, d'après Biet, une nation en guerre avec les Nouragues.

Emerillons. — La première mention que nous connaissions des Ëmerillons date de Mentelle, qui arriva chez eux en 1767 par les Aramichaux. Patris en 1769 rencontra quelques Indiens de cette tribu chez les Aramichaux de l'Ouaqui. Ces Emerillons avaient été chassés de leur pays par les Tayras.

En 1822, J. Milthiade se rendit chez les Ëmerillons par l'Oyapock en tournant les sources de l'Approuague et arrivant ensuite àl'Inini.

En 1830, de Bauve rencontra les Emerillons un peu en amont du confluent du Camopi. Ce sont , dit-il , des gens mous , paresseux , grands, maigres, mal bâtis. Leurs arcs, grossièrement faits, sont d'une

43a ANNEXES.

venue. Leurs hamacâ sont faits de lanières d*écorce de maho. Les tangues des femmes sont d*écorce de maho entremêlée de certaines graines. Les Ëmerillons, dit toujours de Bauve, sont violentés par les nègres marrons du Maroni , leurs voisins , qui viennent souvent leur enlever des vivres. Les Emerillons descendent tous les ans chez les Oyampis pour se refaire de leurs privations. Les Oyampîs les accueillent avec bonté. Ils aident souvent ceux-ci dans leurs travaux et en reçoivent quelque salaire. Les canots des Emerillons sont faits d*un tronc d'arbre fouillé au feu, des bancs sont ménagés derrière et au milieu dans Tépaisseur même du bois.

Les Emerillons, dit Leprieur en 1832, sont longs et fluets. Ils sont plus arriérés sous le rapport de l'industrie sociale que les autres Indiens. Ils habitent les rivages du Gamopi et de ses affluents. A peine s'ils cultivent les racines alimentaires, ils touchent à peine aux poissons dont leurs rivières abondent, la chasse est leur seule occupation. Ils ont des hamacs faits en lanières d'écorce. Bien que maigres, ils sont bien faits et ont de beaux traits. Leurs femmes , proportionnellement plus petites qu'eux , sont mieux faites que les autres Indiennes de la contrée.

Enfin Grevaux , dans son voyage de l'Oyapock-Parou , dit aussi quelques mots des Emerillons. Il estime leur nombre à 200. Les habitants de l'Approuague les savent beaucoup plus nombreux. D'après Apatou, ils habiteraient le cours supérieur de l'Inini et la région des sources de l'Approuague. Apatou donne le nom d'un de leurs villages, Macoucaoua, qui se trouve sur le faite de partage entre la haute Approuague et la haute Inini. On met deux jours pour aller de l'Inini à l'Approuague en passant par Macoucaoua. L'Inini et l'Approuague sont très rapprochés à leurs sources. Pendant les grandes eaux on peut, parait-il , passer en canot d'une rivière à l'autre. De Macouacaoua pour se rendre au Gamopi on remonte l'Approuague, puis, après une traversée de deux jours à pied, on arrive au Gamopi.

Tayras. — En 1769, Patris rencontra, chez les Aramichaux de rOuaqui , des Emerillons chassés de leur pays par les Tayras.

Calcuchéens. — En 1769, Patris rencontra, aux sources de TOuaqui, la tribu des Calcuchéens.

Aramichaux. — Grillet cite les Aramichaux (qu'il appelle Aramissas) comme une nation puissante. Ils parlent, dit-il , un idiome qui est une espèce de galibi , bien qu'ils ne connaissent pas, même de réputation, la tribu qui porte ce nom.

En 1767 , Mentelle rencontra des Aramichaux sur l'Aroua, par 2° 36' ; et en 1769, Patris rencontra des Aramichaux à l'Ouaqui. Leblond les visita aussi en 1787.

Grevaux, sans preuves, les dit disparus.

Poupourouis. — Tribu que Lebload indique comme habitant sur rOuaquiy en aval des Aramichaux.

Grevaux prétend avoir vu, chez les Roucouyennes du Jary, le dernier des Poupourouis.

On les appelait aussi Apourouis. Le conego de Souza, en 1873, cite dans le haut du Jary une tribu qu'il appelle des Japuruhi.

Roitcouyennes. — Ges Indiens se donnent à eux-mêmes le nom de Ouayanes , nom qui donne peut-être la véritable origine du mot Guyane. Le nom de Roucouyennes leur a été donné par les créoles de la Guyane française, et les Brésiliens, à leur suite, ont adopté ce nom pour désigner les Ouayanes.

Patris est le premier qui nous donne des détails précis sur les Roucouyennes. Il se rendit dans leur pays en remontant le Maroni après avoir descendu TAroua. De chez les Roucouyennes il se rendit au mont Tripoupou qui se trouve à l'extrémité du pays des Roucouyennes et qui doit être un chaînon , un massif des Tumuc Uumac. Les Roucouyennes, qui l'avaient accompagné jusqu'au Tripoupou, l'obligèrent, de là, à rebrousser chemin par peur des Oyampis , leurs ennemis , avec lesquels ils étaient alors, et furent depuis, longtemps en guerre.

Noyer, en 1824, afffîrme que les Roucouyennes ont été exterminés jusqu'au dernier par les Oyampis I

En 1832, Leprieur rencontre quelques Roucouyennes au bas Oyapock parmi les Pirious, les Arouargues et les Maraouanes.

En 1854 et 1855, d'après les PP. Dabbadie et Alet, ils descendaient assez souvent jusqu'à Saint-Georges d'Oyapock. On m'a aussi affirmé qu'ils descendaient à cette époque jusqu'à Sainte-Marie de Gounani et jusqu'au bourg d'Approuague. Ils ont cessé de descendre à la suite de la condamnation à Gayenne de l'un des leurs pour un assassinat qu'il n'aurait pas commis, dans un placer de l'Approuague, sur la personne de M. Félix Gouy.

Grevaux, le premier, dans ses deux voyages du Jary et du Parou, put recueillir sur cette tribu des renseignements précis.

Trios. — Grevaux est également le premier qui nous ait fourni quelques notions sur les Indiens Trios qui habitent les sources du Parou et du Tapanahoni.

Oyacoulets. — Les fameux Oyacoulets, tribu légendaire à peau blanche, aux yeux bleus et à la barbe blonde , ont, depuis une trentaine d'annéiBs, beaucoup préoccupé les placeriens et les voyageurs, mais personne ne les a encore vus. Ils habiteraient un affluent de gauche de l'Itany, vers le troisième degré de latitude nord.

2* A L Oyapock. — Caranes. — Les Caranes sont cités par le P. Grillet qui les indique comme ennemis des Nouragues à Test desquels ils devaient vraisemblablement habiter. En 1738, le P. Fauque trouve les Caranes réunis, en plus grande partie, à la mission de Saint-Paul d*Oyapock, avec les Pirious.

Custumis. — Le P. Lombard parle, en 1730, d'une tribu de Gustumifi établie dans les hauts de TOyapock.

Acoquas. — Selon Grillet, qui lès visita et qui resta douze jours dans leur tribu, les Acoquas habitaient la région des sources du Camopi, sur la rive méridionale de cette rivière, par 2® 25' nord, au sud des Nouragues et des Mercioux. C'était une nation nombreuse, guerrière et mangeuse d'hommes. Quelques mois avant l'arrivée du P. Grillet chez eux, ils achevaient, d'après le rapport d'un Nourague, « de faire bouillir dans leurs marmites une nation qu ils vensûent d'exterminer. » Ils étaient cependant doux, affables, bons, gais, disposés à écouter ce qu'on leur disait, bien qu'indubitablement anthropophages. Grillet les évalue à 2,400 environ.

Le P. Fauque, en 1729, cite des Acoquas dans FOyapock à cinq ou six jours de l'embouchure.

Pirious. — D'après le P. Grillet, les Pirious (qu'il appelle Pirios) habitaient près des Acoquas. Us étaient de 2000, à 2,400.

Le P. Fauque en 1729 et P. Lombard en 1730, citent les Pirious dans le moyen Oyapock. Vers cette époque le P. Arnaud d'Ayma fixe la plus grande partie de la tribu à la mission de Saint-Paul d'Oyapock (improprement marquée Saint-Pierre sur les caries), Saint-Pierre était le nom de l'église du fort établi au bas Oyapock en 1725.

En 1830, Leprieur rencontra des Pirious à la crique Armontabo. Us étaient, dit-il, peu nombreux.

Pirious, Acoquas, Caranes, Coustumis, Ouays, Tarripis, Palunks, Aromagatas et Amikouanes, d'après le P. Lombard (1730), parlaient la même langue.

Rouorios, — Le P. Lombard, en 1730, cite les Rouorios dans les parages de FOyapock.

Magapas. — C'est le P. Grillet qui nous parle le premier des Magapas. C'est, dil-il, une nation ennemie des Acoquas qui, de temps à autre, en mangent quelques-uns. Ils étaient à l'est des Acoquas. Ce sont probablement eux qui ont donné leur nom à la ville de Macapa.

Pinos. — D'après Grillet, les Pinos habitaient à l'est des Acoquas.

Moroux, — Les Moroux, fort barbares, nous dit Grillet, habitaient entre les Pinos, les Magapas et les Pirious.

Maranes. — En énumérant les nations voisines des Acoquas, Grillet cite les Maranes en disant seulement d'eux qu'ils sont nombreux.

Maranes, Moroux, Pinos, Magapas, Garanes, Pirious, Acoquas et Mercioux, parlaient, d'après Grillet, à peu près la même langue.

MaronnU. — Biet parle d'une petite nation appelée Maronnis qui était ennemis des Galibis et qui habitait vers les hauts de TOyapock.

Maronnes, — Vers les hauts de rOyapock, Grillet cite une nation de Maronnes qui n'est peut-être autre que les Maronnis de Biet.

Caussades. — Grillet énumère les Gaussades pariûi les nations du haut Oyapock.

Aromagatas. — En 1730, le P. Lombard cite l'es Aromagatas parmi les nations du haut bassin de FOyapock.

Palunks. — Les Palunks sont cités dans le haut de l'Oyapock, en 1729, par le P. Pauque, qui les appelle Palanques, et en 1730 par le P. Lombard qui les orthographie Palunks.

Ouejis. — Les Ouens du P. Fauque, en 1729, ou Ouays du P. Lombard, en 1730, habitaient le haut bassin de l'Oyapock.

En 1830, de Bauve les cite sous le nom de Wagnes, il dit qu'ils habitaient primitivement le territoire actuel des Oyampis. Cette tribu, dit-il, a dû être détruite par les Oyampis ou s'être retirée dans les terres.

Macouanis. — Le P. Fauque cite lesMacouanis en 1729 dans le haut bassin de l'Oyapock.

Oyampis. — Dès 1769, mais pour la première fois, croyons-nous, il est question des Oyampis. Les Rocouyennes du Tripoupou faisaient, de ce point, rebrousser chemin à Patris par frayeur de leurs ennemis les Oyampis.

Selon Leprieur, les premières apparitions des Oyampis sur l'Oyapock ne datent que de 1816 ou 1817. Ils étaient, dit-il, vraisemblablement sortis depuis peu de temps des montagnes qui donnent leurs sources au Jary et à l'Oyapock. En 1824, en remontant l'Oyapock, Bodin rencontra les premiers établissements Oyampis à peu près à la hauteur de la crique Motoura (la Samacou de Leblond). Cette tribu, essentiellement nomade, dit Bodin, compte au moins 6,000 individus.

De Bauve visita en 1830 une grande partie de leur pays. D'après lui les Tumuc-Humac n'auraient point été l'habitat primitif de cette tribu toujours en mouvement, mais seulement une étape. Les Oyampis viendraient vraisemblablement du sud, des bords de l'Amazone ou même de plus loin dans le Brésil. Le nom d'Oyampi

veut dire « mangeur d'homme » (d*aprè$ de Bauve). Dans le bas du fleuve ils n'aiment pas qu*on les appelle par ce nom, bien qu'ils n'en aient pas d'autre. Mais dans le haut du fleuve ils remploient sans répugnance. Une de leurs chansons, citée par de Bauve, dit : <( Autrefois nous étions des hommes, nous mangions nos ennemis, et nous ne nous nourrissions pas de manioc comme des femmes. » Les Oyampis, dit de Bauve. sont bien faits, de moyenne taille , leurs femmes sont jolies et même bien. Généralement les deux sexes ont les dents gâtées de bonne heure. Les Oyampis sont jaloux bien que polygames. Chez eux l'inceste du père avec la fille, du fils avec la mère, du frère avec la sœur esf commun. Us se piquent le corps au génipa et s'enduisent les cheveux d'une pâte de roucou qui forme croûte. Ils se percent les oreilles pour y passer des os et des plumes. Les hommes portent un calembé de coton qu'ils se tressent, les femmes vont entièrement nues. Hommes et femmes portent des colliers et des bracelets de perles. Leurs cachiris (fêtes ) s'appellent mahurys. (On a peut-être là l'étymologie du Mahury, le fleuve de l'île de Cayenne). Les Oyampis connaissent plusieurs poisons dont ils usent entre eux assez libéralement. De Bauve prétend qu'ils empoisonnèrent Bodin, qui leur avait déplu par sa morgue et qui mourut, en eff*et, au retour de son voyage. A la crique Acao, bras oriental de rOyapok des Tumuc Humac, de Bauve, en trois jours de marche, trouva sur sa route une si grande quantité d'habitations oyampis abandonnées qu'il n'estime pas à moins de 1200 ou à 1500 le nombre des Oyampis qui devaient les avoir habitées. Elles étaient fraîchement abandonnées. On y trouvait encore les ustensiles trop pesants pour être enlevés tels que les platines, les jarres; les abatis étaient remplis d'acajous à fruits, arbres qui sont très communs dans celte région, de papayes et de bananes, et tous ces fruits étaients alors en pleine maturité. De Bauve attribue cette désertion à une épidémie qui fît se retirer au loin ceux des Oyampis qui survécurent. Sur le bras occidental de l'Oyapock des Tumuc Humac et sur le Tacuandé, affluent de ce bras occidental, Adam de Bauve trouva aussi des Oyampis et d'autres Indiens peu connus. Ce bras occidental et l'Acao, longs chacun de près de cent kilomètres à vol d'oiseau, sont les vrais sources de l'Oyapock que Crevaux ne peut même pas soupçonner les ayant laissées sans le savoir à 25 lieues à sa droite et à sa gauche.

A son exemple Leprieur, en 1832, traversa aussi le pays des Oyampis. Leurs premiers établissements se trouvaient alors un peu en amont du confluent du Camopi.

En 1854, le P. Dabbadie nous dit que les Oyampis habitaient le Yaroupi, affluent de gauche du haut Oyapock.

Le conego Francisco Bemardino de Souza {Lembranças e curiosi^ dades do valle do Amazonas) les cite dans le haut Jary, sous le nom d'Oyapi. Il dit que c'est avec des Oyapis que les Brésiliens fondèrent en 1839 une povoaçâo aujourd'hui en ruines, appelée Tujuju Maiti. Ces Oyampis du haut Jary sont peut-être les Oyampis du groupe indiqué par Grevaux comme habitant les sources du Jary et de l'Âpaouani. Ce qui confirmerait l'hypothèse de Leprieur qui donne pour habitat le plus récent des Oyampis la chaîne de Tumuc Humac entière, des sources du Jary à celle de TOyapock.

Crevaux est le dernier qui ait traversé le pays Oyampis.

Marcxoupis, — D*après Bodin, en 1824, la crique Yaroupi était habitée par um ribu nombreuse d'Indiens appelés Maracoupis. Non loin de là, sur la rive droite, toujours d'après le même voyageur, la crique Ingalalu (l'Ingueraru de Crevaux) était habitée par une peuplade nombreuse qui n'avait de relations qu'avec les Brésiliens.

3" A l'est de l'Oyapock. -r^ Coussaris. — Le P. Fauque cite en 1729 des Coussaris dans le bassin de TOyapock. Le P. Lombard les cite aussi en 1730 sous le nom de Coussanis.

De Bauvc les visita en 1831. Ils habitent, dit-il, sur le Mapary et rinipocko, affluents du Jary. Ce sont, dit-il, de beaux hommes, plus noirs que les Oyampis. Ils ont les cheveux courts, presque crépus, non enduits de roucou. Les Coussaris sont hospitaliers, ils ne manifestent, à la vue du blanc, ni crainte ni timidité, mais seulement de la curiosité et de Tétonnement. Les femmes sont jolies et bien faites, mais leurs traits ont quelque chose de dur et de mâle qui s'explique par la vie peu sédentaire qu'elles mènent, accompagnant leurs maris dans leurs excursions qui sont longues et pénibles. Elles n'usent pas de roucou, leurs cheveux sont d'un beau noir et très longs. Elles se peignent le corps au génipa mais avec plus de soin et de régularité que ne le font les Oyampis. Les Coussaris sont moins mous que les Oyampis, moins craintifs et moins dissimulés , leur langage est à peu près le même , mais plus franc , la prononciation des Oyampis est un peu nazillarde. Ils sont mieux armés; ils ont l'arc, la massue, le javelot et la sarbacane à lancer de petites flèches. Ils ont, de plus, une espèce de cuirasse ou plastron tissu en fibres de pataoua et qui est à l'épreuve de la flèche étant fort épais et bien tressé. Ils usent d'une grande quantité de fruits de la forêt; ils ont de grands abatis de manioc, d'ignames et de patates. Ils sont habiles à guérir leurs malades et ne les abandonnent pas quand ils les voient incurables, comme font les Oyampis.

Leprieur, en 1832 , les cite aussi dans le Hapary et le haut Araguary.

En 1873, le conego de Souza les place dans le haut bassin de l'Araguary. 11 dit qu'ils passent pour anthropophages.

Tamocomes. — Cités par Leprieur en 1832. Ils habitent, dit-il, sur les rivières Moucourou et Carapanatuba, affluents du Jary. Quelques Oyampis se sont joints à eux. Les Tamocomes sont de famille oyampi. Tamocomes, Oyampis et Coussaris parlent la même langue.

En 1873, le conego de Souza cite les Tamocofnes sous le nom d'Atamancum. Il les dit concentrés dans les forêts du Jary.

Tarripis. — Les Tarripis sont cités par le P. Fauque en 1729 : il les appelle Turupis. Le P. Lombard les cite en 1730 sous le nom de Tarripis. Tous les deux les placent dans le haut bassin de rOyapock.

En 1873, le conego de Souza les place dans le haut Araguary. 11 dit qu'ils passent pour anthropophages.

Arenaibous. — Cités en 1873 par le conego de Souza qui les di concentrés avec les Tamocomes dans les forêts du Jary. Il les orthographie, en portugais, Arenaibu.

Ouaeoupis. — Le conego de Souza en 1873 les cite dans le haut Jary. II les orthographie Uacupi.

Coueiachis. — Sont placés par le conego de Souza , dans le haut Jary, avec les Ouaeoupis. Il les appelle Cuceaxim.

Calayoïuu, — Les Indiens que Crevaux désigne de cette appellation vague sont probablement ces nations du haut Araguary et des forêts du Jary, ou quelque groupe plus fréquemment en contact avec la côte de TAmazone.

Atnikouanes. — Les Amikouanes sont une mvstérieuse nation, à longues oreilles, que le P. Lombard, en 1730, nous dit avoir été récemment découverte à 200 lieues au sud du fort de TOyapock, distance qu'il faut réduire de beaucoup, comme toujours en p€U*eil cas; c'est peut-être une des nations de l'Araguary-Jary.

Page 1