‹ La France et l'étrangerChapitre 18 sur 177 · II.TIH · texte numérisé non relu

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Les rapports proportionnels qui précèdent , indiquent que le nombre des communes est, par catégorie, en raison inverse de celui des habitants. La dernière catégorie présente seule une exception à cette règle. La loi de répartition des habitants est plus compliquée; ce sont les communes de 1000 à 5000 habitants qui donnent la plus forte population (plus de 40 p. 100 de la population entière). Les communes de 500 à-lOOO habitants viennent ensuite et elles sont suivies immédiatement par celles de moins de 500 habitants, puis parcelles de 80,000 habitants, et enfin successivement, quoiqu(3 avec quelques irrégularités, par les communes de 5 à 10,000 habitants, de 10 à 15,000, etc., etc.

ÉtodeitUtii.iqiiei. 4

{ 4. Population dos principalos Tilloi.

Comme dans les dénombremenls antérieurs, on a recensé, en 1856, deux natures de population bien distinctes : 1^ les populations floUantes, comprenant l'armée, les établissements d'instruction secondaire, les établissements pénitentiaires, religieux et de bienfaisance , les réfugiés et diverses autres catégories d'individus ; S^ la population municipale, qui n'est autre que la population totale, distraction faite des populations flottantes. Â son tour, la population municipale se subdivise en agglomérée et éparse. Ces distinctions, qu'on ne retrouve pas dans les autres pays, sont fondées sur ce fait qu'en France, le cbiflre de la population sert de base au règlement de divers intérêts financiers et administratifs , et que ce règlement est déterminé tantôt par le nombre absolu des habitante , tantôt par ce nombre, réduit de quelques catégories de personnes , tantôt enfin par l'agglomération ;seulement. D'après la définition qu'en a donnée, dans diverses circulaires, l'administration des finances, l'agglomération comprend les maisons contiguës ou réunies entre elles par des parcs, jardins, vergers, chantiers, ateliers ou autres enclos de ce genre. En 1856, le nombre des communes ayant plus de 2000 habitants agglomérés (populations flottantes non comprises) était de 1,307, et le cbiflre de cette population agglomérée, de 9,475,655. En 1851 , on n'en avait compté que 1,083, ayant une population agglomérée de 7,519,981 habitants. La population agglomérée des communes où cette population dépasse SOOO habitants, s'est donc accrue, en cinq ans , de 26 p. 100. Ce fait confirme les renseignements précédents sur le mouvement de concentration de plus en plus caractérisé de la population française sous l'influence des nouvelles conditions économiques du pays.

Ces observations devaient naturellement conduire à rechercher dans quelles proportions s'est accrue, de 1841 à 1856, la population de nos principales villes. Pour ne pas donner à cette étude des développements exagérés et d'un faible intérêt , nous n'y avons compris que les communes ayant, en 1856 , plus de 5000 habitants agglomérés, distraction faite des populations flottantes. Le tableau ci-après résume les résultats de nos calculs à ce sujet, calculs qui portent sur un ensemble de 287 villes.

ANNilS. rOPULATIOK. ACCaOlSWMlHT

pour 100.

Ainsi , le taux d'accroissement de la population domiciliée ou sédentaire de ces villes, très-sensible de 1841 à 1846, diminue dans la période suivante sous l'influence probable de la cherté de 1847, de la révolution de 1848 et du choléra de 1849, pour reprendre un essor rapide de 1851 à 1856. Cet essor, nous avons à peine besoin de le rappeler, n'est pas le résultat d'un excédant extraordinaire des naissances sur les décès, mais bien l'efl'et, au moins pour la plus grande partie, d'immigrations provenant des campagnes ou des petites localités. Il ne faut pas perdre de vue, en efiet , que le taux d'accroissement du reste de la population de l'Empire, qui avait été de 2.53 de 1841 à 1846, et s'était réduit à 0.38 dans la période suivante, a fait place, de 1851 à 1856, à une diminution de 1.05 p. 100. Quant à la population totale de la France , on sait que la proportion de son accroissement est descendue successivement de 3.42 à 1.08 et à 0.72.

Quand on étudie séparément la population attribuée successivement à chacune de ces 287 villes par les quatre derniers dénombrements , on constate que, de 1841 à 1846, 86, de 1846 à 1851, 66, et de 1851 à 1856, 106 ont vu diminuer leur population. Dans la dernière période, 5 ont perdu leur individualité par leur annexion i de grandes cités, dont elles formaient de véritables annexes. En général, les accroissements de population les plus considérables portent principalement sur les banlieues des grandes villes. Cette observation s'applique surtout à celles de Paris , Lyon , le Havre et Lille , aujourd'hui annexées pour la plupart à leur centre d'activité.

{ 5. MaiBons et ménagei.

D'après les recensements opérés, non plus cette fois par les maires, mais par les agents des contributions directes, il existait en France, 7,519,310 maisons d'habitation imposables en 1851 et 7,698,815 en 1856. On sait que les maisons imposables ne comprennent pas ceUes que leur état de vétusté , de dégradation et de misère n'ont pas permis d'inscrire sur les rôles. Voici, d'après la même source, les chiffres afférents à quelques années antérieures et postérieures à 1856.

ISSft. 18tt. IMt. 18SS. 1857. 1858. 1859.

6,484,176 6,805,402 7,143,968 7,524,050 7,895,594 7,940,432 8,OoT,782

Les maires n'ont déclaré en 1856 que 7,431,187 ou 367,628 de moins que les agents des finances. Sur ces 7,431,187 maisons, 7,053,217 ou 94.91 p. 100 étaient entièrement habitées , en considérant comme telles les maisons de campagne qui ne sont occupées que pendant la saison d'été ; 151,380 (2.04 p. 100) n'étaient habitées qu'en partie, et 188,249 (2.53 p. 100) ne Tétaient pas du tout; les maisons en construction s'élevaient à 38,341 (0.52 p. 100).

Au point de vue du mode de couverture , considéré comme signe de leur valeur et comme indice du bien-être de leurs habitants, les 77, millions de maisons se répartissent ainsi qu'il suit : 1,499,662 ou 20.18 p. 100 étaient couvertes en chaume et 5,931 ,525 ou 79.82 en tuiles, ardoises ou zinc.

Dans le tableau qui suit , les maisons ont été subdivisées suivant leur hauteur ; il est à regretter que le département de la Seine n'ait transmis aucun renseignement sur ce point.

Maisons ayant un rez-de chaussée seulement , 4,452,387 ou 60.49 p. 100.

— — un rez-de-chaussée et 1 étage 2,166,575 — 29.44 —

— — un rez-de-chaussée et 2 étages 583,207 — 7.92' —

— — un rez-de-chaussée et 3 étages 123,108 — 1.67 —

— — un rez-de-chaussée et 4 étages 24,822 — 0.34 —

— — un rez-de-chaussée et plus de 4 étages . 10,309 — 0.14 —

7,360,408 100.00 — Le nombre des ménages relevé en 1856 est de 9,387,561 ; il était en 1851 , de 9,922,021. Par ménages, on a désigné non pas les familles, mais les individus, mariés ou non mariés, avec ou sans enfants, habitant un local distinct. Ainsi, aux termes des instructions ministérielles, une personne vivant seule dans un logement séparé , a été considérée comme formant un ménage, aussi bien qu'une famille composée du mari, de la femme, d'un ou de plusieurs enfants, d'un ou de plusieurs domestiques demeurant ensemble dans le même appartement. Les ménages ainsi définis, se subdivisaient de la manière suivante en 1856. La première ligne indique les nombres absolus; la seconde, les rapports p. 100.

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I personne.

1 penonnM.

3 pertonnet.

4 personne*.

5 personnes.

6 personnes.

Plasde6pers.

On voit que ce sont les ménages de trois personnes qui sont les plus nombreux ; viennent ensuite ceux de deux et quatre personnes. En moyenne , on compte, pour la France entière, 3.84 personnes par ménage; cette proportion descend à 3.83 dans le département de la Seine ; pour le reste du pays , elle s'élève à 3.90. Le nombre des ménages par maison suit un ordre inverse; il est, pour la France entière, de 1.S6; pour la Seine, de 8.35; pour les autres départements, de 1.30.

En 1851 , on avait pu établir cette comparaison , non-seulement pour la France entière, mais encore pour les villes cbefs-lieux d'arrondissement et pour Paris, et cette comparaison avait donné lieu aux rapports suivants :

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