ECOSSE. IRLANDE
Nombremoyenj hommes. . 3,090 2,958 2,604 22,133 14,132 5,149 desaccusés, j femmes . . 1,210 1,090 1,053 7,248 5,992 1,950
Total 4,300 4,048 3,657 29,381 20,124 7,099
Nombre d'habitants pour 1
accusé 674 738 838 » » >
Nombremoyenj condamnés 3,253 3,052 2,754 14,076 11,541 3,851
des j acquittés. . 1,047 996 903 15,305 8,583 3,248
Le rapport des accusés aux accusées a élé, en Ecosse, de 71.86 dans la première période; de 73.07 dans la seconde; de 71.20 dans la troisième. — En Irlande, de 75.33, 70.22 et 72.53.
Le rapport des condamnés aux accusés a été, en Ecosse, de 75.65; 75.40 et 75.03. — Eu Irlande, de 47.91, 57.35 et 54.24.
Le fait saillant de ce rapprochement, c'est la diminution, à la fois absolue et relative, de la criminalité en Ecosse et en Irlande. Elle a un caractère tout à fait exceptionnel en Irlande et trouve très-probablement son explication dans les nombreuses émigrations dont ce pays est le point de départ depuis la famine de 1846-1847, ces émigrations portant surtout sur la classe la moins aisée de la société, c'est-à-dire sur celle qui fournit le plus d'accusés. On peut aussi en chercher la cause partielle dans les armements extraordinaires de 1854 à 1856. Ces deux explications s'appliquent également a l'Angleterre. L'accroissement de la part du sexe féminin dans le mouvement de la criminalité ne se manifeste pas, en Ecosse et en Irlande, aussi clairement qu'en Angleterre; mais il ne s'y produit pas moins. Il jette d'assez tristes lumières sur la situation économique des femmes dans le Royaume-Uni, c'est-à-dire sur la part de moins en moins grande que l'homme et les machines lui laissent dans le travail national.
Le coefficient de répression est à peu près le même en Angleterre et en Ecosse; mais il est déplorable en Irlande, où une foule de crimes restent forcément impunis, la terreur qu'inspire le ribbonisme enlevant aux témoins le courage de témoigner contre les accusés.
S 12. bstroction primaire en Angleterre (pays de Salles compris).
Les renseignements qui suivent sont extraits du remarquable rapport que vient de soamettre au gouvernement la commission royale chargée, en 1858, de faire une enquête approfondie sur Tétat de cette branche de l'instruction publique.
Sociétés d'encouragement — Elles sont au nombre de neuf* La plus ancienne, la Société anglaise et étrangère des écoles, a été fondée en 1808. Elle ne relève d'aucun des cultes établis en Angleterre, et admet dans ses écoles tous les en&nts pauvres, sans distinction de croyance religieuse. Elle a consacré, depuis 1850, une somme annuelle de 400,000 francs environ'à son œuvre. La Société nationale ^ fondée en 1811 par de purs anglicans, ne reçoit que les enfants dont les parents appartiennent à rÉglise établie. En 1859, elle a dépensé pour les écoles à peu près la même somme que sa grande rivale, la précédente. On évalue à 1,813,500 francs le montant de ses allocations à l'instruction primaire depuis sa fondation. Viennent immédiatement après, par ordre d'importance, la Société métropolitaine et coloniale^ établie en 1836, dont les recettes ont été, en 1859, de 219,400 francs; YUnion des écoles déguenillées (ragged schools), formée en 1854 et dont les recettes se sont élevées à 128,550 francs en 1859; la Société des écoles consacrées aux enfants des catholiques indigents (1847), dont les ress^rces, en 1859, ont atteint le chiffre de 118,625 francs; la Société Wesleyefine d instruction {\S40), qui a reçu de ses membres, en 1859, 111,025 francs de cotisations; la Société d'instruction de l'Église^ qui, bien que de formation récente (1853), a recueilli, en 1859, une somme de 69,025 francs; enfin, la Société libre d'instruction (1848), dont les ressources annuelles ne sont pas connues. Les huit autres ont encaissé, en 1859, une recette de près de 1,500,000 francs. On compte, en outre, en Angleterre, 24 comités diocésains d'instruction élémentaire en rapport immédiat avec l'Église. Ces comités dirigent 20 écoles normales primaires.
Écoles normales. — Elles sont au nombre de 34 en Angleterre. 30 étaiqnt subventionnées par l'Etat en 1858 et soumises, à ce titre, à son inspection. A cette date, leurs ressources annuelles s'élevaient à 2,368,350 francs, dont 1,262,950 francs montant de la subvention du gouvernement. De ces 30 écoles^ 13 préparent des instituteurs, 13 clés institutrices et 4 des maîtres des deux sexes.
Écoles, de petits enfants, — Leur nombre et celui des élèves est inconnu. Les commissaires de l'enquête afSrment seulement qu'il est très-considérable.
Écoles hebdomadaires de jour pour les enfants (d'un âge plus élevé). — Les commissaires en évaluent le nombre à 58,975, recevant 2,535,462 enfants, dont un huitième peut être considéré comme appartenant aux classes moyennes et élevées de la société.
Écoles du lundi. —Eu 1833, on en avait recensé 16,828, recevant 1,548,890
élèves; la commission en évalue le nombre, en 1858, à 33,872, donnant l'instruction
primaire à 2,411 ,554 élèves. Ces écoles sont fréquentées par des adultes et des enfants.
Écoles du soir. — L'enquête a permis d'en porter le nombre, en 1858, à 2,036,
et celui de leurs élèves à 80,966.
Écoles des maisons de travail pour les indigents. — En mars 1860, 30,654 enfants étaient instruits dans ces écoles.
Écoles des enfants vagabonds (ragged schools\ — id, industrielles etpréporatoires, — En 1859, 192 ragged schools de jour recevaienl 20,909 enfants (108.9 par école), dont 10,308 garçons et 10,601 filles. — 14 écoles du soir donnaient asile à 707 enfants, dont 493 garçons et 214 filles. Ces établissements, destinés à recueillir les enfants errants dans les rues et presque abandonnés, sont sous la direction d'une association centrale, dont le siège est à Londres et dont la fondation remonte à 1854 Elle avait réalisé, en 1869, une recette de 128,550 francs.
Les Écoles industrielles sont ouvertes aux enfants dont les parents ne peuvent se charger ou qui ne trouveraient que de dangereux exemples au foyer domestique.
On les distingue en certifiées^ ou établies avec Tautorisation et sous Finspection du gouvernement, conformément à des lois spéciales, et en non certifiées ou libres. En 1859, il en existait 18 de la première catégorie, renfermant 1,193 enfants (dont 171 admis en exécution d'une sentence des juges) et ayant un revenu de 51 5,000 francs. Les autres, au nombre de 36, contenaient 2,822 enfants, dont 1,647 garçons et 1,175 filles. Elles avaient, en 1859, un budget de 538,525 francs en recettes.
Le nombre des Écoles réformatrices^ analogues à nos colonies pénitentiaires, était de 47 en mai 1860. Elles ont été fondées en exécution d'actes spéciaux du Parlement. Au 31 décembre 1859, elles réunissaient 2,594 enfants. Leurs dépenses, en 1858, se sont élevées à 1,859,025 francs. Les commissaires de l'enquête s'accordent à faire le plus grand éloge de ces établissements et des résultats qu'ils obtiennent
Écoles régimentaires. — 11,195 soldats étaient inscrits, en 1859, sur leurs matricules; mais 3,934 seulement les fréquentaient régulièrement. Des écoles sont également ouvertes aux enfants des simples soldats et sous-officiers; 11,062 ensuivaient les leçons la même année. Elles ne sont pas entièrement gratuites; mais la rétribution y est très-minime. L'école des garçons de l'arsenal de Wool^ich en compte 1,300 de 10 è 18 ans, tous employés dans l'établissement. Une école normale pour les instituteurs militaires, établie à l'hôtel des invaUdes de Chelsea, fournil annuellement 40 madtres aux écoles régimentaires. Le même hôpital entretient une école de garçons qui en reçoit environ 500.
Une école est établie à bord de tout navire réunissant un équipage de 300 hommes; mais cette institution n'a pas donné, jusqu'à ce jour, de résultats satisfaisants. L'enquête mentionne en outre des écoles d'apprentis dans les chantiers de l'État, suivies en 1859 par 1,040 enfants; des écoles sur les bâtiments d'instruction des ports; les écoles chargées de préparer des mousses pour la marine militaire; enfin, les écoles de l'hôpital de Greenwich (Invalides de la marine), pour les enfants des marins invalides ou morts au service de l'État.
Les commissaires portent, d'après un nombre considérable d'observations faites sur divers points, le rapport à la population des enfants qui reçoivent l'instruction primaire, en Angleterre, à 1 sur 7.7 habitants.
Tout incomplets qu'ils soient, ces renseignements sont les seuls vraiment dig^ies de confiance qui aient encore été publiés sur l'instruction primaire en Angleterre.
HUITIÈME ËTUDE.