SEXE MASCULIN SEXE FÉMININ
Il est impossible de n'être pas frappé des accroissements considérables, en cinq années seulement, de cette branche importante de l'industrie anglaise. L'étude du mouvement du commerce extérieur nous fournira plus loin une autre preuve de ce rapide développement manufacturier.
On doit s'attendre à ce que le nombre des accidents dans les fabriques et usines, soit en rapport avec leur mouvement progressif.
En effet, on a constaté en 1855, 3,730 accidents, dont 53 ayant causé la mori; en 1856, 3,781 dont 43 mortels; en 1857, 3,803 dont 45 suivis de mort; en 1858, seulement 3,410, mais dont 67 ont été mortels; en 1859, 4,230 ayant occasionné 75 décès, et en 1860, 4,552 aux suites desquels 76 personnes ont succombé.
Sur les 10,855 personnes atteintes, de 1855 à 1867, on a compté 5,633 hommes ou enfants, ou 51.73 p. 100; et 5,223 femmes, ou 48.27 p. 100.
Si (ce que les documents officiels ne disent pas clairement) ces accidents s'étaient produits dans Tindustrie textile seulement, et non dans l'ensemble des établissements manufacturiers du Royaume-Uni, on aurait eu, en 1856, 1 accident pour 130 ouvriers et pour 224 ouvrières, et pour 173 ouvriers des deux sexes.
Par suite» soit de plus de circonspection, soit, ce qui est beaucoup plus probable, d'une plus grande innocuité relative de la nature du travail auquel elles sonl employées, les femmes éprouvent près de moitié moins d'accidents que les bommes.
« 4. CiaMte. <
La valeur du commerce extérieur du Royaume-Uni a oscillé ainsi qu'il suit dans les six dernières années. Les cbiiïres sont en millions de francs :
1854. 1955. <836. «857. 1858. 1859. im
Importations 3,810 3,588 4,314 4,696 4,1 14 4,483 5,3fi6
i Produits brilanuiques. . 2,429 2,392 2,890 3,050 2,915 3,261 3,3% Exportations. \ Produits étrangers et co-
I loniaux 465 525 585 602 580 630 746
Total 2,894 2,917 3,481 3,652 3,495 3,891 i,\ti
Total des importations et exportations. 6,704 6,505 7,795 8,348 7,029 8,374 9,408
On voit que l'Angleterre trafique non-seulement avec ses propres produits, mais encore, d'autre part, avec ceux des autres pays, dont elle achète, pour les revendre a bénéfice, des quantités considérables; <je l'autre , avec les produits de ses colonies et probablement aussi de celles des autres États. Sous ce dernier rapport, elle a pris depuis longtemps, comme rouliére des mers, le rôle de la Hollande aux XVil^el XVIIP siècles.
Son commerce se divise, selon les lieux de destination, en commerce avec l'étranger et commerce avec ses colonies. Voici l'importance relative de ces deui branches de ses échanges :
1854. 1855. 18S«. 1857. 1868. 18S9. iS'^'
r »^, Jlmportalion. 2,955 2,"750 3,237 3,550 3,T50 3,500 iJ^O
Commerce avecl étranger. jj;^^^j.j3jj^^ ^^9^5 2 205 2,585 2,662 2,450 2,701 3,013
Commerce avec ses colo- Imporlalion. 852 840 1,075 1,155 965 987 1,0^4 nies. ........ .,...( Exportation. 910 710 895 992 1,050 1,191 l,iOù
Si, dans son commerce avec l'étranger, l'Angleterre parait beaucoup plus importer qu'exporter, cette différence est bien moins caractérisée dans son ti^ficava^ ses colonies, qui se balance par un excédant de 108 millions seulement de 1854 à 1860, au profit de l'importation. Celle supériorité des importations dans l'ensemble des échanges est un fait très-important, en ce sens qu'il témoigne de la puissance de consommation, en d'autres termes, de la richesse de l'Angleterre. 11 indique, en outre, que cette balance, constamment défavorable, de son commerce n'exeite aucune influence fâcheuse sur sa prospérité.
Quand on étudie le commerce de l'Angleterre par nature des marchandises, on
cooslate que ce sont surtout des matières premières et des produits naturels qu'elle importe, et des produits fabriqués qu'elle exporte.
Les progrès de son industrie sont attestés par l'accroissemenl rapide de l'entrée des matières premières. Citons quelques faits, en ce qui concerne le coton et la laine. Les quantités sont en millions de kil.
mi
Coton.
in
Anaées.
Coton.
Années.
Laine.
Année*.
Laine.
Ainsi, en quinze années, l'importation du coton a plus que doublé, et celle de la laine presque doublé. L'exportation des tissus' ne s'est pas accrue dans une moindre proportion. Les chiffres qui suivent sont en millions de mètres, sauf pour les fils dont les quantités sont en kilogrammes.
Cotonnades unies . . .^
Cotonnades- teintes ou. imprimées. . . . ^ — Batistes et mousselines unies eu imprimées . Fils de coton
Aceroifttement p. 100.
Suivent des documents analogues pour la laine. Le nombre des draps est en pièces; les lainages divers sont en mîllioiis de mètres; les étoffes môléea en pièces'; les fils en kilogrammes.
AccroitBemenl p. luo.
Draps 360,820 574,240 58.1
Lainages divers, flanelles, elc 27,100,000 81,321,900 81M
Étoffe de laine et coton 2,212,906 2,721,941 23.0
Fils de laine et coton mêlés 4,284,000 10,404,000 143.0
Dans les valeurs du commerce extérieur^ telles que nous les avons données d'après les documents officiels, ne figure pas celle des métaux précieux. Celle valeur forme, dans les statistiques spéciales, un chapitre distinct auquel nous empruntons les chiffres suivants, en ce qui concerne le mouvement de Tor et de Targent en 1858, 1859 et 1860^ seules années pour lesquelles ce mouvement ait encore élé publié offieicllcment. Les chiffres sont en millions de francs.
uwroRTÂTiuir.
Or 570.0 557.5 314.6
Arçent 167.5 370.0 259.8
EXPOBTATION.
737.5 927.5 574.4 492.5 892.5 613.3 On remarque la diminution considérable et soudaine du mouvement des deux
métaux en 1860.
Le Royaume-Uni a un commerce de' transit d'une certaine importance, et qui,
malgré des oscillations en sens divers, semble obéir à un mouvement d'accroissc-
t . Les documeuls angolais n'indiquent pas la contcuaucc d^une pièce.
ment assez caractérisé. Sa valeur (en millions de francs) a été de 74.1 , en 1851 ; de 92.5, en 1852; de 131.9, en 1853; de 100.0, en 1854; de 89.5, en 1855; de H4.4, en 1856; de 112.5, en 1857; de 112.3, en 1858; de 166.1, en 1859, et de 128.4, en 1860.
S 5. NaTijption.
On trouve encore dans le progrès rapide du tonnage des bâtiments employés au commerce du Royaume-Uni la preuve du vaste développement de ce commerce. Ce tonnage (sans distinction de pavillon), qui n'était en 1845 que de 12,270,000 tonnes métriques, s'est élevé en 1860 à 25,084,000, c'est-à-dire qu'il a plus que doublé en 16 ans. Tandis que le tonnage du pavillon anglais ne s'est accru que de 5,31 0,000 tonnes de 1846 à 1859 (8,827 en 1846, à 14,137 en 1860) ou de 61 p. 100, celui du pavillon étranger a presque triplé (de 3,787 à 10,947). Le pavillon étranger a encore été plus favorisé, si on compare le tonnage des bâtiments charges seulement. De 6,723 millions de tonnes, en 1845, le pavillon anglais a vu sa part dans Tintercourse s'élever en 1860, à 12,313, soit un accroissement de 83 p. 100, tandis que le pavillon étranger a fourni 2,759 millions de tonnes en 1845, et 8,858 en 1860, soit un accroissement de 221 p. 100. Ainsi, la suppression des lois restrictives de la navigation étrangère a créé au pavillon britannique une concurrence de jour en jour plus redoutable, mais dont son commerce a bénéficié, puisque, par suite de la moindre cherté du fret, il a pu ti*ansporter ses produits à meilleur marché.
La part de la vapeur dans les transports du commerce anglais a rapidement grandi de l'une à l'autre année. De 1,340,333 tonnes en 1846, c'est-à-dire du 13® du tonnage total, elle s'est élevée, en 1860, à 5,047,054, ou au 5®. L'accroissement a été de 269 p. 100 pour le pavillon anglais (de 1,134,608 tonnes à 4,186,430) et de 323 p. 100 pour le pavillon étranger (de 187,571 tonnes à 793,641),
Le nombre des bâtiments appartenant à la marine marchande anglaise a suivi k mouvement progressif ci-après :