TRIBUS DU LITTORAL
i® A l'ouest de l'Oyapock. — Les Galibis. — Au temps de Biet {165â), les Galibis étaient la plus importante des tribus connues de la Guyane. Ils habitaient la côte depuis le Mahury jusqu'à l'Orénoque. Les Gali> bis de notre colonie se divisaient en trois groupes : ceux de l'Ile de Cayenne, ceux de Macouria et ceux de Kourou. Du Mahury à Kourou lés Galibis étaient répartis dans une vingtaine de malocas pouvant rassembler environ 250 guerriers. On comptait 3 malocas (village, ou plus exactement, grande maison commune des Indiens) dans l'ile de Cayenne, 3 dans la rivière de Cayenne, 2 le long de la côte jusqu'à Macouria, 3 dans la rivière de Macouria, i de Macouria à Kourou, 3 dans la rivière de Kourou. De Kourou à Canamama le pays était vide. De Canamama à Suriname il existait un grand nombre de malocas galibis. Les Galibis de l'époque de Biet avaient pour alliés les Racalets et pour ennemis les Palicours.
En 1674 le P. Grillet nous apprend qu'il existe des malocas galibis à l'embouchure de l'Approuague et aussi quelques-unes dans l'Oyac.
En 1832 Leprieur cite quelques Galibis dans le bas Oyapock, parmi les Pirious, les Arouargues et les Mak^aouanes.
En 1882 je rencontrai des malocas galibis sur la rive gauche de riracoubo, aux deux centres de Yanou et deRocoucoua. Us formaient un total de 200 individus environ.
Dans le Sinnamary, un peu au-dessus du bourg, on trouve aussi quelques Indiens de cette nation.
En 1883, d'après Fournereau, on trouve un centre galibi sur la rive gauche de la Mana, à 10 kilomètres à vol d'oiseau au-dessus du botirg. La rive gauche du Maroni, toujours d'après cet auteur est très peuplée, il s'y trouve une véritable tribu galibie tout entière. Les principaux centres sont : l"* à l'embouchure, où se trouvent deux villages; 2^ à 5 kilomètres en aval d'Albinaoù se trouvent aussi
deux villages, d'' un peu en aval du confluent de la crique Arouamata, un village; 4^ un peu en amont du confluent de la même crique, un village de dix-huit familles; 5"* un peu en aval de la crique Sparwine, un petit village à côté d'un petit groupe Arowack. — Il n'y a pas de Galibis sur la rive droite du Maroni.
Aracarets. — D'après Grillet, les Aracarets étaient les anciens possesseurs de nie de Gayenne. On en trouvait encore dans Tile en 1673. Ce sont peut-être les Racalets de Biet.
Maprouanes, — Le P. Grillet dit que quelques Maprouanes se trouvaient dans rOyac. Ces Indiens, débris de leur tribu amoindrie, avaient été chassés des bords de l'Amazone, qu'ils habitaient primitivement, par leurs voisins et ennemis les Arianes.
Sapayes.-^ LesSapayes, toujours d'après le P. Grillet, habitaient lecours inférieur et l'embouchure du fleuve Approuague. On en trouvait aussi, dit-il, sur les bords du Maroni et aux environs de Suriname.
2" A l'Oyapock. — Tocoyennes. — Ces Indiens nous sont cités pour la première fois par le P. Fauque, en 1729. Ils habitaient, dit^l, près de l'embouchure de l'Oyapock. Ils furent amenés, en plus grande partie , à la mission de Ouanari , par le P. Joseph d'Ansillac, vers cette époque. Le P. Lombard les cite en 1730.
Maraones, — Ils nous sont également révélés en 1739 par le P. Fauque. Us habitaient aussi près de l'embouchure de l'Oyapock. Le P. Joseph d'Ansillac les réunit avec les Tocoyen*nes et les Maourioux à la mission de Ouanari. Ils sont au nombre des tribus énumérées au bas Oyapock par le P. Lombard, en 1730.
Maouriovx. — Voisins, d'après le P. Fauque (1729), des Maraones et des Tocoyennes. Réduits avec ces deux tribus par le P. d'Ansillac à la mission de Ouanari. Cités aussi par le P. Lombard en 1730.
Maraouanes. — Les Maraouanes sont cités par Leprieur en 1832. Ils habitaient , dit-il , le bas Oyapock. Leur tribu ne comptait que quelques centaines d'individus. Ce sont peut-être les anciens Maraones des PP. Fauque, d'Ansillac et Lombard.
Garipons. — Celte tribu est également citée par Leprieur. Les Garipons habitaient, en 1832, le bas Oyapock, parmi les Maraouanes, les Arouargues et les Pirious.
3® A l'est de l'Oyapock. — Arouargues. — D'après Leprieur, des Arouargues (ce sont peut-être des Arouas) habitaient, en 1832, au nombre de quelques centaines, le bas Oyapock en aval du Camopi, rive droite, à ce qu'il semble dire.
Arouas. — D'après le P. Dabbadie, il y avait, en 1854, 80 Arouas dans rOuassa. En 1855, le P. Jean Alet parle aussi des Arouas. Il prétend qu'on les réduisit autrefois en mission à Kaw.
43o ANNEXES.
PcUicaurs. — Les Palicours sont connus depuis Biet, qui en 1852 , les cite comme habitant entre deux rivières, TEpicouly et FAyairi, qui tombent, dit-il, un peu à Test de rOyapock, dans les parages du cap d'Orange. Us étaient, dit-il, ennemis des Galibis et des Racalets.
En 1729, le P. Fauque les cite comme habitant les savanes des environs du Gouripi. Le P. Lombard, en 1730, les mentionne aussi. Vers cette épogue le P. Fourré s'établit chez eux.
En 1854, selon le P. Dabbadie, ils habitaient le Rocaoua et étaient au nombre de 120 environ.
En 1831, Leprieur les rencontre à Gouripi, à Ouassa et surtout à Rocaoua. 11 les dit, également, peu nombreux.
Mayés. — Grillet, en 1674, cite les Mayés. Le P. Fauque, en 1729, les indique comme habitant les savanes des environs du Gouripi. Le P. Lombard, en 1730, les cite aussi.
Camarious. — Nous les voyons cités pour la première fois par le P. Fauque, qui, en 1729, les indique comme habitant les savanes des environs du Gouripi. Le P. Lombard, en 1730, les cite aussi , il les appelle Karnuarious.
Toutanes. — En 1831, Leprieur nous dit qu'il rencontra chez les Palicours du Rocaoua, deux Toutanes, et aussi quelques autres à Gouripi et à Ouassa. G'étaient , ajoute-t-il , les restes d'une nation jadis nombreuse.
Racalets. — Les Racalets, dit Biet, habitaient la rivière Maricary (Macari) dans un pays inondé. A cause des terres noyées qui s'étendent sur le rivage de leur pays et se prolongent dans l'intérieur en marécages ininterrompus, les Racalets habitent à plus de trois lieues de la mer, ils ont établi leurs malocas sur de petites collines. Ils ont à peine de la terre en quantité suffisante pour faire des jardins. Ils ne peuvent aller de l'une de leurs malocas à l'autre qu'en canot, principalement pendant l'hivernage. De Gayenne , dîtBiet, on mettait dix-sept jours en canot à voile pour aller chez les Racalets et cinq jours pour en retourner. Ils étaient peu nombreux, cependant, en 1632, ils pouvaient encore envoyer chez les Galibis 40 hommes préparer des cases et des défrichements pour tenter de s'installer définitivement chez cette tribu amie dont les terres étaient de beaucoup meilleures que les leurs. Les Racalets étaient alliés des Galibis et ennemis des Palicours.