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RÉSULTATS GÉNÉRAUX DES CADASTRES EUROPÉENS

Le cadastre est le résultat d'une série d'opérations, ayant pour but de faire connaître : 1^ l'étendue du territoire d'un pays ; 2° le nombre des personnes enire lesquelles se partage la possession du sol; 3° la superficie de chaque propriété; 4^ le nombre des parcelles qu'elle comprend; 5^ les diverses cultures dont elle se compose; 6^ le revenu brut et net de chaque nature de terre , classée d'après sa quaUté ou son degré de fertilité; 7^ la limite (dans quelques pays) de chaque pro-p.riété. n est facile de comprendre, dès lors, la haute importance du cadastre pour la répartition de Timpôt foncier, l'étude des questions d'agriculture, d'économie rurale, etc. Aussi son utilité, a-t-elle été reconnue partout, et, là où il n'a pas été possible d'établir un cadastre régulier, on a tellement senti le besoin de connaître la répartition du sol d'après les cultures, que tous les moyens ont été employés de la déterminer approximativement. Aussi possédons-nous, pour les principaux États de l'Europe (moins la Turquie et le Portugal), des chiffres qui, lors même qu'ils ne sont que le résultat d'évaluations, ont toujours une certaine valeur, en ce sens qu'ils exprinient l'opinion la plus accréditée, dans le pays intéressé, sur la contenance de chacune de ces cultures. Ce sont ces chiffres que nous allons reproduire, en suivant l'ordre alphabétique des noms de pays. Les superficies seront indiquées en hectares et les rapports de chaque culture à la superficie totale donnés en mil-

Angleterre. — Le premier et le seul cadastre que l'on connaisse en Angleterre, parait remonter à la période anglo-saxonne. Il est certain que le recueil célèbre connu sous le nom de Domesday book^ se réfère constamment à un livre terrier. Quelques statisticiens assurent qu'au dix-septième siècle fut exécuté un relevé topographique, qui démontra que la superficie de l'Angleterre dépassait 29 millions d'acres (11,716,000 hect.). D'autres prétendent que la première opération de cette nature n'aurait eu lieu qu'en 1769-1770, et en indiquent ainsi qu'il suit les résultats:

Terrw Prairies - . Soperfieie .^.,,

bbonrablei. •tpAturages. '®"* non eoltirèe. ^®^^'

Hectares .... 5,470,619 6,367,962 969,476 141,386 12,949,443 422.5 491.7 74.9 10.9 1,000

Ce document est extrait d'une enquête parlementaire sur l'agriculture anglaise en 1813. L'évaluation plus détaillée, que nous donnons ci-après, a été faite en 1827, devant une commission parlementaire, par H. Couling, ingénieur géomètre, et elle sert encore aujourd'hui de base aux calculs que l'on établit tous les jours en Angleterre sur les superficies d'après les cultures.

HeotaiM.

Terres labourables . . 3,623,400.

Terres marécageuses . 219,600 Tourbières et pâturages . 400,770

Bois 252,540

A reporter, .

4,496,310 IsM

P.iôO.

ReparL 4,496,310 78.99

Bruyères 812,520 14.26

Sables mouvants. . . . 71,370 1.25 Sup. bâties, routes,

chemins, etc . . . . 230,580 4.06

Surfaces d'eau 82,350 1.44

Total 5,693,130 100.00

Espagne. — Une loi récente a prescrit l'exécution d'un cadastre général diaprés les méthodes les plus perfectionnées. Il s'exécute en ce moment. Les évaluations ciaprès ont été communiquées par le gouvernement espagnol au gouvernement anglais, qui les a publiées dans le recueil officiel ayant pour titre : SkUisiical tabb relating tô foreign countries, 1858.

Terrai laboorablat.

Vignes. Oliriert.

Prêt et pfttnree.

ForèU.

»•<*"• 'iJSS'

Terras

SopcrflciM diverses.

Irriguée . 866.079 59,067 83,763 157.091 • . • .

Non irrigaés . . 15.988.441 1.440.858 773.705 8.091.037 10.186.045 3.733,996 35.573 1.075.679 8.969.810 49,5U.ti7

Total . 16.804.518 1,499,995 857.468 8.948.118 10.186.045 8,733.996 881.1 99.4 16.9 169.6 900.8 74.3

ÉicUS'Romains. — Le cadastre, entrepris en vertu d'une loi du 6 juillet 1816, et réglementé par les ordonnances des 23 juillet 1817 et 11 juillet 1833, a été terminé en 1833. Les résultats sont les suivants :

Terres de leboor et Jardins.

l,4iï,608 460.7

Prairies.

Vigaee.

ForAu.

Saperfide non caliJTte.

Saperflcia totale.

France. — Le cadastre, commencé en 1808, a été terminé en 1846, sauf en Corse, où il est encore en cours d'exécution et rencontre de nombreuses difficultés. Aucune mesure n'ayant été prise jusqu'à ce jour pour sa conservation, ses résultats ne sont plus en rapport avec les faits. On peut en outre lui reprocher d'avoir été entrepris un peu trop exclusivement au point de vue de Timpôt, et par suite de n'avoir peut-être pas déterminé avec une exactitude suffisante les superiicies dod productives, particulièrement les surfaces d'eau. On regrette également que les résultats généraux du livre temer, tels qu'ils ont été publiés dans le premier volume de la deuxième série de la Statistique générale de France, confondent dass une seule et même colonne les forêts de l'État et domaines non productifs. Il en résulte que l'on ignore, par exemple, l'étendue véritable des bois et forêts d'après le cadastre, lacune fort regrettable en tout temps, mais surtout de nos jours, où l'on a particulièrement besoin de connaître les superficies forestières.

Terres lalwttrables.

Vergers,

pépinières, Jardins.

Bois.

Cultures diverses. *

no??H{ -^•»- ^"""^ ^'«- "^

nonproduc. ^^^^^^ direiees.» «*■

1,047.685 7.188,885 8,171.169 8.088.048 fi34^>^

En ajoutant à la superficie totale ci-dessus celle de la Corse (874,745), oo arrive,

1. Oserales, auloaies, saussaies, olivaies, amandiers, mûriers, châtaigneraies, etc.

2. Carrières et mines, surfaces d'eau, rues, places et promenades publiques, routes et dxsaàsit constructionfi; cimetières*

pour la France ayant 4860, à 53,027»895. Noas avons le regret de ne pas connaître la superficie des nouveaux départements.

Hanovre. — «Il y a été fait un cadastre, mais très-incomplet, puisqu'il ne comprend ni Farpentage détaillé, ni les évaluations du revenu pour chaque nature de propriété. La tenue è jour de ce cadastre, malgré ses imperfections, n'en a pas moins été assurée par des mesures législatives et réglementaires très-sévères. Les résultats primitifs sont les suivants :

Hesse (hérédftaii*e). — Le cadastre a été entrepris dès 1680, mais avec les procédés imparfaits du temps. L'arpentage n'a véritablement commencé qu'en 1822, et les travaux de toute nature paraissent n'avoir été terminés qu'en 1849. La conservation et la mise à jour sont confiées aux inspecteurs de l'impôt foncier.

Terrw t.^:,. vï«.-. 9^i^.m ««.^a». Terfes ÎBcoltw Honte* Coon ^,^,

JiniiM. YifiMt. Pnirieo. Forèlt. eipàtum. etrÎTièiM. MbètimeoU. "^^•

Hesse (grand-duché). — Le cadastre y a été fait en exécution de la loi du 13 avril 1824, mais au point de vue de l'assiette de l'impôt foncier seulement. En voici le résumé :

Term lobon> Terres inciiIlM MoiioBi,clio-

Table* et Prtiriae. Yi^ei. Forêts. et propriétés minsotsur- totai.

Jaidias. bob impotabl. foees es eoo.

4097ll6 1087111 9,569 2777261 21^39 12^84 8387580 487.8 128.9 11.5 330.5 26.0 15.3 1,000

Hollande. — Le cadastre y a été entrepris peu après sa réunion à l'Empire français. Les opérations d'un renouvellement général, commencées en 1826, ont été achevées en 1832, excepté pour la province du Limbourg, qui n'a été réunie à la Hollande que quelques années après, et où le cadastre n'a été terminé qu'en 1842. Les données ci-après ne comprennent pas cette province.

^gff^ Prairies Bois JattUas, po- BâtineaU Boutes , BiTières , TanM

Ubosnklea •* •* «■»«». « cheBÛBS , lacs, i.jïï!?. tOTAt.

wivuuMS. p4mrtge,. fortu. pépiBières. coors. rues. étsBgs. »«>I»«.

Le document oflSciel auquel nous empruntons ces chiffres, ajoute l'observation diaprés : € La superficie non cultivée diminue sans relâche, par suite, non-seulement du défrichement des bruyères, mais encore et surtout du 'dessèchement des surfaces couvertes par les eaux. Celui du lac de Harlem, pour citer un exemple, a rendu 18,000 hectares à la culture. »

La conservation du cadastre est assurée en Hollande.

Modène (ancien duché de). — Les documents ci-après sont empruntés à la statistique de M. Roncaglia :

^'^^ Prairies ^"^^ Blriéras ^^^^ •«;. C-"/"« Term

•^ Piairies. ot Bineras. „^ Bois. at . ,j^ roTAt.

o««aa.T»toe. ?*«»»•• cliÉtai«iis. "^"•

237,712 53,236 636,046 6,314 279,992 554,994 161,000 978,283 2,907,577 81.9 18.2 218.7 2.1 96.3 Ml.O 55.4 336.4 1,000

tiadet itatistiqaas. 33

Nassau (duché de). — Une sorte de cadastre administratif existait dans le docbé de Nassau dès 1774, et la tenue de livres cadastraux y avait été prescrite parla loi du IS septembre 1829, par le r^lement du IS février 1830, eofm.par la loi du 15 mai 1851. Un nouveau cadastre a été ordonné par celle de mai 1854; rînstruction du 31 du même mois en a réglé la forme. Le document qui suit n'est qu'une évaluation qui remonté à 1822.

Terret et court dei ™"«* «... '^ chemins ,

«eigneorialet.

pèlanigM. forèu.

Nçrwége. — On attribue à cet État les^uperûcies cultivées ci-ap^ès :

Jardin.. pA»«"f~- •^ '^'^ nutm .np««d6i.

Parme (ancien duché de). — Les chiffres ci-après sont de simples évaluations:

T«rret labonrable. p^^^ Pàiu«r.. Riiièm. Boii. J^SL ^«^^^

OQMntTignef.

. Portugal. — Le cadasti^e y est, en ce moment, en voie d'exécution. Aucune évaluation n'a été publiée, ni par le gouvernement, ni par les particuliers.

Prusse. — Les édits de finance des 27 octobre 1810 et 7 septembre 1811 ont prescrit un cadastre parcellaire. Une loi de 1817, un ordre du cabinet du 26 juillellS^, des instructions pour la conservation du cadastre, et notamment celles des il février et 12 mars 1822, 10 mars 1856, qui confient ce soin aux géomètres du cadastre, enfin, la loi sur l'impôt foncier du 21 janvier 1839, forment, dans ce pays, l'ensemble de la législation sur la matière. Les opérations sont en cours d'exécution et paraissent avoir reçu, récemment, une active impulsion ^ Elles ont longletnps rencontré un obstacle d'une nature particulière : c'est l'exemption de l'impôt foncier, dont jouissent un grand nombre de propriétés seigneuriales,dans les provinces orientales, particulièrement dans la Poméraiiie, le Brandebourg et la Saxe. Le cadastre est à peu près terminé dans les provinces occidentales.

L'évaluation la plus récente des diverses cultures a été faite en 1861, par les autorités locales chargées du dénombrement périodique de la population. Cest dire assez qu'elle ne saurait être acceptée que comme une simple approximaliou.

Repart. . . . 15,488,115 M?"

Jardins, vignobles,

vergers 361,884 15.1

Terres labourables . 12,885,641 539.8

Prairies 2,240,590 93.8

AreporUr. . 15,488,115 648.7

Pâturages 2,078,602 8''

Bois des particuliers

des communes et

de l'État 6,313,841 264i

Total .... 23,880,558 1,0*'^)

' 1. Oq lit dans une correspondance de Berlin du 5 décembre 1861 : «Les opérations du cadastre se poursuivent actiTement En ce moment 723 géomètres, avec 474 aides, y sont employés. Le DOID^re des géomètres sera augmenté de 100 au printemps prochain. On espère que les bases générales^ rimpôt foncier pourront être établies dans les premiers mois de 1865.

Russie. — Il n'existe pas de cadastre dans cet immense pays, et nous reconnaissons que sa confection présenterait, au point de vue de la dépense, des difficultés considérables. Nous n'avons donc que des évaluations sur la répartition de son sol entre les diverses natures de culture. Celle qui suit est extraite d'une publication émanée de la commission centrale de statistique; elle se rapporte à l'année 1856.

8opeHlci« loUle OOtlVERKEMENTS. en millet géogra-

phiques carrét.

Grande Russie on Moscovîe proprement dîto . 69,076.48

Baltique 2,480.80

Pologne 7,654.28

Petite Russie 3,641.72

Nouvelle Russie 4,365.49

Total 87,218.77

L'éminent statisticien et géographe russe Koppen répartit le sol de la Russie d'Europe, en 1860, entre les cultures ci-après (en hectares).

Terres Uboanblei. Bois. ''%\f ngï.* ** Terres incolies. totai.

Sardaigne. — Dès 1669, des opérations cadastrales avaient été commencées, en Savoie, pour la répartition de l'impôt foncier. Elles furent terminées, pour une partie delà province, en 1714, et pour le reste, en 1730. L'édit du 5 mars 1731, et celui dit péréquation générale de 1738, régularisèrent la perception de l'impôt dans les conditions les plus satisfaisantes pour l'époque. Ce n'est que près d'un siècle après, c'est-à-dire en 1813, que la nécessité d'une rénovation du cadastre se fit sentir. Elle fut ordonnée par une loi du 14 octobre de la même année, qui prescrivit la forma* tien d'une commission chargée de préparer des instructions dans ce sens. Hais cette commission n'a été constituée que par l'ordonnance royale du 28 janvier 1845. Ses travaux, interrompus par les événements politiques, ont continué en 1850. Le 3 juillet 1853, son personnel a été renouvelé. Une loi du 4 juin 1855, fondée sur les études préparatoires qui lui sont dues, a prescrit la reconfection du cadastre; elle s'exécute en ce moment.

M. Despines, dans son rapport à la Chambre des députés deTurin(26 marsl852)^ comme organe de la commission du cadastre, a évalué ainsi qu'il suit les superficies affectées aux diverses cultures des États sardes de terre ferme.

Sil" ^'^^ **"*"" '''™''* ^^' ^'^^' ^^*' "^'•- ««'^- *"^

^^^Boiat 1,496471 884,407 63.768 59,776 168,890 604.314 931,013 141.400 428,196 4,171,865

Nous trouvons, dans le rapport d'une commission chargée récemment de faire des recherches sur la valeur imposable des divers pays réunis depuis 1860 aux anciens Etats sardes, les renseignements ci-après sur le cadastre de l'ile de Sardaigne.

Heclarai. P. 100.

Superficie des constructions 4,061.67 0.16

Terres arables, vignes,

, olivaies 953,003.02 39.15

'raines naturelles . . 870,455.47 35.74

Cultures forestières. . 306,833.04 12.62 Superficies d'eau pro-

auctives(lacs,étangs) 14,555.72 0.58

AreporUr . . . 2,148,908.92 88.25

HeclarM. P. 100.

Repart 2,148^908.92 88^25

Routes et pont9 ... . 13,841.13 0.58 Cours d'eau, torrents . 10,606.71 0.45 Lacs, étangs et autres superficies d'eau non

productives 2,322.02 0.08

Roches nues et montagnes incultes . . . 258,761.22 10.64

Total 2,434,440.00 100.00

Saxe. — La loi du 11 août 1828 avait prescrit, sur un certain nombre de points, et à titre d'essai, des travaux d'arpentage et d'expertise; mais le cadastre général n'a été commencé qu'en exécution de l'ordonnance du 7 mars 1835. Une instruction du 7 juillet 1836 a indiqué le sens dans lequel devaient être résolues les dfficultes qui pourraient s'élever à l'occasion de l'évaluation du revenu. La consemh tion et la tenue à jour des matières cadastrales ont fait l'objet de la loi du 9 septembre 1843 et du règlement du 26 octobre de la même année.

labouniblM ^^"^' Vnin». Vi' pàST *®*** Éuuig». Vignm. Carrièrw. nen mu.

Saxe-Cobourg-Gotha. — Les résultats ci*après ne sont que des évaluations.

iJo^L. ^''' ^«"^"^ ^^^- ..padS.. ~^*^

llâ^QS 3,003 13,954 56,778 13^80 200,220 563.0 16.1 .69.6 283.5 67.8 1,000

Saxe-Weimar. — Les documents ci-après sont extraits des matrices cadastrales.

Terrei Coon PniriM Boit *"'*Ï!î!!l""' ,«,^^

UbourtblM. et Jardins. etpâtanifM. «tforéU. ttSeSm.

Sidles (ancien royaume des Deux-Siciles). — Le cadastre y a été commencé en 1808 dans les États de terre ferme, sous la direction d'un bureau topographique réorganisé en 1815. Une ordonnance royale du 8 août 1833 en a prescrit la révision. Elle a été suivie de celles des 7 et 17 décembre 1838, 21 novembre 184i, 20 octobre 1842, et 18 août 1843.

Cette dernière ordonnance signale des imperfections nombreuses et considérables dans les opérations, et l'on ti^ouve des observations de même nature dans le programme de la commission de statistique générale instituée en 1853.

Le cadastre de la Sicile est un peu moins ancien. Les premiers travaux remontent à 1810. Leur révision, commencée en 1815, interrompue quelques années après, reprise en 1835, interrompue de nouveau en 1837 et en 1848, n'a été terminée qu*en 1853. Voici les résultats des deux cadastres, d'après Mortillaco elle docteur Pietra Maestri (Annuario Oatistico italiano, 1857-1858).

bounblM p-;-;-, PâtaragMet bs.îv-.. - ■■*■ — ' > Bois f^Ju* Temê .^o.

•Tecoannt ^*"**- pfttii. ««"*«•• d'oli- de chA- et foiéu. ~~J» teealte*. "' Tifnet. ▼ierf. Uigniert. aam.

Naplei . . . 8,043.417 76,189 1,483,818 T 817,608 186.048 1,458,184 675.086 1,876.851 8.S<e.01

Sicile .... 1,567,078 7 606.771 783 60,709 8,885 146,887 t 67,808 IM^

Quant à la superficie totale de l'ancien royaume, les chiffres donnés par Ie5 diverses statistiques présentent d'assez notables différences. WAlmanach de Gotha, qui puise ordinairement aux sources officielles, en fixe le chiffre à 11,153,500 1^' tares.

Suéde. — Les nombres qui suivent ne sont que des approximations :

Terrée ^'^* ' P'^'o'^6** Soif , broyèrea ,

laboanble* *' mootagiiee Surfacet d'eso. Aotret tnrfaces. ntàt.

commontox. el terret iociiltee.

Un autre docament, de date plus récente, modifie ainsi qu'il suit les superficies ci-dessus :

Terres Préi Forètt Snrfaeei d*e«a .SaperBcia

lebonrâblei. et pndriei. et landes. st sutres. toule.

Suisse. — Nous ne connaissons que deux cantons qui possèdent un cadastre, Vaud et Genève. Dans le premier, il a été commencé avant 1836 et paraît avoir été terminé en 1840. Les opérations cadastrales dans le second remontent à 1808, c'està-dire à répoque où il faisait partie de l'Empire français. Il était à peu près terminé en 1815. Une loi du 1®' février 1841 en a prescrit le renouvellement, et celle du 11 juin 1845 en a réglé l'application à la répartition de l'impôt foncier.

C'est peut-être d'après les résultats du cadastre des cantons de Vaud et de Genève qu'a été dressé le tableau ci-après des superficies de la Suisse entière, que nous trouvons dans le document officiel ayant pour titre : Matériaux statistiques de la Suisse (1855), 3® partie , p. 105.

Hectares. P. 100.

Terres arables 581,400 14.6

Prés 636,610 16.0

Vignes. 27,720 0.7

Bois et forêts 712,800 17.9

Pâturages 792,000 19.8

Terres incultes, eaux, chemins .... 1,240,230 31.0

Total 3,990,760 100.0

Toscane (ancien duché de). — Le cadastre y a été prescrit par la loi du 7 novembre 1817, et terminé en 1834. Suivent ses résultats :

Guunps

IsbîtTlss. ^"•-- ^•"'"•- ^'«»"- \,.,^ ^ ;r~^ »<>»•• S?^^. surî^. «-^•

doIiTiers. chàtiig«iers.

Valachie. — D'après les Annales du bureau de statistique de Bucharest (1863), le sol valaque comprend les diverses superficies ci-après :

Hectarss. P. 100.

Terres arables 5,314,718 72784

Territoire des villes et communes 63,920 0.88

Terres incultes, montagnes, lacs, étangs, rivières . 1,917,223 26.28

Total. . 7,295,861 mÔÔ

Wurtemberg, — Ce pays possède un des meilleurs cadastres de l'Allemagne et probablement de l'Europe entière. Il a été fait en exécution de l'ordonnance royale du 25 mai 1848, et terminé en 1850. Les instructions ministérielles des 30 jm'llet 1840, IS octobre 1849, ont réglé tout ce qui concerne sa conservation et sa tenue à jour.

y . TsRM ÎDcnltes « .> Roolss

uJSî». '•«""• f»«* ^ «•»"• •'•'^- ^^ *S«."' .^^.„. »""•

8287385 38,296 2277860 84,730 26iÏ34 6047918 26^20 12,681 41,881 1,890,905

Les documents qui précédent donneraient lieu à des rapprochements pleins d'intérêt, d'une part, s'ils étaient tous le résultat d'opérations cadastrales; de l'autre» si ces résultats étaient présentés sous la même forme. Toutefois, ils peuvent être

comparés, sans trop d'inexactitude, en ce qui concerne le rapport des terres laboarâbles (jardins compris) , aux autres superficies. Le tableau ci-après donne les éléments de cette comparaison pour une superficie de 1,000 hectares. Les trente et un pays qui y figurent, sont classés par ordre décroissant de surface arable.

YaUnchie

Danemark

Bavière

Parme

Saxe-Cobourg-Guliia Saxe-Weimar ....

Belgique

Prusse

Saxe-Royale

France

Hesse (çrand-duché) Brunswick (duché) .

Wurtemberg

États Romains. . . .

Bade

Sardaigne (ile de) . .

Hesse héréditaire . . . 389.1

Nassau 377.5

Autriche 366.1

Naples 364.0

Piémont 358.2

Espagne 331.1

Hanovre 307.0

Royaume-Uni 247.3

Hollande 231.0

Suisse 146.0

Russie 188.6

Toscane 156.5

Modène : . 81.9

Suède 20.5

Norwége 5.5

D'après ce tableau, c'est l'Europe centrale et occidentale qui a le plus de terres arables. L'Europe du nord en compte le moins. Le Danemat*k fait une remarquable exception à cette dernière observation; mais rappelons-nous que le chifiire qui lui est aiïérent est le résultat d'une simple évaluation dont l'exactitude ne doqs est pas démontrée. — Nous n'avons pas besoin de faire remarquer que les coefficients de terre arable ne doivent pas être pris pour mesure exclusive des facultés de production agricole des pays ci-dessus. Il faudrait encore pouvoir tenir compte de la fécondité naturelle du sol, et des méthodes de culture plus ou moins perfectionnées.

Au point de vue des superficies forestières, les États pour lesquels nous avons

pu les déterminer, se classent alphabétiquement ainsi qu'il suit :

Allemagne :

Nassau 421.2

Hesse héréditaire . . 400.4

Bavière 330.7

Hesse (grand-duché) 330.5

Bade 325.2

Wurtemberg .... 319.9

Bnmswick (duché) . 315.9

Saxe 305.5

Saxe-Cobourg-Gotha 283.5

Prusse 264.2

Saxe-Weimar .... 252.1

Hanovre 142.1

Angleterre 74.9

Autriche 325.9

Belgique 183.0

Espagne 200.8

France 147.4

Hollande 49.0

ItaUe :

ÉUts Romains. . . . 256.2

Modène i91.0

Parme 186.8

Naples 178.8

Piémont 120.8

Sardaigne 126.2

Russie 365.5

Scandinavie :

Suède ?

Norwége 652.3

Danemark 49.0

Suisse 179.0

Ce tableau montre que ce sont les États Scandinaves (le Danemark eicepié et la Suède très -probablement comprise) qui ont les plus grandes superficies forestières; viennent ensuite, par ordre décroissant, la Russie, l'Allemagne, TAq* triche, l'Italie et la Suisse, l'Espagne, la Belgique, la France, et à une grande distance l'Angleterre et la Hollande. Ainsi c'est dans l'extrême nord et au centre de l'Europe que dominent aujourd'hui les cultures forestières, et au midi qu'elles occupent la moindre partie du sol.

La culture de la vigne est nécessairement localisée dans la partie la plus méridionale de l'Europe. Son rapport à la superficie totale (ramenée à 1,000) s'établit ainsi qu'il suit, par ordre décroissant, dans le petit nombre d'Élats pour lesquels nous avons pu nous procurer ce renseignement : États Romains, 236.6; France, 40.0; Espagne, S9.4; Bade, 14.1; Hesse-Darmstadt, 11.5; Autriche, 11.2; duché de Nassau, 8.1; Saxe, 1.2; Suisse, 0.7; Hesse héréditaire, 0-2. Pour les autres pays ' vilicoles, ou le cadastre n'y est point encore terminé, comme dans le Portugal, ou les résumés o£Sciels des cadastres confondent les vignes avec les surfaces arables.

Les surfaces non productives ne peuvent que difficilement être comparées de pays à pays, les mêmes dénominations ne représentant pas toujours, à ce point de vue, des faits identiques; cependant, en considérant comme non productives celles qui ne sont l'objet d'aucune culture, et notamment les terres vaines et vagues, les landes, les pâtis et pâtures, on peut, à la rigueur, d'après les renseignements qui précèdent, classer dans un ordre quelconque les États qui ont fait l'objet de cette étude. Dans le tableau ci-après (qui fait connaître, pour chacun d'eux, la superficie non productive sur 1,000 hectares), nous nous sommes borné à les disposer dans Tordre alphabétique.

Angleterre 205.0

Allemagne :

Bade 163.8

Bavière 64.7

Brunswick (duché) . 81.4

Hanovre 382.6

Hesse héréditaire . . iOl.6

Hesse (grand-duché) 41.3

Nassau 78.2

Saxe 44.9

Wurtemberg 87.8

Autriche 155.2 '

Belgique 147.0

Espagne 259.2

France 178.6

Hollande 352.0

Italie :

États Romains. ... 5.9 *

Modène 391.8

Parme 66.3

Piémont 358.2

Naples 304.9

Sardaigne 124.9

Toscane 324.7

Russie 327.8

Scandinavie :

Danemark 225.3

Norwége 328.0

Suède 936.3

Suisse 51.7»

Valachie 270.0

On voit que les superficies non productives se répartissent très-inégalement en Europe. Toutefois on peut remarquer qu'elles dominent au nord et surtout à l'extrême nord de l'Europe. Distraction faite du Hanovre, c'est le centre de l'Europe (Allemagne) qui a le moins de superficies non cultivées ; ce privilège s'explique par la nature de son sol où les rochers et les montagnes sont rares. Les États italiens que traversent les Apennins ou les Alpes, ou qui bordent les marais de l'Adriatique, ont une portion considérable de leur sol entièrement inculte. La nature essentiellement montueuse du territoire espagnol explique également le chiffre élevé de ses terres non productives. Pour la Hollande, le même fait a sa raison d'être dans la grande étendue des canaux et autres surfaces d'eau qui existent dans ce pays.

D'après les chiffres qui précèdent, sur 1,000 hectares de superficie totale, on en compterait en Europe (distraction faite des États Romains) 224.2 non productifs, par suite soit delà nature du terrain, soit de son affectation à des usages d'utilité publique (routes, chemins, canaux, promenades, places publiques, constructions, etc.).

1. Chiffre incomplet, les superficies d*ean, bAties et autres de même nature (routes, chemins, promenades) n'étant pas indiquées.

?. ChUDre exceptionnel, et que nous considérons comme le résultat d*une erreur dans le document que nous axons consulté.

}. Même observation.

VlIGT-SIXltlE ÉTUDE.

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