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J 0.08 O.IG

Le total de Taccroîssement est de 407,870, ou de 6,275 par département moyeu. L'excédant des naissances sur les décès n'ayant été que de 95,043, la différence, ou 312,827, est due aux immigrations.

Les accroissements de population constatés par les trois* derniers dénombrements, et par les excédants des naissances sur les décès dans les mêmes périodes, se résument ainsi qu'il suit :

Pi^SIODES.

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des

départements.

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L'immigration a donc été, par département moyen, de 4,893, de 1856 à 1861; de 12,220, de 1851 à 1856; de 4,812 seulement de 1846 à 1851.

Un premier examen des tableaux de détail qui précèdent conduit à remarquer que ce sont les mêmes départements qui ont le privilège de s'accroître le plus rapi-

demenl, bien moins par l'excédant des naissances sur les décès que par la supériorilé de Fimmigralion sur Témigration. Ainsi , dans les quinze années de la période 1846-1860, la Seine, le Rhône, le Nord, les Bouches -du -Rhône, la Loire, la Gironde, Seine-et-Oise, la Loire-Inférieure, la Seine-Inférieure, sont des foyers permanents d'attraction, dont l'action s'est particulièrement fait sentir en 1856. Les deux départements du Rhin viendraient immédiatement après, si leur population n'était incessamment réduite par l'émigration transatlantique.

On observe, dans l'accroissement de la population de certains départements, de brusques variations dont il faut probablement chercher Texphcation dans l'entreprise el l'achèvement de grands travaux publics, en ce senç, par exemple, qu'une agglomération d'ouvriers étrangers, attirés par la construction d'un chemin de fer ou d'un canal, et recensés en 1851 ou 1856, aurait cessé d'exister en 1861. C'est ainsi que l'on voit une augmentation de 12,155 individus constatée dans le Cher, en 1851, à l'époque de l'établissement du chemin de fer du Centre, se réduire à 8,064, en 1856, et à 3,263, en 1861, malgré les progrès constatés de l'industrie sidérurgique dans ce département. L'Allier présente un phénomène de même nature, et motivé, nous le croyons, par les mêmes circonstances. Sa population qui, de 1846 à 1851, s'est accrue de 6,680 et de 15,597 dans la période quinquennale suivante, n'augmente plus que de 4,266, de 1856 à 1861, malgré la grande extension des forges de Monlluçon et de l'exploitation des houillères de Gommenlry.

Quelquefois, la découverte de nouveaux gîtes houillers suffit pour déterminer un accroissement de population considérable. Le Pas-de-Calais en offre une preuve. Au lieu d'une diminution de 4,461, en 1851, ce département s'accroît de 4,515 en 1856, et de 25,784 en 1861. Or, on sait combien l'industrie charbonnière s'y est rapidement développée dans ces dernières années.

Il est également probable, pour citer une autre particularité, que l'extension des murs d'octroi de Paris, en 1860, et, bien avant, le renchérissement des locations el des terrains, tant à Paris que dans la nouvelle banlieue, ont décidé un certain nombre de personnes et d'industries à émigrer dans les départements contigus à la Seine. Comment expliquer autrement, en effet, l'énorme el subit accroissement survenu, de 1856 à 1861, dans Seine-et-Oise (25,569 en 1861, au lieu de 6,747 en 1856)? Dans les départements vilicoles, la population ii'obéit pas à un mouvement uniforme. Pendant que l'Hérault progresse sans relâche (3,963 en 1851, 6,908 en 1856, 10,816 en 1861), l'Yonne diminue de 1851 à 1856, et ne réalise, de 1856 à 1861, que le faible accroissement de 2,376. C'est que, dans ce département, la culture viticole a atteint depuis longtemps son plus grand développement possible et qu'il en était autrement dans l'Hérault , où le traité de commerce avec l'Angleterre a donné à cette culture une impulsion des plus vives. La Gironde progresse plus rapidement encore que l'Hérault (11,836 en 1851, 26,447 en 1856, 26,347 en 1861). Mais il convient de dire que cette grande prospérité n'est pas due seulement au vaste développement de sa viticulture (l'industrie agricole qui, comme ou sait, exige le plus de main-d'œuvre); on peut croire que le mouvement toujours croissant de son port y prend une part notable.

Nous avons vu figurer le plus grand nombre des départemeuis montagneux dans la série des perdants; nous trouvons les autres dans celle des moins gagnants. En 1851, les Pyrénées-Orientales, l'Aude, la Lozère, la Creuze et la Haute-Garonne n'ont que des accroissements insij^nifianls; il en est de même pour l'Aveyron et les

Pyrénées -Orientales en 185<), pour la Haute - Garonne , l'Ariége et le Jura, en

Le tableau ci -après résume les accroissements successifs, absolus et relatifs, pour chaque période et par année, de la population des 86 départements depuis 1801 :

ACCBO'lSBEH KKT

POPULATION RBCBSSis. pour 100 babilaoU.

(Année comprise.) Accroissement Poar U Annuel HabiUnu

absolu. période entière. *«"»"« • p^^ kilomètrt.

1806 29,107,425 ) ^^'^^,422 6.43 1.29 ^^ gg

IS::::::: I^'^^IU ^«^es ..s o.« s

1851 35,783,059 ! ^b^.olà l.UH i).zz ^^^^

L'accroissement total, depuis 1801, est de 9,406,868; c'est 34.40 p. 100 pour la période entière, et 0.57 par année. Si cette proportion (qui d'ailleurs, comme on le voit, a diminué à peu près constamment depuis 1831) , se maintenait, la population de la France doublerait en 122 ans.

Dans le même intervalle, Taccroissement par l'excédant des naissances sur les décès, a été de 9,525,869. Ces deux chiffres sont remarquablement semblables; la différence (119,001), répartie sur un intervalle de 61 ans, étant à peine de 1,950 par an. On trouve dans ce fait curieux la preuve, d'une part, de l'exactitude relative de nos recensements; de l'autre, de la balance qui paraît s'établir entre nos émigrations et immigrations.

Au 30 juin 1861, il existait en France 36,836 communes. Ce nombre a varié, à diverses époques, dans les proportions suivantes :

Le nombre des communes, après avoir diminué sans relâche, de 1836 à 1846, par l'enlèvement de l'autonomie municipale à quelques centaines de bourgs iê nulle importance, s'accroît à partir de 1851, pour rester à peu près le même dans les dix années suivantes.

Si l'on considère que près de 28,000 communes en France, ou les trois quarts du nombre total, ont une population de moins de 1,000 habifants, et ne réunissent ainsi que trèS-difficilement le personnel d'une administration éclairée; si l'on songe, en outre, que les communes nouvellement créées sont plus souvent des démenobreraents d'autres localités déjà sans importance, et ne peuvent faire face à leurs dépenses obligatoires qu'avec des centimes additionnels, on regrettera involontairement ce triste progrès du morcellement administratif du sol.

L'équation sexuelle a oscillé, depuis 1805, ainsi qu'il suit. Le premier nombre désigne le sexe masculin, le second le sexe féminin.

A partir de 1821, la supériorilé numérique des femmes a constamment diminué (sauf une exception apparente en 1856, motivée par l'omission d'une partie de l'armée). Ce fait s'explique par la prédominance des garçons dans les naissances, prédominance dont l'effet, diminué très -sensiblement par les grandes guerres du premier Empire, a repris depuis, sous l'influence d'une paix prolongée, presque toute sa valeur naturelle.

L'état civil a subi les modifications ci-après depuis 1821 :

8BXB MASCULIN. 8BXS VÂMIiriK.

Le fait dominant de ce lableau est l'accroissement des mariés des deux sexes, et comme double corrélatif: 1° celui des veufs et veuves; 2** la diminution des enfants et célibataires. On remarque que le nombre des veufs s'est accru dans une plus forte proportion que celui des veuves.

La population domiciliée (c'est-à-dire distraction faite des populations flottantes) des villes chefs-lieux d'arrondissement, s'est accrue, de 1846 à 1861, dans les proportions ci-après :

Accroissement pour 100. . » 3.85 8.77 18.03

On voit que la proportion d'accroissement des agglomérations urbaines, déjà très-rapide de 1851 à 1856, a plus que doublé de 1856 à 1861. Ce mouvement de concentration de plus en plus rapide des populations est un symptôme sur la gravité duquel il n'est plus permis de se méprendre.

Tous les renseignements et calculs qui précèdent, s'appliquent, comme nous l'avons dit, aux 86 départements de l'ancienne France. Il nous reste à indiquer l'accroissement de population résultant de l'annexion de la Savoie et dii comté de Nice.

Nous avons vu que la population civile des 86 départements s'est accrue de 670,506 dans la dernière période quinquennale. Ceci posé, etle nombre des habitants des provinces annexées étant de 660,772, nous arrivons à une augmentation totale de 1,331,278 âmes, soit, pour la France entière nouvelle, une population civile, au 1^^ juin 1861, de 36,607,245. En y ajoutant l'armée, dont l'effectif à la même date (déduction faite des troupes étrangères ou indigènes d'Afrique), s'élevait, d*api:ès les états fournis par le ministère de It guerre, à 454,505 hommes, on a le total définitif de 37,421,750, se décomposant ainsi qu'il suit:

Population Totale (armée comprise) des 8G anciens départements 3GJ55,87l

Population (armée comprise et distraction faite de l'arrondissement de tirasse) des trois nouveaux départements ? (i6ô,879

• Population totale des 89 départements 37,4-21,750'

Nous avons vu que, pour la période 1804-4861 , la proportion d'accroissement de notre population est de 0.57 p. 100 par an, et la période de doublement, à ce taux, de 122 ans. On consultera avec fi*uil le tableau suivant, où Ton trouvera le même renseignement pour les principaux états de l'Europe. Nous y avons pris comme terme de comparaison le premier et le dernier dénombrements connus ou complets.

ACCBOI88KMBKT

Angleterre et paji de Oallos . | ]^] I lool

Bade (grand-duché) J JJJ

Baylère

Danemark (sani les dnchés) Écoue

^UU.Romains ( Î?JS

18tJl

Hollande (sans le LImbonrg)

Naples (sans la Sicile) [ J®JJ

(1858 \ 1816 |l858 t 1849 1 1858 il776 |l855 \ 1887 I 1860

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