II. Publications officielles
TobeUen und amUiche NackrichUn Uber den preussischen Staat (Tableaux et documents officiels sur la Prusse).
1'^ partie : Die stalisUsche Tabelle (Population, maisons, et bétail d'après le census de 1849). 1851.
2* partie. Die Bevolkerungsliste (Naissances, décès, mariages de 1849; culte et instruction publique). 1851.
i* partie : Beobachtungen^ etc, (Observations de l'institut météorologique pour les années 1849 à 1857) 2 vol. 1851 et 1857.
4* partie: Verwaltungsstalistik (Statistique administrative). La meilleure, la plus intéressante des publications officielles de Dieterici. 1853, 1 vol.
5" partie. Tabelien fiir dos Jahr 1855 (Tableaux statistiques pour Tannée 1855, contenant la statistique de la population, des maisons, du bétail, de Tinstruction primaire et de rindustrie.)
Marc d'Espine. — Le D' Jacob Marc d'Espine est né à Gênes en 1806; Sa famille paternelle était originaire de Savoie, où elle compte encore un certain nombre de membres occupant tous une position honorable. Élevé dans l'excellent pensionnat fondé à Genève par le pasteur Naville, bien connu par ses travaux sur le paupérisme et la charité , il en sortit pour commencer ses humanités, qu'il termina à 20 ans. En 1826, il partit pour Paris avec l'intention de suivre les cours de la faculté de médecine de cette ville. Pendant le cours de ses études, il lut à l'Académie de médecine une notice sur les causes physiologiques des bruits du cœur. Les faits intéressants qu'il y avait consignés firent une certaine sensation et amenèrent , entre l'auteur et quelques physiologistes, une polémique assez vive. Après avoir, en 1832, subi avec distinction sa thèse pour le doctorat , il revint à Genève , où il fut reçu , après de brillants examens , agrégé au collège de médecine. Plus dévoué à la science qu'à ses intérêts personnels, Marc d'Espine rechercha peu la clientèle et s'occupa dtebord presque entièrement de la rédaction de nombreux mémoires de médecine et de statistique médicale. En 1836, il fut nommé médecin du dispensaire et on le vit se consacrer, avec ardeur, à cette modeste mais utile institution. Attaché , l'année suivante, avec le même titre, aux prisons de la ville , il sut utiliser cette fonction par des observations scientifiques sur la taille et le poids des détenus. La notoriété déjà attachée à ses travaux et son goût bien connu pour les recherches expérimentales, le firent appeler plus tard à l'institution des sourds-muets. Quelques années après , il acceptait le titre de médecin de l'asile de convalescence fondé par le colonel Tronchin et rendait en cette qualité de nouveaux et importants services. Nommé presqu'en même temps membre du Conseil de santé ^ son pre-
mier soin fut de signaler à rattention de ce corps rintérét, au point de vue de la science, d'une enquête régulière et permanente sur les causes de la mortalité. Chargé par le Conseil de surveiller, de diriger le service des médecins-vérificateurs des décès du canton de Genève, il s'est acquitté, pendant 18 années, de celte tâche avec un zèle et un dévouement que pouvaient seuls inspirer une profonde conviction des grands avantages de cette statistique spéciale. Dans la pensée que la véritable cause des maladies qui déterminent la mort, ne peut être exactement connue par la simple inspection cadavérique, même aidée des renseignements recueillis auprès des parents ou amis, il fit un appel pressant à ses collègues du corps médical de Genève, les invitant à indiquer, à chaque décès, dans un bulletin spécial , l'affection morbide à laquelle avaient succombé leurs malades. Cet appel fut entendu, et chaque année il put, avec les éléments que lui fournissaient, conformément à une nomenclature nosologique déterminée, les médecinsvérificateurs et les médecins traitants , dresser le tableau complet des décès du canton, distribués selon leurs causes et classés par âge, sexe, habitation et degré d'aisance.
Utilisant les matériaux ainsi recueillis, il publie, en 1847, deux mémoires ayant pour objet , l'un , Tiniluence de Faisance et de la misère sur la mortalité , l'autre , les lois de mortalité et de survivance aux divers âges. En 1850, il fait insérer dans la Bibliothèque universelle de Genève et dans la Gazelle médicale de Paris ^ une substantielle analyse du Rapport de la commission chargée par le roi de Sardaigne d'étudier le goitre et le crétinisme. En 18ôâ, il résume, dans les Annales d'hygiène de Paris , les documents recueillis et publiés par la commission supérieure de statistique du même État. La même année , il assiste au congrès international de statistique de Bruxelles et y défend avec succès, contre de nombreuses et vives attaques, la cause de l'enquête nosologique, au double point de vue de l'étiologie médicale el de l'application des lois de mortalité. Chargé par le congrès de préparer, pour sa plus prochaine session , de concert avec iM. le D*" W. Farr de Londres, un projet de classification des causes de mort destiné à servir de base à une enquête uniforme dans tous les États de l'Europe , il a le regret de ne pouvoir s'entendre avec Téminent statisticien anglais sur les principes mêmes de cette classiiicalion. Dans cette situation , les deux délégués du congrès de Bruxelles conviennent de soumettre, chacun séparément, son projet à la session qui doit s'ouvrir en septembre 1855 à Paris. Organe de la section appelée à examiner les deux projets, M. Marc d'Espine propose de trancher la difficulté en ne soumettant au congrès qu'une simple nomeo- ; clature des causes de mort , sans classement scientifique. Cette combinaison , adoptée \ par la section , l'est également par l'assemblée générale. Le savant rapporteur fait ^ en outre agréer par la section et le congrès les vœux ci-après : 1^ que chaque t\4 [ demande aux médecins-praticiens des renseignements sur la cause de la mort des malades qu'ils ont soignés; 2^ que chaque État prenne les mesures nécessaires pour que tous les décès soient vérifiés par des médecins; S^ que, dans chaque État, il soil préparé des feuilles de décès , rédigées de manière à guider les médecins appelés à fournir des renseignements sur leurs causes; 4^ que le dépouillement des bullelios des causes de décès soit confié à un ou plusieurs médecins.
Fort de la double manifestation des congrès de Bruxelles et de Paris, H. Marc d'Espine se décide à se mettre directement en rapport avec les gouvernements intéressés , pour leur persuader de faire recueillir les causes des décès. Convaincu qu'il
appartient à la France de prendre l'initiative et que son exemple ne tardera pas à être suivi, il adresse au ministre de l'agriculture et du commerce à Paris un mémoire étendu, dans lequel il signale avec beaucoup de force les avantages de la mesure et l'honneur qui reviendrait à notre pays de 1 avoir appliquée le premier.
En 1858, la Société helvétique des sciences naturelles de Berne émet, sur sa demande, un vœu favorable à la création d'un bureau de statistique fédéral, et charge une commission d'abord d'élaborer un plan d'organisation de ce bureau, puis de faire, auprès de l'autorité, les démarches nécessaires pour en obtenir l'adoption. Le rapport de cette commission , rédigé par M. Marc d'Espine , est envoyé en octobre au conseil fédéral et publié , en septembre 1859, dans le Journal de Gmève. Si la Confédération n'a pas cru devoir adopter eu entier le projet du savant médecin , trop vaste et trop compliqué peut-être pour être immédiatement appliqué, elle en a cependant accueilli le principe, en créant récemment un bureau de statistique fédéral, dont les attributions, réduites d'abord au dénombrement et au mouvement annuel de la population, paraissent devoir se développer graduellement.
Mis en rapport, à la suite des congrès de Bruxelles et de Paris, avec les chefs des bureaux de statistique de TEurope , M. Marc d'Espine en profite pour se procurer des documents officiels sur les causes des décès en France, en Angleterre , en Prusse, en Belgique, dans les États sardes, en Hollande, en Bavière, et en fait une élude approfondie. C'est de cette étude qu'est sorti le livre qu'il a publié, en 1858, sous le litre de: Essai analytique et critique de statistique mortuaire comparée. Ce livre , qui est son litre scientifique le plus important, est divisé en trois parties. Dans la première, il traite des décès en général , sans distinction d'espèces étiologiques ou de causes. Dans la seconde, il les étudie au point de vue de leurs causes non morbides (mortnés, vice originel de conformation, vieillesse, accidents extérieurs ou morts violentes). Dans la troisième , il les apprécie dans leurs rapports avec les causes morbides. Cette dernière partie est de beaucoup la plus considérable , puisqu'elle comprend Texamen comparé de 125 formes diverses de maladies mortelles, considérées au point de vue de l'iniluence de l'âge, des sexes, de Tliabitation, de la profession, de Taisance, etc. Adoptant la classification généralement suivie à Genève, il a réparti les maladies en deux grandes sections : les maladies chroniques et les maladies aiguës, puis subdivisé les premières en aiguës franches et aiguës spécifiques, les secondes en chroniques simples ou sans caractère spécifique et en chroniques reconnaissant un vice parliculier, une diathèse, pour élément essentiel. L'Essai critique, favorablement accueilli en France, a été, à l'Académie des sciences morales et politiques, l'objet d'un rapport très-bienveillant de MM. Villermé et Amédée Thierry.
Ce travail devait être le dernier de l'auteur. Atteint depuis longtemps d'une maladie grave des intestins, il y succomba dans la soirée du 15 mars 1860, à l'âge de 54 ans.
Ses principaux écrits dans le domaine de la statistique médicale sont, par ordre chronologique, les suivants :
1836. Philosophie de la critique des faits et des opinions en médecine (Joum. hebd. du prog. des sciences méd.) — 1837. Mémoire statistique sur la mortalité de Paris et de Genève (Presse médicale). — 1843. Tableau général des décès du canton de Genève pour 1842. — 1844. a) Du mouvement de la population dans les États sardes et dans le canton de Genève; b) Note sur le poids des prisonniers. — 1846. a) Annuaire de la mortalité genevoise; b) Recherches critiques et statistiques sur ^influence de F aisance et de la misère reta-
tivement à la morlalité (Annales d'Iiygiëne). — 1848. Note staiislique sur les lois de mortalité, de survivance et de vie moyenne en Suisse. — 1849. Du rapport de la commimon chargée par le roi de Sardaigne d^ étudier le crétinisme, — 1853. a) Rapport au eonml de santé et aux sociétés médicales de la Suisse sur le congrès de statistique de Bruxelles ; b) sur la statistique médicale des États sardes, — 1855. Notice statistique sur la première invasion du choléra à Genève, — 1856, a) Lettre au />' BertiUon sur ^ enregistrement da causes de mort; b) Esquisse géographique des invasions du choléra en Europe. — 1858. Essai analytique et critique de statistique mortuaire comparée y in-8" de 500 pages.
Jean Ackersdyck, décédé à Utrecht, après une Irès-courte indisposition, élailné à Bois-le-Duc,le 22 octobre 1790. Il reçut, sous la direction de son père, G. C Ackersdyck, connu par d'estimables travaux litléraires, une excellente éducation. A 17 ans, il se rendit à TUniversité d'Utrecht, où il étudia, pendant trois années, les littératures anciennes et la jurisprudence. En 1811, il se fit recevoir avocat. Engagé volonlaire en 1815, il entra à Paris avec les armées alliées. En 1817, M. Ackersdyck était nommé substitut du procureur du roi près le tribunal d'Utrecht, et, en 1818, secrétaire du collège des Curateurs de l'Université. Pendant les loisirs que lui laissait l'exercice de ces doubles fonctions, le jeune magistrat étudia avec la plus grande ardeur l'économie politique et la statistique. Au décès de Wageman, qui professait à Liège la première de ces deux sciences, M. Ackersdyck, après de vains efforts pour décider J. B. Say à solliciter sa chaire, posa, après quelques hésitations, sa candidature et fut nommé en octobre 1825. 11 inaugura son cours par un discours latio sur l'heureuse influence des voyages, particulièrement au point de vue du progrès des études historiques et politiques (De utilitale quam studia imprimis historicad polUica e peregrinationibus capiuiU). L'éminent professeur devait pratiquer largement la thèse, soutenue fort habilement, d'ailleurs, dans ce discours. Peu d'hommes en effet, ont plus voyagé et peu ont su donner plus d'intérêt, plus d'utilité pratique à leur séjour à l'étranger. Observateur patient, attentif, dévoué, étudiant de près et les choses et les hommes, voulant tout voir de ses propres yeux, il revenait de chacune de ses absences avec une véritable moisson de notes et de documents de toute nature, dont il se servait avec un rare succès pour étendre, animer et vivifier son enseignement. C'est ainsi qu'il a visité à plusieurs reprises , y faisant à chaque fois un séjour plus ou moins prolongé, l'Angleterre, l'Allemagne, la Suisse, son pays de prédilection, la France, l'Italie, la Hongrie, la Silésie, et même la Russie. 11 a publié sur son voyage dans ce dernier pays deux volumes qui ont été lus avec intérêt et communiqué à un recueil mensuel, quelques fragments d'un travail resté inédit sur son excursion en Hongrie et Silésie , M. Ackersdyck s'était d'ailleurs préparé à ces divers voyages par l'étude des langues étrangères, qu'il parlait (le français surtout), avec une remarquable facilité.
Les événements de 1830 l'obligèrent à résigner sa chaire à l'Université de Liège. Il partit au milieu des vifs témoignages de regret de ses nombreux auditeurs. U avait su en effet donner à son cours un attrait tout particulier, en associant l'enseignement de la statistique à celui de l'économie politique, et en professant comme indispensable l'association intime, permanente, indissoluble, des deux sciences.
En quittant la Belgique, devenu État indépendant, M. Ackersdyck visita de nouveau l'Allemagne, et passa l'hiver à Berlin, où il fréquenta les cours de Hegel, Gans, Micbelet, Savigny, Raumer et Hoffmann. Nommé, en 1831, professeur suppléant à Utrecht, il succéda, en 1848, à De Bruys, professeur ordinaire à la même Université. Jusqu'en
1839, il fit deux cours : l'un sur l'histoire politique des peuples modernes et sur la statistique; l'autre, en deux années, sur la statistique générale et sur celle des Pays- Bas. A partir de cette année, il limita son enseignement à l'économie politique, et y ajouta, en 1841, un cours spécial sur l'histoire du moyen âge.
H. Âckersdyck a pris une part active à presque tous les congrès d'économie politique et de statistique qui ont eu lieu en Europe dans ces dernières années. Au premier congrès des économistes à Bruxelles, en 1847, il reçut de l'un des hommes d'État les plus éminents de la Belgique, M. Charles de Brouckère, un témoignage flatteur des excellents souvenirs qu'il avait laissés dans ce pays. «Tous les hommes d'État qui sont aux affaires en Belgique, lui dit l'ancien ministre des affaires étrangères, étaient vos élèves quand vous professiez l'économie politique à l'Université de Liège.»
Nous avons connu personnellement. M. Ackersdyck au congrès international de statistique de Bruxelles (1853), de Vienne (1857), et de Londres (1860), et nous avons été frappé de la parole facile, élégante, méthodique, toujours claire et concise du savant professeur. Il n'intervenait jamais dans une discussion sans y apporter un remarquable contingent d'idées utiles et pratiques , et plusieurs des décisions de ces assemblées portent la trace de l'influence véritable qu'il a exercée sur leurs délibérations. Nous avons notamment gardé le souvenir de la part importante qu'il a prise, dans la 5® section du congrès de Londres, à la préparation du questionnaire relatif au dénombrement de la population.
Partisan zélé et convaincu de l'institution d'une commission centrale ofiicielle de statistique, il fit les plus grands efforts, après 1830, pour provoquer la reconstitution en Hollande, de celle qui avait fonctionné avec succès, dans l'ancien royaume des Pays-Bas, de 1826 à 1830. Chargé, le 10 mai 1838, de préparer, avec le concours de quelques hommes spéciaux, l'organisation d'une commission de cette nature, ainsi que d'un Bureau de statistique, il soumit au gouvernement un projet qui fut accepté et dont l'exécution suivit de près. Un arrêté du 5 novembre 1838 lui conféra la présidence de la Commission centrale, et il n'a cessé de prendre la part la plus active et la plus efficace à ses travaux, jusqu'au moment où, par suite du refus de la seconde chambre des États généraux de voter le crédit affecté à son existence , elle dut se dissoudre en décembre 1861.
La Hollande doit, en outre, au moins en grande partie, à M. Ackersdyck, l'institution des congrès d'économie rurale qui se réunissent chaque année, et tour à tour, dans chacune des provinces du royaume. Peu de jours avant sa mort, il présidait une des sections de celui de Dordrecht.
M. Ackersdyck a peu publié; son cours l'absorbait presque entièrement. Parmi les brochures ou articles des journaux et revues, qui lui sont dus, nous citerons les suivants :
Réflexions sur la législation céréale (1835). — Projet étune banque ff escompte et de virement (1839). — Finances des Pays-Bas (deux brochures, 1843). — De la monnaie dans les Pays-Bas et de la démonétisation des anciennes monnaies (1845). — Des impôts et de Vépargne (1849). — De la commission des monnaies (1850). — Mouvement des idées économiques; Progrès des réformes; État de la question coloniale et de V esclavage dans les colonies hollandaises. (Communications faîtes à la Société d'économie politique de Paris; 1861.)