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LE CONGRÈS DE STATISTIQUE DE BERLIN

Pourquoi le taire? la staUstique est impopulaire. Les gouvernements ne se sont décidés que sous la pression de l'opinion, représentée, hélas I par un très-petit nombre de savants seulement, à lui faire une place dans les services publics. Et encore les bureaux appelés à la pénible tâche d'en réunir, d'en dépouiller, d'en coordonner, d'en publier les éléments, sont-ils, presque partout, insuffisamment dotés, et leur personnel , recruté au hasard , n'est-il que trop souvent au-dessous de sa mission.

Les autorités locales, invitées à remplir les questionnaires que leur transmet fadministration, le font avec une mauvaise grâce, avec un ennui visibles. .

Si la nature de l'enquête exige que ces autorités s'adressent directement à leurs administrés, comme en matière de recensement de la population ou des forces productives du pays, certaines, il faut bien le dire, d'avoir â lutter contre des dispositions généralement peu bienveillantes, elles n'apportent, dans une tâche dont elles s'exagèrent peut-être les difficultés, ni la fermeté, ni la persistance qui, seules, permettraient d'en triompher.

Quant aux particuliers, leur hostilité pour la statistique est chose notoire. Demandez à un cultivateur ce qu'il cultive , ce qu'il récolte, à un industriel ce qu'il fabriqae, et dans quelles conditions il fabrique, l'un et l'autre, convaincus qu'ils ont affaire i un agent, ostensible ou secret, du fisc, seront fort tentés de lui faire un vmm parti. Bienheureux s'il en est quitte pour des injures!

Maintenant supposons qu'en dépit de tous ces mauvais vouloirs, de ces lattes, de ces résistances, l'œuvre est arrivée à son terme, et que ces chifires, si péniblement recueillis, sont enfin, après une longue et minutieuse élaboration, portés à la connaissance du public; le nouveau document officiel sera-t-il favorablement accueiOi? La presse se fera-t-elle un devoir d'en donner connaissance à ses lecteurs? Recevrat-il cette publicité qui , après tout, est la plus chère récompense de ses obscurs préparateurs? Et, en cas d'affirmative, la critique, en la supposant et bienveillante et éclairée, aura-t-elle toujours cette forme attrayante qui, pour de semblables m^ tières, peut seule appeler l'attention du lecteur? Autant de questions auxquelles il est impossible de répondre affirmativement.

Sans nul doute, ces considérations ont dû être présentes à l'esprit des fondatems des congrès de statistique. Us ont dû être dirigés par cette pensée qu'il importait

avant tout d'appeler périodiquement Tattention des gouvernements et du public sur la haute utilité des études statistiques, par des réunions auxquelles seraient conviés tous les amis de la science, et où ses intérêts généraux seraient solennellement discutés.

Ce but a-t-il été atteint? Le retentissement qu'ont eu ces grandes assises, ces grands jours de la statistique, a-t-il produit ou produira-t-il un jour le résultat espéré?

Et notamment la dernière session du congrès, récemment réuni à Berlin, aura-telle une efficacité égale ou supérieure à celle des précédentes? Nous ne savons. Hais, d'abord, il importe de faire connaître l'institution elle-même, son origine, son organisation, ses moyens d'action et ses travaux.

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