‹ La France et l'étrangerChapitre 154 sur 177 · BandbMch der vergleichenden Statistik (1S · texte numérisé non relu

BandbMch der vergleichenden Statistik (1S

HoLLANDE. — Recrutement à prix d'argenl; admission au service a partir de vingt ans accomplis; 5 années réglementaires de service; passage dans la milice après quelques mois sous les drapeaux; eiTectif réglementaire de 60,613 hommes; effectif réel, au l^"* août 1861, de 50,884 hommes. A cet effectif, il Taut joindre une milice ou landwehr divisée en deux bans, comprenant tous les hommes de vingt-cinq à lrente*cin(] ans capables de porter les armes. En 1860, cette milice se composait: 1° d'un premier ban de 15 bataillons avec 36,109 hommes (dont 18,373 dans b première classe, formée des non-mariés, des veufs sans enfants, etc.); 3^ d'un second ban de 54 bataillons et 9 V, bataillons, avec 61,262 hommes. Une loi de 1861 a prévu et réglé l'appel de la milice sous les drapeaux. En temps de paix, l'Ëtat ne fournit que l'armement à la milice. Les renseignements qui précèdent ne s'appliquent qua l'armée européenne et non à l'armée de l'Inde (entretenue aux frais du trésor colonial), dont l'eflectif s'élevait, au 31 décembre 1860, à 28,936 hommes. Lepersonod de la flotte était, au 1^' janvier 1862, de 9,047 hommes, dont 2,141 soldats d'iufanterie de marine. En réunissant l'armée et la flotte, on a un effectif total (non compris les forces coloniales) de 59,431 hommes, soit, pour une population de 3,569,456 habitants en 1861, 1 soldat pour 60 habitants. L'armée ûgure au budgei de 1862 pour 12,836,000 fl. (27,409,040 fr.)', et la marine pour 9,083,589 ttorins (19,438,880 fr.); en tout, 21,919,5890. (46,907,920 fr.). C'est 791 fr. par soldat uu marin et 25 p. 100 de la dépense totale inscrite au même budget pour 85,807,98iUl (187,909,096 fr.)-

Italie (Royaume d'). — Système piémoutais, c'est-à-dire conscription avec faculii de remplacement; classe formée des jeunes gens de vingt ans accomplis. Une partie: du contingent (Gxé à 70,000 hommes) est appelée sous les drapeaux; l'autre forme la réserve. Cette réserve est réunie en exercice pendant quarante jours chaque aunée. La garde nationale, qui peut être mobilisée en cas de guerre, comprend tous les hommes non enrôlés de vingt a trente-quatre ans (220 bataillons et 132,000 bonimes). D'après le budget de 1863, l'effectif de l'armée sur le pied de paix (vétérans, invalides non compris) ne doit pas dépasser 242,000 hommes; sur le pied de guem. il peut être porté à 400,000 hommes, sans compter la garde nationale mobilisée. L'effectif à entretenir en 1863 a été fixé à 297,478 hommes. La dépense totale de l'armée sur le pied de paix (242,000 hommes) étant évaluée à 197 millions^ soU 814 fr. par homme, l'effecUf de 1863 devra coûter à l'État 242,147,092 fr. Le personnel de la flotte, en 1802, était de 10,927 hommes, non conipris deux régimeiiL' d'infanterie de marine d'un effectif total de 5,880 hommes, en tout 16,807 hominei En réunissant la flotte et l'armée, on a un total présumé, en 1863, de 314,285 bûiumes. Pour une population, en 1858, de 21,920,269 habitants, c'est 1 soldai oa marin pour 70 habitants. Le budget de la flotte nous étant inconnu, nous ne pouvons déterminer exactement le rapport des dépenses militaires au total des dépenses Toutefois, en appliquant à la marine italienne le chiffre moyen de la dépense pv homme en France en 1860 (matériel compris bien entendu), c'est-à-dire 5,i07fr., on n'est pas très-éloigné de la vérité en portant le budget de cette marine à 87*,, millions de francs. C'est alors une dépense militaire totale de 329,661,141 fr. (I,0i9fr par soldat), soit 33 p. 100 des dépenses totales évaluées à 974 millions de francs en 1862.

Portugal. — Conscription , par la voie du tirage-au^sort, portant sur les jeane; gens de vingt à vingt-deux ans. La durée du service est de 5 ans dans l'armée active

et de 3 ans dans la réserve; rengagements pour des périodes triennales. Au 31 mai 1862, l'effectif de Tarmée de terre était de 24,180 hommes. L'armée des possessions d'outre-mer comprenait un total de 8,236 hommes pouvant être porté à 16,807 hommes. Celte armée est entretenue sur le budget colonial. Le personnel aciii'de la flotte a été évalué, en 1860, à 4,227 hommes, y compris les ouvriei*s des ai^senaux. En réunissant l'effectif des armées de terre et de mer, on a une force totale de 28,357 hommes, soit, pour une population de 3,584,677 habitants en 1858, 1 soldat ou marin pour 126 habitants. Au budget de 1862-1863, les dépenses militaires totales 0gurent pour 4 milliards 38 millions de reis (22,946,845 fr.), soit 809 fn par homme et 27 p. 100 du total des dépenses évalué à 15,744 millions de reis (89,457,500 fr.).

Prusse. — Tous les Prussiens doivent le service militaire à partir de vingt ans accomplis , sans pouvoir se faire remplacer. D'après la nouvelle organisation , la durée du service est de 7 années, dont 3 sous le drapeau et 4 dans la réserve. Le soldat prussien, à l'expiration de cette période, passe dans la landwehr, où il sert pendant 9 ans, c'est-à-dire jusqu'à sa 32^ année dans le premier ban et jusqu'à sa 36^ dans le second. Il fait ensuite partie du landsturm jusqu'à sa 50® année. La recrue qui s'équipe elle-même, ne passe qu'une année dans l'armée active. L'armée active sur le pied de paix est de 211,778 hommes; sur le pied de guerre, de 647,073 hommes, et de 743,294 hommes avec la landwehr du deuxième ban. Le personnel de la marine comprenait, en 1862, 1,752 marins et ouvriers et 952 soldats de marine, en tout 2,704 hommes. En supposant que l'effectif réellement entretenu ne soit pas supérieur au pied de paix, et en réunissant l'armée et la flotte, ou a un total de 214,482 hommes, soit, pour une population de 18,500,446 habitants en 1861, 1 soldat ou marin pour 86 habitants. Les dépenses militaires (ordinaires et extraordinaires) figurent au budget de 1802 pour une somme totale de 41,795,647 th. (156,733,672 fr.); c'est 738 fr. pour 1 soldat ou marin et 30 p. 100 du total des dépenses, évalué à 139,908,411 th. (524,656,541 fr.).

Royâume-Uni. — Recrutement à prix d'argent; admission au service des jeunes gens de dix-sept à vingt-cinq ans; de 9 à 10 années de service dans l'infanterie et M dans la cavalerie et l'artillerie. L'effectif, voté pour l'exercice 1862-1863, a été (le 228,973 homnjes (y compris l'armée européenne de l'Inde pour 83,528 hommes). On peut évaluer la force de la milice à 135,509 hommes et celle des volontaires, aujourd'hui complètement armés et équipés et prenant part rég[ulièrement aux exer* cices, à 170,000^hommes. L'effectif de la milice à cheval (yeamanry) varie entre 8,000 et 9,000 hommes; enfin les vétérans enrôlés et encore propres à un bon service, au moins à l'intérieur, s'élèvent à 12,000 hommes. C'est un total, pour les forces militaires plus ou moins disponibles en cas de guerre , de 555,482 hommes. L'effectif de la marine, voté pour le même exercice, est de 74,850 hommes; c'est un total général, pour les forces de terre et de mer, de 630,332 hommes. En ne tenant compte, pour le calcul du rapport à la population, que de l'armée active et de la flotte (300,823 hommes), il y avait, dans le Royaume-Uni, dont la population était de 29,193,319 habitants en 1861 , 1 soldat pour 97 habitants. L'armée active (entretenue aux frais du Trésor) figure, au budget de 1862-1863, pour 15,302,870 1. st. (382,571,750 fr.), et la flotte pour 11,794,305 1. st. (294,857,625 fr.). C'est une dépense totale de 677,429,875 fr., soit 2,231 fr. pour 1 soldat ou marin et 39 p. 100 du total des dépenses, évalué à 1,750 millions de francs.

Russie. — Recrutement par voie de prélèvement, à certaines époques, d'un nombre déterminé de jeunes gens pour 1,000 habitants mâles sans distinction d*ige. Au point de vue du recrutement, l'empire est divisé en deux zones, celle de Touest et de Test. La levée se fait alternativement dans Tune et l'autre. Le reœplaceneol est permis, mais il est rare; l'exonération est facultative au prix de 1,000 roublespapier (environ 1,000 fr.). La noblesse, les grands négociants et industriels, el quelques autres professions, sont dispensés du service militaire.

L'effectif réel de l'armée russe n'est pas connu. VAlmanach de Golka l'évalue, d après un rapport du ministère de la guerre dont il ne donne pas la date, â 9i!2,239 hommes, sur le pied de paix, et à 1,600,000 hommes en temps de guerre. La campagne de Crimée a prouvé suffisamment ce que valent de pareils chiffres. Eo fait, d'après les meilleures autorités, l'effectif réel de l'armée active ne saui'ait être évalué à plus de 680,000 hommes, y compris 80,000 hommes de troupes irrégulières. En y joignant une réserve de 50,000 hommes, on arrive à un effectif entretenu de 7c)0,000 hommes. — Le personnel de la flotte, en 1860, s'élevait, d'après YAlmanach de Gotha ^ à 58,056 hommes. Si Ton adoptait les chiffres de ce recueil pour l'armée active, la Russie aurait entretenu, en 1859-1860, 1,000,285 boiumes, boit, pour une population européenne, en 1858, de 64 millions d'habitants, 1 soldii sur 64 hommes. D'après un budget de l'exercice 1803, l'armée et la flotte devaient coûter, cette année, 131 millions de roubles d*argent en nombre rond (519 nullions de francs), dont 82% pour la flotte. Ce serait 529 fr. pour 1 soldai ou marin de l'effectif de YAlmanach de Gotha ^ 711 fr. pour l'effectif, plus probable, de 7âO,000 hommes, et 42 p. 100 du total de la dépense inscrite pour 310.6 millions de roubles ou 1,242 7s millions de francs.

Scandinavie. — Danemark. Conscription; durée du semce (à partir de l'âge de vingt-deux ans) fixée à 8 années, dont 4 (pour l'artillerie 2) dans la réserve, b sortant de la réserve, le soldat passe dans la landwehr du 2^ ban, où il sert jusque Tâge de quarante-cinq ans. L'armée, sur pied de paix, est de 22,900 hommes. Sur le pied de guerre, elle peut s'élever à 50,000 hommes. Pendant la guerre coutreks duchés, en 1849, elle avait été portée à 69,000 hommes. Le personnel de la Mt en 1862, était de 1,826 hommes, y compris les ouvriers embrigadés. La force totale des armées de terre et de mer n'est donc pas de plus de 24,684 hommes ea teiD|H de paix; pour une population de 2,605,024 hommes, en 1860, c'est 1 soldat os marin pour 105 hommes. Hais on peut croire que, par suite des difficultés relatives aux duchés allemands, et de la menace permanente d'une intervention armée de b Confédération , l'effectif réellement entretenu a atteint le pied de guerre.

Au budget de 1860-1861, l'armée figure pour 4,270,206 rigsdalers(12,041,98irr.', et la marine pour 1,949,162 rigsdalers (5,496,637 fr.), ensemble 6,219,368 rigsdalers (17,538,618 fr.). En supposant, dans cet exercice, l'entretien de l'cfTectifti^ guerre (50,000 hommes), c'est 357 fr. par soldat ou marin, et 37 p. 100 de la dépense totale portée à 16,689,166 rigsdalers (47,063,448 fr.).

Suède. — L'armée se recrute de trois manières : 1^ par des enrôlements à f^ d'argent (vàrfvade) pour 12 années au plus, et 3 au moins; 2^ par la formalioc d'une sorte de garde civique, qui ne reçoit de solde que lorsqu'elle opère en debon de la commune (indelta); 3^ par la formation dune milice spéciale dite de Go^ land , qui ne sert que dans TUe de ce nom, bien qu'elle fasse partie de l'armée actife; 4® par la conscription. Depuis 1812, tout Suédois, de vingt à vingl^cinq ans, P^

être appelé à servir 5 années. Le chiffre de l'armée aciTve n'est pas connu; les effectifs indiqués par les divers auteurs varient entre 144,010, 134^897 et 118,270, à des époques qui ne sont pas spécifiées. — Le personnel de la flotte se serait élevé, en 1861 , & 14,950 hommes. En réunissant l'armée (cliiflre le plus Taible) et la flotte, on a un total de 133,230 hommes, soit, pour une population de 3,856,888 habilanls en 1860, 1 soldat ou marin pour 29 habitants.

Mais un effectif aussi considérable ne peut être considéi é que comme Fexpression du pied de guerre, et nous pouvons hardiment le réduire de moitié pour.avoir l'effeclif réellement entretenu. Cette réduction est au surplus confirmée par un rapport du Comité central d'hygiène de 1862, qui abaisse à 60,867 hommes (marine non comprise) l'effectif sous les armes cette même année. En estimant à 7,000 hommes le personnel de la marine, ce serait, pour le pied de paix, 67,867 hommes, soit 1 soldat ou marin pour 56 habitants, rapport encore exceptionnellement élevé, et qui ne peut s'expliquer que par la part considérable de la milice proprement dite dans l'armée.

Au budget de la période triennale 1861-1864, l'armée figure pour 8,727,720 riksdalers (12,393,362 fr.), et la marine pour 3,305,100 riksdalers (4,693,242 fr.) ; ensemble, 12,032,820 riksdalers (17,086,604 fr.). C'est 252 fr. par soldat ou marin, et 45 p. 100 du total des dépenses ordinaires inscrites pour 26,911,710 riksdalers (38,214,628 fr.).

Norwége. — L'armée se recrute en partie par des engagements volontaires, en partie par la conscription. En principe, tout Norwégien arrivant à l'âge déterminé par la loi est astreint, comme en Suède et en Prusse, au service militaire. La durée légale du service est de 5 ans dans Tinfanterie, et de 7 ans dans les autres armes; mais, en lait, les recrues obtenues par la conscription retournent beaucoup plus tôt dans leurs foyers. Les recrues qui n'entrent pas dans la ligne servent dans la landwebr, où elles font l'exercice à certaines époques de l'année. D'après M. Kolb , l'effeclif de l'armée de terre était, en 1854, de 23,484 hommes, dont 14,324 de troupes de ligne et 9,160 de landwehr. VAlmanach de Gotha attribue à la Norwége, à une époque qu'il n'indique pas, 35,115 hommes, dont 19,511 pour l'armée active et 15,604 pour la landwehr. Cette force représente très-probablement le pied de guerre. La marine comprend ou doit comprendre prochainement, d'après M. Kolb, un personnel de 4,000 hommes, non compris la réserve. D'après YAlmanach de Goihay l'effectif ne serait actuellement que de 600 hommes;, mais l'inscription maritime peut en fçurnir 46,000. Les forces militaires figurent au budget de la période triennale 1860-1863, pour 1,505,830 écus-species (8,447,706 fr.), dont 1,002,381 (5,023,357 fr.) pour l'armée et 503,449 (2,824,349 fr.) pour la marine. En adoptant comme réellement entretenue, dans celle période, la moitié de l'effectif attribué par VAlmanach de Goûia à l'armée de terre (17,557 hommes), et le tolal du personnel maritime (600 hommes), en tout, 18,157 hommes, c'est 465 fr. par soldat ou marin, et 32 p. 100 du tolal des dépenses qui s'élève (année moyenne de la période) à 4,755,350 écus-species (26,677,513 fr.).

Suisse. — La Suisse n'a pas d'armée permanente, la constitulion l'interdisant rormellement; mais tout Suisse, arrivé à l'âge du recrutement, est astreint au service militaire. En fait, l'armée fédérale se compose : 1^ de l'armée régulière, comprenant les hommes de vingt ans accomplis dans la proportion de 3 p. 100 de la |)opulation (82,747 hommes en 1861); 2^ de la réserve, formée des hommes ayant

Eludes «Uilistiqacl. 35

accompli leur temps de service dans Tarmée régulière, c'est-à-dire arrivés à l'âge de trente-quatre ans (42,392 hommes); 3^ de la landwehr, dont font parlie, jusque quarante-quatre ans, les hommes qui ont quitté la i-éserve. C'est une force totale disponible, en cas de guerre, de 189,926 hommes. En 1861 , 130,235 hommes odi pris part, soit à Tinstruction militaire dans les écoles fédérales ou cantonales, soil aux exercices. En 1862, l'armée régulière a coûté au budget fédéral 3,254,154 fr. ou 16.4 p. 100 (13.5 de 1852 à 1862) des dépenses totales (19,268,000 fr.). Les dépenses militaires cantonales, que Ton dit être considérables, nous sont incooDues. Il en est de même de celles qui incombent directement aux recrues en ce qui coqcerne tout ou partie de l'équipement.

Turquie. — Conscription avec tirage au sort et engagements volontaires; 5 années de service dans l'armée active (nizam) et sept dans la réserve (rédif).

L'effectif réel de l'armée turque n'est pas connu. M. KoU) évalue l'année active i 148,000 hommes. Il suppose que la réserve n'existe que sur le papier. U porte Ifê contingents des États placés sous la suzeraineté de la Porte, à 100,000 hommes. Quant aux troupes iiTéguliéres, il ne leur attribue aucune valeur. Dans la campagne de Crimée, l'armée turque, d'après un rapport du ministère de la guerre, aurait eu un eifectifréel de 216,893 hommes. Un document officiel anglais (7%€ armes oftk world, 1860) attribue à la Turquie, en y comprenant les contingents, un effectif de paix de 180,750 hommes et un effectif de guerre de 592,000 hommes. U Aimant de Gotha porte les forces militaires de la Turquie, sans indiquer s'il s'agit du pied de paix ou de guerre , à 395,000 hommes, dont 149,000 pour l'armée active, 120,000 pour les contingents de la Bosnie, de l'Albanie, de la Servie et del'Égyple, et 126,000 pour la réserve. D'après la même autorité, la flotte était montée, en 1861, par 34,000 marins ou soldats de marine. Ce serait un effectif total, pour famée de terre et de mer, de 429,000 hommes. En 1861, aux termes d'un document d'origine anglaise, l'armée de terre et de mer coûtait 150 millions de francs. En adoptant l'évaluation de ïAlmanach de Gotha, ce serait 380 fr. par soldat. La populatioi] de la Turquie (provinces tributaires comprises) étant évaluée à 39 millions d'individus, l'effectif militaire que nous supposons réellement entretenu (429,000 hommes), répondrait à 1 soldat ou marin pour 90 habitants.

Les Principautés-Unies (Moldo-Valacliie) , placées encore aujourd'hui sous la suzeraineté (nominale il est vrai) de la Turquie, ont, d'après M. Kolb, une année de 32,144 hommes; d'apr^is YAlmanadt de Gotha, de 27,897. On est plus près deb vérité en réduisant ce dernier chiffre à 20,000. Si l'on évalue à 4 millions d'homiDes la population des deux provinces, c'est 1 soldat pour 200 habitants. Les dépenses militaires figuraient, au budget de 1860, pour 28,913,209 piastres; c'est une somme totale (à 40 centimes la piastre) de 11,565,284 fr., soit 578 fr. par soldat.

Un document inséré dans le recueil : la Voix de la Roumanie (1862) et donné comme officiel, confirme notre évaluation; d'après ce document, l'armée rouroalDe aurait un effectif de 20,000 hommes, se décomposant ainsi qu'il suit : infaolerie, 12,000 hommes; cavalerie, 1,600 hommes; artillerie et génie, 1,400 hommes; gendarmerie, 5,000 hommes. Les frais d'entretien de celte armée figureraient au budget de 1863 pour 11,800,000 fr., soit 590 fr. par soldat.

M. Kolb attribue à la Serbie un effectif de 2,500 hommes, ayant coûté, en i^* 344,000 écus (autrichiens) ou 894,400 fr.; c'est, pour 985,000 habitants en \&^^ 1 soldat pour 394 habitants et 357 fr. par soldat.

Le tableau ci-après résume les principaux faits qui précèdent :

(EfcSf'ip- WP""» Wp..». Hj,.^„ ^^

enl860-18«3.) defrmci. en 1 ««0-1863. ^^f„

AUemaëne. . . 178,576 16,960,512 400.0 82,698,687 463 95 i)

Autriche. . . . 467,211 35,019,058 916.6 . 336,554,200 720 75 37

Belgique. . . . 40,115 4,671,183 141.8 32,252,630 804 117 23

Espagne. . . . 120,000 15,500,000 502.4 125,661,871 1,046 129 25

États romains. 8,845 684,306 > 4,422,500 500 77 >

France .... 513,349 37,500,000 2,084.1 688,645,395 1,341 73 33

Grèce 10,921 1,096,000 22.5 5,434,826 498 100 25

Hollande . . . 59,431 3,569,456 187.9 46,907,920 789 60 25

Italie 314,285 21,920,269 974.0 329,661,141 1,049 70 34

Portugal. . . . 28,357 3,584,677 89.4 22,946,845 809 126 20

Prusse 214,482 18,500,446 524.6 156,733,672 736 86 30

Royaume-Uni. 300,823 29,193,319 1,754.0 677,429,375 2,251 97 39

Russie. .... 1,000,285 64,000,000 1,242.5 529,240,000 529 64 42

SndnninA VIP *

Danemark',. 50,000 2,605,024 47.0 17,538,618 351 52 37

Suède .... 67,867 2,856,888 38.2 17,086,604 252 42 45

fforwége. . . 18,157 1,433,734 26.7 8,447,706 465 79 32

Suisse 82,747 2,510,494 19.3 3,254,154 39? 30 17

Turquie. . . . 429,000 39,000,000 342.1 150,000,000 350 91 43

Roumanie. . . 20,000 4,000,000 » 11,800,000 590 200 »

Serbie 2,500 985,000 » 894,400 357 394 >

Totaux et raoy. 3,926,951 305,590,366 9,313.1 3,247,610,544 827 77 35

Ainsi, d'après des évaluations , que nous considérons comme plutôt inférieures que supérieures à la réalité , l'Europe entretient en temps de paix un effectif de 3,926,951 hommes, et inscrit à son budget une somme de 3V« milliards ou 35 p. 100 du total de ses dépenses pour subvenir aux frais de cette armée colossale.

Maintenant supposons un instant que , par suite d'une entente entre les puissances intéressées, un désarmement s'opère dans la. proportion de moitié. Immédiatement 1,963,475 hommes de 20 à 35 ans, constituant l'élite de la population de cet âge, sont rendus aux travaux de la paix, et une économie de 1,624 millions est réalisée sur l'ensemble des budgets européens. Avec celte somme, l'Europe peut ajouter annuellement à son réseau actuel (à 150,000 fr., en moyenne le prix du kil. à une voie) 10,000 kil. de voies ferrées; elle peut, en une seule année, compléter son réseau de voies de terre de toute catégorie; elle peut doter toutes ses communes et même toutes les sections de ses communes d'une école primaire. Ces grandes améliorations une fois réalisées, elle peut, si elle entend conserver la même somme à son budget , l'appliquer à la réduction progressive de sa dette. L'intérêt annuel de cette dette étant aujourd'hui d'environ 2 Y, milliards, et cet intérêt, capitalisé au taux moyen de 4 p. 100, représentant un capital de 57 % milliards, elle pourrait être éteinte (en ne tenant pas compte des intérêts composés), en 36 années environ. Si, au contraire, les pays intéressés entendaient appliquer les 1,600 millions ainsi économisés à la suppression ou à la réduction des impôts qui pèsent le plus sur la production ou la consommation, quel allégement pour les populations! quel essor nouveau donné à toutes les ti'ansactionsl

Nous avons dit que 1,907,924 hommes à la Oeur de l'âge seraient rendus aux arts de la paix. Il y aurait encore dans ce fait heureux une cause efficace de prospérité pour l'Europe. En effet , en ne portant qu'à 2 fr. le salaire moyen quotidien de ces 3 niillions de travailleurs, et en supposant que le salaire représente la moitié

de la valeur produite, cette pacîGque armée, désormais em^égimeolée aoiula bannière du travail, créerait une valeur quotidienne de 4 millions et de 1,460 millioDs par année (de 365 jours, les travaux extraordinaires compensant les jours fériés).

Ce n'est pas tout : une quantité considérable de' capitaux, ai:gourâ'hui employés à la fabrication des objets nécessaires à Téquipement et à l'armement de cesSmfllions d'hommes, deviendrait disponible et pourrait être appliquée à d'autres branches, incomparablement plus utiles, de l'industrie nationale.

Le maintien dans leurs foyers de S millions de jeunes gens aurait pour effet certain d'amener, au moins temporairement, une baisse notable du prix de la main-d'œuvre , et d'imprimer ainsi un vif élan à la production sous toutes ses formel

Cette baisse de la main-d'œuvre serait accélérée par la diminution du travail dans les établissements militaires de l'Etat, c'est-à-dire par la mise en disponibilité, au profit de l'industrie privée, d'un grand nombre d'ouvriers habiles.

Les économies de l'État ne porteraient pas seulement sur le budget militaire proprement dit, mais encore sur cette partie toujours croissante de ses dépenses qui a pour objet les pensions et les secours.

L'État trouverait d'ailleurs une ressource d'une certaine importance dans la Tente d'une partie de l'immense matériel entassé dans ses arsenaux , matériel toujours calculé pour les besoins d'une armée trois fois supérieure au pied de guerre.

Au point de vue du mouvement de la population , la réduction de moitié des effectifs militaires aurait les heureux effets ci-après : 1^ le nombre des mariages s'accroîtrait; V l'âge 'moyen auquel l'homme se marie actuellement, et qui est surtout déterminé par les exigences du service militaire, devant s'abaisser pour 2 milIioDs de jeunes gens, les unions ne seraient pas seulement plus nombreuses, elles seraient encore plus fécondes; 3^ les naissances naturelles, dont le nombre s'accrott eu raison directe des effecà(^ militaires, diminueraient nécessairement; 4^ la mortalité dans les campagnes, où ces effectifs sont recrutés pour les trois quarts, étant moindre, aui mêmes âges que sous le drapeau, le chiffre mortuaire du pays serait réduit; 5Me plus grand nombre des libérés du service militaire allant s'établir dans les villes, la réduction de l'effectif retarderait le tiiste progrès des agglomérations urbaines.

En négligeant un instant les considérations économiques, nous signalerons Tavan* tage pour le pays d'entretenir dans l'habitude et le goût du travail un nombre considérable d'adultes , que la vie de garnison condamne aujourd'hui à l'oisiveté et a ses funestes conséquences. Nous signalerons encore l'intérêt pour Tordre, pour la morale publique, de maintenir les liens de la famille que brise plus ou moins complètement l'absence , pendant 6 ou 7 années, de ces S millions d'enfants enleTés annuellement par le recrutement au foyer domestique.

Ne perdons pas de vue, en outre, que les grandes armées constituent, auseindc l'État, une force, une influence politique, dont les gouvernements sont toujours obligés de tenir un compte sérieux, et que les prétentions, les exigences croissaute^ des chefs de ces armées, sont presque toujoui-s pour eux un grave embarras. U^ constituent même souvent un danger pour l'ordre et les libertés publiques, coœoie on Ta vu en Espagne et en Portugal.

EnBn, les nombreuses armées entretiennent de vifs sentiments de défiance eolre les divers peuples, toujours prompts à se prêter mutuellement des projets d'invasion: à ce point de vue, elles enlèvent à la diplomatie ses plus grandes ahances de succès.

VIR6T-HUITIÊIE ÉTUDE.

Page 1