HABITANTS
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Paris
Villes
France entière
Ainsi , tandis que le nombre des habitants par maison est presque deux fois dans les villes et plus de sept fois dans Paris, plus élevé que dans la France entière, ce qu'expliquent suffisamment la dimension des maisons et la densité de la population, le nombre des personnes par ménage suit un ordre inverse. Il semble en résulter que le nombre des individus vivant seuls est en raison directe de l'agglomération. A Paris, comme dans les autres grandes villes, c'est surtout la présence de nombreux ouvriers non domiciliés ni mariés, d'étudiants, d'employés célibataires, etc., qui détermine ce résultat. Les enfants mis en nourrice pourraient encore servir à expliquer le petit nombre de personnes par ménage dans les villes et surtout à Paris. Enfin, si l'on trouve à Paris 35.17 personnes par maison et seulement 3.99 habitants par ménage , il est évident que le nombre des ménages par maison doit y être considérable ; c'est ce que confirment en effet les chiffres de la dernière colonne du tableau qui précède.
I 6. Population par état civil.
En 1856, la population se répartissait par sexe et par état civil de la manière suivante. Pour le sexe masculin , on a compté 9,846,104 enfants et célibataires ou 37.34 p. 100; 7,139,031 mariés ou 19.80 p. 100; 883,314 veufs ou 3.45 p. 100.- Pour le sexe féminin, 9,338,763 enfants et célibataires ou 35.90 p. 100; 7,090,139 mariées ou 19.69 p. 100, et 1,736,338 veuves ou 4.83 p. 100. Le rapport exact était de 49.59 hommes pour 50.41 femmes. Il avait été, en 1851, de 49.73 pour 50.37. — Il résulte de la comparaison des résultats des deux derniers recensements confirmés, d'ailleurs, par tous les précédents, que le nombre des garçons est, en France, supérieur à celui des filles ; ce qui s'explique par le double fait de la prédominance du sexe masculin dans les naissances et du mariage plus tardif chez l'homme que chez la femme. Le léger écarl que Ton observe entre les mariés des deux sexes
peut s'expliquer par le séjour en France d'un certain nombre d'étrangers venus sans leurs femmes. La différence numérique entre les veufs et les veuves est très-sensible, puisqu'il y a deux fois plus de veuves que de veufs. Mais il ne faut pas perdre de vue, d'une part , qu'il se remarie plus d'hommes que de femmes ; de l'autre , qu'il survit un plus grand nombre de femmes à leurs maris , par suite de l'âge moins avancé auquel elles se marient, que de maris à leurs femmes. — On constate en 1856, par rapport à 1851 , une légère diminution des célibataires de l'un et l'autre sexe; pour le sexe masculin, elle peut s'expliquer et par nos pertes en Orient et par romission de la portion de l'armée qui se trouvait en Crimée à l'époque du recensement.
I 7. Population suivant les ftges.
Nous trouvons dans le document que nous analysons , deux tableaux où sont récapitulés les résultats des essais faits en France, en 1851 et 1856, pour relever l'âge de chaque habitant. Ils font connaître, par périodes de cinq ans, le nombre relatif et absolu des individus des deux sexes aux divers âges de la vie. Ils permettent ainsi, dans une certaine mesure, de reconnaître les modifications survenues, de l'une à l'autre année, dans le nombre des habitants appartenant à ces âges. Nous regrettons que leurs dimensions ne nous permettent pas de les reproduire. En les étudiant avec soin, on remarque que, jusqu'à 20 ans, le sexe masculin conserve la supériorité numérique que lui donne l'excédant des garçons sur les filles è la naissance. Par suite d'une plus grande mortalité, qu'expliquent les décès militaires, toujours plus nombreux, même en temps de paix, que les décès civils, des dangers de toute nature auxquels l'homme est plus spécialement exposé à l'âge adulte, par suite des professions^ fatigantes ou périlleuses qu'il embrasse, enfin un plus grand débordement des passions , il la perd dans la période de 20 à 25 ans. On remarque , d'ailleurs, que l'infériorité numérique du sexe masculin de 20 à 25 ans et même de 25 à 30 ans, se manifeste surtout en 1856, par suite de l'omission des 165,000 hommes qui se trouvaient en Crimée au moment du recensement. Au delà de cet âge, commence à se faire sentir l'effet de l'immigration , dans laquelle les hommes, comme on le sait, ont la plus grande part. La prédominance numérique leur revient en effet, à 30 ans, sans toutefois être très-sensible, et ils la conservent jusqu'à 50 ans. Elle leur échappe à pai*tir de quelques années au delà de cet âge, pour appartenir, jusqu'aux limites de la vie, et dans des proportions très-notables, au sexe féminin, signe évident des vides que les guerres de la Révolution et du premier Empire ont faits dans les générations qui ont atteint aujourd'hui les âges les plus avancés. — La prédominance du sexe masculin aux âges où elle existe étant peu marquée, tandis que celle du sexe féminin est considérable surtout aux âges très-élevés, il en résulte que l'excédant féminin, que l'on constate dans la population totale, se maintient et s'accroît même successivement, à mesure que l'on retranche les âges les uns des autres. C'est ainsi qu'en 1851 , la proportion générale de 98.89 hommes pour 100 femmes se réduit à 98.51 pour les individus âgés de plus de 5 ans; à 97,96 pour ceux de 10 ans et au-dessus et tombe, par des diminutions successives, de 67.59 pour la population âgée de plus de 90 ans à 56.67 pour les centenaires. Les mêmes faits se reproduisent presque identiquement en 1856.
L'âge moyen approximatif de la population s'établit ainsi qu'il suit en 1851 et 1856:
■of*.
Sexe masculin 30 6 90 8
Sexe féminin 31 5 31 3
Deux sexes réunis 30 11 31 »
Ces résultats présentent une concordance très-remarquable.
1 8. Populations flottantts.
C'est en 1841 pour la première fois que ces populations (dont nous avons donné plus haut la définition ) ont été recensées séparément et distraites de la population fixe ou sédentaire, destinée désormais à servir seule de base soit à l'impôt, soit à l'application des lois sur l'organisation municipale. Au premier i*ang de ces populations figurent l'armée de terre et de mer^ ayant, d'après le dénombreaient, la première, un effectif de 377,424, la seconde, de 62,291 individus. La 2® catégorie comprend les marins du commerce embarqués pour des voyages au long cours j au nombre de 28,567. Viennent ensuite les établissements pénitentiaires, renfermant 57,903 détenus, dont 43,486 hommes et 14,417 femmes; les établissemefits hospitaliers, dont 774 hospices contenant, au l®*" juin 1856, 58,486 infirmes; 364 hôpitaux avec 35,888 malades; 108 maisons de refuge avec 8,929 personnes, et 60 asiles publics d'aliénés avec 19,442 malades; ensemble 122,695 malades, infirmes ou indigents, dont 53,524 hommes et 69,171 femmes; les établissements d'instruction secondaire, au nombre de 8,519, recevant 534,713 élèves; les communautés religieuses d'hommes et de femmes, au nombre de 2,592 et ayant un personnel de 49,527 individus, dont 9,130 hommes et 40,391 femmes. Les communautés vouées à l'instruction publique sont les plus nombreuses; elles comptent 1547 maisons réunissant 29,537 religieux des deux sexes. Les communautés charitables, au nombre de 712, ont un personnel de 11,109 personnes. Enfin celles qui se consacrent à des devoirs purement religieux, au nombre (que nous croyons très -exagéré) de 333, comptent 8,881 personnes. Cette statistique confond les communautés autorisées et celles qui ne sont que tolérées.
1 9. Infirmités diverses.
Aliénés, idiots et crétins. — En 1856, comme en 1851 , on a recensé les aliénés, mais en les distinguant des idiots et crétins. Les premiers, ou aliénés proprement dits, s'élevaient, au l^*" juin 1856, à 35,031, dont 11,714 à domicile et 28,317 dans les asiles et établissements hospitaliers. À la même date, le nombre des idiots et crétins était de 25,259, dont 22,290 n domicile, et 2,969 dans les asiles publics; c'est un total de 60,290 malades. Ces chiffres admis, les aliénés seraient aux idiots et crétins comme 58.10 à 41.90, et on compterait, pour 100,000 habitants, 97 aliénés et 70 idiots ou crétins, soit en tout 167 malades ou 1 sur 598 habitants. Les résultats recueillis en 1851 paraissent, par suite de l'omission très-probable d'un grand nombre d'idiots et de crétins, ne pas mériter la même confiance.
On chercherait vainement à étudier, avec les documents recueillis en 1856, l'influence du climat ou de la situation géographique sur l'aliénation mentale proprement dite; d'une part, les malades traités dans les asiles publics ou privés ayant été attribués en masse aux départements où sont situés ces établissements; de l'autre, les
aliénés i domicile étant naturellement plus nombreux dans les départements qui n'ont pas d'asiles. Mais la plupart des idiots et crétins vivant au sein de leur famille, il est possible de rechercher utilement quels sont les départements où ils se trouvent en plus ou moins grand nombre. Toutefois, une étude de cette nature ne saurait oflrir un résultat véritablement scientifique, que si Ton avait la certitude que le recensement de ces infortunés a été fait avec les mêmes soins dans chaque département; or nous avons à peine besoin de dire que celte certitude n'existe pas. C'est ainsi, pour citer un exemple, que la Seine parait offrir, en ce qui les concerne, une lacune qui n'a pas permis de la faire figurer dans un travail de classement par département. Voici, au surplus, les faits les plus saillants de ce classement. Les vingt déparlements où l'idiotie et le crétinisme paraissent dominer sont : les Hautes-Alpes (329 pour 100,000 habitants); l'Ariége (180): les Hautes-Pyrénées (133); le Puy-de-' Dôme (121); la Meurlhe (117); le Bas-Rhin (110); la Meuse (107); le Haut-Rhin (101); les Pyrénées-Orientales (93); la Sarthe (93); Saône-et-Loire (90); le Calvados (89); l'Aisne (86); la Côte-d'Or (86); la Haule-Saône (85); Seine-et-Marne (84); l'Yonne (84); les Basses- Alpes (83); l'Eure (82) et POise (82). — Les vingt départements qui en sont le moins afQigés sont : la Haute-Marne (6 pour 100,000 habitants); le Gers (7); le Rhône (18); l'Orne (22); la Creuse (23);Tarn-et-Garonne(24);Bouchesdu-Rhône (26); Landes (27); Drôme (29); Allier (30); Ain (33); Ille-et-Vilaine (33); Corse (37); Haute -Vienne (39); Côtes -du -Nord (40); Cher (42); Vienne (42); Gard (43); Aude (46); Charente (46). — Si l'on voit les départements les plus montagneux de la France (Hautes et Basses-Alpes, Ariége, Hautes -Pyrénées, Pyrénées- Orientales, Puy-de-Dôme) figurer parmi ceux où cette cruelle infirmité semble faire le plus de victimes, et si l'on trouve ainsi la confirmation des observations nombreuses déjà faites dans le sens de l'influence de l'altitude sur son développement endémique, on est surpris de la rencontrer également dans des conditions géographiques entièrement différentes. Celte apparente anomalie peut être réelle et reposer sor des causes qui nous échappent; mais elle peut aussi être attribuée à des méprises de la part des agents du dénombrement sur le véritable caractère delà maladie qu'ils avaient à constater. Toutefois, quand on recherche, avec les résultats sur ce point du dénombrement de 1851 , quels sont les départements qui renferment le plus de goitreux (et l'on sait que le goitre accompagne presque toujours le crétinisme), on remarque que ces départements sont précisément ceux dans lesquels on a recensé le plus de crétins en 1856. C'est ainsi que nous voyons figurer dans les deux listes les Hautes et Basses-Alpes, l'Ariége, les Hautes-Pyrénées, le Puy-de-Dôme, le Haut- Rhin et la Meurthe. Il existait un autre moyen de vérifier si la variété des zones géographiques au point de vue de la distribution de l'idiotie et du crétinisme est un fait réel. Il consistait à rechercher dans les comptes rendus du recrutement, quels sont les départements où le nombre des exemptions pour cette infirmité est le plus ou le moins élevé par rapport aux examinés. Cette recherche a conduit à retrouver dans la série de ceux qui en comptent le plus, une partie des départements signalés par le dénombrement de 1856. En fait, après avoir classé les 86 départements par ordre décroissant du rapport aux examinés des exemptés pour idiotie et crétinisme, on a reconnu, dans les 20 premiers, la présence de ceux qui appartiennent à la zone des Alpes, des Pyrénées, des Cévennes, et des montagnes du Centre et de l'Ouest. Tels sont notamment les Hautes- Alpes, l'Isère, les Hautes-Pyrénées, l'Ariége, la Haute-Garonne, l'Ardèche et la Drôme. Dans la série des 29 suivants se trouvent le
Cantal, la Creuse, les Basses-Pyrénées, la Corrèze, les Basses-Âlpes, le Puy-de- Dôme et les Pyrénées -Orientales. L'influence de l'altitude est donc ici manifeste. Elle est énorme dans les Hautes -Alpes, comme l'atteste le chiffre afférent à ce département qui est de 295 exemptés pour 10,000 examinés, tandis que la moyenne de ce rapport, pour les 19 autres départements qui ont le plus d'exemptions pour le même fait, est de 54 seulement. — Maintenant quelle est la nature de celte influence qu'avait déjà signalée jusqu'à l'évidence la Commission royale de statistique sarde dans son beau travail sur le crétinisme? Est-elle exclusivement tellurique? A-l-elle pour cause, notamment, soit l'orientation, soit les conditions de l'air ambiant, soit les brusques changements de température plus fréquents dans les hauteurs que dans ia plaine; soit la rigueur du climat; soit, enfin, comme rassurent ceux qui ont observé les aflSnités du goître et de l'idiotie, l'absence ou l'insuffisance de l'iode dans les eaux vives et particulièrement dans les eaux torrentielles propres aux montagnes? Ne pourrait-on pas aussi en chercher l'explication dans l'insuffisance de l'alimenlalion, dans l'absence des soins hygiéniques les plus nécessaires, dans la misère enfin, qui atteindrait particulièrement les habitants des montagnes où le sol maigre et naturellement infertile ne nourrit que difficilement une population chétive et malingre? Des recherches nombreuses sont encore nécessaires pour résoudre ce triste mais intéressant problème. — Le rapport des sexes varie selon qu'on l'étudié dans l'aliénation mentale ou dans l'idiotie. D'après les documents recueillis en 1856, pour 100 insensés du sexe féminin, on n'en aurait compté que 93.58 du sexe masculin; tandis que, pour l'ensemble de la population, le rapportsexuelétait, la même année, de 100 femmes pour 98.35 hommes. Cette prédominance du sexe féminin disparaît . dans l'idiotie et le crétinisme , pour faire place au phénomène contraire, c'est-à-dire à la supériorité du sexe masculin dans le rapport de 100 à 77.
Aveugles. — On a recensé, en 1856, 38,413 aveugles, dont 21,005 du sexe masculin et 17,408 du sexe féminin. C'est 120.10 hommes pour 100 femmes. Sur 27,499 aveugles, pour lesquels on a pu constater l'origine de leur infirmité, 4,801 (17.45 p. 100) l'étaient depuis la naissance et 22,698 (82.55 p. 100) l'étaient devenus postérieurement. Quelques savants ont été amenés, par des recherches particulières , à exprimer l'opinion que le nombre des aveugles est plus considérable dans les pays chauds ou froids que dans les zones tempérées. Cette opération semble trouver sa confirmation dans le classement par département des aveugles recensés en 1851 et 1856. On y remarque, en effet , que la liste des départements qui ont le plus d'aveugles n'en renferme que deux de la région du Centre (Cantal et Côte-d'Or), tandis qu'elle en compte 12 du Midi et 6 du Nord. On trouve au contraire dans la serre qui a le moins d'aveugles, 16 départements du Centre, 2 du Nord et 2 du Midi. Le Midi aurait donc le plus et le Centre le moins d'aveugles; le Nord occuperait une position intermédiaire.
Sourds-muets. — Il résulte du recensement spécial (fort incomplet d'ailleurs sur ce point) de 1856: 1" que près des trois quarts des sourds-muets le sont de naissance; 2^ que le sexe masculin est particulièrement atteint de cette infirmité. Des observations faites à l'étranger, permettent de croire que le nombre des sourdsmuets s'accroît, comme l'idiotie et le crétinisme, en raison de l'altitude, et les faits recueillis en 1851 semblent avoir confirmé cette double conclusion. En effet, en comparant la région orientale de la France, relativement très-élevée, avec la région occidentale qui s'abaisse vers la mer, on trouve (pour 1851 ) : dans la pre-
miëre, i sourd-muet sur 1,081 habitants; et dans la deuxième, 1 sur 1,402. Malgré des irrégularités et des lacunes, le| dénombrement de 1856 conduit à des conclusioDs à peu près analogues.
1 10. Professions.
Nous avons dit quel avait été le principe, entièrement nouveau, du recensement des professions en 1856.
Les informations recueillies, conformément à ce principe, ont donné les résultats ci-après :
SBU
TOTAL
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