ROYAUME-UNI
Angleterre. — Nous arrivons au pays le moins morcelé de l'Europe par suite des circonstances économiques que nous avons fait connaître ailleurs. Les documents qui suivent et se rapportent à l'année 1851, jettent sur la question une lumière assez incertaine, en ne donnant que les dimensions des fermes et non celles des propriétés, de grandes propriétés pouvant être divisées en plusieurs exploitation^^ (superficie en acres; l'acre = 0.404 hect.).
DemoiD* Dt 100. De 200. De 300. De 400. De 500. De 600. De 1000 et Totu^ de 100.
Fermes 142,358 45,752 18,401 8,061 3,585 1,971 2,372 771 22S,?7J
Pottrl,O00. . . 634 207 82 36 16 10 11 4 1,000
En ajoutant au total qui précède, 2,047 Termes pour lesquelles les renseignements ont manqué, on trouve que le sol cultivable en Angleterre se partageait, en 1851 , entre 225,318 fermes ou exploitations. Or, l'étendue de ce sol étant évaluée è 13,246,061 hectares (pays de Galles compris), c'est, en moyenne, 58.78 hectares par ferme.
La même année, le gouvernement anglais a essayé de déterminer l'importance de chaque exploitation, non-seulement d'après son étendue, mais encore d'après le nombre des ouvriers qu'elle employait. Voici le résultat de cette enquête spéciale, résultat un peu douteux, car on a considéré comme n'ayant aucun ouvrier, c'est-àdire comme exploitant uniquement avec les membres de leur famille, 91,698 fermiers qui n'ont fourni aucun renseignement sur ce point.
Oavricrt. Fermier*.
OuTrim. Fermi«ra.
Govriert.
Femiert.
Oimiert.
60 éi M-
dasiu.
C'est, en tout, 225,318 fermiers et 665,651 ouvriers. Bien qu'il n'y ait pas lieu ici de juger de l'importance des exploitations exclusivement d'après le nombre des ouvriers, d'une part, lés familles iiirales étant très-nombreuses en Angleterre, de l'autre, les machines jouant un rôle considérable dans l'agriculture de ce pays, cependant on peut admettre que le plus grand nombre des fermeç appartient, sinon à la petite, au moins i la moyenne culture.
Les exploitations les plus considérables sont situées dans les comtés du sud -est et de l'est; les plus petites, dans les comtés du nord.
La concentration des propriétés s'est accrue assez notablement dans ces 30 dernières années, par l'effet des inclosure biUs, c'est-à-dire du partage des biens communaux ou vacants au profit exclusif des propriétaires riverains. L'échange des parcelles avait, d'ailleurs, été facilité, dès le règne d'Elisabeth, par des dispositions législatives qui n'ont pas cessé d'être en vigueur.
Ecosse. — Les fermes de cette partie du Royaume-Uni se répartissaient ainsi qu'il suit, d'après leur étendue, en 1851 (superficie en acres).
D* noiM de 100.
!>• 100. D« 200. De 300. D« 400. D« 500. De 606. D« 4.000. Tor^t.
Fermes 44,469 7,009 2,166 961 471
Pour 1,000 790 124 39 19 9
La superficie cultivable étant évaluée à 4,538,375 hectares, la dimension moyenne de chaque ferme est de 80.82 hectares, chiffre notablement supérieur à celui de TAnglelerre. Ici, toutefois, ce sont également les moins grandes fermes qui dominent dans une forte proportion.
En 1854, un document soumis au parlement attribuait à l'Ecosse 7,273 proprié* iaires. D'après l'étendue ci-dessus de la superficie cultivable totale, chacun d'eux possédait en moyenne 624 hectares. 594 de ces 7,273 propriétaires figui'aient sur les rôles pour un revenu annuel de 12,500 à 25,000 fr.; 387 pour 25 à 50,000 fr.; S74 pour 50,000 à 125,000 fr.; 76 pour 125 à 250,000 et 32 pour plus de 250,000 fr.
Irlande. — Le recensement des fermes dans ce pays, à diverses époques, a été
opéré dans des conditions qai permettent de déterminer plus exactement l'importance des cultiires. C'est ce qu'atteste le tableau ci-après:
D» De De D* De 500 et
0 è I acre. De I à 5. De n è 15. De 15 à 30. DeSOà 50. 50 à <00. 100 à 200. 200 k 500. ae-deHOL ^^^
La superficie cultivable étant évaluée à 6,889,620 hectares, en 18S1 , la dimension moyenne des fermes y était alors de li.31 hectares. L'Irlande était donc, i cette époque, comparativement à l'Angleterre et surtout à l'Ecosse, un pays de petite culture. Mais, depuis la grande liquidation de la propriété foncière qui s'y est opérée (et s'opère encore) sous le régime de Yincumbered estâtes ad (1846), une notable partie de la terre ayant passé en des mains nouvelles, le système des grandes exploitations tend à s'introduire en Irlande. Le nombre des fermes est, en effet, tombé de 796,539, en 1847, à 598,413 en 1859; soit une diminution de 33.1 p. 100.
Le tableau ci -après du nombre des exploitations d'après leur superficie en 1841 et 1861 , indique plus dairement encore le mouvement de concentration de la terre en Irlande, surtout au point de vue de l'influence, dans ce sens, du bill relatif à la vente des propriétés grevées d'hypothèques.
D«ll5Mrw. De 5 k 19. D« 15 k 34. DcplMiisSO.
Diminution p. 100. . . 72.5 27.2 i »
Augmentation p. 100 . » » 78.0 224.6
En comparant ce tableau à celui qui précède, on voit que c'est surtout de 1841 à 1851, c'est-à-dire sous le régime du bill de 1846, que la suppression des petites tenures a eu lieu sur la plus forte échelle.
Ces diverses statistiques n'indiquent que le nombre des exploitations et non celui des exploitants ayant une ou plusieurs fermes dans la même paroisse ou dans des paroisses différentes. Ce dernier renseignement a été recueilli pour la première fois en 1861 , et en voici le résumé :
TtBH
d« 0 k 1 De 1 k I D« 5 k 15. De 15 k SO. De .30 k 50. De50 k 100. 100 k 100. 200 k 500. Miud* 500. Teui.
ecffe. ICI ce. .
Voici les réflexions qu'inspirait, en 1860, à YEconomist, l'organe le plus accré* dite, en Angleterre, des saines notions économiques, la concentration de la propriété rurale dans la Grande-Bretagne: c... Tandis que les besoins croissants d'une population progressive et prospère font désirer que la productivité de notre sol soit poussée à sa dernière limite, nous constatons à regret, dans nos districts ruraux, des OGcajsions d'amélioration complètement négligées, des terres vagues que personne ne réclame, et, particulièrement dans le nord du royaume, de vastes solitudes créées par la main des hommes. Les propriétaires anglais ne se contentent que trop généralement de fah-e rendre à leurs terres la moitié seulement du produit qu'elles pourraient donner. Mais ceux des Highlands, en Ecosse, font mieux encore; comme s'ils avaient pris William Rufos pour modèle, ils convertissent les
maisons des tenanciers en déserts destinés uniquement à la reproduction du gibier. II y a là un symptôme fâcheux; il y a là la preuve que nos lois agraires ne sont pas conformes aux exigences des sociétés modernes et que notre manière d'utiliser la propriété foncière est essentiellement vicieuse. Aussi bien , nous n'avons pas besoin d*en chercher bien loin la cause; elle est tout entière dans l'agglomération de grandes masses de terres aux mains de propriétaires qui n'ont ni les connaissances, ni le capital y ni la volonté nécessaires pour en tirer le meilleur parti possible. Eh bien, par ce fait que nos lois favorisent cette agrégation, elles demandent une réforme urgente. Il n'est pas douteux, en effet, pour nous que, si les grands do* maines de l'Angleterre étaient répartis entre un nombre de propriétaires vingtuplc au moins, on verrait leur force productive doubler, tripler même, etc.» (P. 340.)