II. Flotte
a) Matériel — Le matériel de la flotte comprenait au 31 décembre i859 : Vaisseaux de ligne. — 8 vaisseaux de \^ rang (de 420 à 130 canons et de 500 à
1200 chevaux pour les bâtiments à vapeur), dont 7 à hélice et 1 à voiles; 12 de 2® rang (de 101 canons et de 600 à 800 chevaux), dont 6 à hélice et 6 à voiles; 39 de 3® rang (de 91 canons et de 400 à 800 chevaux), tous à hélice; 25 de 4® rang (de 81 canons et de 400 chevaux), dont 13 à hélice et 12 à voiles; 44 de 5® rang (de 72 à 78 canons), tous à voiles; 9 vaisseaux garde-côtes (de 60 canons et de 200 à 450 chevaux), tous à hélice.
Frégates. — De V^ rang (de 51 canons et de 400 à 4,000 chevaux), 29 à hélice et 49 à voiles; 2® rang (de 25, 44 et 47 canons et de 300 à 800 chevaux), 42 à hélice et 34 à voiles; à aubes (48 canons et de 400 à 800 chevaux), 9.
Corvettes. — (De 21 à 26 canons et de^ 200 à 400 chevaux), 24 à vapeur et 20 à voiles.
Sloops. — (De 42 à 48 canons), 44 à voiles; (de 44 à 47 canons et de 400 à 400 chevaux), 32 à hélice ; (de 4 à 8 canons et de 200 à 400 chevaux), 36 à hélice; (de 6 à 9 canons et de 60 chevaux), 6 à hélice; à aubes (de 6 canons et de 400 à 560 chevaux), 43; (de 6 canons et de 200 à 350 chevaux), 36; (de 4 canons et de 50 à 200 chevaux), 44.
Canonnières. — De V^ classe (2 canons et 95 chevaux), 25 à hélice; de 2® classe (4 canon et 60 chevaux), 422 à hélice.
Vaisseaux blindés. — De 4^^^ rang (36 canons et 4250 chevaux), 2 à hélice; de 2® rang (4 6 canons et 800 chevaux), 2 à hélice.
Batteries flottantes. — (44 canons et 220 chevaux), 8 à hélice.
Bombardes, — (4 canons et 420 chevaux), 6 à aubes.
C'est un total de 372 bâtiments à hélice, 405 à aubes et 450 à voiles: total: 627.
b) PersonneL — Les documents officiels se (aisent sur l'effectif personnel delà flotte anglaise ; on sait seulement que le budget de 4859-60 avait affecté une somme de 407 millions et demi à l'entretien de 72,400 hommes de mer, et que celui de 4860-64 a élevé la dépense à 422 millions et demi pour un effectif de 85,500.
i 9. Assistance publique.
a) Angleterre.
Le tableau ci-après fait coniiaitre le mouvement, dans cette partie du Royaume- Uni, de ce que nous appellerons le paupérisme officiel. Il indique, pour chaque année de la période 4849-64, le nombre des indigenis qui, au 4^'" janvier de celte même année, recevaient l'assistance dans les maisons de travail et à domicile.
NOMBRE DES ASSiSlis
dam lei musons de iramil.
à domicile. Total.
De 1849 à 1860, le nombre des^pauvres recevant l'assistance publique le 1®^ janvier de chaque année, s'est élevé à 10,360,957; c'est, en moyenne, 863,338 par an. Sur le nombre total des indigents ainsi secourus, 1,412,129 ou un peu plus de 13 p. 100 étaient secourus dans les workhouses (maisons de travail); les autres l'étaient à domicile. Pour une population moyenne de 17 millions d'habitants (population des paroisses dans lesquelles le nombre des indigents a été relevé), on a constaté, en moyenne, à la date ci-dessus, un indigent sur 19 habitants. Ce sont surtout les indigents infirmes et sans famille qui sont entretenus dans les maisons de travail. Les adultes valides et mariés reçoivent le. plus souvent à domicile des secours de la paroisse. Cependant, environ le sixième' est obligé d'entrer dans des maisons de charité.
Mais il importe de remarquer qu'il ne s'agit ici que des indigents recevant, l'assistance paroissiale k un jour donné et non du total des indigents secourus pendant Tannée entière, total que les documents officiels ne font pas connaître. Il résulte de Tinsuffisance de ces documents sur ce {)oint qu'il n'est pas possible de comparer le paupérisme en Angleterre et dans ceux des autres États européens qui publient la statistique de leurs pauvres.
Quand on examine en détail le tableau qui précède, on remarque une diminution sensible et continue des pauvres assistés de 1849 à 1853. Une recrudescence trèsmarquée se manifeste dans les trois années suivantes, très-probablement par suite de la cherté des subsistances. Après une légère diminution en 1857, un nouveau mouvement ascendant très-caractérisé se produit en 1858 sous l'influence de la stagnation industrielle relative déterminée par la liquidation des opérations désastreuses de 1857. Cette liquidation opérée, le travail reprend son cours en même temps que le prix du blé diminue. Le paupérisme décroit ainsi naturellement, mais pour s'étendre de nouveau dans les derniers mois de 1860, à la suite d'un second ralentissement du mouvement commercial, déterminé par le mouvement sécessionniste aux États-Unis.
Les documents anglais distinguent les indigents assistés en adultes valides et invalides (enfants, vieillards et infirmes). Sur les 10 millions un tiers, assistés de 1849 à 1860, on en a compté environ 1,800,000 de la première catégorie et 8 millions et demi de la seconde.
Les chiffres qui précèdent ne s'appliquent qu'aux indigents et non aux malades admis et soignés dans les hôpitaux.
b) ECOSSE ET Irlande.
Le nombre moyen annuel des pauvres qui recevaient l'assistance paroissiale le 1 4 mai de chaque année, dans 883 paroisses d'Ecosse, pendant une période de 11 ans, a été de 78,595. La population des paroisses qui ont fourni ces renseignemenis n'étant pas donnée, nous ne pouvons faire connaître ce que nous appellerons l'indigence spécifique de cette partie du Royaume-Uni. Nous nous bornerons à faire remarquer qu'à une diminution sensible du nombre des assistés, de 1849 à 1852, -a succédé un mouvement d'accroissement, dont l'apogée a été atteint en 1856, et qu'une amélioration notable et croissante s'est manifestée dans les quatre dernières années.
A ce dernier point de vue , l'Irlande offre un spectacle intéressant. Après avoir atteint, pendant l'effroyable famine de 1 846-47, un chiffre présumé énorme, mais que la statistique officielle n'a pas recueilli , le nombre de ses indigents, sous l'influence d'une émigration immense, a successivement diminué dans les proportions suivantes. Les chiffres qui suivent indiquent le nombre de ceux qui recevaient l'assistance de la paroisse à la fm de la première semaine de janvier de chaque année.
Au 1^' janvier 1861, le nombre des indigents assistés s'élevait à 50,683.
Nous avons parlé de l'influence que la diminution du prix du blé pouvait avoir eue sur celle du paupérisme dans le Royaume-Uni. Le tableau cwaprés foit connaître les variations de ce prix par hectolitre, de 1845 à 1859.
En rapprochant, pour l'Angleterre, les prix du froment du nombre des indigents assistés, on ne trouve aucune coïncidence entre les années de cherté et celles qui ont vu secourir le plus de malheureux.
Prix
froiMnI. •■*• '»*'«•»»•
Le défaut évident de paraUélisme entre les hauts prix et le nombre des pauvres s'explique très-probablement par ce fait que, dans les années de cherté, l'effet de cette cherté a pu être conjuré par un accroissement de travail industriel et, conséquemment, par une plus grande quantité de salaires mis à la disposition des classes ouvrières. Mais il importe de remarquer que le rapprochement n'aurait toute sa valeur que si l'on connaissait, pour chaque année, le nombre des assistés, noopas au l*' janvier seulement, mais pendant les douze mois révolus.
1 10. Gôstts l'éfargne.
En Angleterre, comme en France, leur actif est versé à l'Échiquier, qui en sert l'intérêt au taux de S p. 100, et peut l'appliquer aux besoins de l'État contre une émission correspondante de bons du trésor, remis aux commissaires de la dette publique, chargés de l'administration des caisses. Le tableau ci-après indique par année, de 1846 à 1860, le chiffre des versements, des remboursements et le montant du capital dû aux déposants à la fin de l'exercice (chiffres en millions de francs).
V«n«BieBtff.
honrteaciiU.
Capital.
boonementa
Capital.
. . Ul.b
. . no.
L'effet des crises industrielles se manifeste clairement dans ce tableau. Ainsi, on voit s'élever tout à coup, en 1848 et 1849, le montant des retraits et diminuer celui des versements. Si le même fait se reproduit en 1856 et 1857, années de prospérité industrielle, il faut l'attribuer très-probablement aux retraits opérés avec l'intention de prendre part aux nombreux emprunts qui se sont négociés, dans ces deux années, sur les principales places de l'Europe. Malgré les oscillations survenues dans ces deux branches des opérations, on constate, à partir de 1848, un accroissement continu du chiffre du capital des déposants qui, de 703.5 millions de francs, s'élève, en 1860, à 1,033.5 millions de francs, soit un accroissement de 47.11 p. 100.
1 11. Justice crifflinelle (crimes soumis ao jory). 1^ Angleterre et pays de Galles.
Nous diviserons cet aperçu en trois périodes : les deux premières de cinq, la troisième de six années (1855-1860). Cette division est justifiée par ce fait qu'un bill de 1855 a autorisé les juges de paix à statuer sur les faits répressibles qui sont du domaine de la cour d'assises , lorsque les accusés consentent à ce déplacement de compétence. Il en résulte qu'à partir de cette année , les documents ne sont plus exactement comparables entre eux. Voici les faits :
NOMBRE MOYEN ANNUEL DES ACCUSiis. NOMBRE NOMBRE MOYEN ANNUEL
d'habiunu
Hommef. Femmes. Total. j accusé.
Pour 100 79.9 20.1 » • ï 74.0 26.0
Pour 100 78.8 21.2 » » 77.3 22.7
Pour 100 77.7 22.3 > » 75.5 24.5
Pour 100 68.6 31.4 » )) 67.7 32.3
De la première à la seconde période (les seules comparables), on remarque: 1® une diminution notable du rapport des accusés à la population ; 2^ l'accroissement du rapport des femmes au total des accusés; 3^ une plus grande sévérité dans
I. Non compris les individus dëcédés en prison, ainsi que les accusés reconnus atteints d*aliénation mentale et détenus comme tels.
la répression. Dans la troisième période, la part de la femme à la criminalité générale devient encore plus considérable. C'est le seul fait que cette période ait de commun avec les deux autres. On constate, d'ailleurs, comme on devait s'y attendre, un abaissement sensible, par suite de l'extension de la juridiction criminelle des juges de paix, du nombre des crimes déférés au jury. Par des raisons qui nous sont inconnues, la répression s'est affaiblie dans cette période.
On s'est souvent demandé si la cherté détermine un plus grand nombre de crimes. Voici les faits en ce qui concerne l'Angleterre. En 1846 et 1847, années de hauts prix, le nombre des accusés s'est élevé de 34,803, chiffre de Tannée précédente, à 25,107 et 38,833. La cherté ayant continué en 1848, quoique dans une moindre proportion , mais ayant coïncidé avec un ralentissement très-sensible du travail industriel, le nombre des accusés a monté à 30,349. On constate également, en 1854, un accroissement de la criminalité dans le rapport de 27,057, en 1853, à 29,359. Or, nous avons vu que le prix du froment s'est élevé, en 1854, à 31 fr. 20 c. l'hectolitre. Sans le changement introduit dans les compétences par le bill de 1855, oq aurait probablement trouvé, celte même année, un chifire encore plus considérable d'accusés, le prix du blé ayant atteint 32 fr. 17 c. l'hectolitre.
2® Irlande et Ecosse.
Le bill de 1855 n'étant applicable qu'à l'Angleterre, on peut comparer exactement, en ce qui concerne les deux autres parties du Royaume-Uni, le mouvement de la criminalité pour les mêmes périodes.