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Pensionnés, mendiants, indifjrents, aliénés, détenus

Tadoption du congrès international de statistique , réuni à Londres en 1860. A ce titre elle appelle toute notre attention. En voici d'abord les priocipes généraux :

1" Les professions , ou , plus exactement , les moyens d'existence de tous les ha< bitants doivent être recensés ; 2° les âges doivent être recueillis par sexe, pour chaque profession , afin de pouvoir déterminer, avec la connaissance des décès ptr âge des individus appartenant à cette profession, son coefficient de mortalité et par conséquent sa salubrité relative; 3^ dans la classification des états mécaniques, c'est la matière élaborée et non la destination qui doit être prise surtout pour point de départ ; iP les femmes qui n'ont pas de professions distinctes de celles de leurs maris, doivent, ainsi que les enfants, former une catégorie spéciale; 5^ dans le cas où la même personne exerce simultanément plusieurs professions , elle doit être classée à celle qui lui fournît son principal moyen d'existence; toutefois il importe de recueillir des renseignements sur le nombre des individus qui se trouvent dans cette situation ; 6^ la distinction entre le commerce et l'industrie présentant de grandes difficultés dans la pratique, on peut les confondre pour chaque naturo de produit; 7® en recensant les professions agricoles, il convient de rechercher l'importance de chaque exploitation agricole , en se renseignant sur ga superficie et sur le nombre d'ouvriers qu'occupe chaque possesseur du sol ; 8® le recensement des enfants chez leurs parents, doit distinguer entre ceux qui reçoivent et ceux qui ne reçoivent pas l'instruction élémentaire.

Arrivons à la nomenclature. Elle comprend les divisions principales et subdivisions ci-après :

L Fonctionnaires publics (V de l'État, 2° des paroisses). — IL Force publique (1° armée, 2® marine). — IlL Professions savantes, y compris les subordonnés- immédiats de ceux que les exercent (1° clergé, 2° légistes, 3® médecins et chirurgiens, A^ employés des églises, 5° greffiers des tribunaux, employés des cours de jnstire, éditeurs; 6° cWmistes et fabricants d'instruments de chirurgie). — IV. Littérature y beaux -arts et sciences (1° auteurs, 2** artistes, 3** savants, 4^ professeurs).—

V. Veuves , mères de famille , enfants et autres membres de la famille n'ayant aucune profession et ne figurant dans aucune autre catégorie (1° femmes, 2° veuves, 3° enfants et parents demeurant ensemble, 4° enfants recevant l'instruction primaire).—

VI. Professions relatives au logement, à l'habillement, et domesticité (1^ hôtels garnis, restaurants, cafés et pensions; 2° domestiques, 3® habillement). — VII. Achat. vente, dépôt, location ou prêt d'argent, de maisons et de marchandises.— Vin. Tj^ansports (1^ sur les chemins de fer, 2® sur les routes ordinaires, 3® sur les canaux, 4^ sur les autres cours d'eau et sur mer, 5° dépositaires et entrepositaires, 6^ commissionnaires. — IX. Propriété et exploitation du sol, production des céréales, fruits, fourrages, animaux de ferme et autres objets (1** terres arables et prairies ou pâtures, 2° bois, 3® jardins). — X. Professions ayant des animaux pour objet (éleveurs, marchands et dresseurs de chevaux, jockeys, grooms, palefreniers, maréchaux ferrants, vétérinaires, etc.). — XL Art et professions mécanique (1° libraires, 2° comédiens, 3** musiciens, peintres et graveurs, 5° sculpteurs, 6° spectacles et jeux, 7® plans et dessins, 8** médailles et monnaies, 9® montres el instruments de précision, 10'' armes, 11° machines, 12° voitures, 13° harnais, 14° navires, 15° maisons, 16? ustensiles .agricoles, 17° produits chimiques). - XIL Industries et commerces ayant des matières animales pour objet (1° viande, 2° graisse, os, cornes, ivoire, savons, intestins, 3° peaux, 4° plumes, 5" cheveux

8t foorrures , 6** laine, T soie), — XIII. Industries et commerces ayant des matières végélcUes pour objet {V légumes, 2^ boissons et spiritueux, 3^ gommes et résines, 4® bois de construction, 5^ autres bois, 6^ écorce, 7^ à 9^ objets en bois, 10® objets en jonc, en crin, en paille, 11^ objets en chanvre, 12® en lin et coton, 13® en papier). — XIV. Industries et commerces ayant des matières minérales pour objet (1® houille» 2* pierre, argile, 3® poteries, 4® verre, 5® sel, 6® eau, 7® pierres précieuses, 8^ or et argent, 9® cuivre, 10® étain, 11® zinc, 12® plomb, 13® bronze et antres mélanges, 14® fer et acier). — XV. Journaliers et autres ^ sans définition de profession (1® journaliers, 2® autres individus n'ayant pas d'occupation définie). — XVL Personnes ayant des moyens d'existence indépendants et n'exerçant aucune profession (rentiers, pensionnaires, etc.). — XVII. Personnes à la charge de la communauté et n'ayant pas de profession spécifiée (1® indigents, 2® prisonniers sans profession spécifiée, 3® vagabonds). -- XVUL Personnes sans profession ou dont la profession n'a pu être constatée. /

Cette nomenclature donne lieu aux observations suivantes : Les classes III et IX pourraient sans inconvénient et devaient même, par les lois de l'analogie, ^tre réunies en une seule sous le titre générique de profession libérote. — Oii est surpris de trouver les fabricants d'instruments de chirurgie parmi les professions savantes; leur place naturelle est à la XI® classe (9® sous-classe). — Uaffectation d'une colonne spéciale aux femmes et aux enfants a pu amener des erreurs importantes, en faisant considérer comme sans profession par les agents du census, un nombre considérable de personnes qui concouraient, dans une mesure plus ou moins étendue, à celle de leurs maris ou parents. Ils ont pu d'autant plus facilement se tromper, qu'ils avaient mission de classer les femmes et même les enfants dans la profession des maris et parents, lorsque leur concours à l'exercice de cette profession était probable; c'est ainsi, en efiFet, que nous voyons figurer à \a profession maritale la femme de l'aubergiste, du débitant de bière et liqueur, du cordonnier, du boucher, du boutiquier; c'est ainsi encore que toute la famiUe du fermier et de l'éleveur est attribuée à sa profession, comme devant irès-probablerne;i/ lui prêter un concours actif. Le classement distinct et en bloc des femmes et des enfants a encore cette conséquence fâcheuse, qu'elle supprime le moyen de reconnaître l'importance de chaque profession, au point de vue du nombre des personnes qu'elle fait vivre, l'un des faits, selon nous, les plus intéressants à recudïlir dans une statistique de cette nature. — L'industrie de l'habillement ne nous paraît pas logiquement classée à la W division ; sa véritable place est aux industnes qui élaborent des matières animales ou végétales , et notamment le lin , le ^^^^^^ le coton, la laine, la soie, le crin, les cheveux, les plumes et les peaux. — ^^ propriétaires de maisons qui les louent ou les habitent , ont-Us une relation ^'^^^^^J^.^ quelconque avec les banquiers, les courtiers , les commissaires-priseurs , les pr ^^ sur gages, les négociants, les boutiquiers, les revendeurs, les colporteurs, ^^^^ ' ^Wds ambulants, etc.? En d'autres termes, l'habitaUon et la locaUon ^J^^"^^^^ peuvent-eUes être assimilées à un négoce, à un trafic? — La classe \ui c imesoiis-classe, celle des entrepositaires, qui a. pu être co"''^?^"®/\^^,r^^^L^ fession analogue de la classe Vfl (ceux qui gardent les marchandises de ^onte^^^ -•la classe IX contient non-seulement les exploitants , mais encore ^^^ P;^^^^^^^^^^^ du sol. NVt-il pu se faire une confusion entre ces V^^lP^'^^'^^f '[^^^^^^ «yanldes rtioyens d'existence indépendants de toute profession (classe avi;

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serions d'autant plus disposés à le croire, que le census n'attribue à l'Angleterre (pays de Galles compris) que 49,989 propriétaires ruraux du sexe masculin et 14,638 du sexe féminin, soit (en supposant que ces deux nombres représentent bien des propriétaires distincts) 34,627 possesseurs du sol pour une superficie de plus de 15 millions d'hectares. Une pareille concentration de la propriété est-elle possible, même distraction faite de la porlion du sol appartenant à l'État, à la liste civile, aux paroisses et aux établissements publics? D'un autre côté , est-il bien certain qu'il ne s'est opéré aucune confusion entre les propriétaires ruraux et ceux des maisons? ces derniers ont-ils bien tous été recensés ? on serait tenté d'en douter, quand on songe que , d'après le census , la propriété des 3 V, millions de maisons de l'Angleterre, en 1851 , se partageait entre 34,202 personnes seulement, soit environ 100

maisons par personne! — Les éleveurs de chevaux, déjà compris à l'agriculture,

n'ont -ils pu être confondus avec les professions de la classe X (professions relatives aux animaux)? Ne convenait-il pas de faire figurer les cochers, jockeys, palefreniers, etc., dans la catégorie des domestiques, à laquelle ils appartiennent réellement, au lieu de les attacher à la classe X? — Le classement dans une seule et même division (XI) des professions artistiques et des industries mécaniques peutil se justifier? qu'a de commun notamment un fabricant de machines, d'armes, de montres, d'instruments de précision, de produits chimiques, un constructeur de navires et de maisons , avec un libraire, un comédien, un musicien, un peintre, un graveur, un dessinateur? Ces six dernières professions n'ont-elles pas notamment une étroite affinité avec celles de la classe IV (beaux-arts, littérature et sciences)? — La confusion de l'industrie et du commerce dans les classes XII , XDI et XIV, est à nos yeux le plus grand desideratum de cette nomenclature. Nous n'avons pas besoin de signaler, en effet, les différences profondes qui les séparent; elles sont de la plus grande évidence. Remarquons en outre que cette confusion détermine un double emploi avec les commerçants de la classe VIL Ce n'est pas tout ; plusieurs des industries de la classe XI (productions mécaniques) ont une ressemblance frappante avec celles des trois classes suivantes. Nous ne voyons pas clairement la raison qui les en a fait distinguer, quand les procédés manufacturiers et la matière sont souvent les mêmes. Citons comme exemples l'horlogerie, les fabriques d'instruments de précision, les fabriques d'armes, de machines, d'ustensiles agricoles , de navires en fer, dont les métaux forment en totalité ou en presque-totalité la matière, et qui figurent à la classe XI , tandis que , selon nous , ces frabrications ont une étroite parenté avec celle des bijoux, des objets en cuivre, en étain, en zinc, en fer, en acier, en bronze (classe XIV). — Ne devait-on pas également trouver les constructeurs de navires en bois dans la série des fabrications dont le bois forme la base (classe XIV) ; les fabricants de selles et de harnais dans celles des industries qui élaborent des matières animales?

Cette violation fréquente de la loi des analogies, prouve suffisamment, selon nous , que la nomenclature anglaise ne saurait être considérée comme le dernier mot d'une classification logique des professions. Nous lui reprocherons, en outre, de ne donner, pour le commercent l'industrie , que le nombre des individus appartenant à chaque état et de négliger la distinction des chefs de famille ou patrons et des ouvriers ou auxiliaires , que les statistiques allemandeis établissent avec tant de soin , et qui jette de si vives lumières sur la part du capital et du travail dans la production. Enfin, en rompant complètement avec les classifications précédentes, elle a le tort grave de rendre impossibles des comparaisons du plus vif intérêt

Le tableau ci-après résume les Taits recueillis en 1851.

Ao-detioos de 20 an*.

Aa-deunt d« 20 1

SXXB

mafculin.

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