‹ La France et Guillaume IIChapitre 9 sur 30 · Cl". Questions extérieures : h' Angleterre et la Paix · texte numérisé non relu

Cl". Questions extérieures : h' Angleterre et la Paix

LE TUAVAIL DE LA FUANCË 65

ment les nôtres : si, durant quelques mois, il fût parvenu à barrer notre fleuve, la masse et la poussée des eaux accumulées derrière cet obstacle seraient bientôt arrivées à le franchir.

Notre consul donc a raison : le commerce francobritannique est stable et il le restera.

Second mérite non moins grand : il est susceptible encore d'extension. Il peut grandir et se perfectionner. En maints chapitres, nous n'avons pas encore ou n'avons plus la clientèle anglaise que nous devrions avoir. Nos paysans surtout laissent prendre à d'autres la place qu'ils devraient tenir :

La puissance de consommation de nos voisins, dit M. J. Périer. est considérable, parce qu'ils sont riches. Un pays de 40 millions d'habitants peut nous acheter des quantités énormes de produits agricoles, étant donné que la superficie de son territoire ne permet pas d'assurer l'alimentation de sa population au moyen de ses propres ressources... Quand on envoie des chargements de tomates de la Floride à Londres, il ne doit pas être impossible de produire avec bénéfices le même légume sur les côtes de France et notamment dans le sud-ouest, où nous avons des terres d'une admirable fertilité.

Nos ventes d'oignons, surtout en provenance de la vallée de la Garonne, sont importantes (1 275 000 francs), mais pourraient être beaucoup accrues, étant donnée l'énorme consommation de ce légume en Angleterre (plus de 21 millions de francs).

L'Angleterre importe pour 140 millions d'œufs; nous lui en fournissons à peine le dixième aujourd'hui. Il y a vingt ans, nous étions son principal fournisseur. En 1896, nous lui vendions encore 28 140 300 francs d'œufs français, ce qui, par comparaison avec 1901, représente une chute

dans nos ventes de plus de 10 millions de francs. Le fait est très regrettable et devrait attirer la plus sérieuse attention de la part de nos producteurs. Ils ont à leur porte un énorme débouché; leurs œufs sont de qualité supérieure et cependant ils se laissent évincer par des concurrents qui, il est vrai, vendent moins cher, mais dont les produits sont très inférieurs :

Importation anglaise d'œufs.

(En millions de francs.)

1899 lîOO 1901

Importation totale 127 130 138

Russie 29 28 30

Danemark 20 23 29

AllemnL-ne 24 25 22

Belgique 19 18 20

France-Ilalie 21 21 17

La Grande-Bretagne possède de magnifiques pâturages. Cependant, sur environ 240 000 tonnes de beurre qu'elle consomme, elle n'en produit guère que 70 000 tonnes. C'est que la fabrication du beurre demande des manipulations délicates, auxquelles sont très aptes les races paysannes, mais pour lesquelles l'ouvrier rural anglais a fort peu de dispositions. Le Royaume-Uni sera donc longtemps encore, sinon toujours, un énorme débouché (près de bOO millions dé francs en 1901 1 pour les beurres étrangers. Nous lui avons envoyé, en 1001, les 82 p. 100 de nos exportations de beurre (48 millions de francs sur 59). Cependant nos ventes n'entrent que pour 8,0 p. 100 dans limportalion britannique (43 millions de francs sur 497); elles ne sont pas ce qu'elles devraient être ni même ce qu'elles ont été : nos excellents beurres de Normandie et de r.retague, malgré la réputation si justifiée qui leur fait donner les plus hautes cotes sur le marché britannique, voient diminuer d'année en année leur importation dans le Uoyaume-l'ni. Depuis 189G, la chute ininterrompue de nos envois s'est chiffrée à plus de 21 millions de francs :

LE TRAVAIL DE LA FlUNCE

Importation anglaise de beurre.

(En millions de francs.)

Importation totale 387 440 407

Danemark 158 202 22G

Australasie 27 63 52

France G4 45 43

Russie 19 24 41

Hollande 20 35 38

Canada 8 16 25

Suède 42 25 23

D'après la douane britannique, rimportation totale de sucre brut a continuellement augmenté depuis trois ans; 13 121700 hundredweights en 1809; 13234 932 en 1900 et 13 419 773 en 1901: à l'inverse, la valeur a notablement diminué en 1901 par rapport à 1900. Les deux tableaux ci-dessous montrent pour les principaux pays importateurs, en milliers d'hundredweights et en millions de francs, les oscillations des ventes :

MILLIONS d'hUNDKEDWEIGHTS'

Importation totale 13 13 15

AUemaiiae 4 3 5

France 3 4 1

Maurice, Guyane et Antilles anglaises, Inde 1 1 2

Belgique 1 2 1

MILLIONS DE FUANCS

Importation totale 161 174 210

Allemagne 48 39 65

France 47 63 2

Maurice, Guyane et Antilles anglaises, Inde 24 20 39

Belgique; 19 25 13

Page 1