‹ La France et Guillaume IIChapitre 26 sur 30 · Rapports commerciaux, n · texte numérisé non relu

Rapports commerciaux, n

2. Vuir, dans Paul Masson. Histoire des Établissements françaL dans l'Afrique barbaresijue, p. 233, les tc.xles et Kelalions du lenip

La ville d'El-Araïch, ou Laraclie, est bûtie sur la rive sud de l'oued El-Khos ou Loukkos, qui a quarante lieues de cours. Le port d'El-Araïch est à l'embouchure de la rivière; c'est le port militaire de la côte ouest du Maroc; mais il ne peut recevoir que de petits navires, à cause de la barre sur laquelle il ne reste à basse mer que 1 m. 5 ou 1 m. 8 de profondeur. En dedans de cette barre, on trouve sept mètres... Le débarquement à El-Araïch est difficile et dangereux, même pendant la belle saison.

La ville de Salé ou Sla s'élève sur la rive nord et près de l'embouchure de l'oued Bou-Regrag, assez large rivière... Elle est en face de Rabat ou Rbat, bâtie sur la rive gauche... La rivière forme le port. Un banc de sable qui assèche à marée basse rend l'entrée très difficile, car il ne reste aux basses eaux que 6 m. 6 dans le chenal, lequel, d'ailleurs, change souvent de place.

La ville de Mogador est bâtie sur une pente de sable qui avance vers la mer et qui n'est élevée que de quelques décimètres au-dessus des hautes eaux, de telle sorte que la ville est entourée d'eau à marée haute. Une chaîne de rochers, qui s'étend en dehors de la plage, la défend contre la mer du large et la rend inaccessible, sauf du côté du sud, où est le port... De décembre à mars, avec les vents du S.-O., le mouillage de Mogador devient dangereux et les navires y sont en perdition, s'ils n'ont pas de bonnes chaînes pour résister à ces vents qui soulèvent une houle énorme. En outre '» aualitn du fond est mauvaise, et les ancres cassent souvent. 11 est rare qu'il ne se perde pas tous les ans quelque navire.

A El-Araïch comme à Salé-Rabat, les boues et les caprices des rivières rendront toujours difficile l'établissement dun port. A Mogador, ce sont moins les conditions naturelles que l'insouciance ou l'inhabileté des hommes qui maintiennent les dangers du mouillage. Car cette rade de Mogador, à peu de frais, pour-

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rait être transformée. La petite île côtière, que des fonds de quatre mètres séparent du rivage vers le sud, pourrait facilement être reliée au continent par une digue : elle formerait un admirable abri contre les vents du sud-ouest, dont les Instructions nous content les méfaits.

Mogador deviendrait un port de tout repos, un grand bassin circulaire de deux kilomètres de diamètre, avec des fonds de neuf à dix mètres partout, avec une ceinture contre toutes les brises et toutes les houles, avec une large et profonde entrée sur le libre océan.

Mais Agadir, l'ancienne Santa-Cruz des Portugais, fut jadis, avant Mogador, le débarcadère et entrepôt de tout le Maroc méridional, en particulier de ce pays du Sous, dont la vallée fertile, bien irriguée, s'enfonce entre les deux bras de l'Atlas et trace une route directe, pourvue de ressources et de bons puits, vers l'hinterland profond, vers le Tafdelt, vers notre Sud- Oranais. Sur sa petite montagne isolée, Agadir serait facile à fortifier; sa côte élevée dresse un mur contre les vents du nord; faciler. .ci^L, une jetée la défendrait contre les houles et vents du sud-ouest : Agadir deviendrait un mouillage commode.

Ce fut un caprice, une pression violente du chérij Sidi Mohamed qui, voici plus de cent quarante ans chassa le comm.erce européen d'Agadir et le transporta dans cette ville nouvelle de Mogador qu'un ingénieur français venait de construire et d'armer de toutes pièces, à la mode de France (17G3-1770) ;

< Agadir, disent les Inslruclcons naiiliqiies, est le derlicr port de la partie Sud du Maroc, qui olTrc un abri contre les vents du N.-E. et de l'Est; on y trouve un 3on mouillage par douze à seize mètres, vase; mais :a baie est exposée aux vents de TOuest et très dan- 2^ereuse, lorsqu'ils soufflent frais de cette partie; les vivres sont à bon marché; on a facilement de l'eau. »

Mogador ou Agadir leur donnant le commerce et les routes du sud, les pangermanistes voulaient, en Dutre, un port du centre. Près du cap Cantin, — juste à égale distance entre le cap Spartel, entrée de la Méditerranée, et le cap Noun, extrémité du Maroc vers le Sahara, — « on peut apercevoir sur le bord de la mer, disent les Instructions, les restes d'El Oualidiya, et à 2 milles 1/2 dans le sud de cette ville, on trouve d'autres ruines moins considérables; dans l'intérieur, à peu de distance de la côte, se trouve la lagune d'Oualidiya, ancien port d'El Ghait, dont l'entrée n'a pu être retrouvée par les embarcations du Raven. » Il est probable qu'en leurs explorations scicntitiques et systématiques du Maroc, les Allemands ont retrouvé l'entrée, sondé la profondeur et reconnu les avantages de cette lagune.

M. Bihourd écrivait le 25 mars 1904 * :

Je crois devoir noter la résolution suivante votée, le 20 de ce mois, par les pangermanistes wurtembergeois, réunis à Esslingen : « Plaise au Gouvernement Impérial de mettre à profit la situation actuelle pour développer les intérêts économiques de l'Allemagne au Maroc, notamment par

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